Le désherbage alternatif est un ensemble de méthodes écologiques et efficaces pour éliminer les mauvaises herbes sans recourir à des techniques utilisant des produits chimiques. Ces techniques respectent l’environnement, elles préservent également la biodiversité et la santé des sols. Face à l'étau réglementaire autour des molécules chimiques classiques, comme le glyphosate, qui continue de se resserrer, et aux restrictions croissantes sur l'usage des pesticides, l'anticipation n'est plus une option, c'est une nécessité de survie économique pour les professionnels. Pour les particuliers, l'accès aux produits phytosanitaires est quasiment révolu. Il est donc impératif d'adapter ses techniques de désherbage sans attendre.

I. Comprendre le Contexte du Désherbage Alternatif
Le retour des beaux jours va vous permettre de profiter de vos extérieurs ! C’est le moment de bien les délimiter pour mieux les aménager, ce qui donnera du caractère à vos espaces et vous permettra d’en profiter pleinement. Pourtant, personne ne veut d’herbes indésirables dans son joli jardin paysager. Mais tôt ou tard, ces plantes adventices finissent par apparaître. Le stock de graines dans le sol est quasi inépuisable. Si la place leur est laissée, les herbes adventices envahissent progressivement le terrain.
Il y a dix ans, passer au “zéro phyto” signifiait souvent embaucher une armée de saisonniers pour arracher les herbes à la main. Aujourd’hui, la donne a changé. En 2026, les solutions sont matures. Les brosses sont plus résistantes, les brûleurs consomment moins de gaz, et l’électronique embarquée aide à piloter le tout. Mais attention, le désherbage alternatif ne signifie pas simplement remplacer un bidon par une machine. Il faut accepter que l’herbe ne va pas disparaître totalement du jour au lendemain. La réussite réside dans la combinaison des méthodes. C’est précisément ce cocktail de solutions qui assure à la fois l’efficacité sur le terrain et la maîtrise des coûts. Et en variant les techniques, on évite un autre piège : que les mauvaises herbes finissent par s’adapter et résister à une seule méthode. Cette approche demande une planification rigoureuse, c’est un métier plus technique, plus observateur.
A. L'Impact des Adventices et l'Importance du Désherbage
Le désherbage est une étape indispensable dans la réussite de votre culture de tournesol, par exemple, mais il ne se résume pas qu'aux herbicides. Ces plantes concurrencent les cultures et les végétaux d'ornement. Un jardinier rêve d'une terre où les mauvaises herbes ne pousseraient plus ? Pourtant leur développement est un signe de fertilité : seuls les sols stériles n’hébergent aucune herbe spontanée ! La flore spontanée fournit des indications sur l’évolution et la qualité du sol. Certaines “mauvaises herbes” sont en réalité des auxiliaires : le mouron rouge ou la petite véronique couvrent le sol au printemps et disparaissent rapidement dès que l’été s’avance. Ainsi, elles font concurrence à d’autres adventices plus résistants, sans gêner les cultures.
B. Le Contexte Réglementaire et Écologique
La loi Labbé (2014) vise à mieux encadrer l’utilisation des produits phytosanitaires. Elle restreint ou interdit l’utilisation de pesticides dans certaines zones spécifiques. Éviter les produits chimiques est bon pour la planète et pour votre santé. La consommation des produits phytosanitaires dans les jardins particuliers représente 10 % des pesticides utilisés. Or ces produits se retrouvent aujourd’hui dans l’eau de boisson, l’eau de pluie, les eaux souterraines et même l’eau embouteillée. En France, 1 million d’hectares sont cultivés par 14 millions de jardiniers amateurs, ce qui concerne une famille sur trois. Les paiements directs suisses prévoient des contributions spécifiques pour les exploitations qui réduisent les intrants chimiques. L’Office fédéral de l’agriculture propose également des aides à l’investissement pour l’achat de matériel de désherbage mécanique ou thermique, sous forme de prêts bonifiés ou de subventions directes.
II. Les Principales Techniques de Désherbage Alternatif
Il y a plusieurs moyens de désherber sans désherbants classiques. Le désherbage alternatif est un ensemble de méthodes écologiques et efficaces pour éliminer les mauvaises herbes sans recourir à des techniques utilisant des produits chimiques.
A. Le Désherbage Manuel : L'Approche Traditionnelle et Écologique
Le désherbage manuel est la méthode la plus naturelle. Elle consiste à arracher les mauvaises herbes à la main ou avec les outils adaptés. C'est un procédé aussi ancien qu’efficace, et il est tout aussi physique. Cependant, dans certains cas et réalisé fréquemment, son efficacité est redoutable, et aussi, moins pénible qu’il n’y paraît ! L'arrachage des mauvaises herbes doit être complet. Autrement dit, il faut arracher l'adventice (herbe ou plante indésirable) jusqu’à la racine, faute de quoi vous serez vite découragé ! Privilégiez cette action après la pluie, la terre est alors plus meuble et la racine sort plus facilement.

Pour ce faire, munissez-vous de bons outils de jardinage : piochon, gouge pour déraciner ou encore griffe et racloir de jardinier. Le sarclage régulier des herbes indésirables est une solution simple, efficace et écologique afin d’éviter leur propagation. Pour cela, on coupe les plantes au niveau de la racine, pour les dessécher.
1. Outils Spécifiques au Désherbage Manuel
- Binette hollandaise ou sarcloir : L’usage d’une binette nécessite un mouvement de tirage, l’usage d’une rasette (ou sarcloir) nécessite un mouvement de poussée. La binette est généralement utilisée dans les sols argileux plus lourds, tandis que la rasette est utilisée dans les sols sablonneux. Les rasettes sont surtout utilisées dans le Limbourg et aux Pays-Bas. Le binage régulier, surtout lors des jours ensoleillés, offre deux avantages : l’on coupe l’herbe indésirable, qui se dessèche ensuite sur place. Simultanément, l’on ameublit la couche de terre supérieure, ce qui ralentit l’évaporation de l’eau. « Un binage vaut deux arrosages », selon le fameux dicton. La rasette avec manche à poignée Polet Traditional est l’outil idéal pour biner en position debout. Une nouveauté est l’aile-rasette dentelée. Il s’agit de l’outil idéal pour désherber entre les plantes aussi bien en tirant qu’en poussant. Depuis quelques années maintenant, Polet a commercialisé la Binette en U. C’est un outil à mi-chemin entre la binette et la rasette. Cet outil polyvalent en acier inoxydable est robuste et aiguisé sur son contour. Il vous permet de travailler aussi bien en tirant qu’en poussant.
- Outils à main : Les outils à main s’avèrent très utiles dans les bordures entre les plantes ou dans des jardinières. Ces outils conviennent parfaitement pour les plus petits travaux, pour lesquels vous ne devez travailler que sur une petite partie du jardin ou du sol et laisser le reste intact.
- Grattoir et brosse : Afin de retirer les herbes indésirables et la mousse sur les terrasses, sentiers et allées, utilisez de préférence un grattoir ou une brosse. Le grattoir à joints dentelé est une nouveauté. Équipé d’une lame en acier inoxydable remplaçable, cet outil est idéal pour enlever les herbes indésirables des joints. Grâce à sa structure dentelée, il permet de retirer davantage d’herbes indésirables des joints qu’un grattoir traditionnel.
- Désherbeur pour pelouse : Il est plus difficile de s’attaquer aux herbes indésirables dans une pelouse, car vous souhaitez conserver le gazon qui se trouve autour. C’est pourquoi un désherbeur est un outil idéal, en outil à main ou avec un long manche.
B. Le Désherbage Mécanique : Puissance et Polyvalence
Le désherbage mécanique regroupe tout ce qui touche physiquement la plante pour la déraciner ou la couper. Cette méthode consiste à détruire les adventices par des outils mécaniques : binage, sarclage, passage de herse étrille ou de houe rotative. Un désherbage mécanique superficiel (binage) aère le sol, ce qui favorise la pénétration de l’eau et la vie microbienne.

1. Pour les Surfaces Perméables
Pour les surfaces perméables, comme les allées en graviers ou les terres agricoles, le travail du sol est roi. Pour nos amis agriculteurs et maraîchers, la bineuse mécanique et la herse étrille sont vos meilleures alliées.
- La herse étrille : Elle travaille en plein, à l’aveugle, arrachant les plantules au stade “fil blanc”. C’est une course de vitesse.
- La bineuse : Elle travaille dans l’inter-rang. Avec des systèmes de guidage par caméra introduits en 2024, on peut passer très près de la culture sans l’abîmer. Le binage est idéal pour racler les surfaces dures, désherber les caniveaux et les bordures, enlever les mauvaises herbes entre les pavés et le long des murs.
- Outils sur le rang : Il ne faut pas oublier les outils de travail sur le rang, comme les doigts Kress ou les lames. Ils viennent compléter le travail de la bineuse pour nettoyer le pied de la culture.
- Le désherbeur communal : Pour les plus grandes surfaces, le désherbeur communal permet un désherbage rapide et efficace sur tous les types de sols.
2. Pour les Surfaces Imperméables
Sur les surfaces imperméables, comme les pavés, les caniveaux ou les trottoirs, la brosse de désherbage est reine. Son action est purement mécanique : elle agit par abrasion. Pour un usage plus intensif, les disques et brosses de désherbage sont la bonne option. Ils s’adaptent sur votre débroussailleuse pour éliminer les mauvaises herbes rapidement et sur de grandes surfaces. En complément, le carter de protection est l’accessoire idéal. Attention cependant à une brosse trop agressive sur un pavé délicat, et c’est le risque de causer des dommages irréparables.
3. Avantages du Désherbage Mécanique
L’avantage majeur du mécanique est sa polyvalence. Une seule machine, équipée des bons outils, peut traiter des kilomètres de voirie ou des hectares de cultures. Un autre point fort est la création de matière organique. En laissant les résidus sur place (quand c’est possible), on nourrit le sol. Pour être efficace, prévoyez la même fréquence que pour réaliser les tontes, car ces procédés détruisent tiges et feuilles mais n'atteignent pas la racine.
C. Le Désherbage Thermique : La Puissance de la Chaleur
Le désherbage thermique est une technique qui utilise la chaleur pour détruire les plantes jusqu’à leurs racines. L’idée, c’est de créer un choc thermique brutal. On expose la plante à une chaleur intense entre 800°C et 1000°C durant une fraction de seconde seulement, ce qui suffit à faire éclater ses cellules. C’est une méthode qui s’intègre parfaitement dans ce guide complet de désherbage alternatif, redoutable sur les jeunes pousses de moins de 10 cm. Le désherbeur thermique dessèche par la chaleur la partie aérienne de la plante. Elle meurt dans les 2 à 3 jours suivants. Le thermique montre son efficacité encore plus vite - les feuilles grillées noircissent en quelques heures - mais attention, la racine survit parfois.
Desherbage thermique
1. Techniques de Désherbage Thermique
Il existe deux écoles principales : la flamme directe et le rayonnement infrarouge.
- La flamme directe : Elle atteint 1000°C instantanément. Elle est idéale pour les zones difficiles d’accès ou les végétations un peu plus denses. Cependant, elle demande de la vigilance. Le risque de départ de feu, surtout dans le sud de la France ou en période de canicule, n’est pas nul.
- L’infrarouge, ou chaleur radiante : C'est plus subtil. On chauffe une plaque en céramique ou en métal qui irradie la chaleur vers le sol entre 600°C et 800°C. C’est beaucoup plus sûr car il n’y a pas de flamme nue léchant le sol. Le désherbeur thermique est un appareil relié à une bouteille de gaz qui détruit les végétaux par la chaleur. Il consiste en une lance au bout de laquelle une buse produit une puissante flamme. Attention cependant, il s’agit de détruire les cellules du végétal mais surtout pas de le brûler, encore moins de le réduire en cendres. La plante dépérit et sèche sur pied. Cette action est similaire à celle d’un herbicide de synthèse, mais plus rapide. Le végétal commence à faner dès le contact avec le désherbeur.
- Le désherbeur électrique : Une variante de ce dispositif est le désherbeur électrique. Fonctionnant selon le même principe de choc thermique, le désherbeur électrique est moins encombrant que son homologue au gaz.
- Désherbage à l'eau bouillante ou à la vapeur saturée : L’eau est un excellent vecteur de chaleur. Le désherbage à l’eau bouillante ou à la vapeur saturée pénètre mieux dans le sol que l’air chaud. C’est une solution très pertinente pour les zones très sensibles où l’on ne veut ni poussière (mécanique) ni risque de feu (flamme), comme près des écoles, des hôpitaux ou dans les cimetières. Pour les plus grandes surfaces, il existe des désherbeurs thermiques pouvant être raccordés à des bonbonnes de gaz. Brûlez les herbes indésirables à l’aide du désherbeur thermique, à une distance de 5 à 10 cm des herbes indésirables. Cela fera éclater les cellules des herbes indésirables, qui dépériront. Il n’est pas nécessaire de brûler l’herbe indésirable jusqu’à ce qu’elle devienne noire.
2. Avantages du Désherbage Thermique
Le thermique a l’avantage de ne pas remuer le sol. C’est la technique du faux-semis par excellence : on prépare le lit de semence, on laisse les mauvaises herbes lever, on passe un coup de thermique, et on sème dans un sol propre. Le désherbage thermique est une solution de désherbage efficace en milieu urbain.
D. Désherbage Électrique : Une Approche Novatrice
Le désherbage électrique est une technique où l'on envoie un courant à haute tension qui traverse toute la plante, descend dans la racine et fait littéralement bouillir la sève. C’est une arme redoutable contre les vivaces bien installées, comme le chardon ou le rumex, qui d’habitude ne bronchent pas face aux méthodes thermiques ou mécaniques de surface. (Source : Kersten France, Comparatif des méthodes de désherbage).
E. Désherbants Naturels et Biologiques : Des Recettes de Grand-Mère Actualisées
Certaines méthodes de désherbage naturel sont une bonne alternative aux produits chimiques. Il peut s'agir d'astuces toutes simples ou de préparations ancestrales, aussi connues sous le nom de recettes de grand-mère.
1. Solutions Efficaces
- Vinaigre blanc : Le vinaigre blanc dilué va assécher les mauvaises herbes. Seul ou mélangé avec du bicarbonate de soude (1 part de bicarbonate pour 2 de vinaigre), à pulvériser sur les plantes à détruire. Le vinaigre blanc brûle les parties aériennes de la plante avec lesquelles il est en contact. Le vinaigre horticole concentré à 10-20% d’acide acétique offre une alternative naturelle aux herbicides chimiques pour les surfaces domestiques. Cette solution brûle les parties aériennes des adventices en quelques heures.
- Gros sel : Le gros sel, en solution aqueuse, peut être utilisé avec précaution.
- Bicarbonate de soude : Saupoudrer les plants à éliminer puis pulvériser de l'eau au pulvérisateur. Le bicarbonate détruit les plantules mais il est moins efficace pour les plantes bien développées.
- Eau bouillante : Faire bouillir l'eau d'une casserole puis la verser sur les plantes à détruire. L'eau amidonnée est davantage efficace car l'amidon (pommes de terre, pâtes, riz) fait perdurer la chaleur sur les végétaux.
- Purin d’ortie : Il est efficace pour les jeunes plants, moins pour les plantes bien installées.
- Chaux : Ce produit est parfait pour les végétaux qui ont besoin d'un sol acide pour pousser.
- Silicagel : Il existe d'autres moyens pour venir à bout des herbes envahissantes. Certains sont inoffensifs, comme l'application du silicagel des déshumidificateurs.
2. Fonctionnement et Limites
Leur action est simple : ils agissent au contact. Ils s’attaquent à la protection de la feuille (la cuticule), ce qui entraîne un dessèchement très rapide. Cependant, soyons clairs : comme ils ne migrent pas dans la racine (ils ne sont pas systémiques), les vivaces repousseront. Un autre avantage est le délai de réentrée. Attention tout de même au coût à l’hectare qui peut vite grimper si on utilise ces produits comme solution unique.
F. Le Paillage et les Couverts Végétaux : La Prévention au Naturel
Le paillage consiste à recouvrir le sol avec une couche épaisse de matière organique. Le paillage ou les couverts végétaux sont des barrières physiques incroyables. Un sol couvert est un sol qui ne se salit pas. Le paillis peut être végétal ou minéral. Le paillis végétal peut être composé de paille, copeaux ou BRF (bois raméal fragmenté). Le paillis ou paillage végétal est prisé en permaculture.

Le paillis a une fonction préventive. Il empêche les herbes de pousser. Pour y parvenir, la couche doit être suffisamment épaisse. Une couche de 10 cm est le minimum requis pour un résultat satisfaisant. Bien qu’efficace, cette technique a des limites. En effet, il suffit que la couche devienne moins épaisse au fil du temps pour que des adventices poussent à nouveau. Le moindre défaut (désherbage incomplet, couche peu épaisse) suffit pour que les mauvaises herbes repartent de plus belle.
Pour les allées en graviers ou le sable d’une allée, pensez à installer une couche de géotextile avant de mettre les graviers ou le sable. Installer un paillage en toile tissée est une très bonne option pour empêcher la pousse des plantes adventices. Le principe est simple : commencez par désherber votre massif en totalité. Égalisez la terre si nécessaire. Puis, à la bêche, rentrez la toile contre la bordure du massif. Si plusieurs lés de toile sont nécessaires, faites-les chevaucher de 10 à 15 cm. Les toiles tissées sont perméables à l’eau mais filtrent les rayons de soleil. Faute de lumière, les herbes ne peuvent pas pousser et sèchent complètement, vous libérant de la corvée du désherbage ! Seul inconvénient : l’esthétique. En effet, le paillage en toile tissée a un effet « bâche » qui nuit à son aspect visuel. La solution est de combiner une toile tissée à une couche de paillis végétal ou minéral. Cette association donne des résultats satisfaisants. Vous pouvez d’ailleurs planter des végétaux et obtenir ainsi un massif minéral si vous optez pour des gravillons ou galets décoratifs.
III. Stratégies Préventives et Agronomiques
Avant même de sortir la machine, il y a de la réflexion agronomique à avoir. C’est particulièrement vrai pour les agriculteurs. L’allongement des rotations culturales constitue un levier agronomique majeur. Une rotation longue d’au moins quatre ans avec trois types de cultures différents limite l’adaptation des adventices spécialisées.
A. Le Faux Semis
Le faux semis représente une technique préventive particulièrement adaptée aux céréales. Cette technique consiste à préparer le sol comme avant un semis. Les graines du sol germent spontanément. Elles sont détruites par un binage au bout de quelques jours puis on met en place le “vrai” semis. Par exemple, semer une culture d’hiver un peu plus tard peut permettre de réaliser un faux-semis destructeur avant l’implantation. C’est une stratégie gratuite en termes d’intrants, mais qui rapporte gros en propreté de parcelle.
B. Le Travail du Sol
Le travail du sol par labour contribue également à la maîtrise des adventices. Le labour enfouit les graines en surface et détruit les plantules déjà levées. Quand faut-il privilégier le labour pour réduire les adventices ? Le labour s’avère particulièrement utile tous les trois à quatre ans pour enfouir le stock semencier d’adventices présent en surface. Une terre argileuse ne se travaille pas comme un sol sableux.
C. La Rotation des Cultures et le Décalage des Semis
Pour les céréales à paille, la combinaison labour occasionnel et faux semis réduit la dépendance aux herbicides. Un décalage de la date de semis de quinze jours limite l’envahissement par les graminées adventices comme le ray grass et le vulpin.
D. Tolérer Certaines Adventices
Il tolère certaines adventices. La flore spontanée fournit des indications sur l’évolution et la qualité du sol. Certaines “mauvaises herbes” sont en réalité des auxiliaires : le mouron rouge ou la petite véronique couvrent le sol au printemps et disparaissent rapidement dès que l’été s’avance. Ainsi, elles font concurrence à d’autres adventices plus résistants, sans gêner les cultures.
IV. Coûts et Rentabilité des Solutions Alternatives
La question qui revient systématiquement lors de la transition : combien ça coûte vraiment ? Contrairement à ce que laissent entendre les guides généralistes, le coût horaire ne raconte qu’une partie de l’histoire. L’aspect financier reste le nerf de la guerre. Cependant, le coût d’usage sur le long terme, l’absence d’achat de consommables chimiques coûteux et la valorisation d’une image “verte” sont des atouts majeurs.

A. Investissement Initial et Coûts d'Usage
- Désherbage manuel : Une binette à poignée ergonomique coûte 45 CHF et dure cinq ans. Le désherbage mécanique manuel reste la méthode la plus économique pour les petites surfaces.
- Désherbage thermique : Un désherbeur thermique infrarouge démarre à 1 200 CHF, mais son coût de consommable (gaz) atteint 8 CHF par heure d’utilisation intensive. Le désherbage thermique grimpe sensiblement : consommation de gaz, vitesse d’avancement réduite, passages répétés.
- Désherbage mécanique motorisé : Il affiche un investissement initial de 3 500 à 6 000 CHF pour un équipement professionnel, avec une maintenance annuelle oscillant entre 200 et 400 CHF.
- Solutions robotisées ou électriques : Elles affichent un coût initial élevé - l’investissement se chiffre en dizaines de milliers de CHF - mais étalent leur rentabilité sur plusieurs années.
B. Retour sur Investissement
Le piège classique : comparer uniquement le prix d’achat. Une commune de 5 000 habitants dépense environ 12 000 CHF annuels en chimie (produits, équipement de protection, formation réglementaire). Le passage à une désherbeuse thermique représente 8 500 CHF la première année (matériel + gaz), puis 4 200 CHF les années suivantes. Mais attention au temps de travail : le thermique prend 40% plus de temps que le chimique sur grandes surfaces.
Le retour sur investissement se calcule différemment selon la méthode. Pour le désherbage à l’eau chaude et l’environnement, l’amortissement intervient après 24 à 30 mois d’utilisation régulière, à condition de traiter au minimum 15 000 m² par an. Il n’y a pas de réponse unique, mais souvent, l’investissement dans une solution polyvalente (comme un porte-outil pouvant recevoir une brosse et une lame) offre le meilleur retour sur investissement. Les aides publiques suisses (cantons de Vaud, Genève, Zurich) couvrent entre 30% et 50% de l’investissement initial pour les collectivités qui abandonnent les phytosanitaires avant 2026. Renseignez-vous auprès de votre canton : certains financent jusqu’à 50 % d’un équipement robotisé dans le cadre de projets pilotes.
V. Innovations et Avenir du Désherbage Alternatif
En 2026, les solutions sont matures. Les brosses sont plus résistantes, les brûleurs consomment moins de gaz, et l’électronique embarquée aide à piloter le tout. Nous sommes des fabricants et des concepteurs et nous développons aussi des solutions sur mesure.
A. Technologies Avancées
- Systèmes de guidage par caméra : Introduits en 2024, ils permettent aux bineuses de passer très près de la culture sans l’abîmer.
- Électronique embarquée : Elle aide à piloter les machines de désherbage, augmentant leur efficacité et leur précision.
- Robots de désherbage : Les solutions robotisées ou électriques offrent une rentabilité étalée sur plusieurs années malgré un coût initial élevé.
B. Solutions Complémentaires
Chez MMEnvironnement, nous suivons ces évolutions de près. Concernant l’eau, l’innovation ne s’arrête pas à l’arrosage ! Notre but est également de vous proposer des solutions pour stocker et réutiliser l’eau tout en faisant attention à préserver la nature et la biodiversité. Les cuves enterrées nouvelle génération : vous connaissez sûrement les anciennes, mais celles-ci sont plus discrètes et robustes.
C. Réduction de la Pénibilité
Notre philosophie a toujours été de réduire la pénibilité. Nos brouettes électriques et nos chariots d’assistance sont là pour soulager les hommes et les femmes sur le terrain. L'ancienneté de notre service après-vente (depuis 1993 !) est votre garantie de sérieux.
Desherbage thermique
VI. Recommandations et Bonnes Pratiques
La transition vers le désherbage alternatif est un voyage, pas un sprint. Heureusement, en 2026, on n’en est plus aux balbutiements : vous avez désormais accès à des technologies qui ont fait leurs preuves, à la fois matures et fiables. Ce guide complet n’est qu’une première étape. La théorie doit laisser place à la pratique. Prêt à équiper votre structure avec du matériel durable et éprouvé ? Alors, ne laissez pas les mauvaises herbes gagner la partie cette année.
A. Combiner les Méthodes
La réussite réside dans la combinaison des méthodes. C’est précisément ce cocktail de solutions qui assure à la fois l’efficacité sur le terrain et la maîtrise des coûts. Et en variant les techniques, on évite un autre piège : que les mauvaises herbes finissent par s’adapter et résister à une seule méthode. Cette approche demande une planification rigoureuse.
B. Binage Optimal
Biner est une méthode efficace pour désherber. Pour la réussite de votre binage, nous conseillons sa mise en œuvre sur sol sec et lorsque les adventices sont au stade jeune. Passé le stade 3 feuilles de la mauvaise herbe, le contrôle est beaucoup plus difficile. Les performances du binage varient de 50 à 100 % sur dicotylédones.
C. Désherbinage
Cette méthode consiste à pulvériser un traitement sur le rang, tout en associant un binage inter-rang. Le désherbinage doit s’effectuer sur des tournesols tolérants aux herbicides.
D. Kit Herbisemis
Cette technique de désherbage consiste à appliquer l’herbicide de prélevée de façon localisée sur le rang, le jour du semis. Un kit de traitement, "herbisemis", est monté sur le semoir.
E. Utilisation des Équipements de Protection Individuelle (EPI)
Pour les désherbeurs mécaniques équipés d'une tête à fil, attention cependant à utiliser les équipements de protection individuelle (EPI) requis : lunettes de protection adaptées, gants de protection, vêtements de travail et chaussures de sécurité. Faites tourner la débroussailleuse à faible vitesse afin de limiter les risques de projection.
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