Maladies des Tomates : Comprendre, Prévenir et Traiter pour une Récolte Abondante

Comme tous bons jardiniers qui se respectent, les plants de tomates ont une place privilégiée dans nos jardins. Nous plantons, entretenons, taillons, fertilisons, piquetons et prenons soin de nos plants de tomates avec un dévouement sans égal. Cependant, malgré tous ces soins et toute cette attention, il arrive parfois qu’une maladie frappe les tomates de notre jardin. Malheureusement, plusieurs agents pathogènes peuvent causer la maladie des plants de tomates. Les tomates sont sensibles à diverses maladies qui peuvent compromettre leur croissance et leur production. Prévenir les maladies des tomates repose sur un ensemble de bonnes pratiques : un sol sain, un arrosage maîtrisé, des apports nutritifs équilibrés et une surveillance régulière.

Schéma des différentes parties d'un plant de tomate

Stratégies Générales de Prévention des Maladies

En plus de vous assurer que vos plants de tomates sont heureux et en santé, il y a quelques autres choses que vous pouvez faire pour aider à prévenir les maladies des plants de tomates. Prévenir vaut mieux que guérir.

Rotation des Cultures et Assainissement du Sol

Il est essentiel de faire des rotations de vos cultures. Ne plantez pas de tomates au même endroit chaque année. Cette pratique permet de limiter l'accumulation d'agents pathogènes spécifiques aux tomates dans le sol. À la fin de la saison de croissance, enlever tous les débris de plants de tomates malades et les brûler ou les jeter à la poubelle pour empêcher les spores de passer l'hiver dans le jardin. La solarisation du sol, une technique consistant à couvrir le sol avec une bâche transparente pour augmenter sa température, peut aider à tuer les spores fongiques dans les quelques centimètres supérieurs du sol.

Circulation de l'Air et Arrosage Maîtrisé

Assurer une circulation d’air adéquate autour de chaque plante est crucial. Une densité de plantation trop élevée peut favoriser la propagation des maladies en empêchant l'air de circuler. Taillez vos tomates régulièrement pour favoriser une bonne aération. Un arrosage excessif est ce qui favorise le plus le développement des maladies fongiques. Évitez d’arroser le feuillage. Un arrosage au pied, idéalement avec un système d’irrigation goutte à goutte, est recommandé pour prévenir les maladies fongiques. Il permet la distribution régulière d'eau en évitant les chocs hydriques et en ciblant l'eau sur la zone des racines. Essayez de garder le feuillage sec dans la mesure du possible.

Conseils pour bien arroser les semis

Hygiène et Matériel Adapté

Les maladies peuvent se propager d’une plante à l’autre par l’intermédiaire d’outils sales. Nettoyez régulièrement vos outils de jardinage. Il est important d’acheter et de planter uniquement des plantes cultivées localement ou de cultiver vos propres plantes à partir de semences pour éviter d'introduire des maladies.

Choix des Variétés et Amendements du Sol

Optez pour des variétés résistantes aux maladies. Certaines variétés de tomates sont plus résistantes aux maladies que d'autres, et il est essentiel de choisir des variétés bien adaptées au climat de votre région. Les tomates hybrides peuvent être plus résistantes à certaines maladies que les variétés de tomates non hybrides, car les hybrides sont souvent sélectionnés pour leur résistance à certaines maladies. Cependant, cela ne signifie pas que toutes les variétés hybrides de tomates seront résistantes. Il est important de noter que les maladies peuvent muter et devenir résistantes aux variétés hybrides. Par conséquent, il est important de combiner la culture de variétés résistantes avec d'autres pratiques de gestion sanitaire.

Préférez un sol léger pour cultiver les variétés précoces, et un sol lourd pour les variétés tardives. Évitez des terres trop riches en azote, elles diminuent la saveur des fruits et la productivité. Assurez-vous que vos tomates disposent de tous les nutriments essentiels à leur croissance en leur apportant un engrais spécialement formulé pour elles. Un apport équilibré en nutriments renforce les défenses naturelles des plants. Le purin d'ortie est bien connu des jardiniers et cultivateurs de tomates. Il est possible de faire un thé de compost afin de donner un coup de boost de temps en temps à vos pieds de tomates. Il vous suffit de mélanger du compost bien mûr dans un grand volume d'eau, le laisser infuser 48h au minimum et arroser avec ce thé. Le cuivre développe au contact de la sève du plant de l’oxyde de cuivre qui va aider la plante à être plus résistante aux champignons. Un fil de cuivre peut être inséré dans le plant. Certains jardiniers suivent le calendrier lunaire pour renforcer la résistance des plants.

Maladies Fongiques Courantes

Les champignons sont des ennemis redoutables des tomates, en particulier en cas d'humidité excessive.

Mildiou (Phytophthora infestans)

Le mildiou, causé par Phytophthora infestans, est un parasite obligatoire susceptible de s’attaquer à tous les organes aériens de la plante. C’est une maladie commune et extrêmement destructive de la tomate, considérée comme l'une des pires maladies de la tomate qui touche également d’autres légumes. Le mildiou affecte davantage la tomate de champ que celle cultivée en serre, sauf si les conditions serricoles sont fraîches et humides. Phytophthora infestans affecte également la pomme de terre, le poivron, l’aubergine, le pétunia et des mauvaises herbes des solanacées (surtout les morelles (Solanum spp.)). Au champ, la tomate est infectée si elle est cultivée près des champs de pommes de terre attaquées par le mildiou. En serre, l’inoculum provient des champs de pommes de terre infectés des environs. Le mildiou évolue rapidement si les conditions sont humides et que la maladie n’est pas contrôlée. Les cultures peuvent être détruites en quelques jours. Une fois établie, la lutte à Phytophthora est ardue, voire impossible.

Feuille de tomate atteinte de mildiou

Les symptômes du mildiou de la tomate incluent de larges tâches jaunes à brunes sur les feuilles, suivies par un flétrissement rapide puis leur chute. Au début, présence de taches noir verdâtre, huileuses et irrégulières à l’apex ou à la marge des vieilles feuilles. Ce symptôme est caractéristique de la maladie. Dans des conditions humides, les taches s’agrandissent rapidement pour former des plages brunes aux contours irréguliers. Elles sont parfois entourées d’un halo vert pâle. À la face inférieure, un mycélium blanc grisâtre se développe à la marge des taches. Une sporulation peut se développer en bordure des taches ou des plages. La feuille entière peut flétrir, dépérir et mourir. Sur les fruits verts, présence de taches brun verdâtre, huileuses, bosselées, avec une marge irrégulière qui peuvent s’étendre sur la surface entière du fruit, entraînant une pourriture potentielle. Sur la tige, présence de taches irrégulières, brun foncé à noires, débutant à la zone d’attache du pétiole des feuilles ou à l’apex de la tige. Sous des conditions humides, présence de mycélium. Les taches prennent rapidement de l’expansion et évoluent en des chancres pouvant couvrir ou encercler toute la tige. Le plant peut subir un dépérissement partiel ou complet.

Différentes souches de mildiou ont fait leur apparition au cours des dernières décennies. Les spores de cette maladie se propagent rapidement, se déplaçant au gré du vent sur des kilomètres. Il ne s’agit pas d’un pathogène courant, mais si le mildiou est signalé dans votre région, vous ne pouvez pas faire grand-chose pour prévenir la maladie, car les spores se propagent si rapidement. Il est préférable de miser sur des gestes préventifs pour échapper à cette maladie. L’idéal reste d’aérer au maximum les tomates, en espaçant correctement les plants tuteurés, de pratiquer la rotation des cultures, de cultiver sous abri, d’arroser au plus près du sol et d’éviter la proximité des pommes de terre. Un fil de cuivre peut être placé dans le trou qui accueillera le plant de tomate. Certains traitements bio renforcent également les défenses naturelles des plantes, comme le purin de consoude, la décoction de prêle ou le macérât huileux d'ail. Une solution complémentaire mais très intéressante est de « faire un toit » aux plants de tomates pour éviter que les plants ne soient mouillés lors des pluies.

Une fois que le mildiou frappe, il n’y a pas grand-chose à faire. Enlever les plants infestés, mettez-les dans un un sac poubelle et jetez-les pour empêcher la maladie de se propager. Si le mildiou est déjà installé, retirez délicatement toutes les parties aériennes touchées. Le mildiou de la tomate peut être traité avec des fongicides appropriés, mais la prévention est le meilleur moyen de contrôler la maladie. Les fongicides à base de cuivre sont souvent utilisés pour lutter contre le mildiou de la tomate, mais il est important de suivre les instructions d’application du produit pour éviter les dommages aux plantes. Les pieds de tomates doivent être surveillés régulièrement pour détecter les signes de mildiou, et toute plante infectée doit être retirée immédiatement du jardin pour empêcher la propagation de la maladie.

Oïdium (Oidium neolycopersici, Leveillula taurica)

L’oïdium de la tomate, parfois appelé le « blanc », est causé par un champignon : Oidium neolycopersici et Leveillula taurica. L’oïdium apprécie l’humidité et des nuits froides. L’infestation par le champignon est facilement reconnaissable. Les feuilles et les tiges du plant de tomate se retrouvent poudrées de blanc. La présence de l’oïdium, Leveillula taurica, se caractérise par l’apparition de taches jaunes sur la partie supérieure des feuilles de tomates, ainsi qu’un aspect blanc et poudreux sur la partie inférieure. L’oïdium Oidium neolycopersici, quant à lui, couvre toute la feuille, parfois la tige également, de taches blanches et poudreuses. Les zones infectées finissent par brunir et se dessécher.

Pour la prévention de l'oïdium, il est recommandé de couvrir les plants d'un toit, ce qui évite qu'ils ne soient mouillés lors des pluies. Mettez en œuvre toutes les mesures permettant de limiter au maximum les excès d’humidité : choisissez une exposition ensoleillée, espacez le plus possible les plants pour favoriser l’aération entre eux et arrosez au pied. Pratiquez une bonne rotation des cultures et appliquez une décoction de prêle en traitement préventif.

L’oïdium est une maladie assez difficile à éradiquer. Observer attentivement les plants. En cas de plant fortement atteint supprimez-le, avant que les autres ne soient contaminés. Les fongicides appliqués sur les feuilles au moyen d’un pulvérisateur empêchent la croissance des spores.

Pourriture Grise (Botrytis cinerea)

La pourriture grise est une maladie fongique causée par le champignon Botrytis cinerea. Favorisé par un excès d'humidité et un manque de lumière, le champignon Botrytis cinerea dévaste de nombreuses cultures légumières. C’est un champignon dit « de faiblesse » et « de blessure », car il s’installe très souvent sur les parties malades et les plantes vieillissantes ou affaiblies. Les premiers symptômes de la pourriture grise apparaissent souvent sur les fleurs et les fruits. Les tomates atteintes de botrytis présentent des taches brunâtres qui finissent par se propager rapidement jusqu’à toucher l’ensemble du fruit. L’ensemble du plant de tomate peut être affecté. Toutes les parties aériennes de la tomate - tiges, feuilles, fleurs, fruits - peuvent être affectées, à tous les stades de développement. Quels que soient les organes touchés, les tissus se couvrent d’une dense moisissure grise très caractéristique.

Comme la pourriture grise se développe dans des conditions humides et fraîches, il est important de maintenir un environnement sec autour de vos plants de tomates en limitant l’arrosage et en évitant les périodes de forte humidité. Il est nécessaire de bien ventiler les cultures sous abri, d’éviter les accumulations d’eau, d’espacer les plants et d’éliminer tout plant infecté. Si les plants sont taillés, l'opération doit se faire en début d'après-midi pour permettre aux plaies de sécher. Si vous remarquez des fruits ou des feuilles présentant des symptômes de pourriture grise, retirez-les immédiatement. Des fongicides contenant du cuivre, du soufre ou d’autres ingrédients actifs peuvent être utilisés.

Alternariose (Alternaria solani ou Alternaria tomatophila)

L’alternariose de la tomate est une maladie cryptogamique causée par les champignons Alternaria solani ou Alternaria tomatophila. Cette maladie commune de la tomate se présente sous la forme de taches brunes en forme de taches en œil de taureau sur les feuilles inférieures d’une plante. Souvent, les tissus autour des taches jaunissent. Les taches sont sombres et arrondies sur le feuillage, ceintes d’un halo jaune plus ou moins vif, qui s’agrandissent en cercles concentriques. Contrairement au mildiou, l’alternariose attaque en premier les feuilles les plus âgées soit les plus basses. Les tiges se couvrent de taches allongées brunes à centre gris et anneaux concentriques. Le champignon se répand ensuite sur le reste de la plante, en taches grises ou brunes, et provoque des lésions circulaires noires à proximité du pédoncule et des sépales, sur les fruits. Éventuellement, les feuilles infectées tomberont de la plante.

Le pathogène de l'alternariose vit dans le sol et une fois qu’un jardin a montré des signes du champignon, il est là pour rester parce que l’organisme passe facilement l’hiver dans le sol, même dans des climats très froids. Heureusement, la plupart des tomates continueront à produire même dans les cas modérément graves d'alternariose. Pour prévenir cette maladie fongique de la tomate, déchiqueter les plants avec une couche de papier journal recouverte d’herbe coupée non traitée, de paille, de moisissure des feuilles ou de compost fini immédiatement après leur plantation. Une rotation des cultures, un arrosage régulier au sol et un bon espacement entre les plants suffisent en général à protéger les tomates.

Une fois que le champignon est atteint, les fongicides organiques à base de Bacillus subtilis ou de cuivre peuvent aider à prévenir ou à arrêter la propagation de cette maladie des plants de tomates.

Taches concentriques sur une feuille de tomate (alternariose)

Maladies Vasculaires et Bactériennes

Ces maladies affectent le système de transport de la sève de la plante ou sont causées par des bactéries.

Flétrissement Fusarien (Fusarium oxysporum)

Le pathogène responsable du flétrissement fusarique (Fusarium oxysporum) est généralement plus fréquent dans les régions chaudes du sud, où cette maladie des tomates peut détruire des champs entiers. Les symptômes comprennent des tiges de feuilles tombantes. Parfois, une branche entière peut flétrir, en commençant souvent par la partie inférieure de la plante et en progressant ensuite vers le haut jusqu’à ce que la plante entière s’effondre. Pour confirmer une infection, coupez la tige principale de la plante et recherchez des stries foncées dans le sens de la longueur de la tige.

Les spores de cette maladie de la tomate vivent dans le sol et peuvent survivre de nombreuses années. Ils sont répandus par l’équipement, l’eau, les débris végétaux et même par les humains et les animaux. La meilleure méthode de prévention est de planter des variétés résistantes si vous avez eu des problèmes de flétrissement fusarique dans le passé.

Une fois que cette maladie des plants de tomates est apparue, il n’y a pas grand-chose que vous puissiez faire pour la contrôler. Au lieu de cela, concentrez-vous sur la prévention pour les années à venir. La solarisation du sol peut aider à tuer les spores fongiques dans les quelques centimètres supérieurs du sol, et la rotation des cultures est essentielle. Il existe également plusieurs traitements fongicides biologiques qui peuvent être appliqués sur le sol (en rechercher un à base de la bactérie Streptomyces griseoviridis appelée MycoStop® ou un granulaire à base du champignon Trichoderma virens appelé Soil Guard®).

Flétrissement Verticillien (Verticillium sp.)

Cette maladie fongique est causée par plusieurs pathogènes du sol (Verticillium sp.). Lorsqu’ils sont présents dans une plante de tomate, ils bloquent le tissu vasculaire de la plante et provoquent le flétrissement des feuilles et des tiges. Les symptômes progressent lentement, souvent une tige à la fois. Finalement, toute la plante jaunit et se flétrit. Pour confirmer le diagnostic, couper la tige principale de la plante et rechercher une décoloration brun foncé à l’intérieur.

Les champignons Verticillium peuvent survivre pendant de nombreuses années dans le sol et sur les plantes. Ils prospèrent dans des températures estivales légèrement plus fraîches (entre 70 et 80 degrés F, soit environ 21-27°C).

Une fois le flétrissement verticillien survenu, il n’y a pas grand-chose que vous puissiez faire pour contrôler l’infection de l’année en cours. Au lieu de cela, concentrez-vous sur la prévention de cette maladie des plants de tomates dans les années à venir. La solarisation du sol aidera à tuer les spores fongiques dans les quelques centimètres supérieurs du sol.

Flétrissement Bactérien Méridional (Ralstonia solanacearum)

Malheureusement, une fois présent, le flétrissement bactérien méridional (Ralstonia solanacearum) est une maladie des plants de tomate qui se propage comme un feu sauvage. Elle est transmise par le sol, mais les bactéries qui causent cette maladie de la tomate peuvent se propager par le sol, l’eau, les débris végétaux et même les vêtements, les outils et la peau. On le trouve naturellement dans les serres, mais il peut arriver dans le jardin par des plantes infectées qui ont été achetées. Les symptômes initiaux comprennent le flétrissement de quelques feuilles seulement sur une plante, tandis que le reste du feuillage semble sain. Avec le temps, de plus en plus de feuilles flétrissent et deviennent jaunes jusqu’à ce que toutes les feuilles succombent, bien que la tige reste droite.

Le flétrissement bactérien méridional est transmis par le sol et peut survivre pendant de longues périodes dans le sol sur les racines et les débris végétaux. Comme beaucoup d’autres maladies de la tomate, elle favorise les températures élevées et l’humidité élevée. La meilleure façon de prévenir cette maladie est d’acheter et de planter uniquement des plantes cultivées localement ou de cultiver vos propres plantes à partir de semences. Il n’existe aucun remède contre cette maladie.

Problèmes Physiologiques et Viraux

Certains problèmes ne sont pas causés par des agents pathogènes mais par des facteurs environnementaux ou des virus.

Nécrose Apicale (Cul Noir)

La nécrose apicale, ou cul noir, est un symptôme courant chez les tomates et se caractérise par des tâches brunes ou noires à l’extrémité des fruits. Il s'agit d'une affection physiologique et non parasitaire qui ne se propage pas dans la culture de tomates. La nécrose apicale est facilement reconnaissable par les taches noires ou brunes sur la partie inférieure des fruits. La « Roma », et plus généralement les variétés de tomates allongées, est ainsi plus sensible à la pourriture apicale que d'autres variétés.

La nécrose apicale est généralement causée par une carence en calcium localisée dans le fruit. Elle apparaît lorsqu'il y a un défaut d'absorption de cet élément par la plante. La meilleure façon de traiter le cul noir de la tomate est de corriger la carence en calcium. Il est important d'éviter les excès d’azote, car les excès d’engrais azoté peuvent perturber l’absorption du calcium par les plants de tomates. De plus, il faut éviter les arrosages irréguliers, car les fluctuations dans l’arrosage peuvent empêcher l’absorption du calcium par les racines.

Mosaïque du Tabac (Tobacco Mosaic Virus - TMV)

La mosaïque du tabac est une maladie virale courante chez les tomates, causée par un virus du genre Tobamovirus. Cette maladie virale est transmise par le contact avec des plantes infectées, les outils de jardinage ou les mains sales, ou des insectes vecteurs. Les symptômes de la mosaïque du tabac sont l’apparition de tâches jaunes de formes irrégulières sur les feuilles et parfois les fruits eux-mêmes. Ces tâches peuvent se développer jusqu’à former des motifs en mosaïque caractéristiques. Les bords des feuilles s'enroulent et les folioles sont petites et étroites : c'est la virose de la tomate.

Il n’existe pas de traitement direct pour les maladies virales. La prévention est essentielle. Il est crucial de maintenir une bonne hygiène des outils et des mains, et d'éliminer rapidement les plantes infectées pour éviter la propagation du virus.

Éclatement des Tomates

Le phénomène d’éclatement des tomates n’est pas dû à une maladie particulière. L’éclatement des tomates est causé par de fortes fluctuations de l’humidité du sol. À la suite de brusques changements climatiques ou d’un excès d’eau, il arrive que les tomates se fendent ou éclatent. En effet, leur peau n’est pas suffisamment élastique pour supporter une croissance trop rapide du fruit. Outre le désagrément esthétique, l’éclatement des tomates ouvre la porte aux parasites et aux maladies.

Il est important de maintenir une irrigation régulière. Les pieds de tomates doivent être arrosés régulièrement et uniformément pour éviter les fluctuations de l’humidité du sol. Un arrosage régulier, sans excès, combiné à un paillage suffit bien souvent à éviter ce problème. Éviter les excès d’eau.

Chlorose

La chlorose se manifeste par une décoloration progressive des feuilles, de vert pâle à jaunâtre avec des nervures toujours bien vertes. Une feuille atteinte le restera, mais le plant touché peut encore produire des tomates. Les feuilles de mes pieds de tomate portent des bandes jaunes entre les nervures, ce qui indique que les tomates souffrent d'une déficience en magnésium ou de chlorose ferrique. Le fait qu'elles aient les nervures vertes et le reste jaune est le signe de ce type de carence.

Apportez dès maintenant aux tomates un engrais organique riche en oligo-éléments et en magnésie. Généralement, les engrais pour tomates vendus dans le commerce sont composés de magnésie. Veillez à maintenir une régularité dans les arrosages.

Feuille de tomate présentant une chlorose interveinale

Autres Problèmes et Facteurs Favorisants

Divers facteurs peuvent influencer la santé des plants de tomates.

Jaunissement des Feuilles des Jeunes Tomates

Plusieurs raisons peuvent entraîner le jaunissement des feuilles des jeunes tomates. Le terreau de semis peut être de mauvaise qualité. La température a été trop élevée ou trop basse à l'intérieur de la mini serre. Si tel était le cas toutes les feuilles seraient jaunes ou brunes. Il pourrait s'agir d'une asphyxie racinaire due à un excès d'eau momentané ou continuel. Un apport d'engrais exagéré bloque aussi les jeunes pieds de tomates.

Dans tous les cas, transplanter chaque jeune plant dans un godet de 7 cm avec un nouveau substrat genre "terreau universel". Les jeunes plants de tomates apprécient une température comprise entre 18 °C et 25 °C en pleine lumière. Arroser modérément (sauf au repiquage) et les laisser sécher légèrement entre les arrosages.

Chute des Fruits en Serre

Les pédoncules de mes tomates cultivées sous serre noircissent et les fruits tombent. De nombreuses maladies affectent les tomates lorsqu’elles sont cultivées dans un milieu défavorable. La perte des tomates peut être provoquée par une carence ou un amendement mal équilibré mais aussi par une culture sous une serre peu aérée dont la température dépasse 35 °C pendant la journée et subit une forte variation entre la nuit et le jour. Une partie des fleurs se dessèche avec quelques fruits en début de formation. Le pédoncule jaunit puis noircit et inévitablement la grappe ou la tomate tombe.

Lors de la culture sous abris des tomates, il est important d’ombrer et de ventiler la serre ou le tunnel. Des apports irréguliers en eau accentuent le phénomène.

Coups de Soleil

Mes tomates présentent une tâche blanche sur la partie exposée, malgré des traitements à la bouillie bordelaise. Les tomates ont subi des coups de soleil ! Le traitement à la bouillie bordelaise ne changera rien. L’année prochaine en cas de fort ensoleillement et selon la région d’habitation, ne pas effeuiller les pieds de tomates. Elles seront protégées naturellement. À noter, qu’il est déconseillé de pulvériser de la bouillie bordelaise sur des fruits déjà très formés.

Facteurs Favorisant les Maladies

De nombreux facteurs peuvent favoriser les maladies de la tomate. L’arrosage excessif est ce qui favorise le plus le développement des maladies fongiques. Des variétés inadaptées à votre région sont plus sensibles aux maladies que d'autres. La trop grande proximité des pieds peut favoriser la propagation des maladies en empêchant l’air de circuler. Des outils sales peuvent propager les maladies d’une plante à l’autre.

Gestion des Ravageurs et autres Organismes Nuisibles

En plus des maladies, les tomates sont également la cible de divers ravageurs.

Pucerons

Ces petits insectes verts ou noirs se nourrissent de la sève et affaiblissent les plants. Pour les contrôler, il est possible d'utiliser des solutions naturelles comme le savon noir ou des auxiliaires de jardin (coccinelles).

Nématodes (Meloidogyne incognita)

Il s'agit de nématodes (Meloidogyne incognita), de minuscules vers de moins de 1 mm qui vivent dans une terre humide et chaude. Ces anguillules rongent les racines qui se nouent en formant de petites boules. Si l'on veut préserver les plants, il faut pratiquer de longues rotations de culture. Une autre solution consiste à placer non loin des tomates des plantes qui éloignent ces vers comme les œillets d'Inde, les tagètes ou les soucis.

Punaises (Nezara viridula)

J'ai toujours cultivé des tomates et, pour la première fois, elles sont envahies de punaises. Ces dernières trouent les tomates, qui pourrissent. Ces punaises noires tachetées de blanc sont des petites punaises vertes (Nezara viridula) pas encore adultes. Venant du Sud, elles pullulent au Nord en raison du réchauffement climatique. Elles piquent la peau des tomates et créent des taches jaunes, puis des trous. Profiter de l’hiver pour limiter les colonies en nettoyant les tas de bois et les débris des végétaux où elles hivernent.

Escargots et Limaces

Au pied de la plante et aux alentours, vous remarquez des traces visqueuses et luisantes : les escargots et limaces sont les responsables ! Il existe des méthodes de contrôle biologique et des barrières physiques pour protéger les plants.

Quand et Comment Traiter les Tomates

La période pour traiter les tomates dépend du type de traitement que vous souhaitez appliquer.

Pour la prévention des maladies : il est recommandé de traiter les plants de tomates avant que les symptômes n’apparaissent. Cela peut être réalisé au début de la saison de croissance, avant que les maladies ne se propagent, ou à intervalles réguliers tout au long de la saison. Dès l’apparition des premiers symptômes, éliminez les feuilles ou fruits touchés pour éviter la propagation.

Pour le traitement des maladies : si vous remarquez des signes de maladies sur vos plants de tomates, il est important de traiter sans attendre pour éviter que la maladie ne se propage. La période de traitement dépendra du type de maladie et de la gravité de l’infection. En général, il est recommandé de traiter tôt le matin ou en soirée, lorsque les températures sont plus fraîches, pour éviter que les plantes ne subissent un stress supplémentaire dû à la chaleur.

Calendrier de traitement préventif pour les tomates

Consommation de Tomates Malades

Il n’est pas recommandé de manger des tomates malades, par exemple atteintes de mildiou. Cela peut présenter un risque pour votre santé car les spores fongiques peuvent être toxiques. Sans compter que les tomates atteintes de maladies ont souvent un goût désagréable. De manière générale, il est aussi recommandé de laver soigneusement les tomates même lorsqu’elles sont saines avant de les consommer. Vous éliminerez ainsi toute trace de contaminants éventuels.

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