
Le tutorat représente un pilier fondamental de l'alternance, un mode d'apprentissage qui allie formation théorique en organisme et pratique en entreprise. Ce dispositif, conçu pour favoriser l'acquisition de compétences et l'intégration professionnelle, concerne principalement trois types de contrats : le contrat d'apprentissage, le contrat de professionnalisation et le dispositif Pro-A (promotion ou reconversion par l'alternance). Au cœur de cette synergie, le tuteur, ou maître d'apprentissage, joue un rôle essentiel, assurant l'accompagnement, le suivi et l'évaluation de l'alternant.
Comprendre le Rôle Crucial du Tuteur
Dans le cadre de l'alternance, la personne en formation est accompagnée par deux référents : un au sein de l'organisme de formation et un autre dans l'entreprise, le tuteur. Ce dernier est désigné par l'employeur parmi les salariés de l'entreprise et doit être volontaire. Il a pour mission principale d'accueillir l'alternant, de l'aider à s'intégrer dans l'entreprise et à développer ses compétences, en lien avec sa formation théorique et les missions qui lui sont confiées.
Missions du Tuteur
Les missions précises d'un tuteur sont multiples et visent à garantir une expérience d'alternance réussie. En tant que tuteur, la première mission consiste à mettre en place de bonnes conditions d’intégration pour l’apprenti. C’est un moment clé durant lequel il accueille l’alternant, l’introduit au fonctionnement de l’entreprise et le présente aux différentes équipes.
Tout au long de la formation, le tuteur a pour rôle de guider les différentes missions de l'apprenti ainsi que de garantir sa montée en compétence, notamment en veillant à l’apprentissage des savoir-faire indispensables à la formation de l’apprenti. Enfin, le tuteur a pour objectifs d’assister, de suivre et de conseiller l’alternant pendant toute la durée de sa formation. Il vérifie l’apprentissage des acquis professionnels de l’alternant ainsi que la validation de ses objectifs pédagogiques dans son école.
Conditions d'Éligibilité pour Devenir Tuteur ou Maître d'Apprentissage
Pour assumer ce rôle, le salarié candidat au tutorat doit être majeur, volontaire et salarié de l'entreprise dans laquelle le contrat est exécuté. Il doit également offrir toutes les garanties de moralité laissées à l'appréciation de l'employeur. Les conditions d’éligibilité peuvent varier selon les secteurs professionnels.
Dans le cas du contrat de professionnalisation et d'une Pro-A, pour l'ensemble des structures relevant du périmètre de l'OPCO Santé, les conditions légales s’appliquent. Le tuteur ou le maître d’apprentissage doit pouvoir justifier d’une expérience professionnelle d’au moins deux ans dans une qualification en rapport avec la formation préparée.
Pour le contrat d'apprentissage, les exigences sont légèrement différentes. Pour les entreprises SSSMS (Services de Soins et de Suite et de Réadaptation) et les SPSTI (Services de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises), le maître d'apprentissage doit justifier d'une expérience professionnelle d'au moins deux ans dans une qualification en rapport avec la formation préparée. Pour les entreprises de l'hospitalisation privée, ce sont les conditions d’éligibilité légales qui s’appliquent : le maître d’apprentissage doit être titulaire d’un diplôme ou d’un titre dans le même domaine que celui préparé par l’alternant, et de niveau équivalent ou supérieur. Il doit aussi avoir travaillé au moins un an dans ce domaine.
Légalement, un tuteur ou maître d'apprentissage peut encadrer au maximum trois alternants, ou deux s'il est employeur. À noter : la fonction peut être partagée entre plusieurs salariés de l’entreprise au sein d’une équipe tutorale.

Les Contrats en Alternance : Apprentissage et Professionnalisation
L'alternance est une modalité pédagogique qui permet de se former dans un organisme de formation (pour la théorie) et en entreprise (pour la pratique) dans le but d’obtenir un diplôme ou une qualification. Elle se décline principalement en deux contrats distincts.
Le Contrat d'Apprentissage
Un contrat d'apprentissage est un contrat de travail de type particulier - en CDD ou CDI -, conclu entre un apprenti (ou son représentant légal le cas échéant), un employeur et un Centre de Formation d’Apprentis (CFA). Lorsque le contrat est conclu dans le cadre d’un CDI, il commence par une "période d’apprentissage" d’une durée équivalente au cycle de la formation suivie.
L'âge minimum d'un apprenti est de 16 ans, correspondant à la fin de la scolarité obligatoire. L'objectif du contrat d'apprentissage est l’obtention d’une qualification professionnelle reconnue par un diplôme ou un titre à finalité professionnelle du CAP au Bac +5, enregistré au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles). Si la certification est présente dans le RNCP, sa fiche doit être active au moment de la signature du contrat et la case "éligible à l’apprentissage" est cochée.
Un apprenti perçoit un salaire fixé a minima en pourcentage du Smic (de 27 % à 100 %) ou des minima éventuels de branche ("salaire minimum conventionnel"), qui varie en fonction de son âge, de l'année d’apprentissage (1re année, 2e année, etc.), voire du cycle de formation, du type de qualification visée et de la durée du contrat.
La durée maximale d'un contrat d'apprentissage dépend de la formation. Pour un contrat de 12 mois, par exemple, la durée de la formation ne devra pas être inférieure à 402 heures. Le respect de la règle des 25 % de temps de formation est apprécié sur la base d’une durée annuelle de travail de 1 607 heures. Lorsque la formation en CFA a commencé avant la conclusion du contrat avec l'employeur, les heures de formation suivies dans ce cadre peuvent être comptabilisées sous certaines conditions dans les 25 %.
En cas de rupture du contrat d'apprentissage, l'apprenti peut signer un nouveau contrat avec un autre employeur afin d’achever son cycle de formation.
Le Contrat de Professionnalisation
Le contrat de professionnalisation, comme le contrat d'apprentissage, repose sur l'alternance entre des cours théoriques dispensés par un organisme de formation et des périodes en entreprise (sous la responsabilité d'un maître d'apprentissage ou d'un tuteur). Cependant, les qualifications et certifications visées diffèrent : le contrat d'apprentissage ne concerne que les diplômes ou titres professionnels enregistrés au RNCP, tandis que le contrat de professionnalisation peut viser d'autres qualifications reconnues.
À noter : Un contrat de professionnalisation "expérimental" est proposé jusqu’au 28 décembre 2023. Il s'agit d'un dispositif sur mesure permettant l'acquisition, non pas d'une qualification professionnelle complète, mais d'un ou plusieurs blocs de compétences.
Évolutions du Contrat d'Apprentissage depuis 2018
La loi du 5 septembre 2018 "Pour la liberté de choisir son avenir professionnel" a fait sensiblement évoluer le dispositif de l’apprentissage afin de démultiplier l’accès à la formation en alternance et d’accroître son attractivité. Parmi les changements majeurs, on note la réforme de la taxe d’apprentissage due par les entreprises à compter de 2020, désormais intégrée dans la nouvelle Contribution Unique à la Formation Professionnelle et à l’Alternance (CUFPA).
Contrat de professionnalisation VS Contrat d'apprentissage en alternance, quelles différences ?
Aides et Financements pour le Tutorat et l'Embauche d'Alternants
L'engagement des entreprises dans l'alternance est soutenu par diverses aides financières, tant pour le tutorat que pour le recrutement d'alternants. Ces dispositifs visent à encourager et à compenser les efforts des employeurs.
La Prime à la Fonction Tutorale
La prime à la fonction tutorale, souvent méconnue, est une aide financière destinée aux entreprises qui embauchent des contrats de professionnalisation ou d’apprentissage (alternance). Elle permet aux entreprises de recevoir une compensation financière pour le temps consacré par le tuteur à la personne en alternance qui rejoint l’entreprise. C’est une compensation financière pour l’exercice du tutorat dans le cadre d’une alternance en entreprise.
Pour bénéficier de la prime à la fonction tutorale, certains critères sont à respecter, notamment le fait que le salarié d’une entreprise doit pouvoir justifier de deux ans d’expérience professionnelle dans le domaine d’étude de l’alternant. Il peut aussi suivre une formation spécifique à l’exercice du tutorat afin d’être dans les meilleures conditions pour encadrer l’alternant durant toute la durée de sa formation.
Les modalités de versement de la prime à la fonction tutorale (jusqu’à 350 euros, suivant la générosité des OPCO) sont simples : cette dernière est versée par mois ou trimestres de formation de l’apprenti. Ce versement est en général établi grâce à des accords établis avec les OPCO des entreprises.
Pour pouvoir accéder à la prime à la fonction tutorale, les entreprises ayant embauché des jeunes en contrat de professionnalisation ou d’apprentissage doivent en faire la demande au moment du dépôt de dossier sur leur interface personnalisée sur l’OPCO. Suivant l’OPCO auquel l’entreprise est rattachée, les conditions peuvent changer. C’est à ce moment-là que l'entreprise pourra recevoir sa compensation financière. L’exercice de la fonction de tuteur dans le cadre de l’aide à la fonction tutorale est facturé de manière mensuelle si l’OPCO rattaché à l’entreprise le permet. Pour les entreprises préférant une gestion simplifiée, la facturation peut s’effectuer par trimestre.
Il est tout à fait possible de cumuler l’aide à la fonction tutorale / maître d’apprentissage avec la formation tutorale. Certaines branches financent la formation du tuteur jusqu’à 15 € de l’heure (40 h maximum) tout en versant l’aide à la fonction tutorale / maître d’apprentissage. De plus, certains OPCO exigent une formation Maître d’apprentissage / tuteur pour toucher l’aide à la fonction tutorale ou maître d’apprentissage.
L’aide à la fonction tutorale ou maître d’apprentissage n’est pas automatique dans le secteur privé. Elle dépend des accords de branche, de la convention collective et des fonds disponibles. Certaines entreprises la versent de manière volontaire pour valoriser le rôle du tuteur. Dans la fonction publique, elle est prévue par les textes réglementaires, soit par un texte interne à l’administration, d’une décision de la direction ou d’une délibération (allocation forfaitaire ou NBI).
Si votre convention collective ne mentionne pas l’aide à la fonction tutorale ou maître d’apprentissage, il est conseillé de consulter votre OPCO (Opérateur de Compétences), de vérifier votre accord de branche sur Légifrance, de contacter le service RH ou le service formation de votre entreprise, ou de vous appuyer sur le portail officiel : alternance.emploi.gouv.fr.
Aides de l'OPCO Santé pour le Tutorat
L'OPCO Santé peut financer deux types d'aides pour les employeurs qui mettent en place un tutorat ou un maître d'apprentissage : la formation du tuteur ou du maître d’apprentissage et des indemnités. Les modalités de financement du tutorat (indemnités et formation) par l’OPCO Santé dépendent de la branche professionnelle de l’établissement dont il dépend.
Primes et Aides par OPCO
Le montant de l'aide à la fonction tutorale ou maître d'apprentissage varie selon le secteur d’activité et l’OPCO auquel l’entreprise est rattachée. Voici un aperçu des aides proposées par différents OPCO :
| OPCO | Montant aide tutorale / maître d’apprentissage | Durée maximale | Conditions spécifiques | Prise en charge formation tuteur / MA |
|---|---|---|---|---|
| OPCO EP | 230 €/mois | 12 mois pour maître d’apprentissage, 6 mois pour tuteur de contrat de professionnalisation. | Majoration +50 % (345 €/mois) si tuteur ≥ 45 ans ou public prioritaire. | 15 €/heure jusqu’à 40 h max |
| Akto | 230 €/mois | 12 mois (apprentissage) ou 6 mois (contrat de professionnalation) | Pour certaines branches, le tuteur / maître doit avoir suivi une formation tutorale dans les 5 ans précédents. | 15 €/h, jusqu’à 40h de formation pris en charge |
| AFDAS | Forfait tutorat 100 €/mois | Jusqu’à 10 mois (contrats commençant à partir du 20 février 2023) | Entreprise < 11 salariés ; le tuteur doit être salarié ou employeur de moins de 11 salariés. | 15 €/h jusqu’à 21 h pris en charge par AFDAS |
| Constructys (BTP) | 230 €/mois ou 345 €/mois | 6 mois | Aide à la fonction tutorale pour tuteurs ayant suivi la formation de tuteur ou TMAC. Le tuteur doit avoir suivi formation tuteur ou TMAC pour l’aide. | Non spécifié |
| OCAPIAT | 230 €/mois | 3 mois (à partir du 01/09/25 : 5 mois) selon CA 2025. | Le tuteur / maître d’apprentissage doit être volontaire + expérience 2 ans ou diplôme. Autres obligations : le tuteur ne peut suivre simultanément plus de 2 alternants généralement. | Non spécifié |
Pour trouver son OPCO, il est nécessaire de connaître sa convention collective.
Aides à l'Embauche d'Apprentis
Des aides financières sont prévues pour les entreprises qui recrutent des apprentis, en fonction du niveau de formation et de la taille de l’entreprise. L’aide est versée uniquement la première année du contrat et le contrat doit débuter avant le 1er janvier 2027.
| Taille de l'entreprise | Niveaux 3 et 4 | Niveau 5 | Niveaux 6 et 7 |
|---|---|---|---|
| Moins de 250 salariés | 5 000 € | 4 500 € | 2 000 € |
| 250 salariés et plus | 2 000 € | 1 500 € | 750 € |
Une aide de 6 000 € est prévue pour les apprentis en situation de handicap.
Depuis le 1er novembre 2025, les modalités de versement de l’aide évoluent : l’aide est proratisée au nombre de jours effectués si la durée du contrat est de moins d’un an, si le contrat est rompu au cours de la première année ou si l’exécution du contrat est suspendue au cours de la première année.
Deux nouvelles conditions pour bénéficier de cette aide : la transmission du contrat par l'employeur à l'opérateur de compétences (OPCO) doit avoir lieu au plus tard 6 mois après sa conclusion et le dépôt de celui-ci par l'opérateur auprès du ministre chargé de la formation professionnelle. De plus, l'entreprise ne doit pas avoir bénéficié une première fois de l’aide à l’embauche d’un apprenti pour un même employeur et un même apprenti pour une même certification professionnelle.
La date de conclusion (c’est à dire la date de signature) du contrat détermine l’éligibilité du contrat à l’aide.
Conditions Spécifiques pour les Entreprises de 250 Salariés et Plus
Pour bénéficier de l’aide, les entreprises de 250 salariés et plus doivent justifier d'un pourcentage minimal d'alternants dans son effectif. Ce pourcentage est apprécié au 31 décembre de l'année suivant celle de conclusion du contrat, selon les conditions suivantes :
- Soit l'ensemble des effectifs suivants représentent au moins 5 % de l'effectif salarié de l'entreprise au 31 décembre de l'année suivant celle de conclusion du contrat d’apprentissage : les salariés en contrat d'apprentissage ou en contrat de professionnalisation et, pendant l'année suivant la date de fin du contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, les salariés embauchés en contrat à durée indéterminée par l'entreprise à l'issue dudit contrat, les volontaires accomplissant un volontariat international en entreprise (VIE) et les salariés bénéficiant d'une convention industrielle de formation par la recherche (CIFRE). Ce pourcentage est égal au rapport entre l'effectif des personnes mentionnées ci-dessus et l'effectif salarié total annuel de l'entreprise.
- Soit l'effectif annuel des salariés mentionnés ci-dessus est supérieur ou égal à 3 % de l'effectif salarié total annuel de l'entreprise au 31 décembre de l'année suivant celle de conclusion du contrat d'apprentissage ou du contrat de professionnalisation et :
- Soit l'entreprise justifie au 31 décembre de l'année suivant celle de conclusion du contrat d'une progression d'au moins 10 % de l'effectif annuel des salariés mentionnés ci-dessus.
- Soit l'entreprise connaît une progression au 31 décembre de l'année suivant celle de conclusion du contrat d'apprentissage de l'effectif annuel des salariés mentionnés ci-dessus et relève d'un accord de branche prévoyant au titre de l'année suivant celle au cours de laquelle le contrat d'apprentissage a été conclu une progression d'au moins 10 % du nombre de salariés mentionnés ci-dessus dans les entreprises d'au moins 250 salariés et justifiant, par rapport à l'année de conclusion du contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, que la progression est atteinte au sein de la branche dans les proportions prévues par l'accord.
L'employeur d'au moins 250 salariés transmet l'engagement attestant sur l'honneur qu'il va respecter les obligations de pourcentage minimal, dans un délai de huit mois à compter de la date de conclusion du contrat à l’ASP (Agence de Services et de Paiement). Et au plus tard le 31 mai de la seconde année suivant celle de conclusion du contrat, cet employeur atteste du respect de cet engagement. À défaut, l’ASP procède à la récupération des sommes versées au titre de l'aide.
Cas Particuliers
Un 2e contrat signé par l'entreprise avec le même apprenti est éligible à l'aide si le contrat vise une nouvelle certification, sous réserve que toutes les conditions soient réunies. L’ASP et le ministère en charge de la Formation professionnelle auront une vigilance particulière pour éviter tout recours abusif à l’aide, notamment dans le cas d’une conclusion de contrat d’apprentissage consécutive à une rupture de contrat.
Un contrat signé avec un apprenti à la suite de la rupture d'un 1er contrat avec une autre entreprise est éligible à l'aide. Le nouveau contrat bénéficie de l’aide. Là encore, une vigilance particulière sera exercée pour éviter les recours abusifs.
Pour bénéficier de l’aide de l'État, il convient de transmettre le contrat d'apprentissage auprès d'Atlas (via l'espace myAtlas), qui va instruire le dossier et le déposer, si les conditions de validation sont réunies, auprès des services de l'État en charge de la formation professionnelle. Ces derniers vérifient à leur tour l'éligibilité du contrat à l'aide et le transfert à l'Agence de Services et de Paiement (ASP). Pour les échanges avec l'Agence de Services et de Paiement, l'entreprise doit se créer un compte sur SYLAé, le portail de l’ASP dédié aux employeurs. Si le dossier est complet, l'ASP notifie alors à l'entreprise la décision d'attribution de l'aide, lui envoie un échéancier des versements et un avis de paiement chaque mois.
Les associations sont également concernées par l’aide. Cependant, un groupement d’employeurs (GE) mettant à disposition d’une collectivité territoriale un apprenti ne peut pas percevoir l'aide. En effet, la loi dispose qu’un groupement d'employeurs ne peut bénéficier d’aides financières que si l’entreprise adhérente en a elle-même bénéficié en recrutant directement.

Autres Aides Financières au Recrutement et Possibilités de Cumul
Au-delà de l'aide de l'État, d'autres dispositifs peuvent soutenir les employeurs dans le recrutement d'alternants.
Recrutement d'un Apprenti en Situation de Handicap
Le recrutement en contrat d'apprentissage d'une personne en situation de handicap donne droit à une aide de l'Agefiph. La durée du contrat doit être au minimum de 6 mois et la durée hebdomadaire de travail au moins égale à 24 heures (16 heures en cas de dérogation légale ou conventionnelle). Le montant maximum de cette aide, proratisé en fonction de la durée du contrat et versé à compter du 6e mois, est de 3 000 €. L'aide est cumulable avec les aides de droit commun et les autres aides de l'Agefiph.
De plus, depuis le 1er janvier 2021, la loi prévoit une majoration du niveau de prise en charge des contrats des apprentis en situation de handicap, plafonnée à 4 000 € par année de contrat, afin d'effectuer les aménagements nécessaires à la sécurisation du parcours. Le montant de cette majoration dépend du type et du nombre d'aides demandés parmi 6 modules : évaluation des besoins de compensation ; adaptation pédagogique et aménagements des épreuves ; équipement technique ; soutien à la formation en entreprise ; accès aux droits ; accès à l’autonomie de l'apprenti. L'Agefiph met également à la disposition des CFA, dans toutes les régions, des Ressources Handicap Formation (RHF) pour les aider à identifier, à mettre en place et à financer les aménagements nécessaires à la compensation des conséquences du handicap des apprentis concernés : adapter le rythme de la formation, revoir les supports pédagogiques, aménager les épreuves.
Bonus Alternants
Les entreprises de 250 salariés et plus dont le nombre de salariés en alternance dépasse, au titre d'une année, le seuil de 5 % de l’effectif annuel moyen, bénéficient d’un "bonus alternants" - indépendamment de l'aide exceptionnelle - sous la forme d’une créance à déduire de leur taxe d’apprentissage.
Exonération de la CSA (Contribution Supplémentaire à l’Apprentissage)
Les entreprises de 250 salariés et plus peuvent être exonérées de la contribution Supplémentaire à l’Apprentissage si elles comptent au moins 3 % d'alternants dans leurs effectifs, sous réserve d'une progression de 10 % des effectifs en alternance par rapport à l'année précédente (dans l'entreprise ou, le cas échéant, dans la branche).
Dépenses Déductibles de la Taxe d'Apprentissage
Toutes les entreprises peuvent également bénéficier de déductions fiscales. Les entreprises employant au moins un apprenti et dont la base annuelle d’imposition à la taxe ne dépasse pas 6 fois le Smic annuel sont complètement exonérées de la taxe d’apprentissage. Il est ainsi possible de déduire des 87 % de la taxe d’apprentissage, dans la limite de 10 % de son montant :
- Les dépenses des investissements destinés au financement des équipements et matériels nécessaires à la réalisation de la formation d'un ou plusieurs apprentis de l'entreprise au sein du centre de formation d'apprentis (CFA) dont celle-ci dispose.
- Les versements concourant aux investissements destinés au financement des équipements et matériels nécessaires à la mise en place, par le CFA, d'une offre nouvelle de formation par apprentissage, lorsque celle-ci sert à former un ou plusieurs apprentis de l'entreprise.
NB : les frais de stages organisés en milieu professionnel ne sont plus des dépenses déductibles.
Allégements de Cotisations Sociales
Pour l'entreprise, elle bénéficie des allégements généraux de cotisations patronales de Sécurité sociale s'appliquant aux salariés dont la rémunération est inférieure à 1,6 fois le Smic (régime de droit commun).
Pour l'apprenti, il est exonéré de la totalité des cotisations salariales (sur les minima légaux ou de branche) pour la part de sa rémunération inférieure ou égale à 79 % du Smic en vigueur au titre du mois considéré. La part de rémunération au-delà de ce taux reste soumise à cotisations.
Autres Aides pour les Employeurs, les CFA et les Apprentis
Atlas prend en charge plusieurs types de frais engagés par les CFA : les frais pédagogiques, selon les niveaux de prise en charge fixés par les branches professionnelles et validés par France Compétences ; les frais annexes de repas, d'hébergement ; les frais de premier équipement lié au CFA (notamment pour favoriser l'enseignement à distance) ; les frais de mobilité internationale. Atlas attribue également deux types d'aides aux entreprises.

Tutorat dans la Fonction Publique
Le tutorat est également reconnu et soutenu dans la fonction publique.
Fonction Publique Territoriale
Dans la fonction publique territoriale, le maître d’apprentissage a droit à une NBI (Nouvelle Bonification Indiciaire) de 20 points : cela se traduit par un supplément de rémunération dont la valeur dépend de l’indice du point, ou peut toucher une allocation forfaitaire de 500 € par an (versée par tranche de 250 € pour chaque période de tutorat d’une durée minimale de 6 mois).
Fonction Publique de l'État
Dans la fonction publique de l’État, une allocation forfaitaire annuelle de 500 € (versée en deux fois) est prévue pour les tuteurs.
Il est important de noter que l’aide ou la NBI ne remplace pas la rémunération habituelle mais vient la compléter.
Bénéficiaires des Aides à la Fonction Tutorale dans la Fonction Publique
Tout salarié du secteur privé ou agent public désigné officiellement comme maître d’apprentissage (ou tuteur) peut percevoir une aide, à condition de remplir les critères légaux : être volontaire pour encadrer un alternant ; justifier d’une expérience ou d’un diplôme en lien avec le métier préparé ; assurer l’accompagnement, le suivi et l’évaluation de l’alternant tout au long de sa formation.
Contrat de professionnalisation VS Contrat d'apprentissage en alternance, quelles différences ?
Les Différentes Formes de Tutorat
Il existe plusieurs types de tutorats en fonction des profils des personnes accompagnées. En effet, les tutorats concernant de nouvelles embauches couvrent :
- Le tutorat de formation (stage) : Accompagnement lors d'une période de formation pratique.
- Le tutorat d’intégration (intégration dans un nouveau milieu professionnel) : Aide à la prise de poste et à la familiarisation avec l'entreprise.
- Le tutorat d’insertion (alternance, contrat de travail ou contrat de réinsertion) : Soutien à l'intégration professionnelle et au développement de compétences.
- Le tutorat d’inclusion (personne en situation de handicap) : Accompagnement spécifique pour faciliter l'intégration et l'autonomie des personnes en situation de handicap.
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