Le Quinoa et sa Famille : Entre Super-Aliment et Mauvaise Herbe

Illustration du quinoa et du chénopode blanc côte à côte

Le quinoa, cette "graine sacrée des Incas" ou "riz des Incas", a connu une résurgence remarquable, passant d'une plante quasiment confidentielle à un ingrédient prisé sur les étals européens. Souvent confondu avec une céréale, le quinoa (Chenopodium quinoa Willd.) n'appartient pas à la famille du Blé (Poaceae) mais à celle des Chenopodiaceae, désormais incluse parmi les Amaranthaceae dans la classification APG II. Cette particularité botanique le lie à d'autres plantes, certaines étant des légumes couramment cultivés et d'autres, de fréquentes "mauvaises herbes" en France, à l'instar du chénopode blanc (Chenopodium album). Cet article explorera les caractéristiques du quinoa, ses liens avec les "mauvaises herbes" de sa famille, ses exigences culturales, et ses multiples bienfaits nutritionnels.

Le Quinoa : Une Plante aux Multiples Facettes

Le quinoa (Chenopodium quinoa) est une plante originaire d’Amérique du Sud, cultivée depuis plus de 3000 ans dans les Andes, notamment autour du Lac Titicaca. Surnommée la « Mère des céréales » par la Civilisation inca, elle a été évincée par les céréales introduites d’Europe avant de revenir sur le devant de la scène grâce à ses qualités nutritives exceptionnelles. La NASA l'a même sélectionné comme aliment de base pour les missions spatiales dans les années 1970, et les nutritionnistes le qualifient aujourd'hui d'« Or nutritionnel » et de « Super céréale ».

Carte de l'aire d'origine du quinoa en Amérique du Sud

Caractéristiques Morphologiques et Botaniques

Le quinoa est une plante annuelle. Sa forme ressemble à celle du chénopode blanc (ou ansérine blanche). À maturité, la partie supérieure, l'inflorescence, est légèrement similaire à une panicule de sorgho, et peut être de couleur rouge, violette ou jaune. La taille de la plante varie considérablement en fonction des facteurs environnementaux et génétiques, allant de 0,3 à 3 m. La tige est de texture assez dure et peut être ramifiée ou non. Les feuilles sont simples et alternes, de forme palmée (ressemblant à une patte de canard). Le bord des feuilles peut être entier ou denté (en scie). Les fleurs du quinoa sont de deux types, bisexuées, et les inflorescences sont en forme d'ombelle, d'épi ou de panicule.

Les graines de quinoa sont petites, de forme similaire à de petits comprimés ronds, avec un diamètre de 1,5 à 2 mm, et un poids de 1000 graines variant de 1,4 à 3 g. Le système racinaire est vaste mais peu profond, avec de nombreuses radicelles qui lui confèrent une forte capacité d'absorption d'eau.

Une Culture Adaptable et Résiliente

Le quinoa est originaire des régions montagneuses de moyenne et haute altitude de la cordillère des Andes en Amérique du Sud, comme la Colombie, l'Équateur et le Pérou. Son aire de croissance s'étend approximativement du niveau de la mer jusqu'aux plateaux d'environ 4500 m d'altitude, les altitudes optimales se situant entre 3000 et 4000 m dans les régions de plateau ou de montagne. Cette plante a une grande capacité d'adaptation, présentant une certaine tolérance à la sécheresse, au froid et à la salinité. Il tolère même une touche de gel (jusqu’à -4°C).

Cependant, il résiste mal aux températures chaudes ; même de courtes périodes à plus de 35 °C peuvent lui être néfastes. Il pousse mieux dans les climats où le début de la saison est relativement humide, où la fin de la saison est plutôt sèche et, surtout, pas pluvieuse. Le quinoa est également sensible aux changements de conditions climatiques, avec une alternance irrégulière de chaleur et de froid, ainsi que de longues périodes de pluie et de sécheresse.

Les Amérindiens ont développé, et depuis longtemps, des cultivars capables de pousser à basse altitude et dans des sols variables, mais toujours bien drainés, d'un pH de 4,8 à 9,5, donc de moyennement acide à très alcalin. Normalement, il lui faut une longue saison de culture, mais il existe maintenant plusieurs variétés adaptées aux climats à saison courte (90-100 jours).

Les Bienfaits Nutritionnels du Quinoa

Sans gluten, riche en protéines, en fer et en fibres, le quinoa est particulièrement prisé par les végétariens. C'est un aliment complet sur le plan nutritionnel. Sa teneur en protéines est comparable à celle du bœuf, et sa qualité n'est pas inférieure aux protéines d'origine animale ou laitière. Le quinoa est riche en une grande variété d'acides aminés, y compris les neuf acides aminés essentiels nécessaires à l'homme, et il est particulièrement riche en Lysine, un acide aminé que la plupart des cultures n'ont pas.

Infographie sur la composition nutritionnelle du quinoa

Comparé aux autres céréales, le quinoa a une teneur en lipides plus élevée, composés à 83% d'acides gras insaturés. Il est riche en vitamines, polyphénols, flavonoïdes, saponines et phytostérols, substances qui possèdent divers bienfaits pour la santé. Le quinoa est également un aliment à faible indice glycémique, pauvre en fructose et en glucose, jouant un rôle bénéfique dans le métabolisme des glucides et des lipides. Il ne contient ni cholestérol ni gluten, et sa teneur en sucre, en matières grasses et en calories est relativement faible.

Ces caractéristiques nutritionnelles complètes et sa haute teneur en fibres alimentaires déterminent ses multiples bienfaits pour la santé.

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La Famille des Chénopodiacées/Amaranthacées : Diversité et Parenté avec les Mauvaises Herbes

Le quinoa est une "chénopodiacée", de la même famille que les betteraves ou les épinards. La famille des Chénopodiacées, aujourd’hui incluse parmi les Amaranthacées, est une grande famille de plantes comprenant environ 114 genres et 1400 espèces. Ces plantes sont principalement spécialisées dans les milieux arides et riches en minéraux. Nombre d'entre elles sont des plantes comestibles, cultivées ou sauvages, des plantes de bord de mer ou utilisées en phytoremédiation.

Caractéristiques Générales de la Famille

Les plantes de cette famille sont annuelles, bisannuelles ou vivaces, le plus souvent herbacées, plus rarement arbustives ou arborées. Elles portent des feuilles alternes ou plus rarement opposées, sans stipules, pétiolées ou sessiles, simples, au limbe aplati ou cylindrique, au bord lisse. Ces feuilles sont parfois succulentes ou même atrophiées. Elles sont rarement lisses, le plus souvent recouvertes de poils, parfois glanduleux.

Les plantes sont monoïques ou dioïques. Les fleurs, très petites et discrètes, sont rassemblées en cimes ou en épis. Elles sont régulières, généralement pentamères, mais parfois avec seulement 2 ou 3 tépales. L’ovaire est supère, à 3 carpelles et à 2 ou 3 stigmates. Les quelques étamines sont disposées sur l’ovaire ou sur un disque. Ces fleurs insignifiantes sont pollinisées par le vent.

Les Chénopodiacées ont la particularité de vivre en milieu hostile (aride ou salé, trop riche en nitrites ou parfois d’autres sels minéraux), en devenant succulentes, par exemple. Ce sont des plantes spécialisées dans les terres trop riches en minéraux (chlorures et nitrates), parfois xérophytes ou halophiles : c’est l’une des principales familles qui vivent sur les sols salés. Elles sont capables de vivre sans symbioses (au niveau des racines), ce qui les rend aptes à revégétaliser un sol très minéral, une terre très pauvre, désertique ou dégradée. Ce sont des plantes pionnières, susceptibles de faire évoluer le milieu vers une flore plus riche ensuite (Phytoremédiation).

Principales Sous-Familles et Genres

La famille des Chénopodiacées est divisée en plusieurs sous-familles, parmi lesquelles :

  • Polycnemoideae : Lignée de base, comprenant 4 genres et 13 espèces.
  • Betoideae : Comprenant 5 genres en 13 à 20 espèces, dont les betteraves (Beta vulgaris), Hablitzia tamnoides (une plante grimpante) ou Patellifolia procumbens (une sorte de betterave arbustive des Canaries).
  • Camphorosmoideae : Comprenant 20 genres et environ 179 espèces de plantes presque toutes succulentes.
  • Chenopodioideae : Comprenant 26 genres, dont beaucoup de plantes comestibles, comme Spinacia (épinards), Blitum (par exemple Blitum virgatum) et bien sûr Chenopodium (dont le quinoa et le chénopode blanc).
  • Salicornioideae : 170 espèces en 11 genres ; ce sont des plantes halophytes et succulentes (comme Salicornia europaea ou salicorne d'Europe).
  • Salsoloideae : Nombreux genres de plantes herbacées jusqu’à l’arbre, souvent succulents, xérophytes, halophytes ou rudéraux. Dans cette sous-famille, certaines plantes sont fécondées par les insectes.
  • Atriplex : Le plus connu des Atriplex comestibles est l’arroche des jardins (Atriplex hortensis). Les Atriplex halophytes servent au pâturage des moutons de prés salés.

La famille compte également quelques plantes ornementales pour leur feuillage, telle Bassia scoparia var. Trichophylla, le cyprès d’été, ainsi que des arroches rouges (Atriplex hortensis var. rubra), vert chartreux (A. hortensis de variété dite « Blonde ») ou bleutées (Atriplex halimus).

Infographie des principales sous-familles des Amaranthacées/Chenopodiacées

Le Chénopode Blanc : Le Cousin Sauvage du Quinoa

En France, les chénopodes sont fréquents et considérés comme des mauvaises herbes. Le chénopode blanc (Chenopodium album en latin) est une plante annuelle comestible, reconnue comme "mauvaise herbe" au jardin. Il est un très proche parent du quinoa.

Description du Chénopode Blanc

Assez envahissante, elle nécessite d’être canalisée. Le chénopode blanc est une grande annuelle (jusqu’à 1,2 mètre) de la famille des chénopodiacées. Il compte deux cousins botaniques comestibles, le chénopode bon-Henri (un légume goûteux et méconnu) et le quinoa. La tige du chénopode blanc, légèrement ligneuse et soulignée d’une strie rouge, porte des feuilles allongées, triangulaires, gris-vert. Dès juin, le chénopode blanc s’épanouit en petits pompons verdâtres, légèrement poudreux, et formant des grappes.

Utilisations et Invasion au Jardin

Les feuilles du chénopode sont utilisées en tisane et ont des vertus diurétiques. Cependant, le chénopode blanc est plus reconnu pour sa valeur culinaire : ses feuilles riches en protéines se cuisinent cuites comme l’épinard, les jeunes tiges comme les asperges. Ses feuilles au goût acidulé se mangent quand elles sont jeunes et on peut aussi en consommer les fleurs.

Le chénopode blanc apprécie les bords de chemin et les prairies, mais se plaît également dans les jardins, où il devient vite envahissant. Comme il est particulièrement heureux sur les sols fraîchement retournés, le potager peut vite devenir son terrain de jeu favori. Il entre en compétition avec les racines des autres plantations dont il confisque les nutriments et l’eau.

Méthodes de Lutte contre le Chénopode Blanc

Pour se débarrasser du chénopode blanc, il est crucial de ne surtout pas le laisser se multiplier ! Les méthodes de contrôle incluent :

  • Désherbants spécifiques : Appliquer un désherbant à base d’acide acétique ou d’acide pélargonique.
  • Faux semis : La plante appréciant les sols bien travaillés, il est possible de la duper en préparant le sol comme pour un semis au début de printemps, attendre la levée des plantules des mauvaises herbes et sarcler le sol.
  • Cueillette manuelle : Puisque le chénopode blanc est comestible, il est possible de déguster les feuilles de cet épinard sauvage.

La Culture du Quinoa en France et Ailleurs

La Coopérative Agricole des Pays de Loire (La Capl) s’est lancée dès 2007 dans la production de quinoa, alors une plante quasiment confidentielle. Aujourd’hui, elle en cultive 1 700 hectares, de quoi satisfaire le tiers du marché français qui reste cependant déficitaire. La Capl est la seule filière organisée en France. Elle organise la production chez 250 de ses adhérents puis collecte, trie, ensache et commercialise elle-même les graines, ce qui lui permet de garantir à ses clients une totale traçabilité depuis le champ jusqu’au produit final. C'est essentiel puisque le quinoa est consommé à l'état brut.

Développer le quinoa en Anjou s’inscrit parfaitement dans la mission de la coopérative d’aider ses agriculteurs-coopérateurs à diversifier et sécuriser leurs revenus. Mieux, le quinoa, cultivé sur de petites parcelles, permet d’alterner les cultures, ce qui évite à des maladies ou des mauvaises herbes de s’installer dans les champs. La culture ne nécessite quasiment pas de pesticides.

Préparation avant le Semis

Il est préférable de choisir une parcelle de terre limoneuse ou sablo-limoneuse avec une bonne perméabilité à l'air du sol, qui ne se compacte pas facilement et qui offre une irrigation et un drainage faciles. Deux à trois jours avant le semis, les cultivateurs doivent labourer profondément le terrain à cultiver et appliquer des engrais chimiques et organiques. En général, la profondeur de labour doit être maintenue autour de 25 cm. La culture du quinoa exige particulièrement d'éviter absolument la culture continue (monoculture) ; elle peut être pratiquée en rotation avec des cultures telles que le soja, le blé ou la pomme de terre.

Techniques de Semis

Semez le quinoa tôt dans la saison, quand l’air est relativement chaud le jour, mais que le sol est encore frais, car il germe mieux à la fraîcheur. Donc, selon les régions, on peut le semer d’avril (France) à la fin de mai (Canada). Il lui faut le plein soleil et un sol bien drainé. Dans les sols glaiseux, le quinoa se cultive mieux en poquets ou sur une planche surélevée pour assurer un drainage adéquat. Le sol n’a pas besoin d’être très riche.

Les méthodes de semis du quinoa comprennent le semis à la volée, en lignes, en poquets ou le repiquage de plants. Généralement, la culture du quinoa en Chine utilise principalement les méthodes de semis en lignes et en poquets. Dans certaines régions où la succession des cultures n'est pas adaptée ou où la salinité/alcalinité du sol est plus prononcée, le repiquage de plants est utilisé pour des plantations de petite superficie. Différentes régions doivent choisir la méthode de semis appropriée en fonction de leurs conditions de culture réelles.

Pour la culture du quinoa, un espacement entre les rangs de 20 à 50 cm et un espacement entre les plants/poquets de 15 à 30 cm donnent de bons résultats. Les graines peuvent germer en aussi peu que 3 ou 4 jours.

Gestion au Stade Plantule

  • Inspection et repiquage : Les graines de quinoa germent généralement 1 jour après le semis, et les plantules émergent 3 à 5 jours après. 7 à 10 jours après le semis, il est nécessaire d'inspecter ligne par ligne la levée. En cas de manque de graines ou de plantules, des mesures telles que le ressemis ou le repiquage doivent être prises lorsque l'humidité du sol est bonne pour assurer une levée complète.
  • Éclaircissage et sélection définitive des plants : Les cultivateurs doivent commencer l'éclaircissage lorsque les plants ont développé 5 à 6 feuilles et atteint une hauteur d'environ 10 cm, en conservant les plants vigoureux et éliminant les faibles, en gardant les grands et enlevant les petits. En raison des différentes conditions climatiques des zones de culture, le travail d'éclaircissage présente quelques variations. La sélection définitive des plants peut être effectuée lorsque les plantules atteignent 8 à 10 feuilles (soit une hauteur de 20 à 30 cm). Cela consiste à conserver les plants robustes et uniformes, en laissant 1 à 2 plants par poquet, afin d'améliorer l'uniformité, la ventilation et l'ensoleillement.
  • Sarclage et désherbage : Le sarclage est combiné à l'éclaircissage. Il faut veiller à sarcler superficiellement et finement, à briser les mottes de terre, à redresser les plantules, en maintenant une profondeur uniforme, en éliminant toutes les mauvaises herbes et en nivelant le sol, pour éviter d'endommager ou d'écraser les plantules. Si une forte pluie survient après le sarclage, il faut briser la croûte de surface lorsque la terre est légèrement sèche. Lorsque le quinoa atteint plus de 50 cm de hauteur, un ou deux désherbages supplémentaires sont nécessaires.

Gestion en Milieu de Cycle

Compte tenu des caractéristiques de croissance du quinoa, l'utilisation de produits chimiques n'est pas recommandée pendant le désherbage. Il convient d'adopter une combinaison de désherbage mécanique et manuel. Dans les champs cultivés sans film plastique, on peut combiner le sarclage avec un labour profond et le buttage. Généralement, il est préférable d'effectuer 2 à 3 désherbages pendant la période de croissance du quinoa. Lors du travail du sol, il faut veiller à ne pas endommager les racines.

Gestion de l'Eau et de la Fertilisation

Le nombre d'irrigations et la quantité d'eau appliquée pendant la période de croissance du quinoa doivent être déterminés en fonction de facteurs spécifiques tels que la vigueur de la plante, l'environnement de culture et le climat. La phase de levée et la phase de floraison du quinoa sont toutes deux des périodes critiques pour les besoins en eau ; un bon contrôle de l'irrigation est donc d'une grande importance pour augmenter les rendements.

Le quinoa est sensible à l'engrais azoté ; par conséquent, une fertilisation complémentaire n'est pas recommandée en début de cycle de croissance, car elle entraînerait une plante trop haute, sujette à la verse en fin de cycle. La fertilisation complémentaire doit être effectuée de manière appropriée en fonction de la vigueur du quinoa et de la fertilité du sol. Elle peut être appliquée au stade de l'épiaison (15 à 20 jours avant la montaison), ce qui est favorable à l'augmentation du rendement du quinoa.

Lutte contre les Maladies et Ravageurs

  • Maladies : La tache foliaire et le mildiou sont les principales maladies du quinoa. Les mesures de lutte consistent principalement à sélectionner des variétés résistantes, à désinfecter les semences, à pratiquer la rotation ou l'association des cultures, à contrôler la densité de plantation et à modifier les pratiques culturales.
  • Ravageurs : Au stade plantule, les infestations fréquentes incluent le Scarabées noir (Holotrichia diompulia), les grillons-taupes (Gryllotalpidae) et les scarabées de la famille des Scarabaeidae. La rotation des cultures est une mesure efficace pour réduire l'incidence des maladies et des ravageurs ; un labour profond du sol en automne et le nettoyage rapide des résidus de culture dans les champs peuvent également réduire efficacement la population de ravageurs hivernants.

Récolte du Quinoa

On récolte le quinoa quand les panicules passent du vert à leur couleur finale et que les graines se détachent facilement. À maturité, il faut se prémunir strictement contre les dégâts causés par les moineaux, procéder à la récolte en temps opportun et éviter les pertes dues à l'égrenage provoqué par les vents forts.

Il faut battre les panicules avec des bâtons pour libérer les graines. Après, enlevez manuellement les déchets les plus gros. Passez ensuite les graines dans un sas (une passoire de cuisine peut servir) pour enlever encore plus de déchets. Pour enlever le reste de la balle (particules de végétaux restantes), il faut vanner les graines. Par une journée sèche, mais venteuse, faites tomber les graines d’un seau tenu à environ 1 m du sol dans un récipient au sol. Les graines, plus lourdes, tomberont dans le récipient alors que le vent emportera la balle. Le quinoa a relativement peu d’ennemis. Même les oiseaux ne mangent pas les graines à cause des saponines amères qui les recouvrent. Il faut conserver les graines au sec.

Schéma des étapes de la récolte du quinoa

Autres Pseudo-Céréales de la Famille des Amaranthacées

Outre le quinoa, d'autres pseudo-céréales, également sans gluten et intéressantes pour les personnes intolérantes, appartiennent à la famille des Amaranthacées ou y sont étroitement liées.

L'Amarante

L'amarante, également appelée grain d'Inca, est originaire du sud de l'Amérique. Le genre Amaranthus comprend près d'une centaine d'espèces dans le monde, appartenant à la famille des Amaranthaceae. Pour la production de graines, on cultive surtout l'A. caudatus, l'A. blitum ou l'A. hypochondriacus. Les feuilles des espèces d'amarante sont également comestibles et peuvent être utilisées comme des épinards, ce qui permet une triple utilisation comme plante ornementale, potagère et à graines. L'amarante est très sensible au gel et ne doit donc pas être semée avant début mai.

Le Sarrasin

Le sarrasin (Fagopyrum esculentum) fait partie de la famille des renouées (Polygonaceae), mais est souvent associé aux pseudo-céréales en raison de son profil nutritionnel et de son utilisation. Cette ancienne plante cultivée est originaire d'Asie centrale et orientale et était déjà cultivée il y a 5 000 ans en Chine, au Japon et en Corée. En plus d'être peu exigeante, la plante présente l'avantage d'une période de culture courte, ce qui permet de cultiver le sarrasin comme deuxième culture, par exemple après l'orge ou les pommes de terre précoces. Les fruits à coque triangulaires sont récoltés. Avant de pouvoir être cuites ou transformées en gruau, comme le riz, les noix doivent être débarrassées de leur coque sombre et dure dans un moulin à décorticage. Les graines décortiquées sont également transformées en farine, utilisée par exemple pour la fabrication de crêpes et de diverses pâtisseries.

Le Quinoa Spatial : Une Nouvelle Frontière

Le 27 septembre 2024, 10,7 grammes de graines de quinoa ont été lancés dans l'espace à bord d'un satellite d'essai réutilisable et récupérable, propulsé par la fusée Longue Marche 2D. Ils sont revenus sur Terre avec la capsule de retour le 11 octobre de la même année. En novembre 2025, le quinoa spatial cultivé à la Base de quinoa biologique Huaqing, dans le village de Nanshe, canton de Niangzishen, comté de Jingle, a été récolté avec succès. Cette avancée démontre le potentiel du quinoa pour l'alimentation dans des environnements extrêmes, y compris les missions spatiales à long terme.

Image d'un champ de quinoa sous le ciel étoilé, évoquant le

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