
La mousse, souvent perçue comme un simple tapis végétal, révèle un monde d'une complexité fascinante, en particulier lorsqu'elle s'aventure à coloniser des surfaces verticales. Cet article, s'inscrivant dans une série intitulée Bryoscopie, se propose de démystifier une espèce particulièrement commune et identifiable : la grimmie pulvinée, ou Grimmia pulvinata, véritable symbole de résilience et d'adaptation. Au-delà de cette espèce emblématique, nous explorerons le rôle crucial des mousses dans nos écosystèmes, les techniques de végétalisation intérieure et extérieure avec des plantes grimpantes, et les différentes approches pour cultiver ou gérer la mousse dans nos jardins.
La Grimmie Pulvinée : Une Merveille d'Adaptation Urbaine

Sans aucun doute, la grimmie est la mousse la plus commune vivant au plus près des hommes jusqu'au cœur des villes. C'est également une des plus faciles à identifier, grâce à son allure adorable et à ses capacités d'adaptation à la survie en milieu extrême, qui forcent le respect. Comme l'écrasante majorité des mousses, la grimmie ne porte pas de nom populaire mais un nom directement hérité de son nom scientifique Grimmia pulvinata. Le nom de genre Grimmia dérive du nom d'un botaniste et médecin allemand J.F. Grimm (1737-1821). Seul l'épithète latin pulvinata, pulviné en français, apporte une information pratique visible sur la plante, bien qu'il faille être sérieusement initié à la langue botanique pour en comprendre le sens. Ce mot provient du latin pulvinus : un pulvinar désignait un coussin sur lequel les Romains plaçaient les statues de leurs dieux en action de grâce d'une victoire ; il désignait aussi la loge impériale dans un cirque romain.
Et si une plante mérite ce qualificatif, c'est bien la grimmie avec son port remarquable en coussinet compact, presque hémisphérique, de 2 à 4 cm de diamètre sur 1 à 2 cm de haut. C'est un coussinet que l'on a envie de toucher et de caresser tant il fait penser à une adorable petite bestiole à fourrure. Selon les conditions météorologiques ambiantes, l'aspect de ces pulvinars change beaucoup. Par temps sec, ils prennent une teinte grisâtre terne avec une surface argentée du plus bel effet en dépit de l'aspect rabougri. Du fait de l'aspect hérissé de ces coussinets secs, les Anglais surnomment cette espèce la mousse-hérisson. Après une pluie conséquente, en peu de temps, le coussinet se métamorphose en absorbant l'eau : la mousse reprend vie et déploie ses feuilles qui se réhydratent. Le coussinet devient alors d'un beau vert foncé et la nuance argentée en surface disparaît ou presque.

Pour comprendre l'origine de ces variations de couleur, il faut observer de très près (à la loupe !) ce qui se passe au niveau du feuillage en lien avec les variations d'humidité. Les feuilles hydratées mesurent de 3 à 4 mm de long ; les bords ou marges sont retournées vers l'intérieur (récurvées), ce qui donne un aspect plus épais. Elles se démarquent de la majorité des autres espèces communes par leur forme elliptique lancéolée et brutalement resserrée au sommet en un poil hyalin blanc qui prolonge la nervure. Ce poil, souvent aussi long que le reste de la feuille, apparaît denticulé sous un fort grossissement ; il est généralement un peu courbé. Il est important de noter que de nombreuses autres espèces, vivant elles aussi sur les murs et en coussinets, arborent un tel poil hyalin au bout de leurs feuilles. Par temps humide, les feuilles s'étalent autour des tiges et leur écartement relatif fait que les poils hyalins deviennent alors peu visibles : d'où l'aspect vert sans teinte argentée.
Reproduction et Discrétion des Sporogones
La reproduction sexuée a lieu essentiellement en automne et les organes sexuels apparaissent. Les organes femelles ou archégones se forment au sommet des rameaux dressés, situation classique pour une mousse acrocarpe, tandis que les organes mâles ou anthéridies se trouvent à l'aisselle des feuilles en-dessous ou sur d'autres rameaux du même individu. On parle d'espèce autoïque, c'est-à-dire presque hermaphrodite.
Chez la grimmie, pratiquement toutes les touffes produisent tôt ou tard des sporogones, ce qui facilite grandement son identification car ils apportent un autre critère décisif. La soie (la « tige ») porteuse de la capsule est en effet courbée en col de cygne très gracieux à l'état jeune, si bien que la capsule ovale se trouve enfouie un peu au milieu du feuillage. On dirait que sa pudeur la pousse à cacher ses sporogones. Par temps très sec et au bout d'un certain temps, la soie finit par se redresser et porte haut la capsule, en général alors ouverte. La capsule verte porte un opercule (« couvercle ») doté d'un rostre prononcé. Sèche, sa paroi présente huit striations dans le sens de la longueur et la « bouche » ouverte (le péristome) possède 16 dents rougeâtres.

Habitat et Tolérance Environnementale de la Grimmie
Sans ambiguïté, la grimmie est une mousse saxicole, c'est-à-dire qui pousse sur des substrats rocheux nus. Si elle semble s'accommoder de toutes sortes de roches, elle reste plus répandue sur calcaire, y compris à travers les ciments ou mortiers à base de chaux. Mais surtout, elle est une des espèces de mousses saxicoles les mieux adaptées aux milieux rocheux artificiels créés par l'homme : béton, vieux murs, ciment, toit de tuiles, fibrociment, ardoises, briques, rien ne lui échappe. Comme elle tolère relativement bien la pollution atmosphérique, elle prospère jusqu'au cœur des villes. Cependant, dans les endroits les plus pollués, elle tend à se localiser assez strictement sur les joints en ciment calcaire, car l'alcalinité de ce support lui permet de neutraliser en partie l'acidité souvent extrême du milieu ambiant pollué. Elle recherche les supports cités en situation bien éclairée et sèche, ce qui en fait une espèce dite xérophile. Elle reste rare ou exceptionnelle sur les écorces d'arbres, sauf peut-être sur les arbres fruitiers dans les vergers où elle profite des particules nutritives déposées (comportement nitrophile).
On la trouve presque partout en France, mais elle reste plus commune en plaine et ne dépasserait pas 1000 m en altitude. Son aire de répartition couvre pratiquement toute la planète, sauf l'Arctique et l'Antarctique. Il existe de nombreuses espèces de grimmies (une trentaine en Europe), mais presque toutes sont rares ou inféodées dans des milieux spécifiques. Les pierres tombales anciennes sont un paradis pour les grimmies.

Résilience Face à la Dessiccation et au Changement Climatique
La grimmie est particulièrement tolérante à la dessiccation, alternant les phases humides où elle peut déployer ses feuilles et faire la photosynthèse, et les phases desséchées où elle se déshydrate et entre en vie ralentie. Elle peut passer d'un stade à l'autre en très peu de temps selon le principe de la reviviscence. Un suivi à long terme mené en Angleterre sur un mur montre qu'en été les plus longues périodes sèches durent de 15 à 17 jours (étude réalisée en 1988 !) et la période la plus longue enregistrée est de 28 jours. Après une pluie, la mousse réussit à rester humide un certain temps ; la rosée ne suffit pas pour l'imbiber. L'essentiel de la croissance de ce fait a lieu en automne et en début d'hiver avec un niveau d'éclairement assez bas et tant qu'il ne fait pas trop froid.
La taille du coussinet semble être un facteur déterminant dans le fonctionnement de la grimmie. Ainsi, les grands coussinets qui ont un rapport surface/volume plus bas transpirent moins, mais pour autant leur capacité de stockage d'eau reste proportionnellement la même. De ce fait, les gros coussinets restent hydratés plus longtemps et peuvent donc photosynthétiser plus longtemps. Clairement, au cœur de l'été (et sans doute de plus en plus avec le changement climatique bien avancé), la grimmie passe le plus clair de son temps en berne, faute de pouvoir résister au dessèchement.
COMMENT LES PLANTES S’ADAPTENT- À LA SÉCHERESSE (rubrique Science Végétale N°1)
Compétition et Coexistence dans des Milieux Ingrats
Outre les aléas climatiques permanents, la grimmie doit aussi affronter une rude compétition avec d'autres colonisateurs zélés de ces milieux pourtant ingrats. Les emplacements potentiellement favorables ont beau être nombreux, les candidats à l'installation ne manquent pas et, outre l'eau, la nourriture y est très rare. Des plantes à fleurs peuvent certes coloniser ces milieux extrêmes comme les orpins ou la joubarbe ou la cymbalaire ; mais, elles ont besoin de s'enraciner dans un sol même minime, ce qui limite leur capacité de compétition.
Mais la grimmie subit surtout une forte compétition de la part d'adversaires redoutables, experts eux aussi en survie en milieu extrême : les lichens. En prenant le temps d'inspecter en détail les sommets de murs, on découvrira ainsi des scènes d'affrontement saisissantes où un lichen escalade et recouvre partiellement un coussinet de grimmie, ce qui condamne les tiges recouvertes à la mort faute de lumière.

La Mousse Végétale : Un Acteur Essentiel de l'Écosystème
Ce qu'on appelle la mousse décorative peut être artificielle ou végétale. La première se vend en magasins de loisirs créatifs, en jardinerie, sous forme de plaque, rouleau ou boule : elle imite souvent au mieux la mousse végétale, mais il s'agit d'une matière artificielle synthétique dérivée du pétrole (polyester, polyéthylène…). La mousse végétale appartient au sous-règne des bryophytes, un groupe de plantes terrestres primitives ayant gardé beaucoup de caractères des premières plantes. Les bryophytes s'organisent en trois embranchements dont celui des Bryophyta qui regroupe 25 000 espèces de mousses et sphaignes.
Les bryophytes sont considérés comme des végétaux non vasculaires, c’est-à-dire qu’ils ne possèdent ni véritables racines, ni tiges, ni feuilles au sens strict, et surtout pas de vaisseaux conducteurs comme le xylème et le phloème des plantes vasculaires. Leur reproduction peut être asexuée lorsque la mousse est fragmentée par exemple, ou sexuée. Dans ce cas, le cycle de vie est dominé par la phase gamétophyte (haploïde), qui est la partie verte et feuillue visible au sol. À partir de ce gamétophyte se développent les organes reproducteurs : les anthéridies (mâles) produisent les spermatozoïdes, et les archégones (femelles) contiennent les oosphères. L’eau joue un rôle crucial, car les spermatozoïdes doivent nager pour féconder les oosphères. La fécondation donne naissance à un sporophyte (diploïde), qui reste fixé au gamétophyte et dépend totalement de lui pour sa nutrition.
D’un point de vue écologique, les mousses jouent un rôle essentiel. Elles participent à la rétention d’eau dans les sols et les forêts, préviennent l’érosion et sont fort importantes pour la biodiversité en créant des micro-habitats pour de nombreuses petites bêtes utiles au jardin et en fournissant aux oiseaux une matière pour la construction de leur nid. Enfin, la mousse est une plante bio-indicatrice : étant sensible à la pollution atmosphérique, elle renseigne sur la qualité de l’air. Les mousses sont particulièrement adaptées aux milieux humides et ombragés, tels que les sous-bois, et affichent une forte résistance au stress hydrique se caractérisant par une exceptionnelle tolérance à la dessiccation. La mousse se développe aussi dans les sols trop tassés comme les pelouses, à tendance acide.
La Mousse dans le Jardin : Esthétique et Gestion
La mousse peut être très agréable à regarder lorsqu'elle orne de son vert manteau les pierres d'un muret. Toutefois, la mousse envahit parfois des zones du jardin où elle n'est pas désirée. Les différentes espèces de mousses font partie de l'embranchement des Bryophyta. Ces plantes rases ont une structure simple et ont besoin de certaines conditions spécifiques pour se développer. Un lieu ombragé, exposé au Nord ou à l'Est est fort propice à la pousse de la mousse. La mousse a besoin d'humidité pour bien pousser. La mousse prolifère en sol acide, notamment sous les conifères dont le feuillage forme un paillage acidifiant. Autre paramètre concernant le sol, le compactage. Une zone souvent piétinée et compactée retient plus l'humidité, le sol est gorgé d'eau et la mousse prolifère. C'est d'ailleurs aussi le cas sur les terrains naturellement humides, où le sol ne se désengorge que rarement. Un sol pauvre peut aussi favoriser l'apparition de la mousse. Un manque de potasse, de calcium ou de magnésium est souvent à l'origine du développement de la mousse sur une pelouse.
Certains essaient de se débarrasser de la mousse qui envahit leur pelouse, quand d'autres tentent de la faire pousser entre des pas japonais ou sur un mur végétal. La mousse est couramment utilisée en paillis de pots pour couvrir la surface de pots, de jardinières ou de bacs afin de ne pas laisser la terre à nu et de tenter de maintenir un peu de fraîcheur, notamment pour les orchidées et les bonsaïs.

Pour trouver de la mousse, il suffit de se rendre dans les bois. Attention, comme tout ce qui peut être prélevé ou ramassé dans les bois (terre, pierres, sable, bruyère, genêts, herbes, feuilles ou mousse), une tolérance est acceptée seulement si vous le faites avec modération, c'est-à-dire en petite quantité, pour une utilisation personnelle, sans perspective de commercialisation. Vous pouvez mettre en place une touffe de mousse au jardin à un endroit désherbé qui lui offre les conditions idéales de développement (ombre, humidité), en tassant bien la terre : elle prospérera certainement. Une autre solution consiste à faire sécher une touffe de mousse afin de pouvoir la réduire en poudre. Pendant les saisons qui connaissent les plus fortes pluviométries, le printemps et l'automne, la mousse profitera de cette humidité naturelle. Il vous suffira de ne pas laisser les feuilles mortes s'accumuler et se décomposer sur la mousse, ce qui risque de l'étouffer. Pendant l'été, inutile de l'arroser, elle se dessèchera mais repartira dès la première pluie venue.
La Végétalisation Intérieure : Plantes Grimpantes et Murs Végétaux
La végétalisation intérieure des murs avec des plantes grimpantes est un domaine spécifique de la végétalisation. Il s'agit ici, pour les espaces intérieurs, exclusivement de murs, surfaces, objets, etc. végétalisés. Une telle végétalisation intérieure doit bien sûr être verte en été comme en hiver, c'est-à-dire « toujours verte ». La lumière est essentielle dans ces projets. La plupart des plantes grimpantes et suspendues en ont besoin pour s'épanouir et préfèrent donc pousser près des fenêtres ou dans des endroits où la lumière artificielle est abondante. Malheureusement, certains emplacements sont souvent considérés comme « lumineux » alors qu'ils sont en réalité trop sombres. La végétalisation intérieure devient alors problématique. Les plantes recommandées ici sont robustes et résistantes aux parasites. Mais les célèbres « conditions annexes » doivent être réunies et doivent être étudiées ailleurs : températures, tailles des pots, substrats, arrosage, drainage, fertilisation, pulvérisation… De plus, les feuilles des plantes d'intérieur ne sont jamais mouillées ni lavées par la rosée ou la pluie ! Il peut donc être nécessaire d'épousseter, ce dont il faut tenir compte pour les plantes suspendues en hauteur.

Les plantes grimpantes « autonomes » dotées de racines ou de pieds adhésifs, comme le figuier rampant (Ficus repens), permettent de végétaliser à moindre coût des murs bruts, par exemple des murs en briques apparentes et non crépis dans un café ou autre. Sur les murs clairs et lisses, cependant, on préfère, pour des raisons esthétiques, utiliser des supports sur lesquels les plantes grimpantes peuvent pousser ou être attachées. Les câbles métalliques filigranes sont particulièrement adaptés à cet usage.
Les plantes grimpantes à vrilles telles que le Tetrastigma voinierianum, avec ses feuilles imposantes, le Stephanotis floribunda et les Hoya, à la croissance un peu plus lente, sont particulièrement adaptées à la végétalisation intérieure. Toutes trois peuvent atteindre plusieurs mètres de haut. Le lierre des chambres (Hedera helix) et, pour les endroits lumineux, le Cissus alata ou Cissus rhombifolia ou le Cissus « Ellen Danica » peuvent également être guidés vers le haut ou sur le côté à l'aide de cordes. Cependant, ces plantes n'atteignent généralement qu'une longueur de pousse d'environ 2 mètres et poussent beaucoup plus lentement. Le pothos (Epipremnum aureum) et, dans un endroit très lumineux, même le philodendron scandens (Philodendron scandens) peuvent également être utilisés. Les végétalisations d'intérieur avec toutes ces plantes sont pérennes et donc durables. Il est possible d'expérimenter d'autres espèces, mais le plaisir ne dure souvent qu'un été, car ces espèces ne survivent pas à l'hiver.
Les « murs végétaux » conviennent également aux espaces intérieurs, mais généralement uniquement avec un éclairage puissant imitant la lumière du jour. Économiser sur ce point se retournera certainement contre vous. Les plantes artificielles ou les « murs de mousse » constituent une alternative peu coûteuse aux « murs végétaux » et aux « jardins verticaux ». Ces derniers sont composés de mousse véritable et, outre leur effet esthétique, ils peuvent également absorber le bruit. La crainte qu'un mur de mousse devienne un « collecteur de poussière » est plutôt infondée en raison de ses propriétés antistatiques. Des expériences ont été menées avec de la mousse vivante, mais en raison des coûts d'entretien extrêmement élevés, cela ne s'est pas avéré efficace pour la végétalisation intérieure. On trouve principalement sur le marché de la mousse « conservée », « stabilisée », c'est-à-dire finalement morte et momifiée. La quantité de lumière n'a ici plus d'importance, ces murs de mousse s'intègrent bien dans les zones sombres.
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Les Plantes Grimpantes Suspendues et leur Comportement
De nombreuses plantes grimpantes peuvent également pousser en suspension, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. Elles sont alors souvent cultivées dans des « suspensions » librement suspendues. Ces « plantes suspendues » sont intéressantes pour la végétalisation des façades intérieures, car elles permettent également de recouvrir des murs, des objets ou d'autres surfaces.
Les plantes les plus faciles à cultiver sont sans doute les nombreuses variétés de pothos (Epipremnum aureum). Elles s'adaptent bien aux pièces normalement éclairées ou légèrement plus sombres et tolèrent également les irrégularités ou les oublis d'arrosage. Le philodendron est un peu plus exigeant en termes de lumière et d'arrosage. La vigne royale (Cissus rhombifolia) est plus délicate et a besoin d'un emplacement très lumineux près d'une fenêtre. La variété danoise « Ellen Danica » supporte un peu moins de lumière. Le Cissus striata est particulièrement gracieux et donc précieux. Et ceux qui aiment les plantes originales peuvent essayer le Muehlenbeckia axillaris ou M. complexa. Ces espèces ont besoin d'un emplacement lumineux et d'un arrosage régulier. Le lierre d'intérieur (Hedera) est censé être facile à entretenir.
Les jardiniers aiment cultiver des plantes grimpantes (plantes qui escaladent les arbres, les treillis, les murs et autres supports dressés) dans des paniers suspendus, avec leurs tiges qui pendent vers le bas. Beaucoup de grimpantes commencent à produire des feuilles de plus en plus petites quand elles retombent. Et plus elles retombent, plus les feuilles sont petites. C’est notamment le cas de la plupart des aracées, y compris les philodendrons, les monsteras, les syngoniums et les pothos, et de nombreux Cissus aussi. Chez d’autres espèces, les feuilles ne rapetissent pas, mais les tiges pendantes atteignent une certaine longueur, puis cessent de pousser. Et chez d’autres encore, les tiges retombantes ne produisent plus de fleurs. Il y a des grimpantes qui se battent férocement contre tout effort pour les faire retomber. Les gloires du matin, par exemple, et aussi les thunbergies, commenceront rapidement à s’entortiller autour de leurs propres tiges dans un effort pour se redresser.

Tous ces effets sont le résultat d’hormones appelées auxines présentes dans l’extrémité des tiges volubiles. C’est ce qu’on appelle la dominance apicale. Tant que la tige grimpe, certaines de ces auxines se trouvent concentrées dans sa partie supérieure et stimulent sa croissance. À ce stade, la tige poussera dans le sens contraire de la lumière, une action appelée phototropisme négatif, ce qui est normalement une chose très inhabituelle pour une tige. Mais en fait, c’est très logique pour une grimpante à la recherche d’un support. L’ombre profonde est souvent causée par un tronc d’arbre ou un autre objet dressé sur laquelle la tige pourrait éventuellement grimper. Ainsi la tige se dirige vers l’objet le plus sombre des alentours. Une fois qu’elle l’a atteint, elle reprend sa croissance dressée, s’appuyant sur son nouvel hôte. Et elle recommence à faire du phototropisme positif comme n’importe quelle plante normale, dirigeant sa croissance vers la source de lumière. Aussi, les feuilles qui se forment commencent à reprendre une plus grande taille.
Si vous changez de tactique et laissez vos plantes grimpantes grimper, peut-être sur un treillis, un poteau de mousse ou un mur, plutôt que de retomber d’un pot, attendez-vous à des changements de comportement. Beaucoup d’aracées (philodendrons, pothos, monsteras, etc.) commenceront graduellement à produire des feuilles plus grandes - nettement plus grandes - quand elles peuvent grimper. De plus, cette augmentation de la taille des feuilles est reliée à la maturité sexuelle de la plante : une fois qu’elles atteignent leur pleine taille, ces aracées commenceront à fleurir et à produire des graines. Le figuier rampant (Ficus pumila) change complètement d’apparence, avec des feuilles plus grosses et plus coriaces, quand il atteint la maturité. D’autres grimpantes continuent de produire de petites feuilles quand elles grimpent, souvent pendant des années. Puis, quand elles arrivent à une hauteur suffisante, elles passent soudainement de cette forme juvénile à leur forme adulte, avec des feuilles beaucoup plus grandes souvent de forme très différente. De plus, elles commencent aussi à fleurir et à produire des graines.
Ce ne sont pas toutes les grimpantes qui réagissent mal quand on les permet de retomber. Et puis il y a le cas des plantes rampantes que nous utilisons dans les paniers suspendus, comme la misère (Tradescantia spp.) et le lierre suédois (Plectranthus australis). Bien que nous pourrions les prendre pour des grimpantes, en fait, elles ne le sont pas : il s'agit de plantes couvre-sol. Dans la nature, les plantes rampantes s’étendent latéralement, s’enracinant au contact avec le sol et forment ainsi un tapis de verdure. Il en va de même pour les plantes épiphytes (celles qui poussent sur les branches d’arbres dans la nature), comme la plante de rouge à lèvres (Aeschynanthus spp.) et la plante poisson rouge (Nematanthus spp.). Elles sont magnifiques en panier suspendu, car leurs tiges s’arquent tout naturellement vers l’extérieur et le bas et elles fleurissent sans problème de cette manière.
Serres et Végétalisation Tropicale
Les « serres » sont particulièrement lumineuses. Cela convient à de nombreuses plantes, car cela se rapproche des conditions extérieures. D'un autre côté, il fait souvent très chaud, voire brûlant, dans les serres, ce qui nécessite une aération. Si, en plus, le chauffage est fortement utilisé en hiver, il est possible de créer une végétation tropicale. L'humidité de l'air doit alors également être maintenue à un niveau élevé, par exemple à l'aide d'un brumisateur, etc. Toutes les « serres à papillons » et « serres tropicales » des jardins botaniques et zoologiques (ZOO) suivent ce principe et attirent chaque année des millions de visiteurs.
Dans un tel environnement, les plantes grimpantes tropicales prospèrent également ! Cela vaut également, avec certaines restrictions, pour un hall d'entrée vitré et chauffé en permanence, un atrium vitré ou une véranda attenante à la maison. Plus les températures sont élevées en hiver, plus l'ambiance est « tropicale », mais cela représente bien sûr un facteur de coût. Si les températures descendent entre 5 et 15 degrés en hiver, de nombreuses plantes tropicales ne survivent pas. Dans les serres sans chauffage, appelées « serres froides », il est possible de cultiver des vignes.