
L'écorce des jeunes arbres fruitiers est une zone vulnérable et essentielle à leur survie et à leur bon développement. Malheureusement, elle est souvent la cible de divers agresseurs, qu'ils soient animaux, insectes ou maladies. Comprendre les causes de ces dommages et savoir comment y remédier est crucial pour assurer la pérennité de votre verger. Cet article propose une exploration approfondie des principaux facteurs de dégradation de l'écorce des jeunes fruitiers, ainsi que des stratégies de prévention et des solutions de traitement.
I. Les Attaques d'Animaux Rongueurs : Des Ennemis Discrets mais Destructeurs
En milieu rural comme urbain, des animaux sauvages ou domestiques peuvent s'acharner sur l'écorce des jeunes arbres, infligeant des blessures parfois fatales. La hauteur des dommages observés est souvent un excellent indicateur de l'identité du coupable.
A. Identification des Rongeurs et de leurs Signes distinctifs
- Au-dessus de 1,20 m de hauteur : Les cerfs sont les principaux responsables. Les blessures sont irrégulières, l'écorce est arrachée en bandes, avec des traces de grosses dents.
- À une hauteur supérieure à 30 cm : Il s'agit sûrement de chevreuils. Les dommages sont similaires à ceux des cerfs, mais à une hauteur plus basse. Le chevreuil connaît actuellement une forte expansion, y compris dans les zones urbaines, et peut causer des dégâts importants là où le terrain n'est pas clos.
- Entre 30 cm et 10 cm : Les lapins sont le plus souvent à incriminer. Les incisions qu'ils provoquent sont profondes. Ils sont également une menace importante pour les jeunes pousses.
- En dessous de 10 cm : Les rats-taupiers sont les coupables. Leurs incisions sont superficielles et affectent principalement l'écorce tendre. Ils sont plus nombreux à proximité d'une souche ou d'une dalle maçonnée.
- À diverses hauteurs, parfois en grimpant sur les branches : Le rat des champs (ou rat noir) peut aussi ronger l'écorce. Les rats des champs agissent davantage là où les étés sont secs, l'écorce les désaltérant.
- Campagnols (mulots) : Ces petits rongeurs à queue courte, comme le campagnol de Pennsylvanie (Microtus pennsylvanicus) au Canada ou le campagnol commun (M. arvalis) en Europe, sont rarement remarqués en été. Cependant, en hiver, quand le sol est gelé, ils cherchent des nourritures alternatives, dont l'écorce des arbustes et jeunes arbres, ainsi que les bulbes de tulipes et les racines des vivaces. Les dégâts sont souvent remarqués au printemps, à la fonte des neiges. Des sentiers de 2,5 à 5 cm de large, où l'herbe a été piétinée et détruite, peuvent être observés à la surface du sol, conduisant à des terriers peu profonds.

Les plantes portant une écorce assez tendre et comestible sont la cible favorite des animaux rongeurs. Le pin et le pommier sont les plus couramment attaqués, mais pratiquement toutes les plantes, même épineuses, peuvent subir des dégâts. Plus une plante vieillit, moins elle risque d'être inquiétée car son écorce durcit et se charge de tannins naturellement répulsifs.
B. Prévention des Dégâts causés par les Animaux
Puisque la plupart des rongeurs sont nocturnes, les indices précédents sont précieux pour prendre les bonnes mesures préventives.
- Protection physique : La meilleure solution, bien qu'inesthétique, est d'entourer la plante d'une gaine de protection. Celle-ci doit monter jusqu'à 50 cm contre les lapins (qui ne sautent pas au-dessus et n'insistent pas trop pour passer en dessous, sauf en sol sableux) et 1,20 m contre les chevreuils. Un grillage fin est également une option efficace. En automne, des spirales anti-rongeurs peuvent être installées.
- Répulsifs : Il existe des répulsifs nauséabonds mais sans danger. Cependant, ils ne sont pas efficaces à 100 % et perdent rapidement leur pouvoir.
- Gestion des populations : Il est à noter que la population des campagnols varie beaucoup. Après un hiver où les écorces des arbustes sont attaquées (signe que la population est en surabondance), elle chute radicalement et ne rebondira massivement que dans 3 à 4 ans.
C. Traitement des Blessures infligées par les Animaux
Contre les blessures que les animaux rongeurs ont infligées à l'écorce, il n'y a pas d'autre solution que d'appliquer du mastic cicatrisant ou de la bouillie bordelaise.
Il est important de noter que les sujets ayant perdu l'écorce sur la totalité de la circonférence du tronc risquent de périr. C'est ce qu'on appelle une annélation. Si cela se produit sur une branche d'arbuste, il suffit de la tailler juste sous la blessure, et une nouvelle branche poussera rapidement. Pour les arbustes à tiges multiples, comme le lilas, la plupart produiront facilement de nouvelles branches et se rétabliront rapidement.

Cependant, si le tronc d'un arbre est entièrement annelé, la situation est beaucoup plus grave. La plupart des arbres n'ont pas la capacité de repousser à partir de leur souche, ce qui signifie qu'il n'y a essentiellement rien à faire sinon abattre l'arbre. Même les arbres qui ont la capacité de repousser à partir de la base (fruitiers, peupliers, saules, ormes, etc.) ne donneront pas toujours les résultats souhaités, surtout s'il s'agit d'arbres greffés. Dans ce cas, ce ne sera pas le cultivar intéressant qui repoussera, mais un arbre similaire au fruitier sauvage.
Si l'arbre n'est que partiellement annelé, c'est-à-dire que les campagnols ont retiré de l'écorce sans anneler entièrement la tige, la situation est différente. Normalement, si le tronc a encore une large bande d'écorce couvrant la moitié du tronc ou plus, il peut récupérer. Assez de sève pourrait circuler pour le garder en vie, et avec le temps, il produira même une nouvelle écorce pour couvrir la blessure. Même les troncs avec moins de 50 % de couverture survivent parfois, bien que les chances diminuent. Pour sauver un arbre partiellement annelé, nettoyez simplement la plaie et retirez les éclats et les corps étrangers. Il n'est pas nécessaire d'appliquer une peinture, une pâte d'élagage, une peinture au latex, un emballage ou d'autres barrières protectrices, car ces produits ont tendance à créer un milieu humide favorable aux spores de maladies fongiques. Laissez simplement la plaie à l'air libre.

Une solution ultime pour sauver un arbre entièrement annelé, bien que rarement employée par les jardiniers amateurs, est la "greffe en pont". Cette technique consiste à greffer plusieurs bandes d'écorce vivante de manière à ce qu'elles s'étendent de l'écorce en dessous, sur la blessure, et rejoignent l'écorce vivante au-dessus, permettant ainsi la circulation de la sève. Si elle fonctionne, les bandes s'élargiront pour éventuellement recouvrir la blessure, et l'arbre pourra récupérer complètement.
II. Les Insectes Xylophages : Des Perce-Bois Destructeurs
Les perce-bois sont des ravageurs d'arbres que l'on rencontre fréquemment. Ils appartiennent à divers groupes, notamment les coléoptères, les lépidoptères et les hyménoptères du genre Sirex. Ces insectes se nourrissent de portions de l'écorce interne et de l'aubier, ce qui entraîne des zones affaissées et sans vie sur les troncs et les branches, et bien souvent des cimes « en tête de cerf ». La valeur esthétique des arbres ornementaux et d'ombrage ainsi atteints est généralement perdue ou grandement réduite.
A. Symptômes et Dommages causés par les Perce-Bois
Les galeries creusées dans le bois par les perce-bois affaiblissent la structure des arbres et augmentent le risque de cassure par les vents. De plus, ces galeries permettent à l'humidité et à la pourriture de pénétrer dans l'arbre et de le détériorer encore davantage.
Les signes révélateurs d'une infestation incluent :
- Trous : Des trous d'un huitième à un pouce de diamètre s'étendant dans les troncs ou les branches. Ces trous peuvent être peu nombreux et épars ou se présenter en groupes, souvent à la base de l'arbre et dans les branches inférieures.
- Sciure : De petits à de gros amas de sciure provenant des perçages qui adhèrent aux troncs ou aux branches, ou qui se trouvent sur le sol à la base des arbres.
- Écorce lâche et décoloration : L'écorce peut se détacher, présenter une décoloration foncée autour d'une blessure, ou laisser apparaître une tache creuse ou pourrie.
B. Focus sur des Espèces de Perce-Bois Spécifiques
Bon nombre d'espèces de perce-bois n'infestent que les arbres ayant dépassé le stade de maturité ou les arbres faibles, et il n'existe pas toujours de moyen de lutte appliquée efficace contre eux une fois les larves installées dans le bois. Cependant, certaines espèces sont des ravageurs importants pour les jeunes fruitiers et les arbres ornementaux.
1. La Sésie du Frêne (Podosesia syringae fraxini [Lugger])
- Description : L'adulte est un lépidoptère ayant la forme d'une guêpe avec des ailes transparentes ou translucides. Son corps est mince, brun foncé, presque noir, avec des bandes jaunâtres sur l'abdomen. Les ailes, une fois déployées, ont un pouce et quart de largeur. Les œufs sont elliptiques, gris ou noirs et très petits. Les larves, fraîchement écloses, sont de minuscules chenilles blanches à tête foncée. Les chenilles matures, longues d'environ un pouce, sont de couleur blanc crème et leur tête est brun rougeâtre.
- Cycle de vie : La sésie du frêne a besoin d'un minimum de deux ans pour compléter son cycle de vie. Les lépidoptères émergent des arbres hôtes de fin mai à fin juillet. Les œufs sont déposés dans des crevasses de l'écorce rugueuse des troncs et des branches, ainsi que dans les blessures de l'écorce. Les blessures causées par la culture, l'élagage, la grêle, le gel ou la neige favorisent l'infestation. Les arbres plus jeunes et plus petits sont les plus prédisposés. La période larvaire s'étend de juillet de l'année de l'oviposition jusqu'au début mai de la troisième année. Les chenilles creusent des galeries, dont la présence est indiquée par de petites quantités de sciure fine et de filaments. Elles se pupifient dans les galeries.
- Arbres touchés : Frêne vert et sorbier. Une espèce relativement semblable infeste le lilas.
- Facteurs favorisants : Les infestations sont plus graves dans les plantations en croissance libre que dans les plantations de brise-vent plus denses, car ces insectes préfèrent les arbres exposés au soleil.
2. Le Charpentier des Bois Tendres (Prionoxystus robiniae [Peck])
- Description : Contrairement à la sésie du frêne, l'adulte est un lépidoptère de grande taille. La femelle est grisâtre et son corps est corpulent, avec une envergure d'ailes de trois pouces. Ses ailes antérieures sont marbrées de gris et de noir, et ses ailes postérieures sont fuligineuses, ce qui lui permet de se confondre avec l'écorce. Le mâle a un corps moins corpulent et plus court, avec une envergure d'ailes de deux pouces. Ses ailes postérieures sont orange jaunâtre avec une base et des contours noirs. Les œufs sont ovales, de couleur variant de brun pâle à brun foncé. Les chenilles nouvellement écloses sont brun foncé, légèrement velues et ont une grosse tête noire. Les chenilles matures, longues de deux à trois pouces, sont de couleur blanc rosâtre et leur tête est brune. Les pupes sont brunes, longues d'un pouce et quart à deux pouces.
- Cycle de vie : Le charpentier des bois tendres a un cycle de vie de trois ans ou plus. Les papillons émergent des frênes infestés début juin, et dix à quatorze jours plus tard, des peupliers, sorbiers, ormes d'Amérique et ormes de Sibérie infestés. Les femelles sont inactives et volent mal, tandis que les mâles sont très actifs. Chaque femelle peut pondre 300 œufs ou plus, souvent dans des arbres blessés ou déjà infestés, créant des « arbres porteurs de larves ». La période larvaire s'étend de juillet de l'année de l'oviposition jusqu'en mai de la quatrième ou cinquième année. Les jeunes chenilles rampent librement avant de creuser des galeries. Des abris faits de sciure et d'excréments sont construits pour les protéger. Les galeries sont agrandies au fil des saisons, formant un labyrinthe dans le bois, et de la sciure brute est expulsée. En mai de la quatrième ou cinquième année, les chenilles se pupifient dans des chambres spécialement conçues.
- Arbres touchés : Frêne vert, sorbier, peupliers (incluant le peuplier baumier), ormes de Sibérie et ormes d'Amérique.
- Facteurs favorisants : Préfère les arbres exposés au soleil et les arbres blessés ou déjà infestés.
3. Bupreste
- Description : L'adulte a un corps noir, souvent tacheté de gris au niveau de la tête, et mesure de 1,5 à 2,5 cm. Il se nourrit des feuilles et de l'écorce des jeunes rameaux. Une fois les œufs éclos, la larve creuse des galeries dans les racines principales de l'arbre durant l'été et le printemps. Elle mesure 60 à 70 mm de long, est blanche, aux mandibules noires et puissantes. Sa tête est beaucoup plus large que le reste, aux segments aplatis et bien délimités. Son développement est lent, se nourrissant ainsi des racines durant plus de 10 mois avant de se nymphoser.
- Lutte : Le bupreste sévit principalement en terrain sec. Le meilleur moyen de lutte est d'irriguer correctement l'arbre en maintenant la zone périphérique du tronc humide.
4. Autres Perce-Bois
- Charançon : L'adulte, au corps noir, souvent tacheté de gris au niveau de la tête. Il mesure de 1,5 à 2,5 cm. Il se nourrit des feuilles et de l'écorce des jeunes rameaux.
- Cossus gâte-bois : L'adulte est un grand papillon grisâtre et recouvert de poils. La femelle introduit ses œufs dans les anfractuosités de l'écorce. La larve (chenille) peut mesurer jusqu'à 10 cm, de couleur rose carmin virant vers le rouge foncé avec l'âge. Son ventre est jaune, la tête, noire, possède de puissantes mandibules. Elle vit sous l'écorce, dans des galeries creusées dans le tronc de l'arbre. Sa présence peut être mise en évidence par la présence de sciure rougeâtre, très odorante, au pied de l'arbre. Elle sécrète une substance très odorante, rappelant l'odeur du vieux cuir ou de la vinasse. Elle se nymphose ensuite dans la galerie, dans un cocon de sciure, durant un mois.
Les insectes Xylophages - NLAB #11
C. Lutte contre les Perce-Bois
- Facteurs naturels : Les pics creusent des trous dans le bois et se nourrissent de larves. Les papillons sont tués, les chenilles nouvellement écloses sont dévorées ou se perdent, et les chenilles plus âgées qui émergent des galeries et rampent sur l'écorce sont tuées. Les parasites, les maladies, les conditions météorologiques et la vigueur des arbres hôtes ont également des effets modérateurs sur l'abondance des perce-bois.
- Moyens de lutte appliquée :
- Prévention : Coupez et détruisez tous les arbres « porteurs de larves » avant le mois de juin. Ces arbres peuvent être des frênes verts, des sorbiers ou des ormes endommagés de façon irrécupérable et encore très infestés, ou de vieux peupliers malades.
- Capture des papillons : Pour un ou deux arbres infestés, bien envelopper les régions du tronc et des branches où se trouvent les ouvertures créées par les perce-bois avec de la toile de jute ou un tissu de coton de mi-mai à mi-août pour empêcher les papillons d'émerger et de déposer leurs œufs.
- Élimination des chenilles : Pour les petits arbres peu infestés, déloger les insectes avec un couteau pointu ou tuer les chenilles en fouillant les galeries avec une tige métallique. Recommencer l'opération à intervalles fréquents tant que de la nouvelle sciure est expulsée.
- Traitement chimique : L'information sur l'utilisation des produits chimiques est limitée et fragmentaire. Des méthodes spéciales sont nécessaires pour obtenir des résultats concluants, avec une application rigoureuse et opportune. Il est conseillé de demander conseil à des professionnels pour le choix et l'application des insecticides, en fournissant des informations détaillées sur l'infestation.
- Irrigation : Contre le bupreste, qui sévit principalement en terrain sec, le meilleur moyen de lutte est d'irriguer correctement l'arbre en maintenant la zone périphérique du tronc humide.
III. Les Maladies des Fruitiers : Menaces Microscopiques et Physiologiques
Le jardin et le verger demandent une attention particulière pour maintenir des arbres fruitiers en bonne santé. Face aux nombreuses maladies qui peuvent les affecter, des solutions bio et naturelles existent.
A. Les Maladies Fongiques (Cryptogamiques)
Ce sont des infections causées par des champignons microscopiques. Elles peuvent être contrôlées par des mesures préventives, telles que l'élagage régulier, le contrôle de l'humidité et l'utilisation de traitements fongicides.
1. La Tavelure (Venturia inaequalis pour le pommier et Venturia pirina pour le poirier)
- Arbres touchés : Pommier, poirier.
- Symptômes : Taches noires ou brunes sur les feuilles, les fruits et parfois les jeunes pousses. Les fruits peuvent se fissurer, se déformer et tomber prématurément.
- Conditions favorables : Survient généralement par temps humide et doux. Les pluies printanières favorisent sa propagation.
- Prévention et traitement :
- Ramasser et éliminer les feuilles tombées à l'automne.
- Éviter de mouiller le feuillage lors de l'arrosage.
- Appliquer un traitement fongicide à base de soufre ou de sulfate de cuivre (bouillie bordelaise) au printemps.
- En préventif : pulvériser de la décoction de prêle (riche en silice, aux propriétés anti-fongiques) au débourrement et avant la floraison.
- En curatif : pulvériser de la décoction d'ail (broyer 4-5 gousses d'ail et faire macérer dans 1L d'eau pendant 24h).
2. La Moniliose (Monilinia fructigena ou Monilinia laxa)
- Arbres touchés : Pommier, poirier, cerisier, prunier, abricotier, citronnier, pêcher.
- Symptômes : Fruits momifiés, pourriture brune sur les fruits, développement de moisissures.
- Conditions favorables : Le champignon hiverne dans les fruits momifiés et les chancres sur les rameaux. Les spores sont libérées et se propagent par le vent, la pluie ou les insectes. Les spores infectent les fruits en formation et les blessures sur les arbres.
- Prévention et traitement :
- Tailler le fruitier pour supprimer les rameaux de petit diamètre et appliquer un mastic cicatrisant.
- Désinfecter les outils de taille après chaque arbre.
- Appliquer des fongicides préventifs à base de cuivre ou de soufre au moment de la floraison.
- Pulvériser une décoction de prêle à l'ouverture des bourgeons et à la chute des pétales.
- Retirer immédiatement les fruits blessés ou présentant des taches brunes.
3. L'Oïdium (Erysiphaceae)
- Arbres touchés : Pommier, poirier, pêcher, cerisier, prunier, vigne.
- Symptômes : Feutrage blanc poudreux sur les feuilles, les bourgeons et parfois les fruits.
- Conditions favorables : Ne nécessite pas d'eau libre pour se propager. Une humidité ambiante élevée et des périodes de rosée favorisent sa croissance.
- Prévention et traitement :
- Tailler les arbres pour améliorer la circulation de l'air et la pénétration de la lumière.
- Arroser uniquement au pied.
- Ramasser et éliminer les feuilles tombées.
- Éviter les excès d'engrais azotés.
- Pulvériser un traitement au soufre par temps sec (en préventif et curatif).
- Des solutions à base de bicarbonate de soude (1 cuillère à soupe de bicarbonate de soude et 1 cuillère à café de savon noir pour 1 litre d'eau) peuvent limiter sa propagation.
4. La Cloque du Pêcher (Taphrina deformans)
- Arbres touchés : Pêcher, nectarinier.
- Symptômes : Feuilles déformées, cloquées et colorées en rouge, avant de se dessécher et de tomber.
- Conditions favorables : Conditions fraîches et humides du printemps (10 à 20°C).
- Prévention et traitement :
- En préventif : Appliquer de la bouillie bordelaise à 1 % dès la chute des feuilles en automne, et renouveler le traitement à la fin de l'hiver. Pulvériser une décoction de prêle au début du printemps. Badigeonner le tronc et les branches avec de l'argile kaolinite en hiver. Renforcer la résistance avec du purin d'ortie dilué à 10 %.
- En curatif : Retirer immédiatement toutes les feuilles atteintes. Pulvériser une solution de bicarbonate de soude (1 cuillère à soupe par litre d'eau) ou une décoction d'ail concentrée. Utiliser du soufre naturel en pulvérisation.
5. La Rouille (Gymnosporangium spp.)
- Arbres touchés : Pommier, poirier, prunier.
- Symptômes : Petites taches jaunes ou orangées sur la surface supérieure des feuilles, puis pustules poudreuses orange, brunes ou rougeâtres sur la face inférieure.
- Conditions favorables : Le cycle de vie dépend souvent de la présence d'un hôte secondaire (comme le genévrier pour la rouille grillagée du poirier).
- Prévention et traitement :
- En préventif : Retirer ou éloigner les hôtes secondaires (genévriers et cyprès). Ramasser et éliminer les feuilles tombées. Pulvériser une décoction de prêle au début du printemps. Appliquer du purin de fougère dilué à 10 % toutes les 3 semaines.
- En curatif : Retirer immédiatement les feuilles présentant des pustules. Pulvériser une solution de bicarbonate de soude (1 cuillère à soupe par litre d'eau) ou une décoction d'ail concentrée. Utiliser une solution de purin de consoude dilué à 20 %.
B. Les Maladies Bactériennes
Ces infections sont causées par des bactéries microscopiques qui pénètrent dans l'arbre, généralement par des blessures.
1. Le Feu Bactérien (Erwinia amylovora)
- Arbres touchés : Pommier, poirier, cognassier.
- Symptômes : Brunissement rapide des fleurs, des feuilles et des jeunes pousses qui semblent brûlées. Rameaux recourbés en forme de crosse. Exsudat bactérien par temps humide.
- Particularité : Très grave, progression rapide, pas de traitement curatif efficace. Déclaration obligatoire en France.
- Prévention et traitement :
- Inspecter régulièrement les arbres au printemps (fleurs noircies, jeunes pousses desséchées, exsudat bactérien, rameaux en forme de crosse).
- Couper les parties malades 30 cm sous la zone atteinte et brûler immédiatement les déchets de taille.
- Désinfecter les outils entre chaque coupe.
- Sceller les plaies de taille avec du mastic.
- Éviter toute intervention par temps humide.
2. Le Chancre Bactérien (Pseudomonas syringae)
- Arbres touchés : Figuier, cerisier, prunier, abricotier.
- Symptômes : Lésions crevassées sur l'écorce, exsudation de gomme (gommose) sur le tronc et les branches.
- Conditions favorables : La bactérie pénètre par des blessures (taille, insectes, gel ou grêle).
- Prévention et traitement :
- Éviter les blessures, désinfecter les outils de taille, favoriser une bonne aération de l'arbre.
- Tailler les chancres en coupant plusieurs centimètres en dessous de la zone infectée (si possible), puis protéger avec un mastic cicatrisant.
- Brûler les parties atteintes.
- Appliquer des traitements à base de cuivre (bouillie bordelaise) après la taille.
C. Les Troubles Physiologiques
Ce sont des troubles non parasitaires (sans pathogène) causés par des conditions environnementales défavorables ou des déséquilibres nutritifs.
1. La Carence en Fer (Chlorose Ferrique)
- Arbres touchés : Citronnier, oranger, clémentinier, cerisier, pommier, poirier et pêcher.
- Symptômes : Jaunissement et chute des feuilles, fruits plus petits et faible production.
- Causes : pH élevé du sol, excès d'eau et mauvais drainage (les sols calcaires ou alcalins rendent le fer insoluble).
- Prévention et traitement :
- Améliorer l'acidité du sol avec des amendements acides (sulfate de fer, compost de feuilles de chêne ou aiguilles de pin).
- Faire un apport en fer chélaté (granulés ou pulvérisation foliaire).
- Éviter les excès d'eau et améliorer le drainage.
2. La Nécrose Apicale
- Arbres touchés : Cerisier, abricotier, pêcher et tomates.
- Symptômes : Taches noires ou brunâtres sur le fruit. La chair autour de la nécrose devient dure et sèche, parfois fibreuse.
- Causes : Carence en calcium, stress hydrique.
- Prévention et traitement :
- Appliquer des amendements riches en calcium (gypse ou nitrate de calcium) autour des racines.
- Maintenir une humidité du sol constante.
- Éviter l'excès d'azote.
IV. Stratégies Générales de Réparation et de Prévention des Dommages à l'Écorce
Lorsque l'écorce est endommagée, par le rongement, la tonte ou d'autres contraintes mécaniques, l'arbre peut guérir plus lentement et le tronc peut devenir stressé. La réparation de l'écorce endommagée nécessite que le cambium sous l'écorce continue de se produire suffisamment et que la plaie ne se dessèche pas ou ne s'infecte pas.
A. Causes et Reconnaissance des Dommages à l'Écorce
- Dommages mécaniques : Tondeuses, brosses, taille mal effectuée. Ces dommages peuvent créer une entrée pour la pourriture ou les champignons.
- Phénomènes naturels : Sécheresse et inondations peuvent provoquer des fissures.
- Signes à reconnaître : Écorce lâche, décoloration foncée autour d'une blessure, tache creuse ou pourrie. Lorsque l'écorce se détache ou s'écaille complètement, cela peut signifier que le bois sous-jacent est endommagé ou commence à se décomposer.
B. Stratégie de Traitement Étape par Étape
- Limiter les dégâts supplémentaires : Empêcher les animaux d'atteindre à nouveau le tronc et maintenir un environnement sûr autour de l'arbre.
- Inspecter la plaie : Vérifier si les bords de la plaie sont secs ou mous et si le cambium est visible. Ne pas appliquer de pression inutile, ne pas pincer ou déchirer davantage le bord.
- Isoler et stabiliser : Pour les petites fissures verticales, aligner légèrement les bords et les fixer temporairement avec un ruban ou un ruban respirant qui ne serre pas le cambium. Ne pas utiliser de couches trop épaisses ou non respirantes.
- Protection contre la déshydratation : Prévenir la déshydratation en protégeant le bord de la plaie avec une fine couche de couverture et éventuellement un tapis en osier ou une couche de couverture respirante autour du tronc.
- Traitements naturels et complémentaires : Certains utilisent du propolis sur le méthanol comme un scellant naturel pour la plaie. L'étaler finement et laisser la blessure respirer. Éviter les méthodes populaires qui couvrent le cambium ou étouffent la plaie.
- Soutien et repousse : Chez les jeunes arbres, un soutien supplémentaire avec un pieu peut aider le tronc à rester stable pendant la cicatrisation. Maintenir le sommet de l'arbre sous le moins de stress supplémentaire possible.
- Surveillance : Vérifier toutes les quelques semaines les signes de sécheresse, de moisissure ou de dommages répétés. Suivre la blessure jusqu'à ce qu'une nouvelle surface fissurable se soit clairement formée et que le bord soit guéri.
C. Soins de Longue Durée et Prévention
Mieux vaut prévenir que guérir. Pour réparer l'écorce endommagée ou éviter qu'elle ne soit endommagée, il faut penser à :
- Ombre et protection : Placer de l'ombre si possible et protéger le tronc du soleil direct et des températures extrêmes, surtout en période de chaleur.
- Bandages appropriés : Utiliser des bandages solides et respirants, et éviter les matériaux trop noués qui pincent le cambium.
- Réduire les risques de dommages répétés : Utiliser des boucliers pour animaux et dégager les chemins autour des arbres.
- Entretien : Tailler à temps et empêcher que les branches lourdes ne relèvent la blessure lors de futures tempêtes.
- Sensibilité des espèces : Faire attention à la situation autour des jeunes arbres comme les saules à talonnard et les pommiers ; ces espèces sont sensibles aux dommages et ont besoin de temps pour renforcer leurs parois.
L'écorce endommagée ne guérit pas toujours complètement, mais avec la bonne approche, vous pouvez augmenter les chances de guérison et rendre l'arbre plus robuste. Si les dégâts sont importants ou si l'arbre a de la valeur, il est conseillé de faire appel à un professionnel spécialisé dans la restauration de l'écorce.