Calendrier des traitements du prunier : Guide complet pour une fructification abondante

Prunier en pleine floraison printanière

Le prunier, avec sa floraison printanière éclatante et sa généreuse fructification, est un atout charme et productif dans tout jardin. Pour en tirer le meilleur parti année après année, une bonne maîtrise de sa culture est essentielle, incluant la plantation, la taille et des gestes d'entretien adaptés. Cet article, basé sur les conseils des Pépinières Ramette et l'expertise d'Arboriverse, vous guidera étape par étape pour réussir la culture du prunier chez vous, en combinant des astuces écologiques et des réponses adaptées aux climats français. Un prunier bien planté demandera peu d'interventions mais offrira une belle récolte année après année.

Choix et préparation avant la plantation

Le choix de l’emplacement idéal et les conditions optimales pour la plantation du prunier sont cruciaux, car ce choix influence fortement la vigueur de reprise et le développement futur de l’arbre fruitier.

Sélection de la variété et du porte-greffe

Le choix d'une variété de prunier dépend de vos goûts et de l'usage souhaité. Pour la gourmandise et les confitures, la 'Mirabelle de Nancy' est un trésor du verger, reconnaissable à ses petits fruits d'or gorgés de sucre. Si vous ne deviez en choisir qu'un pour une récolte assurée, le 'Reine-Claude d'Oullins' est non seulement délicieux avec sa chair verte, fine et sucrée, mais il est aussi autofertile, garantissant une bonne production même avec un seul prunier. Pour les amateurs de pâtisserie, le 'Quetsche d'Alsace', avec sa forme allongée et sa peau violette, est la reine des tartes, sa chair jaune-orangé, à la fois sucrée et acidulée, tenant parfaitement à la cuisson.

Concernant les porte-greffes, le Saint-Julien INRAE 2 est un porte-greffe semi-vigoureux, polyvalent, adapté à une grande diversité de sols, y compris calcaires, et offrant une bonne longévité. Le Saint-Julien (sélection traditionnelle) donne des arbres légèrement plus vigoureux, robustes, très bien adaptés aux sols lourds et frais. Le myrobolan est le plus vigoureux des trois, convenant aux grands espaces, aux sols pauvres ou secs, et donnant des arbres de longue durée de vie.

Il est recommandé de choisir des pruniers XXL prêts à planter issus de pépinières engagées telles que celles certifiées Plante Bleue, pour un effet immédiat au jardin, une reprise assurée et une plantation possible toute l'année.

Infographie sur les différentes variétés de prunes et leurs usages

Emplacement idéal et conditions de sol

Le prunier, contrairement au pêcher ou à l’abricotier, ne demande pas d’exposition particulièrement chaude. Il s’adapte aux régions tempérées et montagnardes, ce qui en fait l’un des fruitiers à noyaux les plus polyvalents dans toute la France. Privilégiez un emplacement ensoleillé, loin des conifères concurrents, et protégé des coups de vent violents. Un sol profond, souple et drainant garantit le meilleur développement racinaire et limite les risques de maladies fongiques. Le prunier apprécie un sol profond, bien drainé, légèrement acide à neutre (pH 6 à 7,5), et au moins six heures de soleil par jour. Il est moins adapté aux sols constamment engorgés ou très calcaires (pH > 8).

Pour les petits jardins, un prunier en gobelet ou en fuseau sur un porte-greffe semi-vigoureux comme le Saint-Julien INRAE 2 reste à 3-4 m. Pour un grand terrain ou un verger, les pruniers sur myrobolan ou saint-julien franc développeront une belle charpente et une très longue longévité.

Préparation du sol et de la plantation

Une préparation minutieuse du sol est cruciale. Effectuez un test complet du sol pour déterminer sa composition, son pH et ses besoins en nutriments. Lors de la plantation, mélangez la terre de base avec du compost et de la corne broyée. Installez le prunier à l’endroit choisi, en respectant bien la profondeur de plantation pour éviter que les racines ne souffrent d’un excès d’eau ou d’un dessèchement rapide. N’hésitez pas à pailler le pied afin de limiter l’évaporation, puis arrosez copieusement dès la plantation.

Sol argileux : que faire ?

Calendrier de plantation et d'entretien

Le calendrier des traitements du prunier est rythmé par les saisons, avec des gestes spécifiques à adopter pour garantir sa croissance saine et sa résistance face aux parasites fréquents.

Périodes de plantation

Les meilleures périodes de plantation du prunier sont l’automne (d’octobre à novembre) et la fin de l’hiver (février-mars) pour les sujets en mottes ou racines nues, lorsque la terre est ressuyée et hors gel. Les racines disposent alors de toute la saison froide pour s’établir avant la reprise de la végétation. Pour les sujets en pots ou en conteneurs, la plantation est possible de septembre à juin. Il est recommandé de planter les arbres entre novembre et mars pour permettre un enracinement optimal.

Entretien saisonnier

Printemps (Mars, Avril, Mai)

  • Mars : C'est la dernière limite pour effectuer le traitement d'hiver si cela n'a pas été fait en février. Apportez un deuxième apport d'engrais avec un engrais spécial fruitier ou un engrais retard pour fraisiers.
  • Fertilisation douce : Au printemps, étalez au pied de l'arbre une couche de compost bien mûr (environ 2 à 3 kg pour un jeune arbre) ou de fumier décomposé, en l'intégrant légèrement au sol par un griffage superficiel. Un apport modéré de cendre de bois (riche en potasse) peut également être bénéfique pour la qualité des fruits.
  • Avril : Ameublissez le sol entre les haies fruitières, en faisant attention aux racines superficielles.
  • Mai : Effectuez un apport d’engrais complet azoté qui favorisera la nouaison. Un traitement de post-floraison avec des bandes de glue peut être mis en place pour empêcher les insectes rampants d’être attirés par les fleurs. Deux semaines après le traitement de post-floraison, lorsque les fruits sont de la grosseur d’une noisette, il est important de surveiller les premières attaques.

Été (Juin, Juillet, Août)

  • Juin : Il est normal qu'une partie des petits fruits tombe naturellement ; c'est la "chute physiologique". Cependant, si la chute est massive, cela peut indiquer un stress hydrique ou un manque de nutriments.
  • Juillet : Poursuivez les pincements en vert sur les fruitiers à pépins et à noyaux, ce qui signifie tailler après trois ou quatre feuilles les rameaux proches des fruits. Éliminez les pousses atteintes par les maladies dues à des champignons.
  • Août : La taille des grands fruitiers, comme le pêcher, se fait en vert aussitôt après la récolte pour éviter les maladies. Poursuivez l’élimination des pousses couvertes d’oïdium et les traitements contre le carpocapse et le ver des prunes avec du captane. Stoppez les traitements au moins 12 jours avant la récolte pour les différentes espèces.

Automne (Septembre, Octobre, Novembre)

  • Septembre : C'est la période de grande récolte des fruits. Taillez les arbustes à petits fruits, ce qui correspond à l'éclaircissage des branches "inutiles". Commencez à préparer le sol en vue de la prochaine plantation des fruitiers à pépins et à noyaux.
  • Octobre : Ne récoltez pas trop tôt les variétés tardives. Vous pouvez également commencer la taille des fruitiers à pépins.
  • Novembre : Si vous ne l’avez pas fait en décembre, recouvrez le sol de votre verger avec de la paille pour lutter contre le froid. Ce procédé est appelé le paillage du sol.

Hiver (Décembre, Janvier, Février)

  • Décembre : Assurez-vous que le paillage est en place pour protéger le système racinaire du prunier contre le gel.
  • Janvier : Effectuez un traitement d’hiver, contre le pou de San José, aux huiles jaunes ou aux oléoparathions.
  • Février : Taillez les arbres fruitiers à pépins : espaliers, fuseaux et haies fruitières. Si le traitement d’hiver n’a pas été effectué en janvier, c’est la dernière limite pour l’opérer.

Taille du prunier : techniques et périodes

La taille du prunier est une opération délicate mais essentielle pour la santé de l’arbre et la qualité de la récolte. Chaque type de coupe correspond à un âge et à un objectif particulier.

Quand réaliser la taille du prunier ?

Traditionnellement effectuée en fin d'hiver, la taille du prunier est aujourd'hui de plus en plus recommandée à la fin de l'été, soit entre la fin août et la fin septembre, juste après la récolte. À cette période, la circulation de sève est encore active, ce qui permet à l'arbre de cicatriser ses plaies beaucoup plus rapidement. Cette 'taille en vert' réduit considérablement les risques d'infection par des champignons pathogènes, comme celui responsable de la maladie du plomb, qui pénètrent par les coupes. En fin d’hiver (février-mars) ou en été après la récolte, mais jamais en automne ni en période froide et humide. Les fruitiers à noyaux cicatrisent moins bien que les pépins, et les plaies ouvertes en hiver sont une porte d’entrée pour les champignons.

Techniques de taille

  • Taille douce : Elle consiste à conserver la silhouette naturelle de l’arbre, en supprimant le bois mort, les branches mal orientées ou superflues.
  • Taille de formation : Elle façonne la structure de l’arbre jeune pendant ses premières années pour assurer solidité et esthétique. Lors de cette taille, sélectionnez les branches principales en laissant un axe central solide.
  • Taille d’entretien (ou taille de fructification) : Elle vise à régénérer la ramure adulte, éliminer le bois mort ou malade et favoriser la mise à fruit optimale chaque saison.

Utilisez toujours un sécateur bien désinfecté et réalisez une coupe nette juste au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur. Limitez la taille sévère, car elle réduit la récolte suivante et fragilise le prunier. Une mauvaise taille peut bloquer la production de fruits, voire affaiblir dangereusement la charpente de l’arbre.

Maladies et parasites du prunier : identification et traitements

Schéma des maladies courantes du prunier et leurs symptômes

Comme tous les arbres fruitiers, le prunier est sujet à de nombreuses maladies ou attaques de parasites divers. Champignons, bactéries et virus, pucerons et autres insectes, heureusement des solutions existent la plupart du temps. Pour soigner le prunier malade ou infesté, le bon traitement doit être appliqué et au bon moment, pour une efficacité optimum. De nombreux traitements du prunier contre ses agresseurs sont préventifs, il est de ce fait primordial d’être attentif à ces agressions pour les gérer au plus tôt. Tous les pruniers seront soignés de la même façon, il n’y a pas de traitement spécifique pour le prunier Reine-Claude, le prunier Mirabelle ou le prunier Quetsche.

Maladies cryptogamiques (champignons)

La rouille du prunier

Les champignons Tranzschelia sont responsables de cette maladie qui entraîne un affaiblissement de l’arbre et des défauts de développement des fruits. Les symptômes : les feuilles sont tachées de spores bruns sur leur revers et de taches jaunes sur l’endroit ; elles finissent par chuter. Il n’y a à ce jour aucun produit de biocontrôle efficace contre la rouille du prunier. Détruisez les feuilles tombées au sol et celles toujours sur l'arbre, qui sont des réservoirs à spores.

La moniliose

Le champignon Monilia laxa pénètre le plus souvent dans l’organisme de l’arbre par les fleurs, mais aussi parfois par une plaie. Les fleurs se dessèchent, tout comme les rameaux. Les fruits présentent des cercles de pourriture brune entourés de coussinets de spores blancs. La lutte contre la moniliose consiste à effectuer des applications de bouillie bordelaise : un premier traitement du prunier au printemps, juste avant le débourrement, puis avant que les fleurs ne soient ouvertes. Les organes malades doivent être supprimés et détruits, aussi bien sur l’arbre qu’au sol. Les fruits momifiés sur les branches sont des réservoirs à spores, il est donc essentiel de les retirer et de les détruire.

La cloque

Taphrina pruni est un champignon qui s’attaque principalement aux fruits, provoquant leur déformation. Vous supprimerez tous les fruits atteints.

Le coryneum à criblure

Des taches rouge violacé apparaissent sur les feuilles du prunier, provoquées par le champignon Coryneum beijerinckii. Les rameaux peuvent être atteints et laisser exsuder de la gomme. Vous appliquerez de la bouillie bordelaise à la chute des feuilles, en automne, puis juste avant le débourrement. Le cuivre, sous forme de bouillie bordelaise notamment, est ici encore utilisé. Les applications se font comme pour la cloque, une première avant le débourrement puis à la chute des pétales. Attention : la bouillie bordelaise est certes très efficace, mais son utilisation doit être limitée au plus juste, car elle est toxique pour l’environnement. Veillez à ne jamais dépasser les doses prescrites par le fabricant, voire à les minorer. Le port de gants, masque et lunettes est nécessaire lors de l’application de ce mélange cuprique.

L'oïdium

L'oïdium est une maladie fongique qui peut affecter les pruniers, bien que moins fréquemment que d'autres fruitiers. Elle se manifeste par une poudre blanche sur les feuilles et les jeunes pousses. Le soufre reste le traitement de référence, appliqué dès que les températures atteignent 15 à 20°C avec une forte humidité. Il faut prévoir des applications répétées toutes les deux semaines en cas de conditions favorables à la maladie.

Le phellin du prunier

Il s’agit d’un champignon lignivore, parasite en premier stade puis saprophyte, plus particulièrement présent chez les Prunus. Ce polypore forme une sorte de chapeau beige brun collé à l’écorce. Malheureusement, lorsqu’il devient ainsi visible, c’est qu’il est déjà bien installé dans les tissus de l’arbre, décomposant le bois mort pour se nourrir. Il n’y a pas de traitement contre le phellin du prunier. La prévention passe par une bonne gestion de la santé générale de l'arbre et l'éviter les blessures importantes.

Bactérioses (Chancres bactériens)

Ce sont 2 bactéries qui provoquent les bactérioses, également appelées “chancres bactériens”, qui sont des maladies du dépérissement du prunier :

  • La bactériose à Pseudomonas : des taches circulaires se voient sur les feuilles, qui vont se nécroser et former des trous, les bourgeons se dessèchent et peuvent exsuder de la gomme, des cloques apparaissent sur le tronc et les branches, qui vont par la suite se percer et laisser échapper de la gomme.
  • La bactériose à Xanthomonas : les feuilles se marquent de taches grises et anguleuses, puis jaunissent et tombent, des chancres se développent sur les jeunes rameaux, des lésions apparaissent sur les fruits, qui peuvent laisser échapper de la gomme.

Une solution cuprique doit être appliquée sur l’arbre lors de la chute des feuilles (une 2ème application peut être nécessaire lorsque la chute des feuilles s’étale dans le temps), puis une application au printemps, avant le débourrement.

Maladies virales

La Sharka

Ce sont des taches aux bords flous, jaune clair, sur les feuilles, qui désignent cette maladie. Les fruits peuvent se creuser de taches, présenter des nécroses, ils sont moins sucrés. La Sharka est provoquée par le Plum Pox Virus, qui va toucher principalement les pruniers américano-japonais. Traiter le prunier contre la Sharka se fait via le traitement contre les pucerons, qui sont les vecteurs du virus.

Parasites

Les pucerons

Les pucerons verts piquent les feuilles pour se nourrir, provoquant un enroulement caractéristique. Si les pucerons sont très nombreux, le métabolisme de l’arbre peut être très affecté. Les fruits vont alors se déformer et jaunir, certains tombent. Ces pucerons sont également des vecteurs de maladies virales, notamment de la Sharka. Les pucerons farineux sont moins fréquents que les pucerons verts. Ils s’installent sur le revers des feuilles, généralement en importantes colonies et excrètent un miellat abondant qui va rapidement se couvrir de fumagine. L’arbre s’affaiblit, les feuilles tombent, les fruits se développent mal et pourrissent.

Les traitements pour lutter contre la présence des pucerons sur le prunier sont variés :

  • Le savon noir : mélangé à de l’eau, il se pulvérise directement sur les pucerons. Ceux-ci se dessèchent rapidement. Le traitement est à appliquer à chaque infestation.
  • Les décoctions d’ail, les infusions de menthe poivrée ou de lavande, ont une action répulsive.
  • Les colliers de glu, à mettre autour du tronc du prunier, empêchent les fourmis de s’occuper des pucerons. Ils peuvent notamment être utilisés en complément lors de l’utilisation d’auxiliaires prédateurs, car un des rôles des fourmis dans cette association est la défense des pucerons contre les agresseurs.
  • Les méthodes de biocontrôle sont très efficaces : chrysopes et coccinelles sont des prédateurs voraces de pucerons, notamment leurs larves, et certains hyménoptères parasitoïdes pondent dans ou sur leur proie pour que leurs larves s’en nourrissent.

Les vers

  • L’hoplocampe (ver du cordonnier) : est un petit hyménoptère qui dépose ses œufs à l’intérieur de la fleur du prunier. Le traitement du prunier contre le ver du cordonnier consiste à déposer des pièges englués sur le tronc du prunier, la période optimum étant la fin de la chute des pétales.
  • Le carpocapse des prunes : ce lépidoptère pond à la surface des prunes. Ce sont les larves qui se nourrissent du fruit, creusant des galeries dans la chair. Les prunes peuvent exsuder de la gomme en réaction à ces perforations. Les fruits attaqués tombent ou bien sont abîmés. À son dernier stade, la larve est rose vif et les galeries à l’intérieur des fruits sont souillées par les excréments. Les pièges à phéromones sont couramment utilisés pour lutter contre les chenilles des fruits. Ils sont spécifiques aux espèces.
  • La petite tordeuse des fruits : a un fonctionnement similaire à celui du carpocapse. Les différences : la larve pénètre dans le fruit par une perforation en spirale (le trou est simple pour le carpocapse), elle est grise à rose clair et rejette ses excréments à l’extérieur du fruit.

Piège à phéromones pour carpocapse

Les cochenilles

Cochenille du cornouiller, cochenille rouge du poirier, pou de San José peuvent être présents sur le prunier, parfois les 3 en même temps. Ils ont sensiblement les mêmes effets : affaiblissement de l’arbre, développement de nombreux gourmands, dépérissement de branches. Les fruits peuvent être affectés dans leur taille ou dans leur poids. De la fumagine peut apparaître. Lorsqu’elles sont protégées par leur carapace, les cochenilles sont difficiles à atteindre. Le traitement adapté est basé sur la lutte biologique, en l’occurrence l’utilisation d’auxiliaires : certaines coccinelles ou des hyménoptères sont lâchés dans l’arbre attaqué. L’utilisation d’un mélange eau + savon noir ou huile d’olive semble avoir une action asphyxiante.

Les acariens

  • Les araignées rouges : elles piquent les feuilles, provoquant la chute prématurée de celles-ci et donc un affaiblissement de l’arbre. Avant de tomber, les feuilles peuvent prendre une coloration métallique, jaune ou encore brune, selon l’acarien présent.
  • Les phytoptes : les phytoptes à galles provoquent le développement de galles à la base des bourgeons, entraînant la déformation des bourgeons et donc des défauts dans le développement de nouveaux rameaux et dans la production de fruits. Les phytoptes libres causent des décolorations sur les feuilles à partir du mois de juin, puis les feuilles brunissent et l’arbre se défeuille très rapidement à partir du haut. Les jeunes pousses se déforment.

Le traitement contre les acariens sur le prunier consiste à libérer des phytoséiides, contre les araignées rouges et les phytoptes libres, ou des cécidomyies contre les phytoptes à galles, qui sont des prédateurs naturels des acariens. L’application de soufre est efficace contre les phytoptes à galles, au début de la migration puis 15 jours plus tard.

Approches écologiques et biologiques pour la protection du prunier

Bien que des solutions existent pour soigner un prunier malade, ou du moins pour prévenir une maladie, il est regrettable que l’utilisation de la bouillie bordelaise, produit dangereux pour l’environnement, reste l’unique traitement efficace du prunier pour certaines affections. Il est crucial d'adopter des approches plus respectueuses de l'environnement pour la protection du verger.

Prévention et bonnes pratiques culturales

La prévention constitue la base de la protection du prunier en mode biologique. Elle doit s’accompagner de bonnes pratiques culturales :

  • Taille d’aération : Une taille régulière permet d'aérer le centre de l'arbre, réduisant ainsi les conditions favorables au développement des maladies fongiques.
  • Ramassage des fruits tombés et momifiés : Éliminez les fruits atteints, rameaux et fruits momifiés, car ils sont des réservoirs à spores et à larves.
  • Désherbage du pied des arbres : Maintenir un sol propre autour de l'arbre réduit la concurrence et les cachettes pour les nuisibles.
  • Rotation des cultures : Dans un verger, il est important d'éviter de replanter des pruniers au même endroit si des maladies graves ont été constatées.

Renforcement des défenses naturelles

Pour les maladies fongiques, des méthodes préventives à base de prêle et d’ortie seront efficaces. Elles permettront de renforcer les défenses de votre arbre fruitier. La décoction de prêle, riche en silice, stimule les défenses naturelles des arbres fruitiers. Cette préparation se dilue à 10% et s’applique en complément des traitements cupriques. Le purin d’ortie dilué à 5% fortifie les arbres après la floraison. Les fongicides biologiques associent souvent prêle et écorce de saule. Ces produits, riches en acide salicylique, agissent en préventif et en curatif contre l’oïdium, la tavelure et la moniliose. La dilution standard s’établit à 100 millilitres par litre d’eau, avec des applications tous les 7 à 14 jours selon les conditions climatiques.

Lutte biologique et auxiliaires naturels

Concernant les maladies dues aux parasites, les auxiliaires peuvent vous être très utiles. Par exemple, les coccinelles contre les pucerons, ou les oiseaux contre certaines larves. Un autre moyen naturel pour se débarrasser des nuisibles est de veiller à ne pas perturber les auxiliaires naturels. Dans ce cas, les chrysopes, syrphes, coccinelles, mésanges, fauvettes… Pour cela, veillez à laisser des zones non fauchées et des haies à proximité. Si vous séparez les pucerons de leur collaboration avec les fourmis (en utilisant des colliers de glu), ils deviennent beaucoup moins résistants à leurs prédateurs (comme les larves de coccinelles).

Contre les vers comme le carpocapse et la petite tordeuse, les pièges à phéromones sont très efficaces. Ces pièges, spécifiques aux espèces, attirent les mâles et perturbent la reproduction, évitant la ponte et donc l’agression sous forme de chenille. L’utilisation de Opius Concolor, un insecte entomophage, peut être une méthode de lutte biologique contre les chenilles.

Sol argileux : que faire ?

Application des traitements : bonnes pratiques

Le timing des traitements détermine leur réussite. Dès mars, il faut observer attentivement l’évolution des bourgeons pour adapter les interventions. Les écailles qui s’écartent signalent le moment d’agir. Il est préférable de traiter par temps sec, sans vent ni pluie annoncée dans les 24 heures. Les températures comprises entre 10 et 20°C offrent des conditions optimales pour l’application des produits de traitement. La qualité de l’eau influence directement l’efficacité des traitements. L’eau du robinet doit reposer 24 heures pour éliminer le chlore, ou mieux, il convient d’utiliser l’eau de pluie collectée. Il faut préparer uniquement la quantité nécessaire pour éviter le gaspillage. Les solutions se dégradent rapidement et perdent leur efficacité après quelques heures. La pulvérisation doit couvrir uniformément le feuillage, sans ruissellement excessif. Il faut traiter de préférence le matin ou en fin de journée, quand les températures sont modérées. Le port d’équipements de protection s’impose : gants, lunettes et vêtements couvrants.

Questions fréquemment posées sur la culture du prunier

À quelle fréquence faut-il traiter les arbres fruitiers au printemps ?

La fréquence dépend des conditions climatiques et des produits utilisés. En général, il faut prévoir un traitement toutes les deux semaines pour les fongicides biologiques, et selon l’évolution des bourgeons pour les traitements cupriques. Les années particulièrement humides nécessitent des traitements renforcés, tandis que les printemps secs permettent d’espacer les interventions.

Peut-on mélanger différents traitements biologiques ?

Il est possible d’associer certains produits comme la bouillie bordelaise et la décoction de prêle. En revanche, il faut éviter de mélanger cuivre et soufre, qui peuvent provoquer des brûlures sur les feuilles.

Les traitements préventifs suffisent-ils à protéger le verger ?

Les traitements préventifs constituent la base de la protection, mais ils doivent s’accompagner de bonnes pratiques culturales : taille d’aération, ramassage des fruits tombés, désherbage du pied des arbres. L'observation régulière des arbres fruitiers guide les décisions de traitement. Il faut examiner les bourgeons, les feuilles naissantes et les premières fleurs pour détecter les signes précoces de maladie.

Comment gérer la gommose sur un prunier ?

La gommose n’est pas une maladie en soi mais le résultat d’un stress ou d’une maladie. Recherchez en amont son origine. Vous pouvez en tout cas appliquer du mastic cicatrisant sur les plaies de votre prunier ou frotter un mélange de feuilles d’oseilles, d’acide oxalique ou de vinaigre.

Les pruniers sont-ils auto-fertiles ?

Pas forcément. Plusieurs variétés sont auto-fertiles et produisent correctement seules : Quetsche d’Alsace, Reine-Claude d’Oullins, Prune d’Agen, Reine-Claude de Bavay, Sainte Catherine. En revanche, les reines-claudes comme Reine-Claude d’Althan ou la Dorée Crottée ont besoin d’un pollinisateur compatible à floraison contemporaine.

Comment conserver les prunes après la récolte ?

Les variétés tardives de septembre-octobre sont naturellement les mieux conservées. Quetsche d’Alsace, Reine-Claude de Bavay et Sainte Catherine se gardent deux à trois semaines en cave fraîche après cueillette. La Prune d’Agen se prête au séchage et peut se conserver plusieurs mois sous forme de pruneaux.

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