Le rhododendron est un arbuste ornemental apprécié pour son abondante floraison colorée et pour sa rusticité. Si les conditions de culture sont optimales, le rhododendron est un arbuste de terre de bruyère facile à réussir et florifère. Malgré son impressionnante rusticité, il peut toutefois être atteint de diverses maladies ou présenter des symptômes inquiétants, comme l'apparition de feuilles jaunes, oranges ou tachées. Il est essentiel d'apprendre à reconnaître les maladies du rhododendron afin de les éviter ou de les traiter efficacement.

Le jaunissement des feuilles : Diagnostic et causes
Une des préoccupations les plus fréquentes concerne les feuilles qui se décolorent, jaunissent et tombent. Bien que cela soit souvent associé à une chlorose, il convient de ne pas confondre avec d'autres pathologies. Des feuilles qui jaunissent ne sont pas toujours synonymes de chlorose.
La chlorose ferrique
Symptôme caractéristique d’un manque de fer, les feuilles prennent une coloration jaunâtre tout autour des nervures qui restent bien vertes. La chlorose est une maladie du rhododendron, dont le symptôme principal est le jaunissement des feuilles. Le rhododendron étant une plante de terre de bruyère, c’est dans un sol acide qu’il doit être planté, donc dans un sol possédant un pH inférieur à 7.
La plupart du temps, le problème ne vient pas d’une carence en fer au niveau du sol mais plutôt d’un défaut d’assimilation du végétal de cet élément indispensable à la formation de la chlorophylle. Un sol trop calcaire peut expliquer une carence en fer chez la plante, car le calcium joue énormément sur ses capacités d’assimilation en freinant l’absorption de l’eau. Un sol trop sec est fréquemment la cause de ce problème d’autant que les rhododendrons ont un système racinaire assez faible et restant en surface.
Autres causes de décoloration
Si toutes les feuilles ont ce problème, autant celles de l’année passée que les plus récentes, il s’agit certainement d’une carence au niveau du sol. Toutefois, d'autres facteurs peuvent être en cause :
- Les araignées rouges : Petits acariens, elles aiment la chaleur et la sécheresse. On peut voir des minuscules toiles au revers des feuilles.
- L'oïdium : Ces taches indiquent que le champignon agit à l’intérieur et attaque les cellules, la production de chlorophylle en étant altérée.
Parasites et insectes nuisibles
Le rhododendron avoue quelques faiblesses face à des parasites ou à des champignons. Une surveillance régulière du feuillage permet de détecter rapidement l’apparition de symptômes.
L'otiorhynque
Les feuilles ont les bords grignotés. Le coupable, l’otiorhynque, est un petit charançon noir d’un centimètre de long qui monte la nuit depuis le sol sur les branches les plus basses. Il fait des sortes d’encoches irrégulières sur le bord des feuilles, formant des sortes de poinçons. Il laisse toujours la nervure centrale, trop grosse pour lui. Ce n’est pourtant pas de lui qu’il faut se méfier mais de ses larves qui, elles, s’attaquent aux radicelles puis à l’écorce sous le collet de la plante. Trop nombreuses, elles peuvent tuer le rhododendron.
Le tigre du rhododendron (Stephanitis)
Les feuilles de mon rhododendron se couvrent de multiples et minuscules taches jaunes, puis elles prennent une inquiétante couleur grise. Très jolie petite mouche aux ailes semblables à de la dentelle noire et blanche, on l’appelle aussi “tigre du rhododendron”. Il craint le soleil et se tient donc souvent sur le revers des feuilles qu’il constelle de ses excréments. Le revers des feuilles devient brun rouille et se couvre de nombreux petits points noirs.

Les pucerons
Les jeunes feuilles se tordent et sont déformées. On repère sur les feuilles touchées des petits lambeaux blancs, qui sont les mues des pucerons. Un grand nombre de fourmis au pied du rhododendron et sur son tronc est aussi un indicateur fiable de la présence de pucerons. Lorsque les attaques sont très fortes, les feuilles se recroquevillent et se déforment.
Maladies fongiques graves et gestion des racines
Certaines maladies peuvent être fatales au rhododendron, notamment celles s'attaquant au système racinaire ou au collet.
Le Phytophthora
Les jeunes feuilles sont tombantes et enroulées. Ce champignon s’attaque principalement aux jeunes sujets, moins robustes, mais également à des plantes installées en terrains trop lourds et mal drainés. Le Phytophthora empêche une alimentation correcte ou totale en sève des feuilles et des branches, ce qui explique pourquoi le rhododendron meurt.
Il bloque le système racinaire et crée une pourriture au niveau du collet. Pour confirmer la présence de ce champignon, il suffit d’enlever un peu d’écorce au niveau du collet, le bois en dessous présente des parties brunes et ternes. Le champignon “bouche” les canaux alimentant toutes les parties de la plante en sève. Il remonte petit à petit à partir des racines finissant par infecter toute la plante. Malheureusement, il n’existe pas de traitement pour lutter contre les Phytophthoras.
Le Bud blast (noircissement des boutons)
Les boutons floraux deviennent noirs. Il s’agit d’un champignon, le Pycnostysanus azaleae, qui provoque ce noircissement. On peut voir sur le bouton comme des sortes d’épines noires dressées avec une “tête” à leur extrémité, qui sont les spores du champignon. Cette maladie apparaît après la piqûre de cicadelles, un petit insecte vert fluo qui pond ses œufs dans les écailles des boutons de fleurs en fin d’été.
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Stratégies de traitement et bonnes pratiques culturales
La prévention des maladies du rhododendron repose sur le respect de ses besoins spécifiques : un sol acide, bien drainé et riche en matière organique.
Traiter la chlorose
Pour savoir d’où vient la carence, examinez l’ensemble du feuillage. Si seules les jeunes feuilles se décolorent, il s’agit certainement d’un problème d’assimilation. Vous pouvez pulvériser un produit anti-chloroses sur le feuillage. Du chélate de fer peut être apporté en le mettant directement dans l’eau d’arrosage. Cependant, la solution la plus durable et la plus “naturelle” est tout simplement d’arroser le pied du rhododendron afin que ses racines puissent subvenir seules aux besoins de la plante. Gardez le sol toujours frais, un paillage épais est pour ce faire très efficace. Arrosez à l’eau de pluie plutôt qu’avec l’eau du réseau.
Lutter contre les parasites
- Otiorhynques : Pour une lutte biologique, certains vers (Heterorhabditis bacteriophora) parasitent les larves de l’otiorhynque et les détruisent. Les nématodes sont très efficaces contre les larves d’otiorhynques. Il suffit d’en mettre dans un grand volume d’eau et d’arroser le sol avec ces nématodes autour du pied du végétal touché.
- Stephanitis : Traiter le revers des feuilles jusqu’à la disparition totale des insectes à l’aide de purin d’ortie, de décoction d’ail ou bien de pyrèthre. L’argile blanche ou kaolinite pulvérisée sur le feuillage perturbe également ces parasites.
- Pucerons : Des pulvérisations de savon noir mélangé à de l’eau tue les pucerons et sont totalement inoffensives pour la plante et pour le sol.
Entretien et taille
Le retrait des feuilles mortes et des fleurs fanées limite les risques d’infection. La taille se limite au retrait des parties malades, mortes ou endommagées. Il faut désinfecter les outils entre chaque coupe pour éviter la propagation des maladies. Pour permettre à votre rhododendron de bien repartir après une grosse carence, il peut être judicieux de le rabattre en-dessous du feuillage touché. Appliquez un cicatrisant sur toutes les coupes et suivez attentivement ses arrosages jusqu’à sa reprise.

En prévention, soignez l’entretien de votre rhododendron : étalez une couche de paillage épaisse sur la terre, par exemple des aiguilles ou des écorces de pin afin de ralentir son dessèchement. Un paillage avec des écorces de pin maritime maintient l’acidité du sol et conserve l’humidité nécessaire au bon développement des rhododendrons. Évitez également d’arroser avec une eau calcaire. L’apport régulier de terre de bruyère maintient l’acidité du sol nécessaire à leur bon développement. La surveillance régulière du feuillage permet de détecter rapidement l’apparition de symptômes.
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