Combien de temps faut-il aux arbres fruitiers pour produire des fruits ?

Cultiver des arbres fruitiers est une passion qui mêle patience, observation et satisfaction. Voir apparaître les premiers fruits est un moment magique, mais parfois long à attendre ! Comprendre le cycle de vie d'un arbre fruitier et les facteurs qui influencent sa fructification est essentiel pour tout jardinier, qu'il soit novice ou confirmé. En effet, la question "combien de temps pour avoir des fruits ?" est invariablement posée concernant chaque arbre fruitier planté.

Arbre fruitier avec des fruits mûrs

Le délai avant les premiers fruits dépend de plusieurs facteurs liés à l’espèce, au porte-greffe, à la conduite de l'arbre et aux conditions de culture. Un arbre fruitier commence à produire lorsqu’il atteint un équilibre entre sa croissance et sa capacité à fructifier. Tant qu’il est en phase de développement, il privilégie la formation de bois et de structure plutôt que la production de fruits.

Les facteurs clés influençant la mise à fruits

La rapidité de mise à fruits d'un arbre fruitier est une résultante complexe de nombreux éléments. Pour obtenir des arbres vigoureux et productifs rapidement, il est crucial de maîtriser ces différents aspects, du choix du plant à l'entretien annuel.

1. Le choix du plant fruitier : une étape fondamentale

Avant toute chose, la croissance d’un fruitier dépend du choix du plant. C’est une étape fondamentale qui peut vous faire gagner plusieurs années sur la production de fruits.

a. L'intérêt d'un plant greffé

Les plants greffés sont la clé pour gagner plusieurs années sur la production de fruits. Un plant greffé combine un porte-greffe (partie racinaire) robuste et adapté au sol et au climat, ainsi qu'une variété greffée (partie aérienne) sélectionnée pour la qualité des fruits et sa productivité.

Contrairement à un plant greffé, un plant issu de semis doit franchir plusieurs phases de développement avant d’être capable de fleurir :

  • Phase juvénile (croissance végétative)
  • Phase de transition
  • Phase adulte (capacité à fleurir)

Or, le greffon provient d’une plante déjà adulte et ayant fructifié. En le greffant sur un jeune porte-greffe, on court-circuite la phase juvénile : le greffon conserve sa “mémoire physiologique” d’adulte. C’est le cœur du phénomène d’hâtement de la production. En effet, le greffon, bien que nourri par un jeune système racinaire, “pense” qu’il est déjà mature et se met à fleurir dès qu’il est physiologiquement stable. Par exemple, un pommier greffé peut fructifier dès 2 à 3 ans, alors qu’un plant issu de semis mettra 8 à 10 ans à produire ! Le délai de 4 à 7 ans avant la floraison s’applique à un pommier greffé tel qu’offert en pépinière.

b. L'importance du choix du porte-greffe

Le porte-greffe, et en particulier sa vigueur, a une incidence capitale sur la rapidité de mise à fruits. La vigueur du porte-greffe détermine la répartition des hormones, des sucres et de l’énergie dans la plante. Pour résumer : plus il est vigoureux, plus la plante reste longtemps en phase de croissance, et moins il est vigoureux, plus il favorise la transition vers la floraison et la fructification.

Par exemple, pour le pommier :

  • Pommier greffé sur porte-greffe M9 (nanifiant) : fructifie en 2 à 3 ans.
  • Pommier greffé sur porte-greffe franc (vigoureux) : fructifie en 7 à 10 ans.

c. Variétés à mise à fruit rapide

Même avec les meilleures méthodes, un fruitier a besoin de temps pour s’équilibrer. Chaque espèce a son propre rythme. Le pêcher ou l'abricotier ont une mise à fruits très rapide de l'ordre de 2 ans, alors qu'il faudra attendre 4 à 6 ans pour observer les premières noix sur un noyer greffé. Certains arbres fruitiers sont naturellement plus rapides à entrer en production que d'autres. Cependant, le pommier, qui n’est pas réputé pour produire rapidement, peut entrer en production assez vite si vous choisissez une variété à port pleureur (adaptée à la conduite en axe) et un porte-greffe intermédiaire comme le M7. Dans certains vergers, les pommiers ont commencé à bien produire dès la 3ème année et ont atteint une pleine production en 5 ans pour des variétés à port pleureur (et à fructification rapide) comme le pommier Jubilé ou Quérina.

d. Choisissez des variétés adaptées à votre sol et climat

Le choix de la variété est déterminant pour la réussite et la rapidité de croissance de vos arbres fruitiers. Chaque espèce, et même chaque variété, possède des exigences précises en matière de sol (texture, pH, richesse organique, humidité et drainage) et de climat. Un arbre planté dans un sol qui ne lui convient pas peut croître lentement, produire peu, voire dépérir prématurément.

Commencez par observer la nature de votre terrain : un sol léger et sablonneux favorise les espèces qui craignent l’excès d’eau (abricotier, pêcher, amandier), tandis qu’un sol plus lourd et argileux conviendra mieux aux fruitiers vigoureux et tolérants à l’humidité, comme le pommier ou le poirier. Si votre sol est calcaire, privilégiez les variétés greffées sur porte-greffes adaptés à la calcarité, afin d’éviter les problèmes de chlorose (jaunissement des feuilles). Il est par exemple préférable de choisir le poirier en porte-greffe (qui tolère un taux de calcaire actif important) plutôt que le cognassier (qui redoute un taux de calcaire élevé) pour l'implantation d'un poirier sur sol calcaire.

Le climat est également un facteur important. Dans les régions où les hivers sont modérément froids, l’abricotier tend à fleurir et fructifier plus rapidement. À l’inverse, un climat trop rigoureux ou humide peut retarder ce processus.

2. Préparer le terrain : un sol riche, vivant et bien drainé

Un arbre fruitier est comme une maison : sans bonnes fondations, il ne pourra pas grandir harmonieusement. Un sol bien préparé est crucial pour une croissance rapide et une fructification abondante.

a. Analysez et améliorez votre sol

Un sol de qualité doit être riche en humus, léger et drainant, ni trop acide, ni trop calcaire (pH entre 6 et 7, idéalement). Pour l’enrichir naturellement, apportez du compost mûr ou du fumier bien décomposé avant la plantation, et mélangez-le avec la terre végétale dans le trou de plantation. Ajoutez une poignée de corne broyée, un engrais organique à libération lente.

b. Un bon drainage, c’est vital

L’excès d’eau est l’un des principaux facteurs de déclin des fruitiers, surtout dans les sols lourds et mal drainés. Les racines, comme tout organe vivant, ont besoin d’oxygène pour respirer et assurer leurs fonctions métaboliques. Lorsque le sol reste saturé d’eau trop longtemps, l’air est chassé des pores du sol, et les racines se retrouvent littéralement asphyxiées. Privées d’oxygène, elles cessent d’absorber les éléments nutritifs, se nécrosent, et deviennent des portes d’entrée pour les champignons pathogènes (Phytophthora, Armillaria, etc.). Résultat : croissance ralentie, feuillage jaunissant, chute prématurée des feuilles, puis dépérissement progressif de l’arbre.

Pour éviter l’asphyxie racinaire :

  1. Choisissez un emplacement bien drainé : Installez vos fruitiers sur une légère butte ou un terrain en pente douce en cas de sols lourds ou argileux, afin que l’eau de pluie s’écoule naturellement. Évitez les creux, fossés ou zones où l’eau stagne après une averse.
  2. Améliorez la structure du sol : Dans un sol argileux ou compact, aérez en profondeur avant plantation en incorporant du sable grossier, du compost mûr ou de la matière organique fibreuse (écorces compostées, feuilles broyées) pour alléger la texture, et cassez les “semelles de labour” pour faciliter la circulation de l’eau et de l’air.
  3. Préférez un porte-greffe adapté : Certains porte-greffes tolèrent mieux les excès d’humidité. Le choix du porte-greffe peut donc compenser partiellement un sol trop humide, en favorisant un système racinaire plus résistant à l’asphyxie.
  4. Évitez les arrosages excessifs : Arrosez seulement quand le sol commence à sécher en surface. Les arbres fruitiers préfèrent une alternance de phases humides et sèches, qui stimule le développement racinaire. En cas de doute, grattez la terre sur quelques centimètres : si elle colle aux doigts, inutile d’arroser.
  5. Pailler intelligemment : Le paillage organique (copeaux, paille, broyats) maintient l’humidité, mais doit rester aéré et non tassé. Évitez d’en mettre trop épais ou trop près du tronc, afin de ne pas créer un “couvercle” qui retient l’eau et empêche le sol de respirer.

3. La plantation : un geste clé pour une croissance rapide

Une plantation réussie, c’est déjà la moitié du travail ! La meilleure époque pour la plantation se situe entre le milieu de l’automne et le début de l’hiver, lorsque les sols ne sont pas encore gelés, ou bien au printemps.

Étapes essentielles :

  • Trempez les racines (pour les plants en racines nues) dans un pralin (mélange d’eau, de terre et de compost mûr/bouse de vache).
  • Plantez au niveau du collet : ni trop profond, ni trop haut.
  • Arrosez abondamment à la plantation, même en hiver.
  • Tuteurez les jeunes arbres pour éviter que le vent ne casse les racines. Prenez un bout de bois droit et résistant et plantez-le juste à côté de l’arbre pour pouvoir ensuite relier le tuteur à l’arbre grâce à un collier.
  • Paillez généreusement (5 à 10 cm d’épaisseur) pour maintenir l’humidité, éviter la pousse des adventices et stimuler la vie du sol.

Schéma d'une plantation d'arbre fruitier avec tuteur et paillage

4. L’arrosage : ni trop, ni trop peu

L’eau est la clé de la vie des fruitiers, mais elle doit être donnée avec justesse. Un excès d’arrosage noie les racines, empêche leur respiration et favorise les maladies fongiques ; un manque d’eau, à l’inverse, bloque la croissance, provoque la chute des jeunes fruits et réduit la qualité gustative de la récolte. La réussite d’un verger repose donc sur un arrosage équilibré, régulier mais mesuré, adapté au stade de développement de l’arbre et aux conditions du sol. Les fraisiers apprécieront d’être arrosés régulièrement en périodes sèches.

a. Pourquoi l’eau est-elle si cruciale ?

L’eau joue plusieurs rôles vitaux :

  • Elle transporte les sels minéraux et les sucres à l’intérieur de la plante.
  • Elle maintient la turgescence des cellules (ce qui donne de la tenue aux feuilles et jeunes pousses).
  • Elle participe à la photosynthèse et au refroidissement de l’arbre par évapotranspiration.

Mais un fruitier ne puise pas l’eau n’importe comment : ses racines ont besoin d’oxygène autant que d’humidité. Lorsque le sol est saturé, l’air disparaît des interstices, les racines s’asphyxient et pourrissent. Inversement, en sol trop sec, les radicelles meurent de soif et l’arbre interrompt sa croissance pour se protéger.

b. Trouver le bon équilibre

Le secret d’un bon arrosage, c’est de maintenir le sol frais, jamais détrempé ni totalement sec. Pour cela :

  • Arrosez en profondeur, afin que l’eau atteigne la zone des racines principales (20 à 40 cm sous la surface).
  • Évitez les arrosages superficiels et fréquents, qui stimulent les racines de surface et rendent l’arbre plus sensible à la sécheresse.
  • Préférez un arrosage copieux mais espacé : cela encourage les racines à descendre plus profondément.

c. Adapter l’arrosage à la saison

  • Au printemps, l’eau soutient la croissance des jeunes feuilles et des racines.
  • En été, elle devient cruciale pendant la formation et la croissance des fruits : un stress hydrique à cette période peut réduire la taille des fruits et provoquer leur chute prématurée.
  • En automne, diminuez les apports : un léger stress hydrique favorise la lignification des rameaux et prépare l’arbre à l’hiver.
  • En hiver, n’arrosez que les jeunes plantations en cas de période sèche prolongée.

d. Tenir compte du sol et du climat

La nature du sol influence directement la fréquence d’arrosage :

Type de solRétention d’eauFréquence d’arrosage
SableuxFaible (l’eau s’infiltre vite)Arrosages plus fréquents
ArgileuxForte (l’eau stagne facilement)Arrosages espacés et modérés
LimonneuxIdéalArrosages réguliers, sans excès

5. Nourrir les fruitiers : la clé d’une croissance soutenue

Une alimentation équilibrée est essentielle pour garantir la vigueur, la santé et la productivité de vos arbres fruitiers. Les racines puisent dans le sol l’eau et les éléments minéraux nécessaires à la croissance, à la floraison et à la formation des fruits. Sans nutriments suffisants, l’arbre pousse lentement, les feuilles jaunissent, les fruits sont petits ou tombent prématurément, et la résistance aux maladies diminue. Une fertilisation est bénéfique pour l'abricotier, apportée à l’automne. Le sol du cassissier doit être amendé en automne à l’aide d’un fumier organique. Une fumure organique doit être apportée à la vigne en automne.

a. Les besoins en nutriments

Les fruitiers ont besoin de plusieurs catégories d’éléments nutritifs indispensables, répartis en macroéléments et oligo-éléments :

  • Azote (N) : Favorise la croissance des feuilles et des tiges. Une carence entraîne des feuilles pâles, petites et clairsemées. Attention : un excès peut stimuler la croissance végétative au détriment des fleurs et des fruits.
  • Phosphore (P) : Stimule le développement racinaire et la floraison. Important pour l’enracinement des jeunes plants et la maturation des fruits.
  • Potassium (K) : Améliore la qualité des fruits (taille, couleur, goût). Renforce la résistance aux maladies et le transport de l’eau dans l’arbre.
  • Calcium (Ca), magnésium (Mg), soufre (S) : Assurent la solidité des tissus, la photosynthèse et la formation de fruits fermes.
  • Oligo-éléments (fer, zinc, bore, cuivre, manganèse, molybdène) : Nécessaires en petites quantités mais indispensables à la floraison et à la fructification. Une carence, même légère, peut ralentir la croissance ou provoquer des défauts de fruit.

b. Quand et comment fertiliser ?

  • Jeunes arbres : privilégiez les apports équilibrés en azote et phosphore, pour favoriser racines et feuilles.
  • Arbres adultes : ajustez selon la période :
    • Printemps : apport en azote pour stimuler la croissance.
    • Été : apport en potassium pour soutenir la formation des fruits.
    • Automne : apport d'une fertilisation, comme pour l'abricotier ou la vigne.

c. Fertilisation organique et minérale

  • Engrais organiques (compost, fumier, purin) : Libèrent lentement les nutriments, améliorent la structure du sol et favorisent la vie microbienne.
  • Engrais minéraux (granulés ou liquides) : Apport ciblé et rapide, utile pour corriger des carences spécifiques ou stimuler la floraison.

6. Le paillage : un allié précieux pour la croissance des fruitiers

Le paillage est l’un des gestes les plus simples et les plus efficaces pour favoriser la croissance rapide et durable de vos arbres fruitiers. En recouvrant le sol autour du tronc d’une couche de matière organique (feuilles mortes, paille, tontes séchées, copeaux de bois ou compost mûr), on crée une protection naturelle qui maintient l’humidité, limite les variations de température et surtout empêche la pousse des mauvaises herbes concurrentes.

Grâce au paillage, les racines restent fraîches en été et protégées du gel en hiver, ce qui réduit le stress hydrique et thermique. En se décomposant, le paillis libère progressivement des éléments nutritifs qui enrichissent le sol et nourrissent l’arbre. C’est donc un véritable engrais naturel et lent, tout en favorisant la vie microbienne et les vers de terre, essentiels à la fertilité du sol. En résumé, le paillage est une technique simple, économique et écologique qui accélère la croissance, renforce la santé des fruitiers et contribue à une mise à fruit plus rapide.

7. La taille : orienter la sève pour fructifier plus vite

La taille peut clairement retarder, voire empêcher la mise à fruits si elle est trop sévère. Une taille bien conduite favorise la lumière, l’aération et la mise à fruit rapide. Il est conseillé d’éliminer toute fructification sur les premières années pour que le tronc se développe correctement. Le cerisier se taille peu après la taille de formation ; il faut se contenter de raccourcir légèrement les rameaux en automne et d’aérer le centre de l’arbre. Le figuier se taille lorsqu’il est jeune, pour le faire se ramifier. La taille du figuier peut être franche pour accélérer la production fruitière. Le pêcher se taille juste avant sa floraison, afin de renouveler les rameaux qui fructifient et de l’aérer et le nettoyer. Le mûrier se taille pour supprimer les rameaux ayant fructifié, lorsque la végétation est au repos. Le poirier peut être conduit en diverses formes : gobelet, palmette, cordons, etc., la taille pouvant être pratiquée en hiver, hors périodes de gel. Le pommier doit être taillé pour une meilleure fructification, qu’il soit de plein vent ou conduit. Le prunier se taille peu, et uniquement pour harmoniser sa silhouette et l’aérer. Le noisetier demande peu de soins, se contentant d’une taille légère de nettoyage en fonction des besoins, à la fin de l’hiver. La vigne demande à être taillée de façon précise et régulière, généralement en fin d’hiver puis en été, et palissée. Le cassissier doit être rajeuni en fin d’hiver. Le groseillier nécessite quelques tailles de rajeunissement et de nettoyage à la fin de l’hiver. L'abricotier ne demande pas à être taillé, mis à part un nettoyage au printemps. Le châtaignier n’a pas besoin de taille, mis à part un élagage tous les 3 ans. Une taille de formation sera à effectuer la première année pour le noyer, par la suite seules des tailles de nettoyage sont nécessaires ponctuellement, en hiver. Le kiwi se taille comme la vigne, en période de repos végétatif et il doit être palissé au départ, les lianes s’enroulent ensuite d’elles-mêmes sur leur support.

Schéma des différents types de taille d'arbres fruitiers

a. La taille de formation (jeune arbre)

Objectif : construire une charpente solide et équilibrée.

  • Supprimez les rameaux faibles ou mal orientés.
  • Conservez 3 à 4 branches principales.
  • Taillez légèrement au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur.

b. La taille de fructification (arbre adulte)

Objectif : stimuler les bourgeons à fruits.

  • Éclaircissez le centre de l’arbre pour laisser entrer la lumière.
  • Raccourcissez les branches de l’année pour provoquer des ramifications.
  • Supprimez les bois morts ou malades.

⚠️ Ne taillez jamais en période de gel ni pendant la montée de sève (mars-avril).

c. Le bon équilibre : ni trop, ni trop peu

  • Trop de taille : l’arbre peut souffrir d’un stress hydrique ou nutritif et par conséquence, sa croissance peut être réduite.
  • Pas assez de taille : la sève est orientée vers les gourmands et la lumière pénètre mal, ce qui réduit la formation de bourgeons floraux et retarde la fructification.

8. Favoriser la pollinisation : le secret d’une fructification rapide

La pollinisation est l’étape clé qui transforme une fleur en fruit. Sans pollinisation efficace, même un arbre en parfaite santé produira peu ou pas de fruits. Pour accélérer la fructification et obtenir une récolte abondante, il est donc essentiel de créer les conditions idéales pour que pollen et stigmate se rencontrent avec succès. En sélectionnant les bonnes variétés, il est possible de récolter des cassis du mois de la fin du mois de juin jusqu’à fin juillet. De nombreuses variétés de cerisiers doivent être accompagnées par une autre pour la pollinisation, mais on en trouve aujourd’hui des autofertiles. Le poirier doit être planté à proximité d’une variété pollinisatrice car la plupart sont autostériles. Le pommier s’installe à proximité d’une variété pollinisatrice. Le prunier est généralement autofertile. Bien qu’il soit autofertile, il est conseillé d’associer une autre variété de noyer pour une meilleure production. Le noyer fleurit au printemps, montrant avant son feuillage de jolis chatons ballants. Il existe des variétés autofertiles de kiwis mais beaucoup sont mâles ou femelles et doivent donc être associés pour la pollinisation. La ronce fruitière ou mûrier est autofertile, il est cependant préférable de planter 2 variétés de ronces fruitières pour une meilleure production. La floraison printanière donne naissance à des fruits très parfumés que l’on peut récolter entre juillet et octobre selon les variétés. La floraison du pommier, en avril, précède l’arrivée de pommes que l’on récoltera à partir du mois d'août pour les plus précoces, jusqu’en octobre-novembre.

La pollinisation des arbres fruitiers

a. Pourquoi la pollinisation est cruciale

Lorsqu’un arbre fleurit, chaque fleur contient un ovaire qui doit être fécondé par du pollen. Cette fécondation déclenche la croissance du fruit.

  • Pollinisation réussie → développement rapide et homogène des fruits.
  • Pollinisation insuffisante → fruits petits, déformés ou qui tombent prématurément.

Calendrier de fructification et de récolte

Le moment de la récolte est crucial pour obtenir des fruits savoureux et sucrés. La maturité des fruits est un indicateur essentiel. Il faut être attentif aux signes de cette maturité, d’autant plus que les modifications climatiques peuvent entraîner quelques décalages dans les périodes de cueillette.

Signes de maturité des fruits

  • La couleur des fruits est déterminante : on sait tous quelle couleur doit avoir une cerise !
  • La fermeté du fruit : un fruit dur n’est pas mûr.
  • L’odeur exhalée par un fruit à maturité est révélatrice.
  • La présence d’oiseaux, de guêpes, voire de frelons, montre que les fruits sont prêts à être cueillis.
  • L’apparition de bourgeons à fruits est l’un des indicateurs les plus fiables. Contrairement aux bourgeons à bois, ils sont généralement plus ronds et plus volumineux.
  • Un autre signe est le ralentissement de la croissance. Lorsque l’arbre devient moins vigoureux et produit moins de longues pousses, il tend à se stabiliser et à entrer en phase de production.

Périodes de récolte par espèce

Voici un aperçu du temps nécessaire avant la récolte pour plusieurs fruitiers, en supposant l'achat d'un plant de pépinière de taille standard pour sa catégorie :

FruitÂge avant la première récolte (en années)Période de récolte typiqueNotes
Abricotier2-3 (parfois 3-5 pour des fruits mûrs)Juillet - AoûtLa floraison est fragile et très précoce, il sera de ce fait plus à son aise dans les régions du Sud de la France.
Cassissier2 (bois d'au moins 2 ans)Fin juin - Fin juilletProduction de 8 à 10 kg de fruits par pied, le casseillier étant un arbuste fruitier particulièrement vigoureux.
Cerisier3-4Mi-mai - JuinCe bel arbre offre dès la mi-mai jusqu'au mois de juin des fruits juteux et sucrés très appréciés. Sa floraison printanière craint beaucoup le gel.
Châtaignier5-7 (mais pleine production après 15-20 ans)Fin septembre - Mi-novembreLes châtaignes se ramassent au sol. Sans soins particuliers, le châtaignier peut atteindre jusqu’à 30 m de haut !
Cognassier4-5Octobre - NovembreLes coings se récoltent en octobre et novembre.
Figuier3-4 (production optimale après 10 ans)Unifère : fin de l'été. Bifère : début et fin de l'étéLes figuiers bifères donnent également des fruits au début de l’été (en fait ce sont les fruits tardifs de l’année précédente qui finissent de se développer). Dans les régions du Sud, un beau figuier peut donner jusqu’à 60 kg de fruits !
Fraisier1Mai-Juin (non remontantes), Printemps et Automne (remontantes)Ce savoureux et charnu fruit rouge peut se planter de la fin de l’été au début de l’automne ou bien au printemps, dans un sol fertile et plutôt acide, au soleil.
Framboisier1Juin-Juillet (non remontants), Août-Septembre puis Juin-Juillet (remontantes)Le framboisier est un arbuste qui drageonne, ses tiges sont appelées des cannes, qui portent des fruits rouge rose au goût acidulé.
Groseillier1-2Juin - Juillet
Kiwi3-4Octobre - Premières geléesL’arbuste qui porte les kiwis est une liane vigoureuse, l’actinidia, dont la croissance est extrêmement rapide.
Mûrier1-2Juillet - OctobreLa ronce fruitière ou mûrier est une plante buissonnante aux longues tiges épineuses.
Myrtillier2-3Juin - SeptembreArbuste d'environ 1m50 ou arbuste rampant, bien touffu, le myrtillier est un montagnard.
Noisetier3-4Fin août - Début novembreLe noisetier fleurit très tôt, en janvier février, et ses fruits peuvent être cueillis.
Noyer4-6 (greffé), 10-15 (semis)Septembre - NovembreLe noyer est un arbre magnifique et imposant. Ses fruits se récoltent entre septembre et novembre.
Pêcher2-3Juillet - SeptembreBien que préférant les climats chauds, le pêcher s’adapte facilement à tous les climats. Ses fleurs blanches ou rosées sont malheureusement fragiles et peuvent être détruites par le gel.
Poirier3-5 (4-7 pour une récolte sérieuse)Fin juillet - OctobreLe poirier est un arbre fruitier peu exigeant quant au climat. Ses fruits se cueillent entre septembre et octobre, selon les variétés. La plupart des poires se récoltent lorsqu’elles sont encore fermes.
Pommier2-3 (nain), 4-7 (standard), 8-10 (semis)Août - Octobre/NovembreLa floraison du pommier, en avril, précède l’arrivée de pommes.
Prunier3-4Fin juillet - SeptembreRustique et peu exigeant, le prunier se plaît dans toutes les régions et tolère tous les terrains. Sa floraison blanche, en mars avril, redoute les gelées printanières et le vent.
Vigne2-3 (pour les premiers fruits)Fin août - OctobreLa vigne est un arbuste qui se développe par sarments, qui peuvent s’accrocher à un support grâce aux vrilles dont ils sont équipés. Elle s’adapte partout tant qu’elle est en plein soleil, dans une terre bien drainée.

Calendrier de récolte des fruits

  • Mai : Fraises, Cerises.
  • Juin : Cerises, Fraises, Myrtilles, Framboises (variétés non remontantes), Cassis.
  • Juillet : Abricots, Cassis, Framboises (variétés non remontantes), Mûres, Myrtilles, Pêches, Nectarines, Brugnons, Prunes, Poires (précoces).
  • Août : Abricots, Framboises (variétés remontantes), Mûres, Myrtilles, Nectarines, Pêches, Pommes (précoces), Prunes, Raisin.
  • Septembre : Brugnons, Châtaignes, Figues, Framboises (variétés remontantes), Mûres, Myrtilles, Nectarines, Noisettes, Pêches, Pommes, Poires, Prunes, Raisin.
  • Octobre : Châtaignes, Coings, Figues, Framboises, Kiwis, Mûres, Noisettes, Noix, Pommes, Poires.
  • Novembre : Châtaignes, Coings, Kiwis, Noisettes.

Entretien annuel : le rythme des saisons

L'entretien de l'arbre fruitier conditionne la qualité et la quantité de la récolte. Il s'agit de maintenir l'arbre en bonne santé pour qu'il puisse allouer son énergie à la production de fruits.

1. Prévention des maladies et parasites

La vigilance est de mise, notamment lors du premier hiver d’un fruitier. Lorsque le printemps est passé et que les belles fleurs laissent place aux fruits, les principaux ennemis sont les oiseaux. Attirés par le sucre et les fruits d’une manière générale, les oiseaux vont venir piller vos fruits encore en période de croissance.

Pour se parer contre ces attaques qui peuvent parfois ravager un verger entier :

  • Les effaroucheurs à suspendre (Cats et Holographic) vont permettre d’éloigner merles et étourneaux.
  • La housse Fruitsac permettra une protection individuelle des fruits comme les poires.
  • Pour les cerises ou les mirabelles par exemple, les différents filets de protection (Easynet et Pronet), placés sur l’arbre, protègeront vos futures récoltes.

Ensuite, l'entretien inclut les traitements contre les parasites et les maladies. Privilégiez les méthodes naturelles comme la bouillie bordelaise par exemple.

2. Le développement du système racinaire et de la charpente

Il est tout à fait normal qu’un pommier ne fleurisse et ne fructifie que 4 à 7 ans après la plantation (parfois 3 ans dans le cas d’un pommier nain). C’est le temps qu’il lui faut pour bien s’établir, grandir un peu et développer notamment une robuste charpente et un bon système racinaire. Les producteurs de pommes le savent tous, mais on dirait que cette information ne s’est pas rendue jusqu’aux jardiniers amateurs. Je ne dis pas que, parfois, un pommier ne puisse pas fleurir avant ce temps, mais c’est l’exception plutôt que la règle. D’ailleurs, un certain retard avant la production de fruits est la situation normale avec la majorité des arbustes et arbres fruitiers. Si vous pensez à la croissance de la plante en question (un pommier), ce retard paraît plus logique. Les végétaux ligneux (à bois) sont naturellement lents à mûrir : il leur faut du temps pour se bâtir une solide charpente de bois. Typiquement, un arbre fleurira pour la première fois entre l’âge de 7 ans et… 80 ans! 15 à 20 ans sont d’ailleurs environ la moyenne pour un arbre de petites dimensions ; 20 à 40 ans pour un grand arbre. Évidemment, il faut quand même que la plante profite de conditions assez bonnes pour fleurir «aussi rapidement»!

Maintenant que le jardin est peuplé de pommiers, poiriers et autres fruitiers, le but est de s’en occuper correctement pour que des fruits puissent être récoltés au bout de 3 à 4 années.

3. La conservation des fruits

Certains fruits peuvent être cueillis avant maturité pour être consommés 10 à 15 jours plus tard : brugnons, nectarines, abricots. Par contre, les fraises, framboises, groseilles, mûres, tous les petits fruits, se conservent mal, ils seront à consommer dans les 48 heures maximum. Les pommes, poires, kiwis, noisettes et noix peuvent tenir longtemps s’ils sont convenablement stockés.

Récoltez par temps sec, surtout les fruits de garde qui se conserveraient moins longtemps, et évitez de les laisser au soleil. Prenez en main le fruit et tournez délicatement pour le détacher. Ne les entassez pas trop et ne les heurtez pas.

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