Le framboisier est un arbuste fruitier facile à cultiver. Comme les fraisiers, les cassissiers, les groseilliers, les mûriers, les framboisiers apportent généralement une belle récolte. Beaucoup d’entre nous ont, ou ont eu, la chance que quelques fruitiers soient plantés dans le jardin d’ornement, nous donnant l’occasion lors d’une balade de découvrir les premiers fruits et de s’en régaler égoïstement, mais avec un plaisir non dissimulé. Le framboisier, avec sa silhouette buissonnante et ses grappes gourmandes, s’invite dans les jardins pour le plus grand bonheur des cueilleurs amateurs. Mais ce petit fruit rouge au charme sauvage cache quelques exigences. Entre besoins en lumière, structure du sol, gestes de taille et prévention des maladies, sa culture réclame un minimum d’attention… pour un maximum de saveurs.

Les fondements botaniques et l’installation au jardin
Le framboisier est un arbrisseau originaire des bois des régions montagneuses d’Europe occidentale. Son nom fait d’ailleurs référence à la fraise des bois. Le framboisier forme une touffe de rameaux dressés, ponctués de larges feuilles dentées. La souche drageonnante produit de nouvelles tiges tous les ans, dotées d’aiguilles. Les fruits de forme conique sont composés de petites drupéoles comprenant chacune une graine. Comme le fraisier, le framboisier fait partie de l’éclectique famille des rosacées. La framboise est un arbuste à feuilles persistantes qui atteint environ 1,5 à 2,5 m de hauteur. Il se sent très à l’aise dans les régions à climat tempérés et frais et les racines sont bien installés dans un sol profond et acide.
Mais sachez que le framboisier fait partie des plants qui s’adaptent bien à son environnement. Certains le considèrent comme une mauvaise herbe tant il peut devenir envahissant ! Le Rubus idaeus, son nom botanique, préfère les climats tempérés et humides. Pour bien s’installer, il a besoin d’un sol frais, riche, bien drainé, légèrement acide de préférence. Une exposition ensoleillée mais non brûlante favorisera une bonne fructification, à condition de garder ses racines au frais avec un bon paillage.
Le framboisier est plutôt planté en hiver. Vous devrez faire un trou d’environ 50 centimètres de profondeur et de 60 centimètres de largeur. Puis, au fond du trou, disposez du compost ou du fumier, rajoutez un peu de terre et plantez votre arbuste ! Il faut faire attention à bien aérer la terre sans trop la tasser au niveau des racines. Et surtout, à ne pas trop enterrer votre framboisier. Une poignée de compost bien décomposé dans le trou de plantation, et de la corne broyée autour de la plante participeront à un bon enracinement. Autre conseil, plantez les framboisiers dans un espace libéré de toutes les mauvaises herbes, en les espaçant de 45 cm, et les rangées d’environ 1,50 m. Si vous l’avez planté en automne, taillez votre framboisier à 20 cm du sol et arrosez-le bien.
Maîtriser la croissance : le cernage et le palissage
L’expression cerner une plante ne vous est peut-être pas familière. Le cernage est l’action de limiter l’expansion des plantes, en les canalisant. Si vous avez un framboisier dans le jardin ou potager, vous savez peut-être que l’arbuste fruitier s’étend, prend sa place, largement… Et qu’il peut, loin de son point de plantation, créer de nouveaux pieds, par des rejets. Supprimez également les branches qui s’éloignent de la souche dans une direction non-souhaitée à l’aide d’une bêche.
Planter un framboisier, notamment avec l’objectif de le cultiver… de le rentabiliser en récoltant de manière optimum, implique de le palisser. C’est la plus facile à mettre en œuvre, elle est tout à fait adaptée au jardinier amateur. C’est un palissage qu’il est possible de réaliser en espalier c’est à dire contre un mur, ou bien en contre-espalier entre des câbles ou ficelles tendus. Ici, 2 piquets de 1,80 m de hauteur, entre lesquels sont tendus des fils de fer tous les 40 cm, sur lesquels on vient fixer les tiges 10 ou 12 par mètre maximum. Cette méthode simple permet d’accéder aux fruits très facilement. L’arbuste quant à lui peut respirer, s’aérer, évitant ainsi l’humidité donc les maladies.
Il existe une méthode plus originale mais qui offre une meilleure rentabilité, car les branches, installées sur 2 fils de fer installés parallèlement entre 2 piquets chacun espacés d’1 mètre. Les fils tendus sont eux placés entre 50 et 70cm en hauteur. Les branches de l’année précédente sont attachées sur les fils, les nouvelles de l’année ne sont pas fixées. L’idée ici est de laisser l’arbuste en autonomie de pousse, il est tout de même canalisé entre 4 piquets séparés d’1 mètre de distance, reliés entre eux par des fils, qui limitent son extension.

Les secrets de la taille et de l’entretien saisonnier
L’entretien dont notamment la taille permet d’assurer au mieux cette récolte, car elle permet au framboisier de garder toutes ses forces pour la production des fruits. Les nombreuses variétés s’organisent en deux groupes : les remontants (ou bifères) et les non-remontants (ou unifères). Contrairement aux framboisiers remontants, les framboisiers non-remontants fructifient une seule fois sur les pousses de l’année précédente. La récolte intervient à partir de mi-juin jusqu’à mi-août. L’hiver, sélectionner les cannes les plus vigoureuses et les plus saines en en retenant 10 par mètre linéaire, puis couper les autres à la base. Raccourcir les cannes restantes à 1,60 m env. Après la récolte, on rabat les tiges faibles ou qui ont déjà donné des fruits.
La particularité des framboisiers remontants, comme on l’a vu plus haut, c’est qu’ils produisent une récolte 2 fois par an. C’est la plus importante, elle prépare le pied pour l’année suivante. Les variétés remontantes offrent deux récoltes, l’une à l’automne sur les pousses de printemps, l’autre en début d’été. Pour cela, taillez régulièrement les tiges ayant fructifié (juste après la récolte pour les non-remontants, en fin d’hiver pour les remontants), et limitez leur nombre à 10-12 par mètre linéaire.
Un paillage peut-être mis en place après les tailles de l’hiver, il doit être renouvelé régulièrement pour conserver son efficacité. Pour produire ce paillis, vous avez de nombreuses solutions comme l’utilisation d’écorces de pin, des tontes de gazon séché, des feuilles mortes, du bois déchiqueté. Un autre avantage au paillage, en dehors de l’espacement des arrosages, c’est qu’il empêche la prolifération de mauvaises herbes. Si vous avez un framboisier dans le jardin, sachez que les racines devront être bien étalées au fond du trou, et les toutes jeunes pousses bien vertes doivent être enterrées. Un arrosage abondant et régulier l’année de la plantation permettra une meilleure reprise à vos framboisiers.
Gérer les ennemis et protéger la récolte
Les pucerons s’installent au dessous des feuilles, les feuilles se déforment, changent de couleur. Les araignées rouges sont des piqueurs-suçeurs qui créent des petits points jaunes sur les feuilles. Byturus tomentosus est le nom scientifique du ver de la framboise. Ce sont les larves de ce coléoptère qui attaquent le framboisier et les ronces en général. Pour accéder au pollen les coléoptères adultes rongent les boutons floraux.
Si vous pensez que le ver du framboisier s’est attaqué à votre plante (en témoignent des parties sèches sur les tiges ainsi que de petits asticots sur les fruits), pulvérisez un insecticide vers et chenilles adapté et utilisable en agriculture biologique. Le purin d’orties et le purin de consoude sont des préparations naturelles totalement biologiques, obtenues par macération de feuilles dans l’eau (1 kilo pour 10 litres). Le purin de tanaisie est aussi efficace. La tanaisie est une plante qui possède des propriétés naturellement insecticides. En produisant un purin, et en le pulvérisant en préventif et/ou en traitement, on peut facilement éloigner l’insecte de l’arbuste fruitier.
Le mildiou est préoccupant car c’est une maladie fongique grave. Le symptôme le plus évident est un blanchissement des fruits et de la plante en entier, mais aussi des taches noires. En prévention, supprimez les tiges trop serrées, évitez les arrosages sur le feuillage, et installez des plantes compagnes répulsives comme la ciboulette ou l’ail. Le framboisier serait bon voisin de l’ail, du prunier, de la rue, de la tanaisie et de l’achillée millefeuille. Le souci éviterait le dessèchement des tiges du framboisier.
COMMENT TAILLER et ENTRETENIR les FRAMBOISIERS ? 🍓En HIVER
Sélection des variétés et multiplication
Il existe différentes possibilités comme la division des touffes, bouture des racines, bouture de rameaux. Mais nous nous concentrerons sur la bouture des rameaux, d’une grande simplicité et facilité. Enfoncez les tiges dans un mélange de terre et de sable. Voici quelques variétés notables pour vos plantations :
- « Héritage » : variété ancienne, aux fruits rouge pâle, très parfumés, doux, sucrés et légèrement acidulés.
- « Marastar » : une variété parfaite pour la culture en grand pot.
- « Zeva » : c’est une variété qui ne nécessite pas de palissage.
- « Fallgold » : Framboisier jaune.
- « Malling Promise » : Variété très vigoureuse qui impose un palissage, les fruits sont délicieux, d’un beau calibre.
- « Autumn Bliss » : gros fruits coniques, parfumés sucrés et légèrement acidulés. Arbriseau vigoureux, résistant aux maladies et productif.
- « Lloyd George » : variété ancienne aux fruits reconnus pour leurs qualités gustatives, fruités et parfumés. Variété robuste, drageonnante et précoce.
- « Meeker » : fruit rouge, arrondi, chair ferme et parfumée qui se congèle bien. Récolte généreuse de mi-juin à fin juillet.

Valoriser et conserver les fruits
La récolte des framboises a lieu lorsque les fruits sont colorés et se détachent facilement. Généralement, les framboisiers vont produire très peu de fruits la première année, ce qui est assez décevant. Mais la patience est la vertu… des jardiniers ! Eh oui, vous allez devoir attendre deux ans pour obtenir une belle récolte de ces fruits doux et sucrés tant appréciés. Il faut savoir que les framboises se récoltent entre juin et septembre principalement.
Le meilleur moyen de conserver votre récolte de framboises non-transformées, c’est la congélation. Le fruit est généralement bien conservé, attention que le sachet ne soit pas trop chahuté au congélateur sous peine de retrouver une partie des framboises abîmées. Vous pouvez également réaliser des confitures. Faire des jus ou des coulis, vous pouvez d’ailleurs congeler les coulis c’est un bon moyen de conserver le produit sans lui ajouter de sucre. Framboises et mûres possèdent des « anthocyanines », ce sont des flavonoïdes, qui génèrent les pigments rouges et noirs aux fruits. Ces composés sont non seulement esthétiques, mais excellents pour la santé.
Si vous manquez de place ou si votre jardin est trop petit, les framboisiers peuvent aussi pousser en potée et peuvent être conduits sur un seul tuteur. En fonction de la variété de framboisier cultivée, vous devriez voir des framboises apparaître dès le milieu de l’été, à cueillir et déguster ! Cultiver un framboisier, c’est comme apprivoiser un souvenir sucré : un peu de patience, beaucoup d’attention… et une récolte pleine de tendresse. Si vous ambitionnez une grande production, avec de nombreux pieds, n’hésitez pas à opter pour des bâches de paillage géotextile (feutre). Un sol bien nourri, des plantations aérées et une observation régulière sont vos meilleurs alliés pour éviter les traitements chimiques.