Le Guide Complet du Compostage Domestique dans les Yvelines

Le compostage domestique s'impose aujourd'hui comme une réponse essentielle au défi de la gestion des déchets organiques. À la maison comme au jardin, nous produisons quotidiennement des déchets organiques tels que des épluchures de légumes, des restes de repas, des tontes de gazon, des feuilles mortes ou des tailles de haies. Le compostage est un processus biologique de dégradation, de transformation et d’assainissement de la matière organique en terreau, à l’aide de bactéries, de champignons, d’insectes, d’eau et d’oxygène. Ce phénomène est 100 % biologique et donne de bons résultats après quelques mois de maturation.

Schéma illustrant le cycle de décomposition des matières organiques en compost

L'engagement des collectivités dans les Yvelines

La gestion des biodéchets est devenue une priorité réglementaire. Depuis le 1er janvier 2024, les particuliers doivent pouvoir trier leurs biodéchets. « Il y a une obligation par décret. Nous devons apporter une politique là-dessus », observe Benoit Petitprez, président du Sictom de la région de Rambouillet. Dans un territoire rural composé en grande majorité de maisons avec jardins et « 37 % de logement collectif », la voie choisie est pour le moment celle du compostage.

La Communauté d’Agglomération Saint-Germain Boucles de Seine (Casgbs) s'illustre particulièrement dans cette démarche. Par exemple, lors de la campagne de distribution mise en place, les habitants ont l'opportunité d'acquérir un composteur en bois à prix réduit, compris entre 20 et 30 euros selon le modèle. Cette offre permet également de profiter d’une initiation gratuite d’une durée de 45 minutes permettant d’acquérir les bonnes pratiques du compostage. Depuis 2010, 5 611 composteurs individuels ont été distribués par cette seule structure.

Pourquoi adopter le compostage ?

Utiliser un composteur permet de valoriser les déchets alimentaires et de jardinage. Après 6 à 12 mois, vous disposerez d’un terreau 100 % naturel, un fabuleux mélange pour nourrir vos plantations. Les déchets organiques peuvent être recyclés dans un compost : champignons, bactéries et petits invertébrés en feront leur terrain de jeux. Enfin, utiliser un composteur permettrait de réduire jusqu’à 30 % le volume de ses ordures ménagères.

Il est nécessaire de rappeler que le compostage est à privilégier, car il permet de réduire la quantité de déchets organiques présentes dans les ordures ménagères. À quoi cela peut-il bien servir si tout n’est pas valorisé ? Ce sont des questions que l’on peut se poser, mais les bénéfices environnementaux, incluant la réduction du transport des déchets et la production locale d'amendement, sont indéniables.

Méthodologie : bien démarrer son composteur

La réussite du compostage repose sur quelques règles fondamentales. Il est indispensable de bien varier les déchets déposés dans le composteur : les déchets bruns et les déchets verts, les déchets secs et les déchets humides. Si vous ne compostez que des déchets humides, le compost risque de sentir mauvais. Le compost doit toujours être humide pour favoriser le processus de dégradation des matières. Pour que la dégradation soit optimale, les bactéries ont besoin de nourritures variées contenues dans les déchets, d'humidité mais aussi d'oxygène. Alors à chaque apport de déchets, il est nécessaire de mélanger les 5 premiers centimètres de déchets présents au-dessus du composteur.

Tuto : utiliser un composteur de jardin

L’emplacement idéal est la mi-ombre, mi-soleil. Il faut surtout qu’il soit installé sur un sol plat, pas trop loin de la maison et accessible en toutes saisons. Pensez également à laisser de la place devant et autour du composteur pour pouvoir manipuler et récolter le compost facilement. Si vous avez quelques dalles en trop, placez-les sous les pieds du composteur afin de le caler et éviter ainsi qu’il ne s’enfonce dans la terre humide en hiver.

Que mettre dans son composteur ?

Sachez que tout ce que la nature produit se composte. Voici une liste non-exhaustive de ce que vous pouvez mettre dans votre composteur dans un contexte urbain :

  • Les épluchures de tous les fruits et de tous les légumes, sans exception, crus ou cuits, bio ou non.
  • Les fruits et les légumes abîmés, le marc de café avec son filtre papier, les sachets de thé en papier avec leur étiquette, la tisane.
  • Les rouleaux de papier WC, d’essuie-tout, les mouchoirs usagés (sauf en période d’épidémie).
  • Les coquilles d’œufs.
  • Les déchets verts du jardin : fanes de légumes, fleurs fanées, feuilles mortes et petits branchages.

Concernant les végétaux particuliers :

  • Ail et oignon : oui, sans souci. Même si l’ail est un vermifuge qui pourrait incommoder les vers de compost, les autres ouvriers du compost prendront le relais.
  • Thuya, sapin et résineux : ces matières seront compostées mais elles mettront un peu plus de temps. Gardez en tête de ne pas en introduire trop, pas plus du 1/3 de votre part de brun.
  • Laurier, platane : les grosses feuilles épaisses et cirées mettront sans doute plus de temps à se composter. Pour accélérer le processus, passez-les à la tondeuse !
  • Végétaux parasités et maladies : ils ne résistent pas à la montée en température de votre tas de compost à condition de leur fournir de bonnes conditions de travail.

Les précautions d'usage

Il est conseillé de manger la viande et le poisson, plutôt que de la déposer dans le composteur. Même si ces matières sont compostables, nous vous déconseillons d’introduire des matières d’origine animale (viande, poisson, produits laitiers) ainsi que des plats transformés.

Pour les graines, sachez que le processus de compostage détruira certaines graines, mais pas toutes. C’est le cas des graines de tomates, de courges, de melons, et de nombreux indésirables comme l’ortie ou le chiendent. Nous recommandons de ne pas mettre de plante indésirable à graines dans le composteur.

Enfin, concernant les tontes de gazon, vous pouvez en introduire quelques poignées de temps en temps, bien étalées et mélangées avec de la matière sèche. Il est plus facile et utile de gérer les tontes de gazon en dehors du composteur par le paillage ou la tonte « mulching ».

Solutions pour les habitats collectifs

L’agglomération s’intéresse également aux démarches des personnes habitant en immeuble qui souhaiteraient se lancer dans le compostage partagé. Si vous ne pouvez pas composter dans votre jardin, en pied d’immeuble ou dans votre quartier, le lombricomposteur est fait pour vous. Il permet de composter hors sol en intérieur, seul ou en mode partagé, grâce à un système de bacs superposés et à l’action des vers de compost.

Dans le sud des Yvelines, la gestion des biodéchets est envisagée via l'installation et l'usage de composteurs collectifs. Un composteur collectif est par exemple installé à la résidence Antoinette-Vernes à Rambouillet. Le Sictom travaille ainsi à la formation d’un maître-composteur en interne qui accompagnera cinq projets de composteurs partagés qui seront sélectionnés prochainement.

Récolte et utilisation du compost

On peut récupérer le compost semi-mûr vers 5-6 mois pour l’utiliser en paillage à l’automne. Le compost mûr, obtenu à partir de 8-10 mois, peut être utilisé à n’importe quel moment. Pour récolter, munissez-vous d’une bâche ou d’un grand carton et d’une fourche bêche. Après avoir étendu la bâche devant le composteur, ouvrez totalement la façade avant. Sortez et mettez de côté sur la bâche les matières qui ne sont pas encore décomposées. Vous pouvez alors récolter le compost mûr.

Photo montrant un exemple de compost mûr prêt à être épandu

Le compost vert de granulométrie 0-20 ou 0-40 mm est recommandé pour la création ou le reconditionnement de massifs et l’apport annuel d’amendements sur toutes cultures pérennes comme les rosiers, vivaces, arbustes et arbres. La dose d’emploi préconisée est de 5 à 8 litres par m² en création de massifs et de 3 à 5 litres par m² en entretien annuel.

Résolution des problèmes courants

Les moucherons arrivent souvent lorsque les matières en décomposition sont trop humides. Dans ce cas, rééquilibrez en matière sèche et brassez. En été, enfouissez les biodéchets sucrés. Pour les gros vers blancs, il s'agit souvent de larves de coléoptère (cétoine, scarabée) et non de hanneton. Ce sont des larves totalement inoffensives pour le jardin et qui font partie des ouvriers du compost. Ne les écrabouillez pas !

Si après un an le compost n’est toujours pas mûr, c’est sans doute parce que les bonnes conditions ne sont plus réunies : pensez à contrôler régulièrement l’humidité, l’aération et le bon équilibre des matières pour relancer le processus. La gestion des biodéchets est une pratique qui s'apprend et s'affine avec le temps, transformant une contrainte environnementale en une ressource précieuse pour la biodiversité locale.

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