Lierre et Dauphin : Symbolique, Mythologie et Réalité du Vivant

Le monde naturel est tissé de liens invisibles entre les espèces, une toile de significations que l’humanité tente de décrypter depuis la plus haute antiquité. Parmi ces figures, le dauphin et le lierre occupent une place prépondérante, non seulement dans la biologie, mais aussi dans notre imaginaire collectif. Ils incarnent, chacun à leur manière, des concepts de protection, de régénération et de connexion profonde au vivant.

Le Dauphin : Miroir de l’humanité et puissance marine

Qui a toujours rêvé d’être accompagné par un dauphin ? Moi la première, j’aime profondément les dauphins, ils ont ce petit quelque chose de magique. Ils sont attendrissants et d’une grande intelligence. Une de ses plus grandes forces est indéniablement son esprit joueur, il aime passer du temps à jouer avec ses congénères et les petits de son clan. Il apporte ainsi à la personne qui l’accompagne un esprit créatif et la joie des bonheurs simples de la vie.

Illustration artistique d'un dauphin bondissant dans les vagues

Il est aussi le miroir de l’humanité, nous montrons tous les bons côtés, solidarité, fraternité ou encore égalité des sexes. Il nous montre aussi notre côté sombre, avec des excès de colère et de fureur envers ses congénères. Avec ces deux facettes, ils nous amènent à nous questionner sur la gestion de nos émotions. Il représente aussi la connexion entre deux éléments l’eau et l’air qui l’amène à voir l’univers d’une manière différente. Le dauphin tire ses faiblesses de ses plus grandes forces. Son intelligence et sa sensibilité peuvent l’entraîner vers des énergies très sombres. Il peut ainsi considérer les autres personnes comme inférieures à lui. Sa vision du monde est aussi très différente ce qui peut l’amener à une incompréhension de ses congénères. Si vous avez un dauphin comme animal totem, vous avez un très grand guide à vos côtés. Il mettra toute son intelligence pour vous aider.

Mythologie et symbolisme antique

Depuis la plus haute antiquité, le dauphin a été considéré comme une sorte de personnification de la puissance marine. En grec, delphus signifie la matrice. Ainsi le dauphin (delphina), de genre féminin en grec, est une sorte d’ « animal-utérus de la mer ». Le dauphin est donc l’animal marin qui accompagne les hommes comme des frères. Nombreuses sont les légendes où on le voit prendre soin des enfants, ou sauver des naufragés.

Ainsi dans le livre IX de son Histoire Naturelle, Pline l’Ancien décrit les dauphins - qui allaitent leurs petits, comme des êtres sensibles aimant la musique, et faisant preuve d’une amitié spontanée envers les humains. Il raconte qu’un dauphin du lac Lucrin s’était lié d’amitié avec un enfant qu’il transportait sur son dos pour le conduire à son école sur l’autre rive du lac.

Le dauphin est abondamment représenté dans l’art gréco-romain. Il figure sur de nombreuses monnaies, fresques, mosaïques, sculptures, bijoux, vases, etc. Le dauphin participe aussi, associé à une ancre, à l’un des premiers symboles du christianisme (IVe siècle).

La légende d'Arion et Dionysos

Parmi les légendes impliquant des dauphins, la plus célèbre est l’histoire du poète Arion de Méthymne. Ayant acquis une grande renommée, et ayant fait fortune en Italie et en Sicile, Arion s’embarqua à Tarente pour revenir à Corinthe. Mais une fois en mer, les matelots voulurent le tuer pour s’emparer de ses biens. Il demanda comme ultime faveur d’être jeté à la mer avec sa cithare… Son chant attira alors les dauphins, l’un d’eux le prenant sur son dos et le conduisant au cap Ténare.

L'intelligence fascinante des dauphins : Tests et capacités cognitives

Dans les Hymnes homériques, on raconte une autre légende concernant le dieu de la vigne, Dionysos : s’étant embarqué pour Naxos sur un vaisseau thyrrénien, il découvre que les matelots, qui sont en réalité des pirates, font le projet de le vendre comme esclave. Alors le dieu se change en lion, fait apparaître sur le pont des animaux fantômes, et fait pousser, au son des flûtes, une vigne et du lierre sur le mât et les gréements. Les pirates, devenus fous, se précipitèrent dans la mer, où ils devinrent des dauphins.

Le Lierre : Protection et guérison au cœur du végétal

Le lierre n’est pas une plante parasite, car elle ne se nourrit pas de la sève de son hôte, comme le gui. Le lierre est plutôt protecteur des arbres sains. Les arbres qui chutent sous son poids sont déjà malades ou affaiblis. Le lierre et l’arbre s’entraident en quelque sorte : l’arbre sert de support au lierre qui a besoin de trouver la lumière pour fleurir et le lierre protège l’arbre des intempéries, comme le gel ou la chaleur, car il agit comme un isolant thermique.

Botanique et usages médicinaux

Le lierre grimpant (Hedera helix L., 1753) est une longue liane arbustive aux feuilles persistantes. D’un point de vue botanique, le lierre grimpant est un arbrisseau très ancien probablement d’origine tropicale à tiges sarmenteuses, couchées-radicantes sur le sol ou grimpantes par des crampons. Déconcertant au vu du faible diamètre de ses tiges qui dépassent rarement celui d’un poing, le lierre grimpant peut atteindre 100 m de long et 30 m de hauteur.

Ses racines modifiées n’ont aucune fonction absorbante : contrairement à ce que beaucoup de gens pensent à tort le lierre n’est pas une espèce parasite, et il se nourrit uniquement avec son système racinaire souterrain.

Schéma botanique détaillant la structure des feuilles et des crampons du lierre

Le lierre est l’herbe à cautère. Le terme cautère viendrait du grec ancien « Kaiein » qui veut dire « brûler ». Au XIIIe siècle, le terme cautère désigne un instrument chirurgical qui peut être chauffé et qui est destiné à brûler les tissus organiques afin d’éliminer les parties malades. Aujourd’hui, la phytothérapie fait encore appel au lierre grimpant surtout pour ses hédérasaponines qui ont des propriétés antispasmodiques et expectorantes efficaces pour apaiser la toux, dégager les voies respiratoires et soigner bronchites et coqueluches.

Attention : Comme toutes les parties de la plante, les baies sont toxiques pour la plupart des mammifères et en particulier pour l’homme. Leur toxicité est due à la présence de saponosides qui se transforment par hydrolyse partielle en un suc gommo-résineux hautement toxique, l’hédérine.

Convergence des symboles : Une interconnexion vivante

Dans le Dictionnaire des symboles, on lit que la symbolique des dauphins est liée à celles des eaux et des transfigurations. Le dauphin est devenu le symbole de la régénérescence. On en voyait l’image auprès du trépied d’Apollon, à Delphes. Il est aussi symbole de la divination, de la sagesse, de la prudence.

De son côté, le lierre, consacré à Bacchus, était symbole de volupté parce que l’on pensait que nuisant au cep de vigne, il protégeait de l’ivresse et permettait de goûter aux plaisirs de la vie sans y sombrer. Le lierre accroché encore aujourd’hui à la porte de certaines tavernes en conserverait la signification de rendre le vin léger.

La morphologie du dauphin a évolué dans l'art : les Grecs et les Romains restaient dans un certain réalisme, alors que les artistes de la Renaissance sont allés beaucoup plus loin dans la fantaisie : ces sympathiques mammifères marins deviennent des monstres improbables, à tête de chien ou de bête fauve, ou des poissons à grosse tête pourvus d’yeux menaçants. Cette restitution anatomique assez fantaisiste, que l’on voyait déjà au début de l’ère chrétienne, se prêtait bien aux nécessités des motifs décoratifs.

Intelligence animale et culture matérielle

Selon Frans de Waal, auteur de Sommes-nous trop "bêtes" pour comprendre l'intelligence des animaux, quand deux ou plusieurs espèces intelligentes, coopératives, se rencontrent autour de ressources alimentaires, le résultat peut aussi être la collaboration, et non la concurrence. Chaque espèce sait comment tirer avantage de l'autre.

Les dauphins se souviennent incroyablement bien de leurs amis. Quand ils sont en captivité, on les déplace souvent d'un endroit à un autre. Un spécialiste américain du comportement animal, Jason Bruck, a découvert que les dauphins n'avaient aucune difficulté à reconnaître leurs anciens camarades. Les experts considèrent de plus en plus les sifflements-signatures comme des noms. Pour les dauphins, s'adresser à un compagnon en utilisant son sifflement, c'est comme l'appeler par son nom.

Tout est prétexte au jeu et tout est bon pour apprendre, comme jouer à perfectionner sa glisse sur les vagues créées à l'arrière des bateaux, faire des sauts acrobatiques à la proue des navires, ou traverser les creux formés par des vagues. Le jeune observait les adultes et se formait. Si un adulte utilise un morceau d'éponge pour le placer au bout de son nez, appelé rostre, afin de creuser les fonds marins sans se blesser, il l'imite. C'est ce qu'a montré le biologiste Michael Krützen en 2005 en étudiant les grands dauphins dans la baie Shark, en Australie : l'éponge est classée comme le premier cas d'une culture matérielle existante chez une espèce de mammifère marin.

En somme, qu'il s'agisse de la structure complexe des sociétés delphiniennes ou de la résilience du lierre qui, malgré sa réputation de parasite, soutient et protège son environnement, nous observons une nature qui ne cesse de se réinventer. Le dauphin, miroir de nos émotions et de notre intelligence, et le lierre, symbole de guérison et de persistance, nous rappellent que nous faisons partie d'un tout où chaque être, du plus petit insecte pollinisant le lierre au cétacé naviguant les océans, porte une signification profonde et une leçon de vie à transmettre.

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