Le lierre (Hedera helix) est tout sauf une plante ordinaire. Fréquemment rencontré dans nos paysages, il suscite des interrogations et des préjugés tenaces quant à son impact sur les arbres et son environnement. Cette plante ligneuse grimpante, de la famille des Araliacées, se fixe sur un support vertical selon ce qu’elle a à disposition. Loin d'être un simple élément décoratif, le lierre joue un rôle complexe et souvent mal compris au sein des écosystèmes. La littérature spécialisée ne mentionne généralement pas le "problème" qu'il poserait pour les arbres, ou les opinions qui prévalent sont que le lierre est inoffensif pour la plupart des arbres et ne représente un danger que pour quelques-uns. Cet article vise à apporter un éclairage sur les multiples facettes de cette liane arbustive, en démystifiant certaines idées reçues et en soulignant son importance écologique.
I. Identification et Cycle de Vie du Lierre Grimpant
A. Caractéristiques Botaniques et Morphologiques
Le lierre grimpant est une plante aux lianes arbustives reconnaissable par ses feuilles persistantes toute l'année. La forme des feuilles change avec l’âge, passant de trilobées à ovales. Ses feuilles, vertes et alternes, étaient d’abord à 3-5 lobes et deviennent non lobées et ovales après une dizaine d’années, lorsque le lierre atteint sa forme mature. Les feuilles du lierre se renouvellent environ tous les trois ans mais au printemps.
Pour sa fixation, le lierre déploie de petites racines faisant office de crampons. Ces crampons lui servent de point d’ancrage et non à se nourrir du support sur lequel il se fixe. Ces racines se lignifient alors tout en gonflant légèrement pour affermir leur prise. Les racines adhérentes du lierre utilisent le tronc uniquement comme support pour grimper et comme soutien. Elles sont formées exclusivement au cours des premières années (forme juvénile). Les racines souterraines ou nourricières du lierre, quant à elles, servent à l’ancrer dans le sol et à lui fournir de l’eau et des nutriments.
Les fleurs, hermaphrodites, apparaissent selon les endroits de fin août à fin octobre, ce qui place le lierre dans la catégorie des plantes les plus tardives en la matière. Elles sont en ombelles, comme la carotte sauvage. Après une vingtaine d’années, le lierre porte des fleurs en ombelles et produit des baies. Les fruits du lierre grimpant sont de petites baies violettes en grappes qui sont mûres en hiver et au printemps.
B. Répartition Géographique et Habitats
En Europe centrale, le lierre est une espèce caractéristique des forêts de feuillus à feuilles caduques, de la plaine à l’étage submontagnard. Cette espèce océanique a son centre de répartition dans les régions humides et douces en hiver d’Europe centrale. Son aire de répartition naturelle continue s’étend de la péninsule ibérique, de l’Italie, de la Grèce, et de la Turquie vers le nord jusqu’aux îles Britanniques et au sud-est de la Scandinavie. La frontière orientale s’étend des pays baltes à la mer Noire en passant par les Carpates.
Le lierre préfère les sols riches en nutriments et bien alimentés en eau, mais il colonise également les substrats légèrement acides. Il est désormais considéré comme naturalisé dans le sud-est des États-Unis, où il a été introduit en 1750. On le retrouve très fréquemment dans les forêts, ruines ou carrières, mais aussi en zones urbaines où la plante se plaît sur les façades des maisons, dans les cimetières ou dans les coins ombragés des parcs. Le lierre a donc la capacité de facilement coloniser un milieu sans être pour autant exigeant en entretien.

C. Longévité et Développement
Le lierre est une plante dont l'âge peut atteindre 400-500 ans. La première partie de sa vie se passe au sol à la recherche de son support. Une fois celui-ci trouvé, il entame la deuxième partie pour se reproduire, et pour cela, il doit s’élever pour pouvoir fleurir et fructifier. Comme mentionné précédemment, il change d’aspect extérieur après une dizaine d’années, atteignant sa forme mature.
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II. Le Lierre et l'Arbre : Une Coexistence Souvent Mutualiste
Les propriétaires d’arbres se demandent souvent si le lierre est inoffensif pour l’arbre ou plutôt à considérer comme nuisible. Les avis sont assez partagés à ce sujet et les préjugés sont tenaces. Nous allons tenter ici d’apporter un peu de lumière dans cette confusion.
A. L'Absence de Parasitisme
Contrairement à une idée reçue répandue, le lierre n'est pas une plante parasite. Il est tout à fait autonome en alimentation, car il possède son propre système racinaire. Il se nourrit bien, à travers ses feuilles, grâce à la photosynthèse. Ses crampons sur ses axes aériens lui servent exclusivement à s’agripper à son tuteur, et non à puiser des nutriments de l'arbre hôte. Sur un tronc d’arbre où l’on voit le plus souvent le lierre évoluer, ce dernier ne cause en effet aucun dégât. Les racines de lierre grimpant le long des troncs sont des racines adhérentes. Sur les arbres âgés, elles n’adhèrent que superficiellement et ne pénètrent pas dans le bois, n’étranglent pas l’arbre et ne le privent pas de nutriments. Le lierre ne prive donc pas les arbres de nutriments.
Contrairement aux parasites des arbres comme le gui (Viscum album), qui s’enracinent directement sur les branches de leurs plantes hôtes, le lierre utilise les arbres uniquement comme support pour grimper vers la lumière. Si les conditions de la station sont mauvaises, il pourrait seulement y avoir une concurrence entre les racines du lierre et celles de l’arbre hôte, puisqu’elles se retrouvent côte à côte dans le sol.
B. Bénéfices du Lierre pour l'Arbre Hôte
Le lierre offre de multiples avantages pour l’arbre hôte, agissant comme un véritable protecteur. Il protège l’arbre des variations de températures, notamment hivernales, et peut protéger les troncs des fissures causées par le gel en hiver, car elle atténue les variations de température. Il est également une protection face aux animaux qui pourraient brouter la jeune écorce. De plus, il a un rôle de parasol face aux rayons du soleil qui, sans lui, peuvent provoquer des brûlures en faisant craquer celle-ci. Un autre avantage est qu'il protège du feu courant et maintient humidité et fraîcheur.
Il est d’ailleurs à souligner que le lierre reste toujours à l’intérieur du houppier, n’empêchant jamais son arbre hôte de réaliser sa propre photosynthèse. De plus, quand un arbre est en bonne santé, le lierre qui y pousse dessus vit en symbiose avec lui, il le protège et lui apporte une biodiversité importante. Inversement, il est prouvé qu’un arbre couvert de lierre pousse souvent mieux que ses voisins exempts de lierre, car le feuillage du lierre ne possède pratiquement pas de substances inhibitrices de décomposition et exerce donc une influence positive sur le renouvellement des substances dans le sol.
Un exemple frappant de mutualisme se manifeste dans le cycle saisonnier. Lorsque le chêne est en pleine croissance (juin), le lierre rentre en phase de repos et renouvelle une partie de ses feuilles, dont la dégradation rapide apporte des éléments minéraux assimilables par les autres arbres. Lorsque le chêne entame sa phase de repos, le lierre rentre alors en floraison (octobre) et utilise des ressources que le chêne n’exploite pas : il y a donc partage des ressources minérales dans le temps, c’est donc un fait mutualiste et non du parasitisme. La Nature n’en finit plus de nous le démontrer, les solutions face aux problématiques telles que le réchauffement climatique sont inévitablement multiples. Le lierre poussant de manière verticale, le coupler à des plantes à croissance plus horizontale comme les arbres, semble une évidence.
C. La Question de la Concurrence Lumineuse et de l'Étranglement
Les arbres sains et bien feuillus sont colonisés par le lierre que dans des stations lumineuses. Le lierre grimpe de préférence sur des individus de grande taille, avec des couronnes étalées. Ses feuilles s’implantent principalement là où la plupart des rayons du soleil parviennent. Cela est particulièrement important pour la photosynthèse du lierre. En revanche, les couronnes denses créent beaucoup d’ombre et ralentissent la croissance du lierre.

Le lierre pousse en direction du soleil le long du tronc et parfois jusqu’à la couronne. La photosynthèse de l’arbre se déroule principalement sur les branches fines et sur les côtés de la couronne. Le lierre, quant à lui, pousse principalement sur le tronc et sur les grosses branches porteuses. Ainsi, la plante n’entre que rarement en concurrence avec l’arbre hôte pour la lumière. Il n’est pas prouvé que le lierre prive l’arbre de lumière et d’air lorsqu’il pousse sur le tronc. En ce qui concerne les grandes espèces d’arbres indigènes comme le chêne (Quercus sp.), le frêne (Fraxinus excelsior) ou l’érable des montagnes (Acer pseudoplatanus), les connaissances actuelles ne permettent pas de penser que le lierre puisse nuire à l’arbre par concurrence lumineuse (BUND). Les conifères sont donc nettement moins souvent envahis par le lierre que les feuillus à grande couronne.
Concernant la crainte d'étranglement, le lierre pousse généralement d’un seul côté du tronc porteur, vers le haut, et non pas en s’enroulant autour du tronc, comme d’autres plantes (p. ex. le chèvrefeuille) qui peuvent étranger leur hôte. Dans les forêts, le lierre pousse souvent d’un seul côté des troncs, car la lumière pénètre principalement d’un seul côté et la plante pousse ainsi à l’opposé de la lumière. Pour démontrer un éventuel effet d’étranglement du lierre, il faudrait le prouver par les cernes annuels. Or, dans de nombreux cas où cette opinion est défendue, une telle vérification n’a jamais eu lieu. Lorsque l’effet d’étranglement par le lierre a été vérifié, une limitation de la croissance en épaisseur n’a jamais pu être confirmée (BUND). Il arrive parfois que des ramifications apparaissent, mais il est prouvé qu’elles n’endommagent pas l’arbre hôte.
Il arrive très occasionnellement que de jeunes racines adhérentes en contact avec l’eau ou le sol se transforment en racines nourricières. Cela leur permet de pousser dans des fissures de roches humides ou dans des arbres morts. En cas de fissures dans l’écorce vitale d’un arbre, il est également possible que les racines poussent vers la zone humide à l’intérieur.
III. Situations à Risque et Impacts Négatifs Potentiels
Bien qu’il puisse être une menace pour certains arbres, la plupart des hypothèses ne sont pas fondées, comme le prouvent les études scientifiques. Si nous venons de voir les intérêts pour le lierre, il peut aussi avoir un impact négatif sur les arbres porteurs, mais ces effets ne se manifestent que dans certaines circonstances.
A. Vulnérabilité de Certains Arbres
La situation est légèrement différente pour les arbres plus petits ou les jeunes arbres dont la couronne n’est pas étalée, car le lierre peut également envahir toute la couronne, ce qui peut entraîner la mort de l’arbre. Le lierre devient gênant pour l’arbre à partir du moment où les rameaux feuillés ne sont plus en pleine lumière et que l’arbre ne peut plus faire sa photosynthèse. Si l’arbre meurt, le squelette mort de l’arbre reste un support pour le lierre pendant des années. Plus la couronne d’un arbre est clairsemée, plus il est facile pour le lierre de grimper.
Seuls les arbres affaiblis, sénescents ou malades peuvent se briser ou tomber au sol du fait du poids du lierre ou de sa prise au vent trop grande. Les jeunes arbres malades pourraient éventuellement être endommagés par le lierre. Les espèces d’arbustes telles que l’aubépine, qui se développe en petits arbres forestiers, ou les essences de petite taille telles que le saule marsault (Salix caprea) ou le bouleau pendant (Betula pendula) peuvent être endommagées par le lierre. Les espèces d’arbres à couronne étroite comme le poirier (Pyrus sp.) ou le bouleau pendant sont menacés par l’assombrissement. Si l’arbre sert de support de croissance au lierre pour qu’il puisse croître et trouver assez de lumière pour fleurir et se reproduire.
Mieux vaut ne pas laisser le lierre pousser sur des arbres jeunes et affaiblis dont l’écorce est endommagée si l’on veut les préserver. Certes, les racines du lierre ne pénètrent pas dans l’écorce, mais les champignons trouvent sous le lierre un climat parfait.
B. Risques Mécaniques et Environnementaux
Si un lierre installé sur un arbre réussit à atteindre la canopée, il accède alors à la lumière totale et va déployer ses ramures et son feuillage. Clairement, il va entrer en compétition pour la lumière avec l’arbre et prendre le dessus en couvrant le feuillage de son hôte. Un autre effet collatéral du lierre installé vers la cime concerne le risque de faire casser l’arbre lors d’épisodes de vent fort ou de gel intense. En effet, la boule volumineuse d’un lierre installée dans la cime avec son feuillage présent même en hiver offre une prise au vent accrue et devient très lourde en cas de formation de glace sur les feuilles.
Lorsque le lierre s’étend fortement dans la couronne de l’arbre, la surface exposée au vent et à la neige est augmentée. Si le lierre pousse sur les branches, l’arbre reçoit moins de lumière et les branches peuvent dépérir. En hiver, le lierre peut retenir la neige et son poids peut, le cas échéant, provoquer la rupture de branches. En 2006, un monitoring réalisé en France dans des forêts alluviales à bois dur a montré qu’un risque plus important n’existe que pour les arbustes ou les jeunes arbres dans la strate arbustive : l’effet de voile de la végétation de lierre est proportionnellement plus élevé lorsque l’arbre couvert est petit. Les arbres hauts et vigoureux peuvent facilement compenser le poids et la surface accrus.
C. Problématiques en Milieu Urbain et pour la Gestion des Arbres
Si le lierre ne pose généralement pas de problème en forêt, il en va tout autrement en zone urbaine. Les arbres couverts de lierre ne sont pas faciles à contrôler lors d’une évaluation de la sécurité. Les points faibles sont moins visibles. Il est important de prendre en compte ces aspects pour une gestion éclairée des arbres en ville.
IV. Le Lierre : Un Réservoir de Biodiversité et un Acteur Écologique
En réalité ce binôme entre plantes grimpantes et arbres a de nombreuses ramifications, allant jusqu’à une plus-value économique étonnante, la modification des couloirs de vents, la protection contre les UV, la limitation de l’impact des fortes précipitations sans compter l’influence esthétique ou encore le phénomène de captage de la pollution.
A. Un Soutien Essentiel à la Faune Locale
Le lierre offre un habitat pour les insectes ainsi que des sites de nidification et de la nourriture pour diverses espèces d’oiseaux et de chauves-souris - plus le lierre est vieux, plus il est riche en biodiversité. Cette plante est un acteur majeur de la biodiversité.
Le lierre étant, comme nous l’avons vu plus haut, une des plantes à fleurir le plus tard dans la saison, il est essentiel pour bon nombre de pollinisateurs qui préparent tardivement leur hiver. Il constitue une source de nourriture importante pour les insectes tels que les coléoptères, les punaises, les papillons, les abeilles, les guêpes ou les syrphes, car il n’y a qu’une vingtaine d’autres espèces de plantes qui fleurissent également à cette période. Tous les pollinisateurs peuvent être intéressés par un lierre en floraison, mais c’est certainement pour les papillons que le lierre est essentiel et en particulier pour le vulcain (Vanessa atalanta), les argus et le paon du jour (Aglais io) qui y pondent leurs œufs et le citron (Gonepteryx rhamni) qui lui y réalise tout son cycle de vie. Une espèce d’abeille sauvage lui est même inféodée, c’est la collète du lierre (Colletes hederae) qui a besoin du lierre pour survivre. Le nombre d’espèces présentes est donc, de fait, plus élevé avec tous les échanges qui en résultent entre espèces, et notamment la prédation.

Il en va de même pour ses baies qui sont les seules à être disponibles en plein cœur de l’hiver. Bien plus efficaces et naturelles que des boules de graisse pour aider les oiseaux, ces derniers ne peuvent cependant pas en consommer à outrance. En effet, les fruits du lierre grimpant sont passablement toxiques et ne se décomposent pas entièrement dans le système digestif des passereaux, les principaux animaux qui en sont friands. En réalité, seuls les graines ne se décomposent pas, mais la pulpe des fruits est quant à elle digérée alors qu’elle est justement riche en lipides (32%) et en protéines (5%). Les fruits mûrissent entre janvier et avril et servent de nourriture à de nombreuses espèces d’oiseaux (>17) comme le bruant zizi, le rouge-gorge, le rougequeue à front blanc, l’étourneau sansonnet, le merle noir, la fauvette à tête noire et les grives, car les baies sont alors rares. Au côté des interactions entre l’arbre et le lierre, c’est certainement là un bel exemple de coévolution à creuser.
Outre ces espèces qui se nourrissent de lierre, il existe également de nombreuses espèces d’insectes chasseurs ou parasites qui, à leur tour, augmentent la nourriture disponible pour les oiseaux et les chauves-souris. Le lierre recouvre les troncs d’un entrelacs dense qui s’épaissit avec l’âge, créant ainsi des possibilités de nidification protégées. Une étude menée dans une forêt de protection du Bade-Wurtemberg a montré que le grimpereau des bois, la fauvette à tête noire, le merle noir, la grive musicienne, le troglodyte mignon, le roitelet huppé, le roitelet à triple bandeau, l’orite à longue queue, le pigeon ramier et le geai des chênes utilisaient le lierre comme site de reproduction. Les oiseaux trouvent dans le lierre des abris pour dormir pendant l’hiver. Même les chauves-souris y trouvent leur compte alors que l’on pensait pendant longtemps que le lierre obstruait pour elles les cavités qu’elles affectionnent. Si la chose est vraie durant la belle saison, le lierre n’arrête pas sa mission de maintien de la biodiversité à l’automne. Le lierre abrite près de 50 espèces de champignons.
B. Contribution à la Qualité de l'Environnement
Le lierre est reconnu pour sa contribution significative à l'amélioration de la qualité environnementale. Les plantes ligneuses, dont le lierre fait partie, stockent le CO2 et peuvent donc apporter une contribution précieuse au climat et à la régulation climatique dans les villes. De plus, ils libèrent de l’oxygène, ce qui améliore la qualité de l’air. D’après une étude sur le sujet il faudrait 150 mètres carré de surface foliaire pour couvrir les besoins annuels en oxygène d’une personne moyenne.
Le lierre a une capacité d’absorption des particules qui équivaut à 6 grammes par an et par mètres carré (Dunnett et Kingsbury 2004). Afin que le lierre puisse absorber autant de particules qu’un arbre adulte il ne suffit alors que de 23 mètres carrés de façade. Il semblerait également, et ce n’est pas là chose anodine en milieu urbain, que les feuilles de lierre soient plus chargées en plomb et en cadmium que ne l’est le reste de la plante. Tout comme les renouées du Japon absorbent les métaux lourds, le lierre aurait donc aussi cette propriété intéressante à son arc. La présence accrue de lierre en zone urbaine est une contribution précieuse à la protection du climat et des insectes.
De plus, le lierre permet de végétaliser des façades entières sans aménagement onéreux, ni à l’installation ni à l’entretien. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, un lierre ne maintient pas l'humidité sur une façade mais a plutôt tendance à l'absorber.
Des études récentes soulignent en outre l’importance du lierre en tant que bio-indicateur du changement climatique en Europe centrale. Une augmentation significative des peuplements à certains endroits au cours des dernières années est interprétée comme une indication de l’augmentation des hivers doux. Outre la propagation végétative au sol, où le lierre est souvent protégé des dommages causés par le gel par des couches de neige, c’est surtout une formation accrue de la forme grimpante et arborescente qui doit être interprétée comme un signe de réchauffement climatique, car le lierre grimpant peut provoquer des dommages plus importants que la forme au sol.

V. Précautions et Gestion du Lierre
A. Toxicité et Sensibilité Humaine
Il est important de noter que si le Lierre grimpant est toxique pour les animaux, il l’est aussi pour les enfants, comme de nombreuses autres plantes au demeurant. Il est également un allergisant de contact pour les personnes sensibles et peut provoquer des lésions eczématiformes, des irritations ou des érythèmes. Les baies sont toxiques, en particulier pour les enfants, et provoquent des diarrhées, des nausées et des vomissements. Les feuilles de lierre fraîches ou la sève peuvent provoquer des inflammations allergiques en cas de contact avec la peau. Cependant, connue pour traiter les rhumes et parfois même les bronchites, l'infusion de lierre apaise la toux et calme les maux de tête, démontrant ses propriétés médicinales malgré sa toxicité générale.
B. Conseils d'Entretien et d'Intervention
Pour les propriétaires d'arbres, une gestion éclairée du lierre est essentielle. L'aide à l’entretien des arbres consiste à ne pas laisser le lierre envahir la couronne, mais à supprimer régulièrement les pousses. Ainsi, les effets positifs du lierre sont conservés et la survie des deux plantes est assurée. Si la couronne d’un arbre est effectivement envahie, la ou le propriétaire doit faire un choix entre l’arbre et le lierre. Si l’arbre a la priorité, le lierre peut être taillé à la base de la couronne. Il n’est en aucun cas nécessaire de le retirer complètement, car ainsi, le lierre peut continuer à remplir ses autres fonctions importantes dans l’écosystème. Une attention particulière est requise lors des interventions.