Comprendre et Traiter les Maladies de la Vigne Vierge Grimpante : Causes, Symptômes et Solutions

La vigne vierge grimpante, bien que souvent robuste, n'est pas exempte de vulnérabilités face à diverses affections. Que ce soit la vigne vierge commune (Parthenocissus quinquefolia) ou d'autres espèces, les problèmes peuvent survenir, affectant son esthétique et sa vitalité. Une identification rapide et précise des maladies est essentielle pour prévenir des infestations graves et des pertes de qualité ou de vigueur. Il est primordial d'identifier rapidement mais avec exactitude les maladies présentes dans le vignoble afin de prévenir des infestations graves et des pertes de rendement ou de qualité. Cependant, la présence d'un agent pathogène ou d'une maladie ne signifie pas automatiquement qu'un traitement est nécessaire. La sévérité des maladies varie d'une année à l'autre, principalement en fonction des conditions climatiques, de l'inoculum présent (historique de la maladie) et de la sensibilité des cépages. En conséquence, certaines maladies peuvent être dévastatrices une année et de peu d'importance une autre année.

Facteurs Abiotiques et Stress Environnementaux

Avant d'incriminer un agent pathogène, il est crucial de considérer les facteurs environnementaux qui peuvent affecter la vigne vierge. Plusieurs facteurs peuvent engendrer des dommages : maladies, insectes, herbicides, mammifères, oiseaux, pratiques culturales et facteurs abiotiques (conditions climatiques). Il ne faut pas conclure trop rapidement sur l'origine d'un problème et ne pas oublier que plusieurs maladies peuvent être présentes en même temps.

Exposition au soleil et chaleur

Une exposition excessive au soleil peut causer des brûlures sur le feuillage. Des observations rapportent des cas où la vigne, exposée en plein soleil entre 11h et 15h, développe des brûlures sur les grosses feuilles ayant poussé au printemps. Une vigne vierge située du côté de Marseille, une région où la chaleur est importante, peut être un peu à la limite pour ce type de plante, les Ampelopsis étant des lianes originaires de forêts asiatiques. Pourtant, de nombreux exemples montrent que la vigne vierge prospère sans ce type de problème dans des conditions similaires, suggérant que d'autres facteurs peuvent intervenir. Une hypothèse a été avancée concernant l'arrosage sur le feuillage juste avant que le soleil ne le touche, provoquant ce phénomène.

Humidité du sol et enracinement

Le maintien d'une humidité adéquate au pied de la plante est important, sans que le sol ne soit détrempé. Un manque de vitalité peut résulter, par exemple, d’une mauvaise préparation du sol à la plantation. De grosses mottes peuvent être laissées et des poches d’air peuvent empêcher le contact des racines avec la terre, ce qui entraîne le dessèchement de la vigne. Apporter du sable et du terreau pour alléger le terrain est une solution. Si l'enracinement est superficiel, il suffit que le jeune plant reste quelques jours dans la sécheresse pour que les radicelles se dessèchent. Pailler le pied pour conserver l’humidité en surface est une bonne pratique. Le trou de plantation doit être finement travaillé sur 30 cm de profondeur et 40 cm de largeur pour favoriser un bon développement racinaire.

Développement initial de la plante

Durant les premières années, l'abandon des feuilles et même des lianes est fréquent, le temps que les racines prennent leur place. Il faut être patient, car c'est souvent comme ça.

Principales Maladies Fongiques de la Vigne et leurs Parallèles

Bien que les informations fournies se concentrent largement sur la vigne cultivée (Vitis vinifera), les principes d'identification et de lutte contre les maladies fongiques peuvent souvent s'appliquer, avec des nuances, à la vigne vierge grimpante, qui partage une certaine parenté botanique et des sensibilités similaires à certains pathogènes.

Mildiou (Plasmopara viticola)

Le mildiou est une maladie fongique provoquée par le champignon Plasmopara viticola, qui se développe dès le printemps. Il est un champignon-algue invisible à l’œil nu qui se caractérise sur le dessus des feuilles de vigne par des taches jaunes-vertes. Elles ressemblent à des tâches d’huiles et des zones d’aspect grillé. À un stade avancé, un duvet blanc se développe sur la face inférieure. En revanche, sur le dessous des feuilles, on remarquera un feutrage blanchâtre, surtout à la face inférieure des feuilles. Les taches brunissent avec le temps. Les inflorescences sont particulièrement sensibles. Les baies atteintes tôt en saison deviennent bleues puis brunes et se dessèchent. Les baies des variétés de raisin rouge se colorent prématurément et celles de raisin blanc deviennent tachetées.

Symptômes du mildiou sur les feuilles et les grappes de vigne

Le champignon Plasmopara viticola est un parasite obligatoire qui ne peut se développer que sur les tissus vivants. Il est à reproduction sexuée et hiverne sous forme d'oospores (spore sexuée) dans les feuilles mortes. La proportion d'oospores qui sera mature au printemps dépend des conditions de l'automne. Au printemps, la température minimale pour le développement du champignon est de 11 °C. À maturité, les oospores produiront de nouvelles spores (sporange). À ce stade, la pluie (présence d'eau libre) constitue le principal facteur de développement de la maladie. Lors de fortes pluies, les éclaboussures de terre et d'eau transporteront les spores sur les feuilles. Le jeune tissu est généralement plus sensible. Lorsque les feuilles sont complètement étalées, elles sont moins sensibles aux infections. Les baies sont sensibles seulement de la floraison à environ 4 semaines après la floraison.

Pour identifier le mildiou, il faut tôt en saison, surveiller l'apparition des taches d'huile sur le dessus des feuilles. Sous la feuille, on peut observer une sporulation blanche duveteuse qui se détache avec les doigts. Tôt en saison, il est souvent difficile de différencier le mildiou des décolorations normalement présentes sur les feuilles. Si l'on suspecte la présence de mildiou, il est possible de vérifier en prélevant la feuille et la plaçant sur un papier mouillé toute la nuit. On retrouve entre le début mai et la mi-septembre mais plus fréquemment entre le début juin à la fin août des conditions environnementales favorisant le développement de maladies.

Oïdium (Erysiphe necator ou Uncinula necator)

L'oïdium est une maladie cryptogamique causée par le champignon Erysiphe necator, qui affecte principalement les feuilles et les jeunes grappes. L’oïdium est un champignon qui se remarque par des taches poussiéreuses grises et blanches sur les feuilles de la vigne, ainsi que sur ses rameaux verts. L'oïdium se manifeste par des tâches huileuses similaires à celles du mildiou, suivies d’un noircissement des nervures sur la face inférieure des feuilles. Un feutrage grisâtre, poudreux, typique de l’oïdium, devient visible sur la face supérieure des feuilles. Une contamination précoce avant la floraison fera tomber les raisins. Si elle est plus tardive, les raisins se couvrent de poussière grisâtre puis éclatent. La particularité de l’oïdium est qu’il reste sur la vigne pendant l’hiver malgré son état inactif. Les feuilles sévèrement atteintes présentent une crispation du bord du limbe. Les tiges peuvent montrer des taches étoilées qui peuvent mesurer jusqu'à quelques centimètres et qui prennent une coloration brune à noire, suite à la dégénérescence progressive du champignon au cours de la saison. Sur les inflorescences et rachis, le blanc prend habituellement l'aspect d'une poussière grise à blanchâtre. Lors d'infections sévères, les grappes peuvent tomber, particulièrement lors de la récolte mécanique. Les baies peuvent être atteintes, de la nouaison à la véraison (environ 4 semaines après la floraison). Elles prendront une coloration gris cendré pour rapidement se recouvrir de spores, leur donnant une apparence farineuse. En fin de saison, des cléistothèces apparaissent aussi sur les baies. Les baies attaquées se dessèchent, peuvent craquer et tombent au sol.

Combattre le mildiou et l'oïdium par le pyramidage des gènes de résistance chez la vigne.

Erysiphe necator est un parasite obligatoire de la vigne; il ne peut se développer que sur les tissus vivants de la vigne. Sous nos conditions climatiques, E. necator hiverne sous forme de cléistothèces, organes contenant les ascospores (spores sexuées). Au printemps, les ascospores mûrissent puis infectent les feuilles situées à proximité de l'écorce. Suite à ces infections, des taches recouvertes de spores asexuées, les conidies, se développent sur les feuilles. Les conidies de E. necator n'ont pas besoin d'eau libre sur la feuille pour l'infecter. Par contre, une humidité relative élevée favorise la germination des conidies et donc, les infections. La maladie peut se développer lorsque le climat est chaud et humide, particulièrement en mai-juin.

Le dépistage doit débuter au stade 3-5 feuilles jusqu'à la fin de la saison. Il faut surveiller l'apparition des taches décolorées qui deviennent blanchâtres sur le dessus et le dessous des feuilles. Attention de ne pas confondre avec des résidus de pesticides. Observer en variant l'angle du feuillage. Les taches blanchâtres sont particulièrement visibles lorsqu'on regarde la feuille de côté sous un angle d'environ 30°. On retrouve entre le début mai et la mi-septembre mais plus fréquemment entre la mi-juin et la fin août des conditions environnementales favorisant le développement de maladies. La plage de température reliée au risque de développement des maladies varie de 6 à 32 degrés Celcius alors que la plage la plus à risque se situe entre 20 et 28 degrés.

Black-rot (Guignardia bidwellii)

Le black-rot est une maladie fongique particulièrement destructrice, provoquée par Guignardia bidwellii, qui se développe principalement en été par temps chaud et humide après la floraison. Sa présence peut altérer la qualité des raisins et entraîner une baisse de rendement importante. Cette maladie cryptogamique de la vigne est originaire de l’est de l’Amérique du Nord ; elle fût importée en France via l’importation de boutures et identifiée vers 1885. La maladie s’est répandue en Amérique, Europe et Asie. En France, il sévit surtout dans le Sud-Ouest et l’Ouest. Cette maladie est causée par un champignon phytopathogène ascomycète : le Guignardia bidwellii. Elle sévit essentiellement à partir du redoux de printemps - le champignon étant actif dès 9°C et jusqu’à 32°C, avec un optimum entre 20 et 26°C - accompagné d’une bonne humidité.

Sur les feuilles, le champignon causera de petites taches noires circulaires qui, en vieillissant, laisseront place à de petits trous (allure criblée). Le black-rot se manifeste via des tâches brunes ou rouges de quelques millimètres avec des petites pustules noires brillantes. Les taches et pustules peuvent aussi toucher les rameaux. Les inflorescences sont particulièrement sensibles. Sur les baies, on observe des taches creuses, pourpres devenant grisâtres au centre, avec une bordure noire. Les baies deviennent laiteuses puis violacées à noires. Elles se momifient, sèchent et restent généralement accrochées à la rafle.

Le champignon hiverne dans les baies momifiées et les vrilles tombées sur le sol ou restées accrochées aux fils de fer sous forme de sacs (périthèces) contenant des spores sexuées. Au printemps, ces spores (ascospores) sont éjectées dans l'air par les pluies et infectent les jeunes feuilles ou tiges. Les premières taches apparaissent environ 2 à 3 semaines après l'infection (période de pluie) sur feuilles et 10 à 14 jours sur les baies. Les pustules noires qui se développent sur les taches contiennent des spores dites secondaires (ou d'été) qui sont dispersées par les pluies et causent de nouvelles infections sur les feuilles, pétioles, vrilles, sarments, rafles et baies jusqu'à la fin de la saison. Tous les cépages et particulièrement les cépages de V. vinifera sont sensibles.

Le black-rot apparaît souvent après le mildiou et le blanc, le dépistage commence donc aux stades 2-3 ou 4-5 feuilles déployées (stades 9-12), particulièrement lors de périodes de pluie combinées à des températures supérieures à 9 °C. On retrouve entre la mi-juin et la fin août mais plus fréquemment entre la troisième semaine de juin à la fin juillet des conditions environnementales favorisant le développement de maladies. La plage de température reliée au risque de développement des maladies varie de 8 à 32 degrés Celcius, par contre, la plage la plus à risque se situe entre 20 et 28 degrés.

Pourriture grise (Botrytis cinerea)

Le botrytis, aussi appelé pourriture grise, est une maladie fongique provoquée par le champignon Botrytis cinerea. C’est un champignon qui apprécie les périodes douces et humides et qui se développe principalement sur les rameaux, les feuilles et les grappes de la vigne. Le botrytis est plus occasionnel que le mildiou et l’oïdium. Il se reconnaît aux feuilles couvertes de taches brunes et d’un feutrage blanc-gris. Si la vigne a subi une attaque hâtive avant la floraison, les raisins se dessèchent mais si elle est plus tardive, alors ils pourrissent. Sur les rameaux, le botrytis se manifeste par des taches brunes, puis prennent une teinte blanchâtre. On observe par la suite la formation de sclérotes sous forme de petites protubérances noires. Sur les feuilles, les symptômes apparaissent souvent au bord du limbe, puis progressent vers l’intérieur. Celles-ci se déforment progressivement puis prennent une teinte brunâtre. Un feutrage gris peut être visible sur la face inférieure. Les baies infectées présentent un feutrage grisâtre formé des spores du champignon. À ce stade, le B. cinerea peut également entraîner le dessèchement des baies. Sur les grappes, les symptômes sont particulièrement visibles lors de la véraison. Ce champignon se développe sur des raisins à maturité et lors de forte humidité avec une température idéale de 18 à 20 °C. Lors de la culture des grappes très serrées et un feuillage dense accentuent le développement du botrytis.

Le champignon hiverne sous forme de sclérotes (masse compacte de mycélium) logées dans les débris de culture. Au printemps, des spores (conidies) se formeront sur les sclérotes et causeront des lésions sur les tissus. L'infection des feuilles est favorisée par la durée de mouillure et la présence de blessures. De nouvelles spores seront produites sur ces lésions. Ces spores dispersées par le vent causeront plusieurs nouveaux cycles d'infection permettant au champignon de se maintenir dans le vignoble. Les baies peuvent être infectées peu après la floraison mais rester sans symptôme jusqu'à la véraison. Les baies sont plus sensibles lorsque leur contenu en sucre augmente et, à ce stade, B. cinerea peut les infecter en l'absence de blessures (porte d'entrée). Lorsque la population du champignon est faible, les dommages n'entraînent généralement pas de pertes économiques.

On retrouve deux périodes où l’on peut rencontrer des conditions environnementales favorisant le développement de maladies, la première de la fin mai au milieu juillet et la deuxième de la mi-août à la fin septembre. Également, deux périodes où le développement des maladies est plus fréquent, soit du début juin à la mi-juillet et du début septembre à la fin septembre. La plage de température reliée au risque de développement des maladies varie de 8 à 32 degrés Celcius, par contre, la plage la plus à risque se situe entre 16 et 26 degrés.

Anthracnose

L'anthracnose est une autre maladie fongique. Ses symptômes incluent des taches criblées sur les feuilles. Le champignon hiverne probablement dans les chancres formés sur les sarments et dans les baies infectées tombées au sol ou restées sur le cep ou les fils de fer. Au printemps, de petites fructifications appelées acervules se formeront et produiront des spores (conidies) recouvertes d'une substance gélatineuse qui permet aux spores de coller au site d'infection. Ces spores sont disséminées par la pluie. Plus les feuilles et rameaux restent mouillés longtemps (>12 heures), plus l'épidémie sera sévère. La maladie se développe à des températures de 10 à 35 °C et de façon optimale entre 20 et 26 °C. Elle est particulièrement présente du stade première feuille déployée (7) au stade 4-6 feuilles déployées et inflorescences visibles (12). On retrouve entre le début mai et la mi-septembre mais plus fréquemment entre le début juin à la mi-septembre des conditions environnementales favorisant le développement de maladies. La plage de température reliée au risque de développement des maladies varie de 10 à 35 degrés Celcius, par contre, la plage la plus à risque se situe entre 20 et 26 degrés.

Maladies du Bois et Autres Affections

Tumeur du collet

La tumeur du collet est une maladie présente dans plusieurs régions de production viticole. Sur tout le plant, les feuilles et les pousses flétrissent. Sur le pied et les sarments, on observe des galles ou tumeurs (excroissances plus ou moins sphériques). Initialement ces tumeurs sont blanchâtres, spongieuses à fermes puis deviennent foncées et cassantes. Ces tumeurs sont de taille variable. La surface des tumeurs est irrégulière et l'épiderme de la tige pèle. Les tumeurs se retrouvent généralement sur le pied et un peu au-dessus. La bactérie est souvent introduite au vignoble avec les plants provenant des pépinières. Cette maladie est plus sévère dans les zones où les dommages hivernaux sont fréquents.

Maladies du bois

Les maladies du bois résultent de l'attaque du bois des ceps par des champignons. Souvent invisibles au début de l’infection, ces maladies affaiblissent les ceps et peuvent conduire à la mort lente des pieds de la vigne. En moyenne, 10 à 15 % des pieds sont touchés. À ce jour, aucune lutte curative n’a permis d’éliminer efficacement ces maladies. La lutte prophylactique est la seule stratégie efficace pour lutter contre les maladies du bois de la vigne. Le champignon attaque la plante en pénétrant les bois via les plaies de la taille ou du rognage (plaies récentes), notamment lors des hivers doux et humides. Le champignon attaque le bois de la vigne de l’intérieur, le rendant mou et spongieux et le parant d’une couleur jaunâtre. Il semblerait que La méthode de taille de la vigne Guyot Poussard permette de lutter contre la prolifération de la maladie. Également, le curetage est utilisé et semble prometteur : il s’agit d’enlever les parties du cep atteinte à l’aide d’une petite tronçonneuse - une sorte d’opération chirurgicale pour retirer une tumeur en somme !

Érinose et Acariose

L'envers des feuilles de ma vigne se couvre de plaques blanches et de cloques. La vigne souffre probablement d’érinose, qu’on appelle aussi cloque de la vigne. Cette maladie bénigne est provoquée par de petits acariens se logeant au revers des feuilles. Ces feuilles ont également pu être attaquées par l'acariose. Il s'agit d'un petit acarien qui pique les bourgeons, provoquant l'avortement des grappes. Il ne touche donc pas les grains de raisin. La vigne peut donc vivre sans intervention. Au printemps, on peut observer, à la face supérieure des jeunes feuilles, la formation de galles boursouflées verdâtres, puis rougeâtres et sur la face inférieure, un feutrage dense. Cette affection bénigne est sans grande conséquence pour la vigne et le raisin.

Symptômes de l'érinose sur les feuilles de vigne

Coulure et Millerandage

Pourquoi ma vigne fleurit mais ne produit aucun raisin ? Il s'agit d'une coulure causée par le millerandage. Ce phénomène survient suite aux aléas climatiques. Au stade de la floraison, entre fin mai et juin selon les variétés et les régions, la vigne fleurit. Si pendant cette période, la météo est mauvaise à cause du froid, du vent ou de la pluie, les fleurs ne parviennent pas à s'ouvrir. N'étant pas fécondées, les fleurs ne sont pas nouées et se dessèchent sans donner de grappes. Plus tard, une seconde floraison peut se produire sans que le raisin n'arrive à maturité.

Flavescence dorée

La flavescence dorée est une maladie grave de la vigne, observée en France depuis les années 1950. D’abord localisée dans le sud de la France, elle finit par toucher tout le vignoble. Cette maladie appartenant aux jaunisses du vin peut facilement être confondue avec d’autres. Le feuillage change de couleur (rougissement ou jaunissement selon les cépages) avec l’apparition de la maladie, les feuilles s’enroulent sur elles-mêmes qui peut aussi flétrir les baies. En France, la lutte contre la flavescence dorée est obligatoire et réglementée depuis 2001. Les modalités de lutte sont définies chaque année au niveau départemental par arrêté préfectoral.

Court noué

Le court noué est une maladie grave virale de la vigne. Cette maladie est causée par un virus (en France le GFLV - Grapevine Fan Leaf Virus - ou plus rarement l’ArMV - Arabic Mosaic Virus) lui-même transmis par le nématode (vers parasite) Xiphinema index qui pique les racines de la vigne pour s’en nourrir. Cette maladie se manifeste par des anomalies de couleur (jaunissement) et de forme (asymétries, feuilles doubles ou irrégulièrement découpées ou avec une indentation plus marquée, excroissances sur la face intérieure…) des feuilles de la vigne, mais aussi des anomalies du bois (raccourcissement des entre-nœuds, nombreux bourgeons secondaires, double-nœuds…). La maladie peut aussi entraîner coulure et millerandage (avortement partiel du raisin). Les vignes malades produisent moins du fait de leur affaiblissement. Sur le long terme, le court noué fait dépérir la vigne et cette maladie est incurable. Il n’existe pas de traitement curatif contre le court-noué.

Stratégies de Lutte et de Prévention

Une bonne identification des ennemis est la base d'un bon programme de lutte permettant un contrôle optimal tout en minimisant l'usage des pesticides. Un vignoble (en production ou non) devrait être dépisté entièrement (toutes les sections et tous les cépages) au moins une fois par semaine et, idéalement, deux fois par semaine du débourrement à la récolte. Il est important de porter une attention particulière aux cépages sensibles où l'on observe généralement les premiers symptômes de maladie. Il ne faut pas oublier qu'une intervention bien ciblée en début d'infestation permet généralement d'obtenir un meilleur contrôle de la maladie et ce, souvent avec moins de pesticides. Après la récolte, il faut vérifier l'état des ceps avant et après la chute des feuilles. Ces observations ont pour objectif d'évaluer l'inoculum présent en fin de saison sur les feuilles.

Bonnes pratiques culturales

Pour éviter au maximum les risques de maladies, il est recommandé de respecter les conditions de culture de la vigne : la planter en plein soleil, dans un sol qui retient la chaleur en belle saison. Dans les zones tempérées, exposer la vigne au sud. La vigne requiert une température estivale moyenne de 18°C minimum. En hiver, elle supporte -15°C minimum en terrain humide, -22°C en sol bien drainé. Limiter les apports d’engrais est également conseillé.

L'orientation des rangs nord-sud et l'utilisation de la pente naturelle favorisent la circulation de l'air et le drainage du sol. Éliminer les résidus de la taille en les brûlant. Travailler le sol au printemps constitue une méthode de lutte culturale. Une bonne taille facilite la circulation de l'air, ce qui favorise le séchage rapide du feuillage et une plus grande pénétration du fongicide dans le couvert végétal. De plus, il est recommandé d'inspecter systématiquement le vignoble tout au long de la saison de croissance pour surveiller l'apparition et l'évolution des différentes maladies.

En fin d'hiver, tailler pour avoir une vigne bien aérée. Nettoyer régulièrement le pied de la vigne afin de ne pas favoriser l’humidité. Équilibrer la vigne pour éviter la pousse rapide et le feuillage excessif. Un excès d’engrais peut augmenter la sensibilité aux maladies fongiques (notamment le botrytis) et retarder la maturité des vignes.

Choix des cépages

Bien que plusieurs facteurs doivent être considérés dans le choix des cépages, la plantation de cépages moins sensibles aux maladies est un bon moyen de prévenir celles-ci. Afin de protéger la biodiversité et limiter la dépendance aux pesticides, il est recommandé d’intégrer des cépages résistants. Il existe différentes sensibilités aux maladies en fonction des cépages ; et certains nouveaux cépages résistants sont en cours de développement et de déploiement. Ces cépages résistants sont obtenus par introgression (hybridation et rétro-croisement), issus de plusieurs croisements de variétés de vigne qui portent des gènes de résistances aux maladies cryptogamiques. Cependant, certains organismes pathogènes sont capables de contourner les facteurs de résistance.

Lutte raisonnée et traitements

Il est possible de raisonner la lutte aux maladies de la vigne afin d'obtenir une gestion intégrée efficace et généralement en utilisant moins de fongicides. Dans ce cas, la décision de faire une pulvérisation se prendra après une évaluation des conséquences de cette décision sur la production et l'environnement.

Pour une protection efficace de la vigne contre les principales maladies fongiques comme le mildiou, l’oïdium ou le black rot, il est essentiel de bien choisir et alterner les différentes familles de fongicides. Les fongicides de contact, agissant en surface, sont idéaux en prévention, car ils bloquent l’infection dès l’apparition des spores. Les fongicides pénétrants, quant à eux, s’infiltrent légèrement dans les tissus végétaux, offrant une protection plus durable même en cas de pluie. Les produits à action translaminaire traversent la feuille de part en part, protégeant à la fois la face supérieure et inférieure, ce qui est particulièrement utile pour les feuilles jeunes et sensibles. Enfin, les fongicides systémiques se déplacent dans la sève de la plante, garantissant une protection en profondeur et sur les nouvelles pousses.

Parmi les produits, on retrouve le cuivre qui est utilisé pour ses propriétés antifongiques. Il est surtout reconnu pour lutter contre le mildiou mais il est aussi efficace sur d’autres maladies de la vigne. Utilisé en tant que lutte préventive, il a une action fongicide. La bouillie bordelaise (sulfate de cuivre) est parfaite pour le traitement des vignes. C'est un excellent fongicide à pulvériser en quantité de 15g par litre, tous les 15 jours du 15 mai à la récolte.

Pour l’oïdium, le traitement préventif conseillé est tout d’abord une aération de la vigne en donnant de l’espace. D'abord, il faut couper les grappes en excédent et enlever les feuilles qui couvrent ces grappes à partir de la véraison, pour éviter l’humidité propice au développement de l’oïdium. Le traitement doit être commencé en même temps que le traitement pour le mildiou (15 mai) jusqu’à la véraison, lorsque le raisin prend sa couleur, vers la fin juillet. En prévention, pour empêcher la formation des spores du champignon, pulvériser une solution de 10 cl de lait écrémé (ou 5 g de bicarbonate de soude) et une cuill. à c. de savon noir dans 1 l d’eau. Le soir, pulvériser sur les feuilles et les rameaux de la vigne, avant la floraison, du soufre mouillable, à raison de 8 g/l. Le purin de prêle est efficace dans tous les cas d’oïdium. Si l’attaque d’oïdium est très importante et que le purin de prêle seul n’a pu en venir à bout, diluer de l’oxychlorure de cuivre, moins fort que la bouillie bordelaise, à raison de 20 g par litre d’eau. Si, en revanche, l’attaque est modérée, compléter les pulvérisations de purin de prêle avec des vaporisations hebdomadaires d’un mélange d’eau et de lait écrémé, à raison de 50 cl de lait pour 4,50 l d’eau en respectant bien ce dosage.

Matériel de pulvérisation agricole

Pour le botrytis, le traitement préventif conseillé est le même que pour l’oïdium. Il est également possible d'utiliser des produits anti-pourritures disponibles en magasins de jardinerie. Tailler en vert et éclaircir si besoin votre treille. Ne pas faire d’apport d’azote. Supprimer les parties malades. Ramasser les feuilles et fruits, et pulvériser de la Bouillie bordelaise à l’automne. La lutte contre la pourriture grise allie actions prophylactiques et traitements curatifs. Pour ce qui est du préventif, cela passe par exemple par un enherbement contrôlé (parfois uniquement dans l’entre-rangs pour réduire l’humidité sous le pied de vigne), un effeuillage précoce et modéré pour aérer les grappes et une réduction des apports d’azote. Pour le reste, les traitements actuels sont essentiellement chimiques : il s’agit là encore de la bouillie bordelaise. L’utilisation d’organismes vivants (bactéries, champignons…) et celle des stimulateurs naturels de la vigne est également à l’essai.

En cas de traitements curatifs, couper les branches malades et les brûler pour éviter la propagation du champignon est une mesure importante.

Solutions alternatives et biocontrôle

Afin de limiter l’impact environnemental et réduire la dépendance des produits phytosanitaires, certains viticulteurs utilisent de plus en plus de solutions alternatives comme les solutions de biocontrôle. L’approche intégrée et raisonnée des intrants chimiques permettent de réduire le risque de développement des maladies.

Pour l'érinose, si cela est dérangeant, envisager un traitement préventif à base de soufre mouillable micronisé à appliquer en pulvérisations à quinze jours d’intervalle au printemps. Ce produit se trouve facilement dans les jardineries. Bien respecter les doses préconisées sur l’emballage et porter un masque et des gants. Traiter par temps calme et sec, le matin tôt de préférence ou le soir, mais jamais en plein soleil. Bien insister sur le revers des feuilles.

Pour le court-noué, il n’existe pas de traitement curatif, on ne peut qu’agir en préventif ou limiter les dégâts sur ses parcelles en arrachant les pieds malades. Pour un arrachage efficace, il faut commencer par les dévitaliser (les traiter avec un herbicide systémique, comme le glyphosate), extirper un maximum de racines, laisser reposer les sols contaminés de 7 à 10 ans avant de replanter et éliminer les repousses de vigne sur ces parcelles au repos et enfin utiliser un nouveau matériel végétal sain et certifié. D’autres solutions moins nocives pour l’environnement que l’utilisation d’herbicides sont à l’essai comme l’utilisation de plantes à effet nématicide, de la résistance naturelle de certains cépages comme le riesling. Les nématodes peuvent survivre pendant encore plusieurs années après l’arrachage des vignes, se nourrissant des bouts de racines restant dans le sol.

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