Les petits vers blancs dans le fumier de cheval : causes, identification et gestion des parasites internes

La présence de petits vers blancs dans le fumier de cheval est une source de préoccupation légitime pour de nombreux propriétaires. Il est crucial de comprendre que si certains de ces "vers" peuvent être des organismes bénéfiques pour l'environnement, comme les lombrics ou les asticots de mouches stercoraires, d'autres peuvent signaler une infestation parasitaire interne nécessitant une attention vétérinaire. Une connaissance approfondie des différents types de parasites, de leurs cycles de vie, de leurs symptômes et des stratégies de prévention et de traitement est essentielle pour maintenir la santé optimale de votre équidé.

Schéma du cycle de vie des parasites équins

Comprendre les parasites internes équins

Les parasites internes, communément appelés vers, sont des êtres vivants qui se développent dans l'organisme du cheval, principalement dans le tractus gastro-intestinal, où ils se nourrissent de l'hôte et peuvent causer des dommages. Cette relation hôte-parasite s'est développée au fil des millénaires. Tous les chevaux sont sujets aux infestations de parasites, et ces infections peuvent avoir un certain nombre de conséquences néfastes sur leur santé, dont la gravité varie d'un individu à l'autre en fonction de différents facteurs. Une charge parasitaire élevée dans l'intestin peut compromettre l'absorption des nutriments et l'état de santé global du cheval.

La transmission des parasites intestinaux se fait d'un cheval à l'autre par voie fécale-orale. Les parasites adultes se reproduisent dans le tractus gastro-intestinal du cheval. Les œufs passent ensuite dans les crottins et contaminent le milieu de vie. Un autre animal qui broute dans le même pâturage ou enclos ingère les œufs ou les larves. Dans des conditions naturelles où les chevaux peuvent se déplacer librement, les parasites internes provoquent rarement une maladie clinique. En effet, les chevaux sauvages ont un mode de vie nomade qui les force à parcourir de grandes distances pour se nourrir. Les charges parasitaires élevées sont plus fréquentes chez les jeunes animaux, car leur immunité gastro-intestinale n’est pas encore complètement développée. Les chevaux adultes acquièrent une certaine immunité contre certains types de parasites, mais certains adultes restent néanmoins sujets toute leur vie à l’accumulation d’une charge parasitaire importante.

Les principaux parasites digestifs du cheval

Identification des "vers blancs" : distinguer le bénéfique du pathogène

Face à la découverte de vers dans les crottins de votre cheval, il est primordial de savoir les identifier correctement. Tous les vers ne sont pas des parasites, et certains jouent un rôle écologique important.

Les lombrics et asticots de mouches stercoraires : les nettoyeurs du fumier

Les gros vers qui ressemblent fortement à des vers de terre, également appelés lombrics, sont des organismes bénéfiques pour l'environnement. Ils se nourrissent de déchets végétaux, et les crottins regorgent de nutriments, constituant un véritable festin pour eux. L'eau de pluie qui ruisselle à travers le crottin frais s'infiltre dans le sol ; ils suivent la "trace", remontent jusqu'au bon miam-miam et se mettent à table. Ces vers sont très bénéfiques pour les cultures : ils fertilisent la terre et l'aèrent avec leurs galeries. Leur présence dans le crottin n'est donc pas le signe d'une infestation parasitaire du cheval, mais plutôt d'un écosystème sain dans le fumier.

De même, les asticots de mouches stercoraires sont des larves de mouches utiles qui nettoient le crottin. Ils l'assèchent et éliminent, voire consomment les œufs des parasites du cheval. Leur présence, surtout par temps froid, indique un processus de décomposition naturel et n'est pas directement liée à la santé interne du cheval.

Les petits strongles (cyathostomes) : la menace la plus fréquente

Les petits strongles, aussi désignés cyathostomes ou trichonèmes, sont aujourd'hui identifiés comme les parasites internes les plus pathogènes des équidés et les plus fréquemment retrouvés chez les chevaux. Il existe plus de 50 espèces différentes de ces vers ronds, dont les adultes vivent dans le gros intestin. L'infestation concerne les chevaux adultes et les poulains à partir de l'âge de 6 mois.

Le cycle de vie des petits strongles est fascinant et complexe. Les œufs des parasites sont excrétés hors de l’animal par les crottins. 48 heures après avoir été évacué de l’organisme du cheval, si les conditions climatiques sont optimales (25°C, 80% d’humidité), les larves sortent des œufs. Ces larves migrent des crottins vers l’herbe et peuvent survivre plusieurs semaines dans l’environnement extérieur. En broutant, le cheval ingère les larves. Pour leur développement, les larves ont besoin de température élevée. Une fois ingérées, les larves de ce parasite s’enfouissent dans la muqueuse intestinale du gros côlon où elles continuent à se développer.

La grande caractéristique de ces vers est leur capacité à s’enkyster dans la paroi intestinale afin de survivre dans des conditions hivernales qui leur sont défavorables, phénomène appelé hypobiose. À l'intérieur de la muqueuse de l'intestin, les larves interrompent leur cycle de développement et rentrent dans une sorte d'hibernation, pouvant rester plusieurs années dans la paroi intestinale. En zone tempérée, les conditions hivernales sont défavorables à la survie et au développement des parasites dans l'environnement : les larves se cachent donc au sein de la muqueuse intestinale et en ressortent quand les conditions environnementales sont plus favorables. La survie et le développement des larves dans le milieu extérieur dépendent des conditions climatiques : plus la température est élevée, plus le développement des larves est rapide (développement rapide en été, lent en hiver) ; les larves peuvent survivre à l'hiver même si elles sont sensibles à l'alternance gel/dégel ; elles sont sensibles aux rayons UV mais relativement résistantes à la dessiccation ; enfin, les crottins protègent les larves des variations de température et des rayons UV. L'accessibilité des larves pour les chevaux dépend principalement de l'humidité.

Les strongles enkystés peuvent être dangereux pour le cheval si un grand nombre de larves enkystées émergent tout d’un coup, c’est ce qu’on appelle la cyathostominose larvaire, une affection avec un taux de mortalité de 50%. Lors de conditions climatiques favorables (en fin d’hiver), d'une baisse du nombre d’adultes dans l’intestin (après une vermifugation sélective contre les adultes) ou d'un stress, on peut observer la réactivation simultanée d'un grand nombre de larves en hypobiose.

Les symptômes liés aux petits strongles sont variés et peuvent inclure un amaigrissement, une diarrhée, des œdèmes déclives (membres, ventre…), et plus rarement, des coliques modérées à sévères. Un poil terne et un ventre gonflé peuvent également être des signes d'alerte.

Les Ascaris (vers ronds) : un danger pour les jeunes chevaux

Les Ascaris sont des vers blancs et ronds pouvant mesurer jusqu’à 25 cm de long et 5 mm de diamètre. Ces derniers se fixent à la paroi de l’intestin grêle et se nourrissent du contenu intestinal. Une femelle peut pondre jusqu’à 20 000 œufs par jour. Ces œufs sont très résistants et peuvent survivre très longtemps. Lorsque les conditions sont favorables, les œufs évoluent pour donner des larves qui resteront à l’intérieur de l’œuf jusqu’à être ingérées par l’animal.

Après l’éclosion et à la suite de plusieurs migrations dans l’organisme du cheval, leur cycle interne de 10 à 12 semaines s’achève dans l’intestin grêle. Une fois ingérées, les larves de vers ronds traversent la paroi intestinale et migrent vers le foie, puis vers les poumons d’où le cheval les expulse en toussant pour ensuite les avaler.

Les chevaux atteints sont principalement les jeunes chevaux, de moins de deux ans, car leur immunité gastro-intestinale n’est pas encore complètement développée. Lorsque de nombreux vers adultes sont présents dans l’intestin, il existe un risque d'obstruction ou de torsion de l’intestin grêle. La toux, la fièvre, le manque d’appétit, le ralentissement de la croissance, la diarrhée et les coliques sont des signes cliniques qui peuvent survenir lors d’une infestation. Si la charge d’ascarides est importante, ils peuvent également montrer des signes de perte de poids, développer un gros ventre et souffrir de diarrhée.

Les Oxyures : les démangeaisons de la queue

Les oxyures sont des vers ronds qui vivent dans le gros intestin. L’infestation est plus fréquente chez les chevaux vivant en box. Les femelles pondent des œufs dans un gel qui provoque des démangeaisons autour de l'anus. L’infestation par ce ver se remarque par l’aspect ébouriffé des crins de la queue, lorsque votre cheval se frotte et se gratte anormalement la queue.

Les Gastérophiles (varrons ou œstres) : les "vers rouges" de l'estomac

Les gastérophiles, aussi appelés varrons ou œstres, sont un parasite saisonnier qui dépose des œufs sur les poils du cheval pendant les mois de pâturage estivaux. Les larves sont localisées dans l’estomac du cheval. Les larves deviennent des mouches qui pondent leurs œufs sur les membres des chevaux. Le cheval s’infeste en se grattant ou en léchant l’endroit où sont accrochés les œufs. Une fois dans la bouche, les œufs de gastrophiles éclosent en larves qui migrent vers l’estomac pour se fixer à la muqueuse où ils continuent de se développer. En général, on ne reconnaît pas d’importance clinique aux gastrophiles. Les symptômes sont souvent discrets, mais ils peuvent favoriser le développement d’ulcères gastriques.

Les Dictyocaules (vers pulmonaires) : une infestation rare mais sérieuse

Les dictyocaules sont des vers qui peuvent mesurer jusqu’à 6 cm. Les adultes de ce parasite vivent et pondent des œufs dans les petites bronches des équidés. Les œufs remontent jusqu'au pharynx avec le mucus respiratoire puis sont déglutis afin d’être excrétés dans les crottins. L’infestation par des vers pulmonaires est relativement rare chez les chevaux. Elle se manifeste généralement lorsque votre cheval est détenu avec un ou plusieurs ânes, car ces derniers servent de réservoirs pour cet agent pathogène. La plupart des animaux contaminés n'expriment aucun signe de maladie.

La Douve du foie : un risque lié au pâturage mixte

La douve du foie est un parasite infestant fréquemment les ruminants domestiques, mais pouvant aussi se transmettre aux chevaux lors de pâturage mixte. Les ruminants ou autres herbivores sauvages excrètent les œufs dans leurs fèces. Les œufs se transforment en larves, puis celles-ci pénètrent dans une liminée (mollusque d’eau douce). Dans cet hôte, elles se multiplient avant de ressortir et de se fixer à la végétation. C’est en broutant celle-ci que les équidés peuvent s’infester. Les conditions pour le développement de la douve du foie sont des prés humides, proches de mares ou de cours d’eaux stagnants. En effet, les limnées, indispensables à leur développement, vivent dans des milieux humides ou semi-aquatiques. Finalement, un environnement humide, un pâturage mixte avec des ruminants, une proximité avec des herbivores sauvages (ragondins, cervidés…) et un climat doux et pluvieux augmentent les risques d’infestation. L'infestation des chevaux par la douve reste cependant rare et son impact sur leur santé est encore mal connu.

Illustration des différents parasites internes du cheval

Symptômes et diagnostic des infestations parasitaires

Les signes de sur-parasitisme sont difficiles à détecter car ils sont très discrets et aléatoires selon les parasites. Un cheval parasité peut avoir le poil piqué, un gros ventre, être fatigué, présenter une baisse d’appétit et une perte d’état, avoir de la fièvre et la diarrhée. Le cheval infesté peut aussi enchaîner les coliques sans raison apparente. La perte de poids, les coliques, la diarrhée, un poil terne et la léthargie sont des symptômes généraux qui peuvent indiquer une charge parasitaire élevée. Certains types de parasites, notamment les vers ronds, peuvent affecter certains organes au-delà de l’intestin, y compris le foie et les poumons.

Pour en avoir le cœur net, il est essentiel de faire appel à votre vétérinaire qui effectuera les analyses nécessaires.

La coproscopie : l'outil diagnostique principal

La première étape de mise en œuvre d’un protocole de lutte contre les parasites consiste à demander au vétérinaire d’effectuer une coproscopie pour chaque cheval. Cet examen permet de déterminer le nombre d’œufs présents dans les crottins mais ne permet pas d’évaluer le nombre de vers adultes présents dans l’intestin du cheval. De plus, le cheval peut être infesté par de nombreux vers qui n’ont pas encore atteint le stade d’adulte. Ces larves ne se reproduisent pas et donc ne pondent pas d’œufs ! Pourtant elles sont bien présentes dans l’organisme de l’animal.

Le test de dénombrement des œufs dans les fèces mesure le nombre d’œufs de parasites par gramme de fumier afin de déterminer la charge parasitaire et le niveau d’excrétion d’un cheval. Les chevaux sont classés comme excréteurs faibles, modérés ou élevés, ce qui aide à déterminer à quelle fréquence ils devraient être vermifugés. Les catégories d’excréteurs sont utiles pour les chevaux adultes ou ceux âgés de plus de quatre ans. En ayant recours aux coproscopies, les propriétaires de chevaux peuvent contribuer à préserver l’efficacité des vermifuges et à minimiser le traitement inutile des animaux qui excrètent peu d’œufs. Il faut prélever du crottin frais et le transmettre rapidement à un laboratoire adapté ou à votre vétérinaire.

Il faut également préciser que les gastérophiles ne pondent pas d’œufs dans l’intestin du cheval, ils ne seront donc pas diagnostiqués par ce procédé, sauf en début d'été. Les oxyures ne peuvent pas être détectés par un examen des crottins. La mise en évidence des œufs ou des larves de dictyocaules dans les crottins nécessite une observation microscopique, mais cet examen n’est pas toujours révélateur. Par ailleurs, ces parasites peuvent être mis en évidence dans un prélèvement de mucus trachéal.

Autres méthodes de diagnostic

  • La coproculture : Elle permet de mettre en culture les œufs trouvés lors de la coproscopie pour identifier précisément l'espèce de parasite.
  • L'analyse des prairies : Pour évaluer ce à quoi le cheval doit faire face, le mieux est de réaliser une analyse de la contamination par les larves des herbages.
  • La prise de sang : Un parasitisme élevé produit une réaction inflammatoire de l’organisme. La prise de sang ne m'a pas été conseillée pour les strongles et la possible anémie, mais la copro oui. Un nouveau test pirolike ne serait pas inutile en plus d'une copro, si l'anémie est une préoccupation. Cependant, les larves de gastérophiles ne peuvent pas être détectées par un examen des crottins, mais certains antiparasitaires tels que la moxidectine et l’Ivermectine permettent d’éliminer les larves, ce qui peut influencer le choix du traitement.

Image d'un vétérinaire effectuant une coproscopie

Traitement et prévention : une approche raisonnée

Le but n’est pas de débarrasser définitivement un cheval des parasites mais de maintenir la population de vers à un niveau suffisamment faible pour qu’il soit compatible avec la bonne santé du cheval. L’objectif du programme de contrôle des parasites n’est pas d’éradiquer tous les parasites chez un individu.

La vermifugation : choisir la bonne molécule au bon moment

Plusieurs molécules antiparasitaires sont actives contre les petits strongles. Les lactones macrocycliques (ivermectine et moxidectine), le pyrantel, et les benzimidazoles (fenbendazole et mébendazole) sont couramment utilisées. Cependant, les petits strongles ont développé des résistances contre le pyrantel et les benzimidazoles.

Le pyrantel et le mébendazole agissent exclusivement sur les adultes. Les molécules suivantes ont une activité sur les larves : l'ivermectine (activité partielle sur les larves) ; le fenbendazole, à une dose spécifique pendant 5 jours consécutifs ; seule la moxidectine possède une activité contre les larves enkystées. Cette famille étant plus récente, il y a moins de résistances à ces molécules, notamment à la moxidectine. On en limitera l’utilisation, pour éviter l’apparition des résistances. L’ivermectine est très efficace contre Gasterophilus. Il existe également des produits anthelminthiques qui combinent deux ou trois molécules. Pour les ténias en particulier, le protocole recommande de traiter les chevaux une fois par an à la fin de l’automne ou au début de l’hiver, après la première grande gelée, lorsque la transmission saisonnière prend fin. Les chevaux qui vivent dans les régions sèches et arides peuvent être peu exposés aux ténias ou encore pas du tout. Les dictyocaules sont sensibles aux mêmes vermifuges que les strongles. La douve du foie, en cas de diagnostic, pourra être traitée par un vermifuge habituellement destiné aux ruminants.

Il est important de rappeler que ces traitements ont une action curative à l’instant où ils sont administrés, mais que leur effet ne se prolonge pas dans le temps. L’alternance des molécules antiparasitaires est importante pour limiter la chimiorésistance. Ce phénomène se déclenche lorsque les vers sont trop souvent au contact du même poison. Une utilisation trop fréquente ou répétée de la même molécule diminue ainsi son efficacité. Dans ce cas de figure, le cheval est toujours parasité malgré l’administration de vermifuge. Une chimiorésistance se développe également lorsqu’il y a sous dosage ou sur dosage du vermifuge.

Jusqu’à récemment, on recommandait de vermifuger fréquemment et régulièrement tous les chevaux. En raison de la résistance grandissante aux médicaments, les vétérinaires déconseillent désormais cette approche. Aujourd’hui, il faut personnaliser le protocole de lutte contre les parasites en fonction de chaque individu. Les chevaux âgés de moins de trois ans sont plus sensibles aux infections parasitaires et courent un plus grand risque de développer une maladie. Pour les chevaux de moins de 2 ans, les chevaux âgés, et les chevaux affaiblis (maladie intercurrente : Cushing,…), il n’est pas recommandé de limiter le nombre de vermifugations. On gardera alors les 4 traitements par an.

Les vétérinaires recommandent de concentrer les traitements anthelminthiques sur les périodes de l’année où la transmission est la plus active. Les larves de strongles, d’ascaris et d’oxyures commencent à contaminer les chevaux dès le printemps et jusqu’à l’automne où l’infestation est maximale. À l’arrivée du printemps les larves de petits strongles enkystées durant l’hiver s’éveillent et reprennent leur cycle de développement. Il faut donc traiter le cheval dès le printemps pour tuer ses larves. Une vermifugation à l’automne permet de tuer les larves et les parasites adultes qui ont contaminé le cheval durant tout le printemps et l’été. L’infestation par le ténia est maximale en automne et en hiver. Les gastérophiles contaminent l’estomac des chevaux durant l’été et le début d’automne lorsque les mouches pondent leurs œufs sur les poils des chevaux.

Un cheval présentant des signes d’une infestation massive de vers intestinaux nécessitera une vermifugation curative. Le protocole doit être établi par votre vétérinaire en fonction de la quantité de vers et de l’espèce en question. Il est dangereux de vermifuger un animal malade soi-même car la destruction massive et rapide d’une grande quantité de vers peut produire une endotoxémie. Il est conseillé de ne pas attendre une infestation massive pour traiter les poulains, car la vermifugation d’un cheval très fortement parasité provoque une libération de toxines qui peuvent s’avérer mortelles.

Gestion des pâturages et de l'environnement : la clé de la prévention

En plus des médicaments anthelminthiques, il existe plusieurs stratégies de gestion efficaces pour diminuer la charge parasitaire des chevaux. Le ramassage assidu des crottins dans les pâturages est un volet crucial de la lutte contre les parasites. Le cheval moyen produit entre 27 et 32 kilogrammes (entre 60 et 70 livres) de matières fécales par jour. Il est recommandé de ramasser les crottins deux fois par semaine.

Il importe avant tout d’éviter de surcharger les pâturages en y hébergeant trop d’animaux. L’élevage d’un trop grand nombre de chevaux dans un petit pâturage augmente la quantité de crottins et surexploite le pré. Les recommandations de nombre d’individus par pâturage varient en fonction du terrain et des espèces de graminées qui y poussent. Les animaux sont donc obligés de manger à proximité de leurs crottins, ce qui est une cause importante de contamination. De plus, une herbe courte les oblige à couper l’herbe au ras du sol, or c’est à cet endroit que se situent les larves parasitaires.

La rotation des pâturages ou le pâturage en bandes constitue une autre stratégie de lutte contre les parasites internes. Cette pratique diminue la probabilité que les chevaux broutent l’herbe trop près du sol où les larves de strongles ont tendance à se regrouper. Le co-pâturage avec d’autres animaux d’élevage peut d’autre part diminuer la charge parasitaire des chevaux. Le co-pâturage aide à réduire les parasites chez les chevaux, car les autres animaux d’élevage ingèrent un certain nombre de larves spécifiques aux équidés.

Les larves de parasites meurent pendant le séchage. Selon le climat de la région, le hersage des pâturages peut s’avérer être une stratégie de lutte contre les parasites utile ou nocive. Sous les climats chauds et secs, le hersage d’un pâturage, à condition d’en retirer les chevaux pendant plusieurs semaines, peut entraîner la mort des larves existantes. Cela dit, le hersage est surtout efficace pour tuer les strongles. Le hersage n’est pas une bonne solution en général car il étale les crottins et dissémine les larves à travers toute la pâture.

Pour les chevaux vivant au box, il faut désinfecter régulièrement les box et les mangeoires. Les crottins doivent être ramassés quotidiennement et les box vidés une fois par semaine. Avant d’accueillir un nouveau cheval au troupeau, il faut le vermifuger et attendre au moins 10 jours avant qu’il ne retrouve ses congénères. En prévention des gastérophiles, il est conseillé de retirer régulièrement les œufs jaunes accrochés sur les poils des chevaux.

Soutien nutritionnel et autres approches

Après l’administration d’un vermifuge, il faut veiller à rétablir une fonction intestinale saine pour permettre au cheval de se remettre des effets néfastes des parasites. On peut donner au cheval qui vient de recevoir un anthelminthique un supplément de probiotiques qui contient des microbes bénéfiques vivants. Ceux-ci aident à favoriser la digestion des fibres dans l’intestin postérieur. On doit rechercher les suppléments qui contiennent un grand nombre d’unités formant colonie (UFC). Pour soutenir la fonction hépatique, on peut envisager l’ajout d’un supplément de chardon-Marie au moment de la vermifugation et après l’administration du médicament.

L’ail est une plante médicinale par excellence et la spiruline est une algue microscopique extrêmement riche en protéine et très complète, mais il convient de noter qu’il existe peu de recherches concernant l’efficacité de ces produits dans la lutte antiparasitaire équine. La terre de diatomées est un autre traitement alternatif qui peut intéresser les propriétaires de chevaux à la recherche d’une solution holistique. De plus, il existe peu d’études qui étayent l’efficacité de la terre de diatomée. Selon nos recherches, aucune étude n’a encore porté sur les chevaux.

L’ostéopathe peut avoir une influence sur la capacité du cheval à lutter contre les parasites digestifs. En effet plus un animal ressent de la douleur physique, liée à des blocages articulaires, plus son système immunitaire est faible et plus sa capacité à lutter contre les effets indésirables des vers est limitée. À l’inverse, une parasitose élevée peut entraîner des blocages articulaires au niveau des thoraciques et des lombaires, blocages que l’ostéopathe ne pourra peut-être pas traiter dans un premier temps.

Plan de gestion des pâturages pour le contrôle parasitaire

Quand l'observation du propriétaire guide le diagnostic

L'observation attentive du propriétaire est un pilier fondamental de la gestion de la santé du cheval. La bonne santé d’un animal dépend essentiellement de l’observation, du bon sens et de la persévérance de son propriétaire. Les signes de sur-parasitisme sont difficiles à détecter car ils sont très discrets et aléatoires selon les parasites. Cependant, des changements dans l'état corporel, la qualité du poil, le niveau d'énergie ou la présence de démangeaisons, comme une queue abîmée, peuvent être des indicateurs précieux.

La découverte de "petits vers blancs" dans le fumier doit toujours inciter à une vigilance accrue. Si les premiers vers sont de taille importante et ressemblent à des lombrics, leur présence après une pluie peut s'expliquer par un phénomène naturel d'attraction vers la matière organique du crottin. Cependant, si d'autres vers, plus petits et plus clairs, sont également observés, ou si le cheval présente des symptômes tels qu'une perte d'état, un poil terne, un ventre gonflé ou des démangeaisons anales, une consultation vétérinaire s'impose sans délai. La description d'un cheval qui "s'est creusé (du dos, des hanches), son poil s'est terni, et son ventre est gonflé" associée à la découverte de vers, même si initialement confondus avec des lombrics, est un motif suffisant pour une évaluation professionnelle.

La vermifugation "raisonnée" est à retenir et à privilégier. En vermifugeant moins souvent et de façon ciblée, on évite le développement de résistances, ce qui permet de conserver des traitements efficaces. De plus cette pratique est financièrement intéressante car la coproscopie n’est pas plus coûteuse qu’un vermifuge. Malgré les gestes de prévention et la vermifugation régulière, il est impossible de détruire 100% des parasites vivant dans l’organisme du cheval.

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