La santé de vos rosiers dépend avant tout des conditions de culture que vous leur offrez. Un rosier bien placé, correctement nourri et régulièrement surveillé résiste naturellement beaucoup mieux aux maladies qu'un rosier stressé ou mal installé. Le rosier est sûrement l’un des plus beaux arbustes à fleurs mais sans doute aussi l’un des plus sensibles aux maladies. Fragile, peut-être, mais pas indomptable ! Des soins réguliers et souvent naturels permettent d’éradiquer ou de prévenir de nombreuses maladies et parasites chez le rosier.

Stratégies de plantation et choix variétaux
Pour garder ses rosiers en bonne santé, il convient avant tout de s’assurer que vos rosiers sont plantés dans des conditions qui leur sont favorables. En premier lieu, assurez-vous que votre rosier pousse dans de bonnes conditions : un rosier affaibli par de mauvaises conditions de culture sera plus susceptible d’être malade.
Choisir des variétés résistantes
De nombreux obtenteurs proposent aujourd'hui des rosiers sélectionnés pour leur résistance naturelle aux maladies. Ces rosiers modernes gardent un feuillage sain toute la saison sans aucune intervention. Renseignez-vous auprès de votre pépiniériste sur les variétés les plus adaptées à votre région et à votre type de sol. Privilégiez des variétés résistantes aux maladies (rosiers modernes, labellisés ADR par exemple) et adaptées au climat local permet de réduire considérablement les risques. Recherchez-les dans les catalogues, notamment parmi les roses anciennes.
L'importance de l'emplacement
Les rosiers apprécient un emplacement ensoleillé et bien aéré. Évitez les emplacements confinés, à l'abri du vent, où l'air stagne. Un bon brassage d'air limite considérablement les maladies fongiques. Espacez suffisamment vos rosiers pour que l'air circule librement entre les plants. Le feuillage doit pouvoir sécher rapidement après la pluie ou la rosée. Comptez au minimum 80 cm à 1 mètre entre deux rosiers buissons. Évitez d’implanter vos rosiers dans des endroits humides et ombragés. Les sols lourds, les plantations trop denses sont des facteurs aggravants. L’idéal est de les planter en plein soleil !
Fertilisation et entretien du sol
La nutrition est le pilier de la vigueur végétale. Un rosier correctement nourri développe un feuillage vigoureux et résistant. La plupart des rosiers ne supportent pas bien les sols calcaires. Pour savoir si votre sol est calcaire : prélevez un peu de terre, et versez du vinaigre dessus.
- Apports organiques : Apportez un bon compost à la plantation. Chaque hiver, enfouissez du fumier de cheval dans le sol.
- La chlorose : C’est un des problèmes majeurs qui touche le rosier et qui se traduit par un jaunissement des feuilles, consécutif à une décoloration du feuillage. La chlorose du rosier est liée au sol, souvent trop pauvre, lourd et calcaire qui empêche à l’arbuste de puiser dans la terre le fer dont il a besoin. Dans le cas de la chlorose, apportez un engrais adapté riche en fer. Un apport de compost à l’automne pourra également être utile.

Les bons gestes de culture
L'art de l'arrosage
Arrosez de préférence le matin, au pied du rosier, sans mouiller le feuillage. Le feuillage mouillé favorise le développement des champignons. Si vous devez arroser le soir, faites-le au pied uniquement. Arrosez copieusement mais moins souvent plutôt que légèrement tous les jours. Un arrosage copieux encourage les racines à plonger en profondeur et renforce la résistance du rosier à la sécheresse. De plus, vous pouvez installer un goutte-à-goutte les yeux fermés.
Nettoyage et hygiène
Ramassez systématiquement les feuilles tombées au sol, surtout si elles portent des traces de maladie. Les champignons hivernent sur les débris végétaux et repartent au printemps si vous ne nettoyez pas. Supprimez régulièrement le bois mort, les branches malades et les fleurs fanées. Un rosier propre et aéré reste en meilleure santé. Dès les premiers signes de maladies, coupez et détruisez les feuilles malades. Ne les compostez pas. Ramassez et jetez les feuilles mortes à l’automne si votre rosier a été malade. Supprimez les feuilles mortes encore sur le rosier.
Renforcement naturel : le rôle des purins végétaux
Les purins végétaux comme le purin d’orties, le purin de fougère ou l'extrait de prêle peuvent contribuer à renforcer les défenses naturelles du rosier. Certaines préparations dites phyto-stimulantes activent la vitalité de la plante et durcissent le feuillage, permettant ainsi aux plantes d’être plus résistantes aux maladies. À pulvériser préventivement sur le feuillage tous les 15 jours environ au printemps et en été.
Recettes et usages
L’utilisation de produits 100% naturels au jardin est un gage de succès pour traiter vos plantes ou pour en faire de l’engrais tout en protégeant la planète.
- Purin d'ortie : Préparation s’obtenant en laissant fermenter pendant une dizaine de jours 1kg de plantes dans 10L d’eau. Pour l'engrais : 1 kg d’orties pour 10L d’eau. Pour le répulsif : 1 kg d’orties pour 20L d’eau. Pulvérisez sur les plantes avec un pulvérisateur pour l’utiliser contre les parasites. En préventif, au printemps, arrosez à 3 reprises espacées de 2 semaines vos rosiers au pied avec une solution de purin d'orties.
- Décoction de prêle : Laisser tremper 1 nuit 500g de prêle dans 5L d’eau puis faire bouillir à feu doux pendant 1h, filtrer. Pulvériser en mélangeant 2L de préparation dans 10L d’eau. Le mélange de purin de prêle et de consoude renforce contre les maladies à champignon (oïdium, maladie des taches noires, etc.).
Faire et utiliser un purin d'orties
Identification et traitement des maladies fongiques
La maladie des taches noires (Marsonia)
C’est comme si quelqu’un avait pris un malin plaisir à maculer le feuillage de vos rosiers avec de l’encre ou de la peinture noire. À la différence que les taches se multiplient toutes seules sur la face supérieure des feuilles, allant jusqu’à provoquer leur chute prématurée en cours d’été. Des taches d’autant plus visibles qu’elles s’entourent d’une auréole jaunâtre, sorte de chlorose qui peut s’étendre à tout le limbe. Souvent appelée à tort “Marsonia”, cette maladie est due à un champignon microscopique : Marssonina rosae.
Le champignon hiverne sous forme d’amas mycéliens sur des feuilles mortes ou des rameaux. Au printemps, par temps pluvieux, se produit une émission de spores qui attaquent les jeunes feuilles. À partir du mois de juin et jusqu’à mi-septembre, si le temps est humide, pulvérisez toutes les trois semaines un produit à base de cuivre (bouillie bordelaise, oxychlorure, cuivrol, etc.) ou de préférence une décoction de prêle, riche en silice.
L'oïdium (Maladie du blanc)
L’oïdium est une des maladies des rosiers due à un champignon. Celle-ci donne un aspect blanchâtre aux pointes des feuilles des rosiers. C’est une maladie revenant d’une année sur l’autre. Elle se développe particulièrement lorsque les conditions climatiques sont chaudes et humides. Les mois les plus propices à son développement sont les mois d’avril-mai lorsque les températures remontent et que l’humidité des mois de mars/avril est encore très présente. On le retrouve également au début de l’automne.
- Solutions : Aérez bien vos rosiers afin d’éviter que l’humidité ne stagne. Supprimez immédiatement les parties touchées et brûlez les feuilles et les parties infestées. Le lait est une astuce : mélangez 1/2 litre de lait à 4,5 litres d’eau (total 5L) et pulvérisez toutes les semaines jusqu’à disparition totale.
La rouille et le mildiou
- Rouille : Cette maladie se traduit par l'apparition de taches jaune-orangé à la face supérieure des feuilles, correspondant à des pustules orangés à la face inférieure des feuilles. La rouille du rosier est une maladie très difficile à combattre. Comme prévention pour ce genre de champignon, choisissez si possible des espèces de rosiers moins sensibles à ce type d’infection.
- Mildiou : Causée par Peronospora sparsa, cette maladie se développe lorsque l’air est très humide et la température inférieure à 25°C. Elle provoque l’apparition sur la face supérieure des feuilles de taches jaunes - brunes, souvent délimitées par les nervures.

Gestion des insectes ravageurs
Différents insectes se nourrissent du rosier. Pour garder ses rosiers en bonne santé, il convient avant tout de s’assurer que vos rosiers sont plantés dans des conditions qui leur sont favorables.
Pucerons
Les pucerons forment des colonies de petits insectes de 1 à 4 mm, au corps souvent en forme de poire, possédant de longues antennes, et se nourrissant en suçant la sève des végétaux. Ils peuvent causer un affaiblissement de la plante, des déformations et des enroulements de feuilles.
- Lutte biologique : Favorisez leurs nombreux prédateurs naturels (coccinelles, syrphes, hémérobes, chrysopes, perce-oreilles…). Attirez les auxiliaires en semant des fleurs mellifères telles que phacélie, bourrache.
- Solutions curatives : Pulvérisez de l'eau savonneuse (150 gr de savon râpé et 1 cs d’huile dans 1 litre d’eau). Vous pouvez passer un jet d’eau pour les décrocher ou frotter les tiges infestées avec un chiffon mouillé.
Autres ravageurs
- Tétranyques tisserands : Ce sont des acariens. On remarque leur présence à la coloration argentée que prennent les feuilles en raison de leurs piqûres pour se nourrir, puis par un dessèchement des feuilles. Les tétranyques supportent mal l’humidité.
- Cochenilles : Elles forment des amas cotonneux ou de petits boucliers cireux. Comme les pucerons, elles excrètent du miellat qui peut être à l’origine du développement de la fumagine. Supprimez les branches très infestées.
- Larves de tenthrèdes : Les larves de cet insecte ressemblent à de petites chenilles. Surveillez vos rosiers et ramassez-les à la main lorsque leur nombre le permet, puis écrasez-les. Favorisez la présence des oiseaux insectivores.
Surveillez vos rosiers chaque semaine pendant la saison de croissance. Plus vous détectez tôt les premiers symptômes d'une maladie ou l'apparition de pucerons, plus vous pouvez agir rapidement et limiter les dégâts. Une surveillance régulière reste le meilleur moyen de garder vos rosiers en bonne santé.