L'Empire State Building, symbole emblématique de Manhattan, est bien plus qu'un gratte-ciel. Situé au cœur de New York au 350 de la 5e Avenue, entre les 33e et 34e rues, il incarne l'esprit audacieux de la ville qui ne dort jamais. Inauguré le 1er mai 1931, ce monument, bien que terminé en un temps record malgré la Grande Dépression, a transcendé sa fonction architecturale pour devenir une icône culturelle mondiale, indissociable du mythe de King Kong.

Une genèse architecturale dans la tourmente économique
L'histoire de l'Empire State Building est aussi impressionnante que sa silhouette imposante. En 1799, la ville de New York vendit un terrain vierge, situé entre Madison Avenue et le Sixième Avenue, et entre la 33e et la 36e rue, à John Thompson qui en fit une ferme. Le terrain changea de propriétaire à plusieurs reprises pour finir entre les mains de la famille de John Jacob Astor, dont le petit-fils, William Waldorf Astor, construisit le premier hôtel Waldorf Astoria en 1893.
Les plans de l'Empire State Building furent réalisés par la compagnie d'architectes Shreve, Lamb and Harmon. Le programme tenait en quelques lignes : budget fixé, pas plus de 8,50 mètres entre la fenêtre et le couloir et autant d'étages que possible. Les plans furent achevés en l'espace de deux semaines et s'inspiraient de ceux de la Carew Tower, située à Cincinnati. La construction fut placée sous la direction de Starrett Brothers and Eken, financée par John J. Raskob, fondateur de General Motors, et supervisée par Alfred E. Smith, ancien gouverneur de l'État de New York.
Les travaux d'excavation débutèrent en janvier 1930, permettant le début effectif de la construction le 17 mars. Jusqu'à 3 400 ouvriers pouvaient travailler en même temps, essentiellement des immigrés européens et des ouvriers Mohawks. Ces derniers, surnommés les « sky boys », assemblaient les composants de l'armature métallique à plusieurs centaines de mètres du sol sans protection. Selon un rapport officiel, cinq ouvriers trouvèrent la mort durant la construction. La réalisation fut un exploit : 410 jours au total, dimanches et vacances comprises, permettant au gratte-ciel d'être achevé avant la date prévue.
L' Empire State Building , un défi technologique
Un Géant dans le Ciel et une prouesse technique
Le gratte-ciel se dresse fièrement à une hauteur de 381 mètres, portée à 443 mètres avec son antenne. Il compte 102 étages, dont 85 sont occupés par des bureaux pour une surface utilisable de 200 900 m². Contrairement aux constructions modernes, il présente une façade classique en calcaire indien, sans courbes, dans un style Art déco rigoureux.
L'armature a nécessité 60 000 tonnes d'acier. Au total, 10 millions de briques et 200 000 tonnes de pierre furent utilisées. L'intérieur est tout aussi somptueux avec 929 m² de marbre Rose Famosa et près de 28 000 m² de marbre de Hauteville et de Rocheron. Le hall d'entrée possède une hauteur équivalente à trois étages et comporte un relief en aluminium représentant le bâtiment.
Le lien indélébile avec King Kong
L'ESB est mondialement connu grâce à King Kong. Dans le film de 1933, le gorille géant escalade le gratte-ciel avec Ann Darrow, le personnage joué par Fay Wray. Cette scène est devenue un symbole de l'ESB et du cinéma hollywoodien. Fay Wray, décédée en 2004, a d'ailleurs reçu un hommage spécial : l'Empire State Building s'est illuminé pendant 15 minutes en son honneur.
En 1983, pour le cinquantenaire du film, un King Kong gonflable fut accroché au sommet, une opération qui coûta 150 000 dollars mais qui se solda par un échec, le matériau se déchirant rapidement. Aujourd'hui, la boutique du building propose toujours des t-shirts et souvenirs à l'effigie de cette légende, confirmant que le gorille et le gratte-ciel font partie de la même mythologie urbaine.
Défis financiers et évolution du statut
À son ouverture, la Grande Dépression frappait durement les États-Unis. La moitié des bureaux restèrent vides, amenant les New-Yorkais à surnommer ironiquement le gratte-ciel « Empty State Building ». L'immeuble ne devint rentable qu'en 1950. Il a connu plusieurs propriétaires, de Roger I. Stevens en 1951 au groupe de Henry J. Crown en 1954, avant que Peter Malkin n'en prenne le contrôle en 2002 pour 57,5 millions de dollars.
Le bâtiment a également marqué l'histoire des télécommunications. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la quasi-totalité des stations de diffusion radio et télévision de New York transmettent depuis son antenne. C'est un centre nerveux technologique autant qu'un monument historique.
Une icône vivante et accessible
Aujourd'hui, l'ESB attire des visiteurs du monde entier pour sa vue spectaculaire, accessible aux personnes à mobilité réduite. L'édifice dispose d'ascenseurs et de rampes, et le personnel est formé pour assister les visiteurs ayant des besoins particuliers. Avec deux observatoires, au 86e et au 102e étage, il offre une expérience inoubliable, que ce soit sous le soleil ou la nuit avec les lumières scintillantes de la ville.
Le sommet est illuminé par un système LED capable de produire 16 millions de combinaisons de couleurs. Ces éclairages célèbrent les événements sportifs locaux comme les matchs des New York Knicks ou des Rangers, les fêtes nationales, ou encore des hommages comme celui rendu à Frank Sinatra.
Informations pratiques pour la visite
L'ESB est ouvert tous les jours, 365 jours par an, de 08h00 à 02h00. Il est vivement conseillé d'acheter les billets à l'avance sur le site officiel, via Sightseeing Pass ou Get Your Guide pour éviter les files d'attente. Les prix varient selon l'âge et le type de pass choisi (accès au 86e étage ou combiné avec le 102e). Par temps clair, les visiteurs peuvent apercevoir jusqu'à cinq États différents. Pour toute assistance spécifique, il est recommandé de contacter le service client à l'avance. Enfin, pour les curieux, l'adresse postale du building est le 10118, un code postal qui lui est propre.