L'épopée du Groupe de Chasse I/4 « Navarre » sur P-39 Airacobra et le contexte historique des Flandres à la Renaissance

L'engagement du GC I/4 sur P-39 Airacobra

Après la remontée sur Meknès, les avions sont remis en état et reversés. Certains pilotes quittent leurs anciennes montures avec nostalgie. À cette époque, chaque pilote volait presque toujours sur le même avion. C'était un attachement comme on pourrait en ressentir vis à vis d'un compagnon. Le Col Lemaire se rappelle encore avoir tenu l'hélice de son fidèle n° 6 comme on caresse l'encolure d'un cheval. C'était difficile de s'arracher. Pendant le mois de juin, le personnel peut se reposer à Ifrane. Les stages d'entraînement sur Bell P-39 Airacobra commencent pour les pilotes à l'école américaine de Bir-Rachid (mi-juin 1943).

Le 5 juin 1943, au cours de son premier vol de transformation sur le P-39 (n° 24), le Ltt Lemaire est victime d'un incident mécanique. Le 22, le Ltt Sagon se tue en s'entraînant à la voltige. Il ne pourra redresser son P-39 parti en vrille à plat. Le Gal Philippe Maurin, alors capitaine et commandant la 1ère escadrille se rappelle : « Le Ltt Sagon avait terminé son entraînement avec la 2ème escadrille lorsque j’arrive avec les pilotes de la Une. Il me met en garde en me signalant que le P-39 avec son moteur arrière, était centré trop arrière et qu’il fallait se méfier ; il me dit qu’il va faire un ultime vol d’entraînement. »

P-39 Airacobra en vol

Caractéristiques techniques et défis du P-39

L'originalité du P-39, à l'époque de sa sortie, était son moteur placé à l'arrière du fuselage et propulsant une hélice tractrice par l'intermédiaire d'un arbre d'hélice rallongé. Le prototype vola le 6 avril 1938. Il avait un canon Browning de 37 mm, alimenté par 200 obus, monté sur le moteur, deux mitrailleuses M 2 de 12,7 mm dans le fuselage et quatre mitrailleuses Browning M 2 de 7,62 mm dans les ailes.

Le P-39 N, propulsé par un moteur V 1710-85 de 1200 cv, fut le premier de la série à être vraiment fabriqué en grande série : 2095 exemplaires. Le GC 1/4 en fut doté en grande majorité. Le P-39 Q, qui ne possédait plus de 7,62 mm d'ailes mais 2 gondoles avec des M 2 de 12,7 mm. Cette série sera également fabriquée en grande série : 4905 exemplaires.

Le Col Lemaire apporte ici un complément d'informations : « Le P-39 avait des caractéristiques de vrille un peu vicieuses. Il partait en vrille à plat et c'est sans doute à un réflexe encore mal maîtrisé que je dois peut-être moi-même la vie, car à mon premier renversement, je suis aussi parti en vrille, une vrille inhabituelle et mon réflexe a été de réduire. Or, jusque là nous pilotions des avions équipés à la française, alors que les avions anglo-saxons avaient la commande de gaz inversée. »

P-39 Airacobra Assembly Overseas in World War II

Mouvements et opérations du groupe « Navarre »

Le groupe touche son premier P-39N Airacobra, le 24 juin et perçoit son dernier avion le 1er juillet. Le GC I/4 est maintenant entièrement équipé de P-39. Le Cdt Albert Ladousse commande le groupe. Son adjoint est le Cne Labit. Fin juin, les P-39 sont interdits de vol, le terrain de Meknès avec ses roches et des bosses, ne permet pas d'utiliser l'avion dans les meilleures conditions. De plus, les pilotes habitués au H-75A à roulette de queue posent leur P-39N à roue avant assez durement. On observe trop de trains avants cassés en moins de cinq jours. Le 30, le groupe déménage pour le terrain de La Médiouna plus propice.

À cette occasion, deux P-39 sont accidentés : l'avion (4218738) du Sgt Lebrun, qui a fait une erreur de navigation, tombe en panne d'essence. Il se pose sur le ventre dans la région d'Ifrane. Le terrain de La Médiouna est très sec et poussiéreux, ce qui ne va pas faciliter les vols. La transformation continue normalement en alternant tirs en vol sur cible remorquée, tirs avec canon de nez de 37 mm sur bidons et bombardement en semi-piqué. Les pilotes s'initient aux méthodes britanniques et américaines mais reviennent vite à une organisation plus conforme au tempérament français.

Un armurier, l'Adc Pelletier, alors sergent, nous décrit l’armement du P-39 : « L'armement est assez puissant : un canon de 37 mm puissant mais avec des projectiles à la trajectoire trop courbe, deux mitrailleuses de 12,7 mm (calibre 50) synchronisées sous le capot et deux mitrailleuses de 7,62 mm (calibre 30) dans chaque aile. Le réglage de la synchro est un exercice de patience. Pour atteindre le boîtier de commande, il faut passer la main par une trappe exiguë et travailler à l'aveuglette. »

Le commandement du Colonel Machet de la Martinière

Le 1er août, le Cne Jean Machet de la Martinière prend le commandement du groupe 1/4 et succède au Cdt Albert Ladousse. C'est lui qui donnera le nom de baptême « Navarre » au groupe qu'il commande. Titulaire d'une victoire homologuée contre un Junkers Ju 88, le 8 février 1944, c'est d'ailleurs les projectiles de cet avion allemand qui ont endommagé son P-39N et l'ont obligé à sauter en mer. Il ne sera retrouvé que 48 heures plus tard.

Le 8 mars 1944, deux patrouilles sont en l’air, l’une composée du Cdt de la Martinière (P-39N serial 42.18736) et Ltt Linteau (P-39N serial 42.18754) et l’autre appelée en renfort du Ltt Minot (P-39N serial 42.18770) et Sgc Paris (P-39N serial 41.8716). Le Sgc Paris repère un avion et part pour l’identifier, il est suivi par le Ltt Minot. Ils se rendent vite compte qu’il s’agit d’un Junkers Ju 88. Ils tirent ensemble trois passes effectuées par l’arrière et devant le peu de résultat visible, l’autre patrouille intervient.

Le P-39 du Ltt Minot reçoit un projectile dans le nez qui lui coupe la commande du pas de l’hélice. Le Sgc Paris qui se préparait à tirer une autre rafale, se voit dépasser par l’avion de la Martinière qui tire lui aussi sur le bimoteur. Il le suit dans sa manœuvre pour rattraper le Junkers et aperçoit soudain des flammes et de la fumée sortir de la buse du carburateur du P-39 du chef du « Navarre ». De la Martinière largue une des portes de son P-39 et évacue en parachute son appareil en perdition à peine à 600 pieds d’altitude. Il tombe en mer à peine à 100 mètres de son avion qui coule immédiatement.

Contexte historique : la Renaissance et les Pays-Bas

Au-delà des épopées aériennes, l'histoire des Pays-Bas à la Renaissance témoigne de mutations profondes. Marguerite d'Autriche, figure centrale de cette époque, a marqué l'administration des Pays-Bas par son génie politique et son énergie. Malgré les crises, comme la peste qui sévit à Anvers et Bruges, ou les famines, le pays a su préserver une certaine unité sous son impulsion. Les arts et la culture ont également connu un essor remarquable, avec des poètes comme Jean Molinet et Jean Lemaire des Belges, et l'émergence de sociétés de rhétorique.

L'Université de Louvain, avec la création du Collège des Trois-Langues par Jérome Busleyden en 1517, est devenue un phare intellectuel. L'enseignement de l'hébreu, du grec et du latin y a attiré des savants de toute l'Europe, comme Érasme ou Nicolas Cleynaerts. Cette période d'effervescence intellectuelle, malgré les tensions religieuses et politiques de l'époque, a jeté les bases d'un humanisme qui a rayonné bien au-delà des frontières des Pays-Bas, témoignant de la vitalité de cette région entre tradition et modernité.

Carte ancienne des Pays-Bas à la Renaissance

Les leçons militaires de l'histoire

L'analyse des échecs stratégiques, comme celui des flottes alliées aux Dardanelles en 1915, offre un contraste saisissant avec la précision des opérations aériennes du GC I/4. Le général d'Amade, dans ses analyses, souligne l'importance de la genèse des opérations et de la logique des faits. Il rappelle que même les conceptions les plus fécondes en apparence ne valent que par le mérite concret de leur exécution. Cette observation, appliquée aussi bien aux manœuvres aériennes qu'aux grandes stratégies militaires, demeure un principe fondamental pour tout observateur de l'histoire.

Que ce soit dans le cockpit d'un P-39 ou lors des grandes manœuvres diplomatiques et militaires de la Renaissance, la maîtrise technique, l'adaptation aux conditions réelles et la capacité à tirer les leçons de l'expérience restent les piliers de la réussite. Le passage du GC I/4 sur P-39, avec ses défis, ses incidents et ses succès, illustre cette quête constante de perfection dans un environnement exigeant, où chaque décision, chaque mouvement, est dicté par la nécessité et l'urgence de l'action.

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