Comprendre les semences paysannes : un pilier de la biodiversité et de l'autonomie

Les semences paysannes représentent un enjeu majeur pour l'agriculture moderne, la souveraineté alimentaire et la préservation de la biodiversité cultivée. Loin des standards imposés par l'agro-industrie, ces graines portent en elles une histoire millénaire de coévolution entre les plantes, les sols et le savoir-faire humain.

Définition et nature des semences paysannes

Les semences paysannes sont des graines renouvelées par multiplication successive en p# Les Semences Paysannes : Pilier de la Biodiversité Cultivée et de l'Autonomie Alimentaire

Dans un monde où l'agriculture est de plus en plus industrialisée, les semences paysannes émergent comme un concept fondamental, porteur d'une philosophie respectueuse du vivant et d'une promesse d'autonomie pour les agriculteurs et les jardiniers. Elles sont bien plus que de simples graines ; elles représentent un héritage millénaire, un maillon essentiel de la biodiversité et un acteur majeur de la résilience face aux défis climatiques et économiques actuels. Comprendre les semences paysannes, c'est s'ouvrir à une vision de l'agroécologie où chaque élément participe du Tout, où le sol fait la plante tout comme la plante fait le sol, dans une coévolution constante.

Illustration de diverses semences paysannes colorées

Qu'est-ce qu'une Semence Paysanne ? Définition et Caractéristiques Fondamentales

Les semences paysannes sont des graines renouvelées par multiplication successive en pollinisation libre ou en sélection massale. Cette opération se déroule sans aucune auto-fécondation forcée sur de multiples générations, ce qui les distingue fondamentalement des variétés industrielles. Elles sont issues de populations végétales gérées par les agriculteurs, sélectionnées, triées et conservées avant d’être semées, d’où leur qualificatif "paysanne". La sélection est l’effet conjoint de la sélection réalisée par l’agriculteur et la sélection naturelle qui survient dans ses champs.

Ces semences sont, par essence, des variétés anciennes bio. Elles sont reproductibles, libres de droit et à fécondation libre, aussi appelées variétés population. Cela signifie qu'elles peuvent être récoltées et semées années après années pour être reproduites, transmises ou échangées. Ce cycle continu est le gage d’autonomie et de souveraineté alimentaire pour ceux qui les cultivent. Une semence paysanne co-évolue avec son environnement, sauvegardée puis cultivée dans les traditions et le savoir-faire paysan, élevée et sélectionnée. Elles sont la rencontre entre l’entité biologique et le savoir paysan qui lui est associé : l’agriculteur sait ainsi comment les utiliser et ce qu’il peut en attendre.

Un point essentiel est leur dynamisme. Les semences paysannes sont des "populations dynamiques", ce qui signifie qu'elles auront tendance à évoluer dans le temps, s'adaptant à leur terroir et aux conditions spécifiques de culture. Elles ne sont pas nécessairement locales et peuvent être issues d’échanges entre agriculteurs plus ou moins éloignés géographiquement. Cette capacité d'adaptation provient de leur population hétérogène, composée d’individus ayant des caractères proches, mais des patrimoines génétiques différents, ce qui leur confère un pouvoir évolutif.

Schéma explicatif du cycle des semences paysannes

Clarification du Vocabulaire : Semences Paysannes, Anciennes ou de Population ?

Le monde des semences est riche en terminologie, et il est crucial de clarifier le vocabulaire pour mieux comprendre les enjeux. Une semence paysanne peut être appelée "ancienne", "de conservation" ou encore "de population". Le mot "pays" dont dérive "paysanne" vient du vieux français « païs », le terroir, la région. La variété de pays a donc un ancrage local, régional, mais il est important de noter que les semences paysannes ne sont pas toujours locales au sens strict d'un périmètre biogéographique. Les semences locales sont, en effet, rattachées à un périmètre biogéographique, mais n’ont pas été nécessairement sélectionnées spécifiquement par des agriculteurs dans un processus continu de co-évolution.

Un amalgame est aussi souvent fait entre les semences paysannes et les semences de ferme. Or, les semences de ferme sont simplement issues des variétés commerciales dont les graines sont récoltées pour réensemencer les champs l’année suivante. Elles ne possèdent pas les caractéristiques de diversité génétique et d'adaptation évolutive propres aux semences paysannes. De plus, on note toute l’ambivalence de l’utilisation de termes comme "variété de conservation" ou "ancienne", qui peuvent d’une certaine manière exclure le dynamisme de l’évolution des populations paysannes.

Les semences paysannes se distinguent par leur mode de sélection : la sélection massale. Cette technique est basée sur la sélection et la multiplication, au sein d'une population, des individus les plus intéressants, c'est-à-dire ceux dont le phénotype - le résultat de l’expression des gènes de la plante en interaction avec l’environnement dans lequel elle a poussé - est le plus adapté et performant.

L'Ère des Semences Hybrides et ses Conséquences sur l'Agriculture

L'histoire des semences a pris un tournant décisif après la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, la priorité du gouvernement français était de récupérer son indépendance alimentaire pour ne plus dépendre de l’aide américaine. C’est ainsi que de nouvelles semences sont nées, avec pour objectif principal d'accroître la production alimentaire. Pour arriver à récolter des plantes plus homogènes et stables, il a semblé primordial de créer des semences standardisées.

Un Virage Historique : L'Après-Guerre et la Quête de Production

Avant ce virage pris par l'agro-industrie dans les années 1940, les agriculteurs réalisaient leurs propres semences pour les échanger et les replanter. Producteur de semences n'était pas un métier ; les paysans gardaient la meilleure partie de leur récolte pour en conserver les semences. Ce système ancestral garantissait la transmission dans le temps d’espèces locales anciennes et favorisait les variétés gustatives et robustes.

Le développement des semences hybrides F1 a changé les pratiques paysannes en séparant la production de la reproduction. Pour répondre aux demandes de l'industrie agroalimentaire, les semenciers ont créé des variétés stables et homogènes en réalisant des croisements forcés entre variétés. Un croisement n'est pas problématique en soi, les jardiniers amateurs en réalisent pour tenter de créer de nouvelles variétés (en alliant une tomate précoce avec une tomate goûteuse, par exemple). Cependant, les hybrides F1 ont été spécifiquement croisées pour répondre aux critères de la grande distribution : cultiver des légumes plus productifs et calibrés, qui se conservent bien, supportent les chocs et sont adaptés aux engrais et produits phytosanitaires en général.

Les Spécificités des Hybrides F1 et la Dépendance Agricole

Contrairement aux espèces naturelles, l'hybride F1 s’autoféconde et n’a donc pas besoin d’assistants pollinisateurs comme les abeilles ou le vent. Cependant, à chaque fécondation, le patrimoine génétique de la graine hybride est drastiquement réduit du fait de la consanguinité. La première génération d’hybrides F1 donne une graine très productive, mais si elle est replantée à la saison suivante, le résultat sera beaucoup plus décevant. Cette caractéristique contraint l’agriculteur à racheter chaque année ses graines hybrides pour s’assurer une récolte optimale, créant ainsi une dépendance économique.

De plus, l'hypersensibilité de ces variétés standardisées rend indispensable l’utilisation de pesticides. Les géants semenciers qui les produisent se sont donc également mis à fabriquer les pesticides associés, créant une dépendance encore plus accrue des agriculteurs. Cette situation, où 5 géants de la chimie, devenus producteurs de semences, contrôlent la moitié du marché, soulève la question fondamentale : à qui appartiennent les graines ? Sont-elles un bien commun de l’humanité ou une marchandise comme les autres ?

L'Impact Dévastateur sur la Biodiversité et la Qualité Alimentaire

Le clonage des semences, bien qu'ayant porté ses fruits en doublant la production agricole française en 50 ans et rendant les agriculteurs restants six fois plus productifs, a une face cachée moins reluisante. Ce monopole a engendré la disparition de 75% de la biodiversité cultivée et a conduit l’agriculture dans un cercle vicieux dévastateur. Aujourd’hui, 95% des semences de maïs inscrites au catalogue sont hybrides, donc stériles, accentuant cette perte irréversible.

Les semences standardisées n’ont pas la capacité de s’adapter aux différents terroirs, ce qui induit une utilisation massive d’intrants chimiques et de pesticides. Un champ d’une même variété ne trouvera pas l’aide d’autres variétés qui ont la capacité de lutter efficacement contre l’attaque de certaines maladies. Ceci a considérablement détruit la biodiversité, pourtant indispensable à notre alimentation. Pour cause, depuis l’introduction des pesticides néonicotinoïdes en 1990, 75% des insectes volants ont disparu en Europe, un signe alarmant de l'impact de ces pratiques.

Au-delà de l'aspect écologique, la qualité de nos aliments est également en jeu. On estime qu’une tomate ancienne aura la même dose de nutriments que cinq à douze tomates conventionnelles. Vitamines A et C, protéines, phosphore, calcium, fer et autres minéraux ou oligo-éléments ont été divisés par deux, par vingt-cinq, voire par cent, en un demi-siècle. Les semences paysannes sont pourtant un rempart efficace face à ces menaces, offrant une voie pour réconcilier les plantes domestiques avec la faune et la flore spontanée.

Graphique montrant la diminution de la biodiversité cultivée

Les Atouts Inestimables des Semences Paysannes : Goût, Résilience et Autonomie

Face aux défis posés par l'agriculture industrielle, les semences paysannes apparaissent comme une solution agroécologique indispensable. Elles sont le fruit d'une coévolution avec l'environnement et les pratiques culturales, ce qui conduit à leur adaptation à des systèmes de culture à faible niveau d'intrants. Elles sont de ce fait une ressource importante pour le développement des systèmes agroécologiques.

Adaptation au Terroir et Résilience Face au Changement Climatique

Les semences paysannes ont la capacité de s'adapter au terroir et d'enregistrer les informations liées à leur environnement, telles que la sécheresse ou les maladies. Cela leur permet de s'adapter aux conditions de leur environnement et, par exemple, d'avoir moins de besoins en eau. À l'heure du changement climatique, cette adaptabilité est capitale ! Stéphane Crozat, cofondateur du Centre de ressources de botanique appliquée (CRBA) près de Lyon, travaille sur l'adaptation des variétés de fruits et légumes au climat actuel et futur. Il souligne par exemple qu'au Daghestan (Russie), l'amplitude de températures est énorme (entre -22 °C et +53 °C) et pourtant certains fruitiers poussent, avec des pastèques et melons qui fructifient à 45 °C, des performances inégalées par nos variétés françaises. Ces semences paysannes sont donc cruciales pour la souveraineté alimentaire en cas de crise agricole ou de désastre écologique.

Autonomie, Souveraineté et Maintien de la Diversité Génétique

Parce qu'elles sont reproductibles, ces semences participent à l'autonomie des agriculteurs qui ne sont plus dépendants des semenciers, et à l'autonomie alimentaire d'un territoire. En sélectionnant et cultivant ces variétés depuis des années, les agriculteurs ont permis de les conserver. Sans cela, la diversité génétique cultivée ne serait pas aussi grande. C'est aussi notre patrimoine ! Le Réseau Semences Paysannes (RSP) regroupe des organisations bio et paysannes nationales, des associations de préservation et de renouvellement de la biodiversité cultivée, des associations de producteurs, des artisans-semenciers et des ONG, toutes œuvrant pour cette cause vitale. Cet appauvrissement dramatique n'est pas une fatalité, comme le démontre Kokopelli, qui propose à la vente chaque année entre 1 600 et 2 000 références de semences libres de droits, reproductibles et biologiques, qu'elles soient potagères, médicinales, aromatiques, céréalières ou florales.

Une Richesse Gustative et Nutritionnelle Retrouvée

Le goût des produits issus de semences paysannes est souvent meilleur. C'est notamment notable sur les tomates, où la différence avec des hybrides F1 est énorme. Elles sont, selon les variétés, plus acidulées, plus sucrées, plus juteuses. Sur d'autres légumes, le goût est aussi différent. Ananda Guillet, président de Kokopelli, souligne qu'ils proposent une quarantaine de variétés de courgettes dont les saveurs diffèrent, "contrairement à la courgette de supermarché qui n'en a pas vraiment". Stéphane Crozat ajoute que globalement, les variétés de l'agriculture paysanne sont plus goûteuses. Si certaines peuvent être insipides, il reconnaît que le goût a beaucoup évolué et que nous aimons de plus en plus le sucré. Cependant, comme les critères de sélection des F1 sont le rendement, le calibrage, la résistance à la sécheresse ou à une maladie, le critère du goût est souvent laissé de côté.

En Normandie, l'association Triticum œuvre pour la défense de la biodiversité en aidant les paysans à cultiver des variétés de céréales anciennes (plus de 300). Raphaëlle Mann, chargée de mission agronomie et filières de l'association, rappelle que le blé tendre a été sélectionné sur des critères de rendement, délaissant l'aspect nutritionnel. Les variétés de Triticum (comme le blé Japhet, le Bon Cauchois, l'épeautre Oberkulmer, le seigle de Pluvigner) permettent d'obtenir des pains plus nourrissants. Elles encouragent les farines T80 minimum (plus riches en fibres) et une fermentation 100 % levain, ce qui développe des arômes intéressants, des pains plus nutritifs, plus digestes, avec un index glycémique bas et qui se conservent mieux.

Tableau comparatif des qualités gustatives et nutritionnelles

Cadre Légal et le Combat pour la Liberté des Semences

Le parcours des semences paysannes a été semé d'embûches juridiques, confrontant la tradition paysanne aux réglementations de l'agro-industrie. La question de la propriété et de la circulation des graines est au cœur d'un débat houleux.

De l'Interdiction à l'Autorisation : Une Lutte Historique

Pendant des décennies, le décret de 1981 interdisait la commercialisation et la vente des semences non inscrites au Catalogue officiel des espèces et variétés des plantes cultivées. Cette situation a conduit une partie de la société européenne à s’insurger de voir la quasi-totalité des semences entre les mains des grands groupes. Après des années de luttes acharnées, notamment menées par le Réseau Semences Paysannes, les eurodéputés ont voté en avril 2018 pour mettre un terme à la « criminalisation » de la semence paysanne.

La loi EGALIM (pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous), votée définitivement le 2 octobre 2018, a marqué une avancée significative. Son article 78 autorisait quiconque à vendre des semences anciennes aux particuliers. Puis, la vente de semences paysannes à des jardiniers amateurs a été officiellement autorisée en juin 2020. Ces lois ont ouvert de nouvelles perspectives pour la préservation de la biodiversité cultivée et l'autonomie des jardiniers.

Les Nuances de la Réglementation Actuelle et le Monopole des Multinationales

Malgré ces avancées, la circulation (vente ou échanges) des semences en Europe reste strictement réglementée. Toute semence commercialisée en vue d’une exploitation commerciale doit être issue d’une variété inscrite au Catalogue officiel. En France, 9 000 variétés y sont inscrites, mais elles appartiennent majoritairement aux 5 multinationales de la chimie et de la semence (Bayer, Monsanto, Limagrain, Pioneer et Syngenta), qui veulent être propriétaires des semences. Avant d’y être inscrites, les graines doivent passer des tests très stricts réalisés par le GEVES (Groupe d’Étude et de contrôle des Variétés Et des Semences), qui vérifie des critères de stabilité et d’homogénéité que les populations dynamiques paysannes ne peuvent généralement pas remplir.

Pour un agriculteur ou un maraîcher, une subtilité persiste : s'il a tout à fait le droit de vendre sa production de légumes issue de graines paysannes, la loi ne lui permet toujours pas d’acheter des semences paysannes non inscrites au catalogue pour une exploitation commerciale. Le combat pour les semences libres est donc loin d’être fini, comme le rappelle la brochure "Semences et droits paysans" du BEDE et du Réseau Semences Paysannes.

Le Rôle du Citoyen et les Acteurs de la Défense des Semences Paysannes

Dans ce contexte, la place du citoyen est essentielle. Le consommateur peut faire des choix éclairés : s’informer, chercher à savoir d’où vient ce qu’il mange et comment cela a été produit. Privilégier un approvisionnement biologique et local encourage l’agriculture paysanne et la transformation artisanale. Les AMAP, les circuits courts, les fermes ouvertes et les marchés de producteurs offrent mille et une façons d’aller à la rencontre des producteurs qui s’engagent. Cela permet de connaître les produits, les modes de culture et les choix de variétés, tout en soutenant l’agriculture locale et en évitant les produits alimentaires importés ou hors saison.

Soutenir les campagnes en faveur de la biodiversité cultivée et des droits des paysans, comme celle d’Agir pour l’environnement et du Réseau Semences Paysannes, favorise l’émergence du sujet sur la scène politique. Des associations comme Kokopelli, qui distribue des variétés libres et reproductibles, ou Triticum en Normandie, qui œuvre pour la défense des céréales anciennes, sont des acteurs majeurs de ce mouvement. Le CRBA (Centre de ressources de botanique appliquée) travaille de manière collégiale avec des agriculteurs, des chefs et des citoyens pour adapter des variétés de fruits et légumes au climat futur, et distribue gratuitement des semences aux paysans. Sativa, basée en Suisse, regroupe et distribue les semences biodynamiques de près d’une centaine de producteurs multiplicateurs en Europe.

Carte des associations et producteurs de semences paysannes en France

Guide Pratique pour Semer et Perpétuer les Semences Paysannes

Faire un semis avec des semences paysannes requiert l’adoption d’une technique appropriée, mais n'est pas du tout difficile. Tous les jardiniers passionnés peuvent le faire dans leur propre potager ou verger, à condition de respecter certaines étapes pour élever des plants de qualité et d'assurer un environnement fiable pour la germination des graines.

Acquisition et Choix des Semences

Pour commencer, il faut acheter les semences paysannes chez des sites de vente de semences spécialisés comme La Ferme de Sainte Marthe ou Kokopelli. Il est également faisable de faire des échanges de semences avec vos voisins. Décortiquez les catalogues officiels en ligne pour dénicher des semences certifiées, libres de droits et biologiques. Si vous cherchez des tomates anciennes ou d'autres variétés spécifiques, tournez-vous vers les marchés, les ventes directes de producteurs, ou mettez les mains dans la terre pour les cultiver vous-même. Il est important de vérifier sur l'étiquette la provenance de la graine, car certains semenciers s'approvisionnent très loin. Jetez aussi un œil au taux de germination ; par exemple, Les Semences de l'Ombelle garantissent un taux plus important que le minimum légal.

Préparation de l'Environnement et du Substrat

Avant toute chose, il s’avère fondamental d’avoir un environnement idéal pour semer ses graines paysannes. En d’autres termes, assurez un milieu favorable pour la germination et la croissance des graines. Certes, le semis est faisable directement sur votre terre de culture ou de jardin, mais pour garantir la qualité des semences, il vaut mieux semer en intérieur d’abord, surtout pour les jeunes pousses fragiles.

Une fois que vous avez un environnement approprié bien prêt (une pièce lumineuse, à température stable), passez au choix du substrat. Utilisez de la terre ou du terreau. Ce dernier doit être bien riche en nutriment, mais pas trop non plus pour éviter de "brûler" les jeunes pousses. S’il vient de la terre directe, assurez-vous qu’il ne contient aucune substance chimique. Le substrat tient un rôle important dans la faculté germinative des graines ; un sol riche et vivant est la clé du succès d'une culture. Faire son propre semis avec des semences biologiques demande un substrat totalement naturel.

Techniques de Semis et Soins des Jeunes Plants

Le fait de semer des graines dans son jardin ou dans son potager ne peut être improvisé. Le taux de germination des graines paysannes et la croissance des plantes dépendent essentiellement de la qualité du semis. D’où l’intérêt d’assurer cette phase de la plantation de fruits, fleurs et légumes.

Pour semer, faites un petit trou à l’aide d’un bâtonnet ou d’un crayon. Ajoutez une à trois graines dans le trou préalablement effectué pour garantir une germination. Vu qu’il s’agit d’une semence biologique, il n’est pas nécessaire d’enrober les graines par des fongicides ; il est inutile de les traiter par des produits chimiques. Une fois le semis achevé, surveillez vos graines de près. En effet, la fin du semis est synonyme de début de l’aventure, c’est le moment où tout commence.

Dans ce cas, il s’avère crucial de réaliser un arrosage régulier sans noyer les graines. Si des plantules se démarquent des autres, il faut faire un éclaircissage. L’idée étant d’enlever les plants moins robustes et de laisser les plus performants pousser. Comme ça, vous bénéficiez d’un semis plus favorable. Après l’éclaircissage, poursuivez l’arrosage et assurez-vous que toutes les conditions nécessaires à la croissance sont réunies (lumière, température, humidité). Pour les différentes tâches comme le désherbage, il est interdit d’employer des produits phytosanitaires, conformément aux principes de l'agriculture biologique et paysanne.

Le Calendrier des Semis : Respecter les Saisons

En général, chaque jardinier peut faire son semis en n’importe quelle période de l’année pour avoir un beau jardin bio. En effet, vous pouvez choisir entre l’été, l’automne, le printemps et l’hiver. D’ailleurs, à chaque saison, vous avez le droit de faire quelque chose dans votre verger. Dans ce cas, un jardinier passionné se doit d’adopter un calendrier pour son propre potager, car en adoptant un bon calendrier, vous arriverez à bénéficier de belles récoltes.

Cependant, même si le semis avec des semences bio est faisable en toute saison, il existe quand même deux principales périodes à favoriser. L’automne est une saison convenable pour semer des graines paysannes, un moment privilégié pour tous les adeptes du jardinage, caractérisé par des jours réduits et des soirées plus fraîches. La période la plus prisée par les jardiniers pour le semis est le printemps. Cela concerne les semis des plantes vivaces, des annuelles et presque la majorité des espèces potagères. Par exemple, au mois de mars, c'est la bonne période pour semer certains légumes d'été et des plantes aromatiques ; ne tardez pas pour les tomates !

Récolte et Conservation des Semences pour l'Avenir

La perpétuation des semences paysannes passe par la récolte de ses propres graines. Pour la récolte des graines semées, des démarches sont à honorer en fonction de l’espèce et de la variété. L'étape cruciale est de sélectionner les plantes les plus performantes issues des semences paysannes, celles qui sont remarquables par leurs fruits, leur goût ou leur résistance aux maladies. Après cela, passez à la conservation des graines pour les semis futurs, en choisissant plus exactement des graines de fruits ou légumes robustes et résistants. Le mode de récolte des graines paysannes pour le semis peut varier d’une espèce à une autre, tout comme leur mode et leur durée de conservation pour le prochain semis. Des ressources comme le livre "Faire ses graines, c'est facile" de l'association Grainaille peuvent vous guider.

Jardinier récoltant des graines de plantes

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