L'attrait intemporel des perles, ces joyaux sphériques nés des profondeurs marines, a traversé les âges et les cultures. Parmi les innombrables découvertes qui ont jalonné l'histoire de l'humanité, certaines perles se distinguent par leur taille extraordinaire, leur histoire fascinante et leur valeur inestimable. Elles nous révèlent des pans entiers de l'histoire géologique de notre planète et des adaptations des espèces marines, tout en incarnant l'ingéniosité humaine dans l'art de la perliculture.

Une Découverte Ancien en Terre Australienne
Dans l'arrière-pays désertique australien, un touriste a découvert en 2019 une pierre précieuse datant de plus de 100 millions d'années qu'aucun expert n'avait encore vue. De la taille d'une grosse bille, un calot de cour de récréation a été découvert complètement par hasard. En fouillant par terre au milieu du désert, celui-ci a remarqué un caillou rond particulièrement étrange. L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais dans cette région, les touristes sont obligés de remettre toutes leurs trouvailles géologiques ou paléontologiques aux musées.
Dans le musée de Richmond, dans le Canton de Melbourne, aucun expert n'avait encore vu pareil caillou. Dans la mesure où le Covid n'a pas non plus épargné l'Australie, les scientifiques ont dû attendre 2023 pour analyser la pierre avec des scanners complexes. Cela a ensuite pris deux années entières pour qu'enfin, cette semaine, on ait le fin mot de sa fabuleuse histoire. Il s'agit finalement d'une perle provenant du coquillage Inoceramus, une sorte d'huître géante légèrement semblable à nos bénitiers des mers tropicales. Il y a plus de 100 millions d'années, bien avant l'extinction des dinosaures, il s'est passé exactement la même chose que lorsqu'un grain de sable se coince dans une huître, qui produit de la nacre autour pour éviter que cela l'irrite, et cela finit par créer une perle. Ce même principe a formé cette perle dans un coquillage Inoceramus.
L'histoire des Aborigènes d'Australie
Aujourd'hui, si l'on s'attend davantage à trouver des serpents ou des kangourous dans le désert australien, il y a 100 millions d'années, en pleine période Crétacée, cette partie du désert était recouverte par la mer. Ce type de découverte permet notamment de comprendre comment, à l'époque, la faune s'est adaptée à des changements de climat et aux variations du niveau des mers. Ces trouvailles peuvent potentiellement fournir quelques indices afin de mieux prévoir les impacts biologiques des changements climatiques actuels. Bien que les changements de climat soient plus rapides que durant la période du Crétacé, tout indice est le bienvenu dans la recherche. La science souhaite donc à ce désert marin de révéler encore de nombreux trésors nacrés.
La Nature des Perles : Fines, de Culture et Artificielles
Il existe plusieurs types de perles, chacune avec ses propres caractéristiques et origines. D’abord, il y a les fausses perles qui sont fabriquées artificiellement avec du verre, du plastique ou d'autres matériaux synthétiques. Elles ne proviennent pas d'un processus biologique.
Viennent ensuite les perles fines, dites « perles sauvages », qui sont produites par des mollusques sans aucune intervention humaine. Pénétré par un corps étranger, l’animal réagit en l’enveloppant de plusieurs couches de nacre. Par perle "fine", on désigne une petite sphère de carbonate de calcium, de l'aragonite pour être plus précis, formée par un bivalve confronté à un corps étranger introduit dans ses tissus. Cet intrus peut être un simple grain de sable, ou une petite particule qui gêne l'animal. Celui-ci alors, dans une réaction de défense, sécrète autour de l'intrus une fine couche d'aragonite, matière qui est la même que sa coquille. La taille d’une perle naturelle est donc totalement dépendante de dame Nature.
Et enfin, il y a les perles de culture. Elles sont aussi conçues naturellement dans les huîtres, mais c’est l’homme qui y insère le corps étranger. La perle de culture est, au contraire, le fruit de l'intervention de l'homme sur un bivalve. C'est donc artificiellement que le greffeur introduit un intrus dans l'animal, dans le but de le contraindre à mettre en œuvre son processus de défense et à isoler ce corps étranger en le noyant dans de l'aragonite. Sans trop entrer dans la technique, il faut retenir que perle fine et perle de culture sont toutes les deux des perles "naturelles", fabriquées par un bivalve. Il ne s'agit en aucun cas de "perles artificielles" ne faisant pas intervenir un procédé naturel d'élaboration de la nacre. La différence essentielle entre perle fine et perle de culture est que la seconde possède un noyau, que d'ailleurs des appareils de radiographie mettent en évidence lorsqu'un possesseur de perles a un doute. Une perle est composée à plus de 90% d'aragonite pure. Si les perles et les coquilles réagissent si différemment à la lumière, c'est simplement parce que la sécrétion se fait dans un cas de manière sphérique et dans l'autre de manière horizontale.
Les Perles Naturelles Géantes : Des Trésors des Philippines
Chaque perle naturelle est unique, que ce soit en taille, en forme ou en couleur. Les eaux du Pacifique sont réputées pour abriter les plus grosses huîtres perlières dans l’univers des perles fines. Il n’est donc pas étonnant que plusieurs des plus grandes perles naturelles jamais répertoriées au monde y furent découvertes, et ce, uniquement aux Philippines, dans les eaux de Palawan. Cette information confirme bien que la qualité des perles dépend principalement du type de mollusque et de son environnement.
La Perle d'Allah (ou Perle de Lao-Tseu)
La "Perle d'Allah", aussi appelée "Perle de Lao-Tseu", est l'une des plus célèbres perles géantes. C’est notamment le 7 mai 1934 qu’un pêcheur musulman dénommé Etem a pêché une palourde géante sur la côte Palawan, aux Philippines. La fameuse perle s’y trouvait. Malheureusement, il n’a pas profité de sa trouvaille, puisqu’il s’est noyé au cours de cette expédition maritime. Ce sont les autres pêcheurs-collègues d’Etem qui découvrirent l’énorme gemme à l’intérieur de la palourde. Ils la remirent à l’émir de la communauté qui la nomma « Perle d’Allah ».

Il faut l’avouer, elle est loin de ressembler aux perles travaillées présentées dans les boutiques de perles de nos jours. En effet, elle aurait été comparée à la tête du prophète. La perle d’Allah fait un peu moins de 7 kg pour 23 cm. Certains l’appellent aussi « perle de Lao-Tseu » car ce dernier a enseigné à ses disciples les techniques d’implantation d’un corps étranger en forme de Bouddha dans les palourdes. Une fois que la perle atteint une certaine taille, elle doit être réimplantée dans un animal plus grand. Plusieurs personnes ont revendiqué d’être la propriétaire de cette perle, ce qui est la raison pour laquelle elle a fait l’objet de beaucoup de guerres et de batailles juridiques. La dernière transaction connue pour la perle d’Allah en 1980 est estimée à 200 000 dollars. Elle a été vendue à un bijoutier dénommé Peter Hofmann par les héritiers de son précédent propriétaire, M. Cobb. Ce dernier l’aurait lui-même reçue en cadeau après avoir sauvé le fils de l’émir de la malaria.
La Giga Pearl
Dans les années 1959, le grand-père de M. Reyes offrit à sa tante une huître géante appelée « bénitier ». Il l’avait achetée sur une petite île des Philippines. Sa coutume voulait que lors des baptêmes, la coquille de cet animal soit donnée en cadeau. Lorsqu’ils l’ont ouverte, ils ont découvert une énorme perle à l’intérieur sans savoir de quoi il s’agissait réellement. En effet, elle ressemblait à une longue dent de 39,37 cm, large de 22,86 cm et lourde de 27,65 kg. Elle est même de couleur blanche crémeuse. La famille Reyes a donc conservé cet objet durant plusieurs dizaines d’années en lui donnant juste une valeur sentimentale.
Néanmoins, il se trouve que M. Reyes est un grand collectionneur d’antiquités au Canada. Lorsque sa tante lui a légué la perle en 2016, il s’est donné comme mission de la faire estimer. Il s’est donc adressé à l’entité la plus reconnue mondialement pour la certification des pierres précieuses, la GIA ou Gemological Institute of America. C’est ainsi qu’il eut probablement la plus grande et la meilleure surprise de sa vie. Sa pierre de forme baroque est bien une vraie perle et est estimée entre 60 et 90 millions de dollars. Elle est aujourd’hui reconnue officiellement comme la plus grosse perle naturelle au monde jamais authentifiée. M. Reyes a décidé de la mettre enfin en valeur et l’a nommée « Giga Pearl ». Il a spécialement commandé, à l’artiste Bethany Krull, la conception d’un support en bronze recouvert d’or en forme de pieuvre. Un poulpe d’or entoure de ses tentacules la perle massive.

Le précieux objet est un héritage qui appartient à la famille de son propriétaire actuel depuis 1959. Ce n’est pourtant que cette année que la composition de la masse de nacre a été identifiée, permettant ainsi de découvrir sa vraie valeur. Les perles d’une telle grosseur proviennent généralement des tridacnes géants, des mollusques dont la coquille peut atteindre une taille de 1,5 mètre et un poids de 250 kilogrammes. Comme celle-ci, plusieurs des plus grandes perles au monde ont été découvertes dans les eaux des Philippines.
La Perle de Puerto
Officiellement, c’est la Giga Pearl qui détient le record mondial de la plus grosse perle naturelle, puisqu’elle a été authentifiée comme telle. Mais en réalité, il existe bel et bien une perle encore plus grosse qu’elle. Il s’agit de la perle de Puerto. C’est en tout cas la plus grosse perle naturelle jamais enregistrée au monde jusqu’à aujourd’hui. Elle mesure plus de 60 cm de long, 30 cm de large et pèse 34 kg. Il n’y a rien d’étonnant à ce que sa valeur soit estimée à plus de 100 millions de dollars. Du jamais vu dans l’histoire des perles ! On ne peut pas vraiment lui attribuer une forme particulière.
Pour la petite histoire, une famille d’une ville dénommée Puerto Princesa aux Philippines a pêché un tridacne géant en 2006. Il s’agit d’une palourde qui détient le record de taille dans le monde des mollusques. Cette espèce peut grossir jusqu’à 1,3 m de largeur et peut peser jusqu’à 250 kg pour un seul animal. Tout comme la famille Reyes, ce pêcheur de Puerto a également conservé tranquillement le trésor sous son lit durant une dizaine d’années. Il en avait fait initialement un simple objet porte-bonheur. C’est seulement le 24 août 2016 qu’il a accepté de faire exposer cette énorme perle naturelle à la mairie de la ville.

Vous rêvez de vous enrichir en parcourant les fonds marins à la manière des pirates à la recherche de trésors? Refoulez vos ardeurs, les tridacnes géants des Philippines sont aujourd’hui protégés, car l’espèce risque l’extinction.
La Perle Pérégrine : Un Joyau Historique
Bien qu’elle ne possède pas une aussi grande valeur que la plus grande perle au monde, la Pérégrine est l’une des perles les plus connues en raison de ses illustres propriétaires! D’une forme qui rappelle un peu une larme, la perle Pérégrine a d’abord fait son entrée dans l’histoire en 1579 sur la couronne du roi d’Espagne Philippe II. La Pérégrine est l'une des perles les plus célèbres du monde. Elle fascine par sa beauté, par sa forme de poire, par sa brillance et par son histoire incroyable qui s’étend sur près de 500 ans ! En plus de ses qualités esthétiques, cette perle baroque est hautement réputée, car elle a appartenu à des femmes européennes très influentes.
Découverte dans l’archipel des Perles au Golfe de Panama au 16e siècle par un esclave, la perle Pérégrine s’est tout de suite fait remarquer par sa beauté exceptionnelle. Cet archipel regorgeant d’huîtres a commencé à être exploité par les Espagnols lors de la colonisation. Les colons voulaient obtenir les mêmes perles qui ornaient les parures des Amérindiens. L’esclave qui l’aurait retrouvée dans un coquillage aurait pu retrouver sa liberté suite à cette découverte. À cette période, personne n’avait jamais encore trouvé de perles avec de telles caractéristiques : 56 carats, grande beauté, symétrie parfaite, forme de poire.
Après sa découverte en 1579, elle se retrouve aux côtés des trésors de la joaillerie de la couronne espagnole. Elle appartient tout d’abord au roi Ferdinand V jusqu’en 1516 puis au roi Charles V jusqu’en 1556. Elle se retrouve ensuite à Séville, ramenée par un marchand de perles venu du Portugal. On peut la voir plus tard, en exposition à la Casa de Indias, une administration coloniale espagnole. Lorsque Philippe II d’Espagne la voit pour la première fois en 1582, il veut tout de suite l’obtenir ! Sa première propriétaire était la reine Mary, la seconde épouse de Philippe II. Elle l’obtient lors de leurs fiançailles. On peut voir sur tous ses portraits qu’elle l’adorait. Elle la portait en pendentif perle.

Elle est demeurée durant 200 ans un trésor de la monarchie espagnole, jusqu’à devenir la propriété du frère de Napoléon, Joseph Bonaparte, lors de son règne sur l’Espagne. Celle que l’on nomme aussi la pèlerine a ensuite voyagé entre les mains des ducs, des marquis, des rois et des reines. De Paris à Londres, de Napoléon III à Marie Tudor, la perle est demeurée auprès de ces illustres personnages européens avant d’entrer dans la collection personnelle de la célèbre actrice britanno-américaine Elizabeth Taylor. Après la mort de sa femme, le roi d’Espagne offre le collier perle à sa sœur Élizabeth I d’Angleterre. Celle-ci ajouta la perle 56 carats sur une broche avec un ornement de diamant. On continue de parler d’elle plus de 400 ans plus tard, car la Peregrina a été détenue par huit rois d’Espagne et par de nombreuses reines, par exemple par Marguerite d’Autriche-Styrie ou encore par Élizabeth de France. Cette dernière aurait subi la malédiction de la perle et pensait que celle-ci était responsable de son couple désastreux.
La perle fut aussi entre les mains de Joseph Bonaparte qui l’emporta avec lui en 1813 après la défaite de la bataille de Vitoria. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’on commence à la surnommer officiellement « Peregrina », qui signifie en français « la pèlerine ». Après la mort de ce dernier en 1844, elle a été transmise à Charles Louis Bonaparte. Puis elle fut vendue à James Hamilton en 1848. Le premier duc d’Abercorn l’aurait offerte à sa femme, Louisa Hamilton. D’après le couple, la perle aurait mystérieusement disparu puis réapparu à deux reprises. Ce n’est qu’en 1969 qu’on retrouve une trace de la perle Pérégrine à Londres ! Elle appartiendrait à un collectionneur du nom de Richard Burton. Il voulait lui aussi, l’offrir à l’être aimée, Elizabeth Taylor. Aux dernières nouvelles, on aurait retrouvé la perle en 2011 lors d’une vente aux enchères des bijoux de Elizabeth Taylor.
En décembre 2011, la perle et son collier, créé sur mesure par Cartier pour l’actrice, étaient vendus lors d’une enchère pour la somme de 11 millions de dollars.
Diversité des Mollusques Producteurs de Perles et leur Environnement
Tous les coquillages ne produisent pas des perles, mais on peut considérer qu'un très grand nombre de bivalves sont capables de produire des perles de plus ou moins bonne qualité.
Le plus célèbre bivalve produisant des perles est Pinctada fucata (appelée aussi akoya), à qui l'on doit les traditionnelles perles blanches du Japon. Pinctada margaritifera qui produit la perle de Tahiti se trouve dans tout le Pacifique. Pinctada maculata, on la connaît surtout sous son appellation polynésienne de "pipi", petite nacre produisant de minuscules perles dorées, les "poe pipi". "L'huître perlière" de Polynésie française est une appellation fausse puisque l'animal, Pinctada margaritifera de son nom latin, est une grande nacre, appartenant à la famille des Pteriidae, réputée dans le monde entier pour la qualité de ses sécrétions nacrières.
La nacre se développe essentiellement dans les lagons, mais on en trouve aussi côté océan. Aux Marquises par exemple, où les îles ne sont pas ourlées de lagons, la nacre prolifère de manière sauvage en se fixant sur les rochers. On sait aujourd'hui que lorsqu'elle est femelle, elle pond toute l'année, avec deux "pics" aux changements de saisons. Il faut deux à trois ans pour qu'une nacre soit à même de se reproduire. Les larves sont ensuite la proie de tous les animaux se nourrissant de plancton.
L'Ormeau et ses Perles Irisées
L'ormeau est un type de gastéropode marin (escargot de mer) du genre Haliotis (du grec pour "oreille de mer") avec une coquille en forme d'oreille qui a une rangée de trous sur le bord extérieur. En raison de leur nom latin et de leur forme, ils sont également connus sous le nom de "coquilles d'oreille". Comme les autres gastéropodes marins, l'ormeau produit des perles. Les perles d'ormeaux naturelles sont extrêmement rares. La couleur de ces perles rares reflète la couleur de l'intérieur de la coquille. Comme l'intérieur de la coquille d'ormeau, les perles sont de différentes couleurs, comme la crème, le bleu, le vert, le rouge et le violet. Cela est dû en partie à la couleur du matériau dont se nourrit l'ormeau. Les perles d'ormeau irisées aux teintes bleues, violettes et vertes sont les plus recherchées. Les perles d'ormeau sphériques et autres formes symétriques sont incroyablement rares, et la plupart des perles d'ormeau naturelles sont en forme de corne.
Il existe une centaine d'espèces d'ormeaux. L'intérieur de certains, dont Haliotis rufescens (ormeau rouge) et particulièrement Haliotis iris (appelé aussi « paua, paua pied-noir ou ormeau arc-en-ciel »), a un aspect coloré irisation. Le revêtement intérieur de la coque est en nacre et est souvent utilisé pour la fabrication d'ornements en nacre. En fait, la nacre d'ormeau est utilisée depuis des milliers d'années, dont des preuves ont été trouvées dans des sites archéologiques. Les Maoris de Nouvelle-Zélande utilisent la nacre d'ormeau dans leur art traditionnel depuis des siècles, et des coquilles d'ormeau polies et des ornements en nacre d'ormeau sont disponibles comme souvenirs en Nouvelle-Zélande.

Haliotis rufescens (l'ormeau rouge) originaire de la côte du Pacifique, est la plus grande espèce d'ormeau au monde et peut atteindre jusqu'à 30 cm de long. Les ormeaux de cette région du monde sont connus pour produire de grosses perles. Selon le Guinness World Records, la plus grande perle d'ormeau au monde est une perle d'ormeau baroque irisée en forme de corne de 718,50 carats. Elle mesure 14 sur 8 cm. La perle a été trouvée par l'Américain, Dat Vi Truong, à Mendocino, Californie, en 2010. La perle d'ormeau baroque "Big Pink" de 469,13 carats de Wesley Rankin, également de Californie, détenait le record précédent. Les perles d'ormeau du Pacifique sont chéries et commercialisées depuis des milliers d'années par les tribus amérindiennes.
La culture des perles d'ormeau est difficile car les ormeaux sont des créatures très sensibles. Ils réagissent mal aux manipulations, sont sensibles à la température et saignent à mort si leur chair est percée. Un plus grand succès a été réalisé avec la culture de perles alvéolées, plutôt que de perles sphériques entières. Par conséquent, les perles d'ormeau de culture ont tendance à ne pas être des sphères pleines, mais des demi-sphères (vendues sous le nom de "perles mabé" ou "demi-perles"). Certains d'entre eux sont assemblés avec un support en nacre puis polis pour améliorer le lustre. Les perles d'ormeau assemblées doivent être traitées avec soin lorsqu'elles sont utilisées en bijouterie, pour éviter la séparation des couches. Des perles d'ormeau sous blister (perles attachées à l'intérieur de la coquille) ont été cultivées à Paua, en Nouvelle-Zélande, en Californie, aux États-Unis et au Japon.

Haliotis gigantea (ormeau géant, awabi ou ormeau de Siebold) provient des eaux qui entourent le Japon et la Corée. La viande d'ormeau est un mets délicat au Japon et dans de nombreuses autres régions du monde, en particulier en Chine et à Hong Kong, et on pense qu'elle a des propriétés médicinales et des effets aphrodisiaques. Le Japon exporte des ormeaux séchés vers la Chine depuis la dynastie Qing. Au Japon et en Chine, on pense que l'ormeau est bon pour les yeux. Il est très prisé depuis des siècles. Les samouraïs du Japon croyaient que l'ormeau était revitalisant.
L'Art de la Perliculture : De l'Ancien au Moderne
Bien que les perles artificielles soient communes aujourd’hui avec les élevages d’huîtres, leur formation en milieu naturel demeure très rare, avec seulement 1 huître sur 10 000 produisant une perle. Les techniques de perliculture ont grandement évolué au fil du temps.
On prête à un Japonais, Kokichi Mikimoto, l'invention de la greffe, technique qui permet de faire produire à une nacre une perle lorsqu'on le souhaite. Cependant les historiens reconnaissent que la paternité de cet art est due à un autre Japonais, Tatsuhei Mise, qui obtint la première perle ronde en 1904. Ce procédé était assez lourd, et relevait de l'opération chirurgicale traumatisante pour la nacre qui reçoit un corps étranger important dans son organisme. De ce fait, la mortalité était élevée. Les techniques plus légères qui consistent à n'introduire qu'un noyau et un greffon l'emporteront très vite, et en ce sens, Mise et Nishikawa avaient vu juste, puisque ce sont eux les découvreurs de cette technique. À noter que dès 1914, Kokichi Mikimoto entreprend des travaux avant-gardistes sur une nacre peu connue.
De tous temps, ces nacres ont été utilisées par les Polynésiens, premiers colonisateurs des îles des mers du Sud. Elles avaient une valeur utilitaire, certes, mais aussi une valeur ornementale et décorative. Après les parures ancestrales, ce sont les boutons de chemise, et une foule d'autres usages qui s'imposent pour la nacre (marqueterie, touches d'instruments de musique, etc.). Dès le début du XIXe siècle, on retrouve dans les archives polynésiennes trace d'une récolte de la nacre; le premier bateau répertorié dans ce commerce est le "Margaret", assurant un chargement de coquilles entre les Gambier et l'Australie en 1802. À l'époque, c'est tout un folklore qui était né autour de ces campagnes. Les plongeurs descendaient parfois à plus de 40 m, lestés d'une gueuse de 8 kilos de plomb. Deux tonnes en 1979, Pinctada margaritifera n'était pas passée loin de l'extinction. Grâce à l'opiniâtreté de chercheurs rarement aidés ou reconnus durant les premières décennies de ce siècle, on compte aujourd'hui ces bivalves en millions d'individus. La perle de culture, à cause de la plongée, a bien failli ne jamais voir le jour.
Takapoto, Manihi, les Gambier, Marutea sont des atolls où les captages de naissain ont donné d'excellents résultats, permettant ainsi de relancer l'activité perlière, grâce à des stocks naturels qui n'avaient pas été totalement épuisés. Le sauvetage des dernières nacres dans les lagons des Tuamotu coïncida avec un regain d'intérêt pour les perles que Pinctada margaritifera fabriquait jadis, il est vrai très rarement. C'est un métropolitain curieux, vétérinaire de son état, Jean Domard, qui reprit les travaux de ses prédécesseurs et qui s'imprégna au Japon des techniques nippones de greffe, au début des années soixante. Chef du service de la pêche, il est vite convaincu que l'on peut obtenir des grandes nacres polynésiennes des perles exceptionnelles. C'est un journaliste local, aventurier et entreprenant, Koko Chaze, qui va croiser la route de Domard et se lancer, dans un premier temps, dans la fabrication de demi-perles. En 1970, nos trois "fermiers" se lancent dans la perle ronde. Un pari qu'ils gagneront. Un autre pionnier mérite d'être cité pour son dynamisme et son ardeur à promouvoir la perle noire : Salvador J.
C'est le cas, par exemple de Takaroa et de Takapoto, aux Tuamotu du Nord, mais également de bien d'autres petites îles où le nombre de concessions maritimes a littéralement explosé dans les années quatre-vingt : Hikueru, Fakarava, Kauehi, Makemo, Anna, Ahe. Un grand nombre d'atolls ont aujourd'hui mobilisé leurs énergies pour produire des perles. Collectage (pour les lagons qui s'y prêtent) et greffe sont les deux aspects très distincts de cette industrie, car si certains lagons se prêtent particulièrement bien à la production de perles, en revanche ils sont parfois pauvres en nacres. Les statistiques officielles de 1997, portant sur le nombre de concessions maritimes accordées, font apparaître que 2010 concessions de collectage, 1603 concessions d'élevage et 1328 concessions de greffe étaient autorisées cette année-là, soit un total de 4941 concessions ; mais toutes ces concessions ne génèrent pas forcément une ferme en activité derrière ce qui n'est qu'une autorisation administrative, et enfin nombre de fermes disposent des autorisations pour les trois activités répertoriées.
Les "Ama" : Plongeuses de Perles au Japon
Les « ama » (femmes de la mer) sont des femmes japonaises qui plongent traditionnellement en eau froide jusqu'à 25 mètres de profondeur et retiennent leur souffle jusqu'à 2 minutes à la fois pour collecter des créatures marines. La pratique remonte à au moins 1 000 ans, mais les plongeurs ormeaux et ama sont maintenant en déclin. Il existe très peu de ces femmes incroyables aujourd'hui et, sans surprise, certaines d'entre elles sont âgées. Leur mode de vie sain leur a permis de vivre pendant de nombreuses années. Pourtant, ces seniors ne sont pas fragiles, et beaucoup continuent de récolter des ormeaux, algues et autres trésors marins jusqu'à 2 heures par jour. Bien que les ama récoltent principalement des produits comestibles, certains ont eu la chance de trouver également des perles, qui, avec l'utilisation par Mikimoto Kokichi des plongeurs ama, a abouti au nom romantique de "plongeurs de perles". L'ormeau est chéri par l'ama et de nombreuses autres personnes partout dans le monde dans son intégralité.
L'histoire des Aborigènes d'Australie
Records et Faits Surprenants autour des Perles
Au fil du temps, en 88 ans pour être exacte, l’homme a trouvé par hasard trois perles de taille exceptionnelle. Ces découvertes ont un point commun. Elles ont toutes été réalisées uniquement aux Philippines, dans les eaux de Palawan. Cette information confirme bien que la qualité des perles dépend principalement du type de mollusque et de son environnement. Il s’agit d’une donnée que les spécialistes dans les fermes perlières utilisent aujourd’hui pour optimiser encore plus leur production. L’objectif consiste évidemment à offrir aux bijoutiers des perles d’exception, et ce, en quantité commercialement exploitable. En effet, une perle naturelle telle que la perle d’Allah, celle de Puerto ou la Giga Pearl ne sera probablement jamais transformée.
La Plus Vieille Perle au Monde
7500 ans est l’âge vénérable de ce qui est considéré comme la plus vieille perle au monde. D’une modeste taille de 2 mm, la petite boule de nacre a été retirée d’une sépulture antique en 2012, à Oumm al Qaïwaïn, aux Émirats arabes unis. Cette découverte illustre l’intérêt intemporel pour ce joyau des mers, et elle remet aussi en cause les théories des spécialistes qui considéraient jusque-là le Japon comme le berceau historique de la chasse aux perles.
Une Huître et 48 Perles
Il est déjà assez rare pour les huîtres de produire plus d’une perle, mais voilà un nombre qui est exceptionnel. Imaginez la surprise de l’homme qui s’est retrouvé avec une bouche pleine de perles alors qu’il pensait croquer dans une huître ! Le fruit de mer a failli partir avec plus que l’appétit d’Éric Bourquin, puisque celui-ci affirme s’être presque brisé une dent en tentant de mâcher avec enthousiasme sa bouchée. C’est en tout 48 perles qui ont failli être avalées par le Canadien lors de son souper composé d’huîtres de Colombie-Britannique.

En 2015, une femme du Tennessee avait vécu une expérience similaire en recrachant une cinquantaine de perles au milieu de son repas dans un restaurant.
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