Guide complet sur la gestion sanitaire du prunier et du mirabellier : diagnostic, prévention et soins

Le jardinage met forcément, à un moment ou à un autre, le jardinier face à des maladies. Pas d’exception pour le verger, dans lequel le mirabellier et autres pruniers peuvent être confrontés à diverses maladies. Pour soigner celles-ci, il est important de savoir les identifier, même s’il est toujours mieux de faire en sorte qu’elles soient évitées ! Le prunier, ce bel arbre fruitier, bien que facile à cultiver et peu exigeant, peut être atteint par diverses pathologies, plus ou moins graves. La plupart sont dues à des champignons, mais les pucerons et un déséquilibre cultural peuvent également entraîner des maladies chez le prunier.

Schéma illustrant le cycle de vie des principaux pathogènes du prunier

Diagnostic des symptômes foliaires et des ravageurs

L'observation est la première étape du soin. Si vous constatez que toutes les jeunes feuilles sont dévorées sans voir de chenilles, il est crucial d'écarter les causes environnementales. Il y avait 2 petites coursonnes de cassé sur un des arbres et j'ai effectivement des gros pigeons dans la propriété. Il est fréquent que des oiseaux causent des dégâts mécaniques sur les jeunes pousses.

Par ailleurs, si les feuilles sont collantes et leur extrémité se replie sur elle-même, la cause est différente : ce sont différents pucerons (verts ou bruns du prunier, farineux). Les fourmis en activité intense à la base de l’arbre sont un indicateur précoce - elles protègent les pucerons pour leur miellat.

Les ravageurs et leurs impacts

  • Cochenilles : Plusieurs espèces peuvent venir élire domicile sur les Pruniers. Les cochenilles sont reconnaissables par leur bouclier de cire blanche qu’elles sécrètent. Les symptômes sont une déformation de l’écorce et des jeunes pousses suite à la ponte d’approximativement cinquante larves par la femelle. Ces petits insectes affaiblissent l’arbre en réduisant sa capacité à effectuer la photosynthèse.
  • Araignée rouge : L’araignée rouge est en réalité un acarien ravageur piqueur qui se nourrit du suc vacuolaire des cellules, provoquant leur mort. Ils entrainent donc le dépérissement progressif du prunier.
  • Hoplocampe : C’est le nom d’une chenille qui apparaît au début du printemps et qui creuse des galeries, ce qui détruit votre arbre fruitier et sa récolte.

Vidéo tutoriel : Comment inspecter ses arbres fruitiers pour détecter les premiers signes de ravageurs

Les maladies cryptogamiques (Champignons)

Les maladies fongiques sont légion au verger. La plupart sont favorisées par des printemps pluvieux, frais ou des microclimats humides.

La Moniliose

La moniliose se développe sur les fleurs et les fruits, provoquant une pourriture mauve devenant brune et molle. Les champignons Monilia fructigena et Monilia laxa se développent principalement sur les fruits pour le premier, sur les fleurs pour le second. Installé dans les tissus du fruitier, il empêche la circulation de la sève, ce qui fait faner les fleurs mais celles-ci ne tombent pas. C’est la précocité de la contamination qui empêche souvent de repérer rapidement la présence du champignon.

La Cloque (Maladie des pochettes)

Cette maladie est provoquée par le champignon Taphrina pruni. Les symptômes sont très caractéristiques : les fruits sont déformés et chétifs, prennent une forme allongée, courbée et jaunissent. Ils se recouvrent ensuite d’une pruine blanchâtre. En ouvrant les fruits, on constate qu’ils sont creux et sans noyau.

La Criblure (Coryneum)

C’est la pluie qui transporte les spores de ce champignon jusqu’aux fleurs et jeunes feuilles. Des petites taches rouges, oranges ou pourpres sur les feuilles alertent sur la présence du champignon, taches qui deviennent ensuite des trous. Les rameaux sont également touchés, il est possible d'y voir des chancres qui seront un moyen de conservation du champignon durant l’hiver.

L’Oïdium et la Rouille

L’oïdium s’identifie facilement grâce aux taches farineuses qui se forment sur le feuillage. Ces taches s’étendent sur les feuilles qui finissent par sécher. La rouille (Tranzschelia discolor) provoque des pustules orangées sur la face inférieure des feuilles, avec des taches jaunâtres correspondantes sur la face supérieure.

Infographie comparative : Symptômes de la moniliose vs oïdium sur feuilles de prunier

Affections du tronc et stress physiologiques

La Gommose

La gommose, un écoulement de sève, n’est pas une maladie en soi mais seulement le symptôme d’une maladie ou d’un stress agressif. C’est le résultat d’une blessure au niveau du tronc ou des branches, bien que ce problème puisse parfois être dû à une maladie. Une sorte de gomme jaune et translucide, collante, coule de cette blessure. L’arbre doit être soigné rapidement car non seulement cet écoulement va l’affaiblir mais en plus il pourrait être la porte ouverte à des maladies.

La Maladie du Plomb

La maladie du plomb est, elle aussi, due à un champignon (Chondrostereum purpureum). C’est suite à une blessure que ce champignon contamine le mirabellier, une plaie de taille notamment. Les symptômes sont visibles au printemps suivant : le feuillage prend une teinte pâle anormale, terne, métallique. L’arbre peut mourir en quelques années.

Stratégies de lutte et prophylaxie

La prophylaxie, ou les bons gestes pour limiter les maladies, est la clé. Nombre de maladies du mirabellier pourraient être évitées, ou du moins rendues moins sévères, grâce à de bonnes conditions de culture.

La taille raisonnée

La taille est aussi un geste qui a du poids dans la sensibilité aux maladies. Tout d’abord parce qu’un arbre fruitier dont la ramure est bien aérée et reçoit la lumière du soleil en toutes ses parties y conservera moins d’humidité. Ensuite parce qu’un bon geste de taille avec un outil adéquat et bien affûté évite au maximum de déchirer l’écorce, la plaie cicatrisera donc mieux et plus vite. Il ne faut pas non plus négliger de choisir le bon moment pour tailler, en évitant les périodes pluvieuses ou très humides.

Traitements naturels et préventifs

  • Bouillie bordelaise : Elle est un fongicide préventif. Elle protège les tissus sains avant une contamination, elle ne guérit pas un tissu déjà atteint. Appliquée curative sur une moniliose installée ou une cloque déjà visible, elle n’a aucun effet.
  • Décoction de prêle : Elle pourra être réalisée et pulvérisée sur l’arbre lors de la floraison puis de la formation des fruits.
  • Gestion des plaies : Il est tout à fait possible d’appliquer un mastic cicatrisant (goudron) après avoir curé la plaie.

Photo de matériel de jardinage : sécateur désinfecté et mastic cicatrisant

La menace virale : La Sharka

La sharka (Plum pox virus) est la maladie virale la plus grave des fruitiers à noyau. Elle se reconnaît à des anneaux ou des marbrures chlorotiques sur les feuilles, et à des taches en anneaux sur la chair des fruits qui rendent ceux-ci inconsommables. Elle est transmise par les pucerons et se propage rapidement dans un verger. C’est une maladie à déclaration obligatoire en France. Il n’existe aucun traitement curatif. Les arbres atteints doivent être arrachés et détruits.

Conseils pour une culture durable

Pour choisir au mieux le mirabellier le plus adapté à ce milieu, pensez à interroger votre voisinage et/ou des professionnels. Vous constaterez également, lors du choix de la variété, que certaines sont plus résistantes aux maladies que d’autres. Il y a par exemple le prunier ‘Mirabelle de Metz’, connu pour sa large résistance à toutes les maladies qui peuvent affecter un prunier ou un mirabellier.

Un enroulement de colle anti-insectes sur le tronc en janvier-février interrompt les va-et-vient des fourmis et fragilise les colonies de pucerons. Pour les pucerons, l’enherbement fleuri des interrangs est une excellente ligne de défense, car les auxiliaires - coccinelles, chrysopes, bourdons - s’installent progressivement quand on leur donne les conditions. Un jardin vivant résiste bien mieux aux crises phytosanitaires qu’un sol nu entretenu aux herbicides.

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