Stratégies de lutte intégrée contre les ravageurs du framboisier : de la gestion des insectes aux solutions de biocontrôle

Dans l'univers du jardinage, le framboisier occupe une place de choix pour les amateurs de fruits rouges. Cependant, cet arbrisseau compte quelques ennemis qui vont s’en prendre à la plante. Tout comme les maladies du framboisier, ces nuisibles vont avoir des effets néfastes sur la santé de l’arbrisseau et sur le rendement et la production des framboises du jardin. Ces ravageurs sont multiples et exigent une compréhension fine de leur cycle biologique pour être maîtrisés.

Schéma illustrant le cycle de vie du framboisier et les périodes d'attaque des différents ravageurs

Le défi de la Drosophila suzuki : une menace invasive

Une micro-guêpe, Trichopria drosophilae, parasitoïde de cette mouche, arrive sur le marché français. Un rappel sur cette mouche gênante, Drosophila suzukii, sévit sur nos cerises, fraises, fruits rouges, raisins et, à un degré moindre, la plupart de nos variétés fruitières. Contrairement aux autres parasites habituels de nos régions, son ver fait pourrir les fruits. Elle nous vient d’Asie, donc nos auxiliaires classiques ne la reconnaissent pas encore. Il a donc fallu aller en chercher là-bas et les tester sur notre territoire, ce qui a demandé plusieurs années car il fallait s’assurer de sa survie, mais aussi de l’absence de danger pour la biodiversité locale.

Qui est Trichopria drosophilae ?

C’est un micro hyménoptère (micro-guêpe) qui va pondre dans les cocons des drosophiles et ainsi détruire une partie des futurs adultes de cette mouche. Elles sont vendues sous forme de pupes (cocons). En plus, l’adulte semble avoir besoin de 15 °C pour survivre. Il faut donc dispatcher les insectes à proximité des cocons du parasite, c’est-à-dire sous un couvert végétal (une haie par exemple) à proximité des arbres fruitiers parasités l’année précédente. De plus, il faut le faire avant l’émergence des mouches parasites, c’est-à-dire en mars-avril. C’est un peu la quadrature du cercle. Il est donc recommandé de faire plusieurs lâchers successifs. De plus, il est recommandé de faire un lâcher en fin de saison.

La gestion des coléoptères : le ver des framboises

Le ver des framboises s’est délecté des bourgeons du framboisier. Les larves du coléoptère se développent dans les fruits et mangent les baies avec délectation. Les fruits deviennent bruns et durcissent. Il ne reste que quelques baies qui ne semblent pas être infestées. Mais les apparences sont trompeuses. Lors de la récolte des fruits - outre les framboises, le nuisible s’attaque également aux mûres et à d’autres rosacées -, il n’est pas rare de découvrir les larves du coléoptère de couleur ocre pâle.

Le ver des framboises (Byturus tomentosus), d’une taille de quatre à cinq millimètres, a des poils bruns ou gris. Les élytres de ce nuisible sont dotés de points fins et denses. Les antennes sont équipées d’une massue à trois branches. Les petits yeux du coléoptère passent plutôt inaperçus. Après l’hibernation, le coléoptère peut être trouvé à partir de mai sur les framboisiers mais aussi sur les mûres. Là, il se nourrit d’abord des bourgeons, avant de pondre ses œufs dans les fleurs. Après environ 10 jours, les larves éclosent. La progéniture du ver des framboises mange les fruits au cours de son développement. Les larves sont brun ocre pâle et possèdent trois paires de pattes. Avec le mûrissement des framboises, le développement des larves, qui mesurent maintenant huit millimètres, est également terminé.

Photo macroscopique d'une larve de Byturus tomentosus sur une framboise

Pour lutter contre le ver des framboises, il ne faut pas recourir aux pesticides chimiques, qui rendent les framboises immangeables. En outre, ces substances nuisent aux abeilles et à d’autres nuisibles. Le degré d’infestation par le ver des framboises peut être mesuré à l’aide d’une planche blanche ou de tapotements. S’il y a cinq coléoptères sur la planche, l’infestation est faible. S’il y a plus de 20 coléoptères, la propagation est élevée. Ramassez régulièrement les vers des framboises à la main. Retirez les pousses infestées dans les ordures ménagères.

Autres ravageurs spécifiques du framboisier

L’anthonome est un petit coléoptère de couleur noire d’environ 3 mm de longueur. Sur le framboisier, il apparait juste avant la floraison et pond dans les boutons floraux encore fermés. L’anthonome s’attaque aux fleurs. Le ver des framboises est aussi connu sous son nom scientifique de Byturus urbanus. Il s’agit de la larve d’un petit coléoptère jaune brun ou gris, qui pond dans les fleurs vers le mois de mai. Les larves sont de couleur blanchâtre. Le petit puceron vert des framboisiers (Aphis idaei) est un ennemi redouté par les jardiniers. La Cécidomye (Lasioptera rubi) est parfois appelée mouche du framboisier. C’est un ravageur redoutable et sérieux pour le framboisier.

Si votre framboisier est attaqué par l’un de ces ravageurs, pas de panique ! Des solutions sont à disposition des jardiniers pour faire face à ces différents nuisibles. Chez Planète Agrobio, pour traiter les ravageurs du framboisier, nous conseillons l’utilisation de purin de fougère et de savon noir. Le purin de fougère est connu pour son pouvoir insecticide.

Les pucerons : des piqueurs-suceurs persistants

Reconnaître la présence des pucerons : les pucerons sont des insectes dits « piqueurs-suceurs ». Ils se nourrissent de la sève des plantes. De nombreuses plantes peuvent être colonisées. Les branches des plantes colonisées peuvent être taillées si la plante s’y prête. Un purin d’ortie peut être pulvérisé sur les pucerons déjà en place. Un simple jet d’eau pulvérisé sur les colonies de pucerons pourra déstabiliser les pucerons. En cas de forte infestation, des produits de biocontrôle vendus en jardinerie peuvent être pulvérisés sur les colonies : produits à base de pyrèthre qui agissent en tant qu’insecticides ou produits contenant des huiles végétales ou minérales qui étoufferont les insectes. Ces produits ne sont cependant pas sélectifs et peuvent impacter la faune auxiliaire.

Lutter contre les pucerons avec le biocontrôle

La lutte à l’aide d’auxiliaires prédateurs ou parasitoïdes ciblera les stades adultes des pucerons à partir du printemps. Parmi les auxiliaires prédateurs, les larves de chrysope et de syrphes, les larves et les adultes de coccinelles sont de gros consommateurs de pucerons de toutes espèces. Les auxiliaires parasitoïdes sont aussi très efficaces, mais sont spécifiques des espèces de pucerons. Les adultes pondent un œuf dans le puceron. Cette biodiversité contribuera à fournir le nectar dont certains auxiliaires ont besoin pour se nourrir au stade adulte. D’autres plantes serviront de gîte à ces auxiliaires pour l’hiver. Les haies diversifiées sont utiles pour ces auxiliaires. Pensez aux plantes compagnes pour repousser les pucerons avec, par exemple, des plantes répulsives comme le thym, les œillets d’Inde ou au contraire pour servir de leurre en attirant les pucerons comme avec la capucine.

Vers une approche globale du jardin sain

L’utilisation de cet auxiliaire ne dispense pas d’employer d’autres moyens de lutte, excepté tous les phytos (y compris les bio), comme les pièges à drosophiles, déjà assez efficaces pour réduire les dégâts, notamment sur les cerises. En parallèle, l’INRAE teste un parasitoïde du carpocapse, Mastrus ridens, qui pourrait aider dans la culture des pommes, poires et noix.

Il est important de noter qu’un coût non négligeable est à prévoir : environ 35 € pour 500 individus pour 200 m² environ deux à trois fois à 2 semaines d’intervalle (75 € pour 1 are par an). Se grouper à plusieurs pour une commande car un flacon de 500 individus peut ensemencer plusieurs jardins amateurs. Bien tenir compte de la météo à venir car il faut environ une semaine entre la commande et la livraison et il est préférable de lâcher les insectes avec une température de 15 °C environ.

La faune et la flore naturellement présentes dans les jardins contribuent à la biodiversité, il est important de les protéger en utilisant des techniques respectueuses de l’environnement. Maîtriser les ravageurs tout en faisant attention à l’équilibre biologique, c’est le principe du biocontrôle. L’application « Biocontrol » développée par l’INRA permet de connaître les auxiliaires commercialisés pour lutter contre les ravageurs observés. Ces informations sont aussi disponibles sur le site « E phytia ».

Choisissez des variétés de framboises à floraison automnale telles que « Autumn Bliss », « Polana », « Ruby » ou « Himbo Top ». Plantez les framboisiers dans un endroit ensoleillé. Un endroit ensoleillé permet non seulement aux fruits de se développer, mais éloigne également en grande partie les nuisibles. Veillez à ce qu’il y ait suffisamment d’espace entre les cannes. Le nuisible se propage particulièrement bien dans les cannes à croissance dense.

Le conseil jardin, Jacques Ginet, rappelle que l’utilisation des insectes pourrait sembler être pour certains une technique moderne et nouvelle, mais en réalité elle a commencé il y a plus de cent ans. Posez toutes vos questions au cours de l’émission jardinage le dimanche matin sur France bleu Isère de 9 heures à 10 heures en appelant au 04 76 46 45 45. Chaque samedi, retrouvez un concentré de conseils pour un jardin beau, sain et durable : certifié 100% nature !

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