La ménopause est une étape naturelle du cycle féminin, souvent entourée d'appréhensions. Rudolf Steiner disait, à peu près, quelque chose comme : « la femme ménopausée enfante son propre enfant spirituel. Si elle rate la marche elle retombe en enfance. » La ménopause débute quand il n’y a plus de règles depuis un an et dure jusqu’à la fin de la vie. Après une phase de cahot physiologique due aux modifications hormonales, la préménopause, notre corps s’adapte et entre déclin et ascension nous pouvons choisir notre développement interne. D’un point de vue physique, le cycle féminin se trouve perturbé par des changements hormonaux. À la ménopause, l’hypophyse sécrète encore de la FSH (Hormone de Stimulation Folliculaire) et de la LH (Hormone Lutéinisante), qui agit sur les ovaires afin de provoquer la sécrétion d’œstrogènes et de progestérone. Mais comme ceux-ci ne répondent plus, l’hypophyse en produit en plus grandes quantités.

Les bouffées de chaleur sont fréquentes chez la femme, surtout lors de la ménopause. Elles se manifestent par des sensations de chaleur intenses et diffuses (buste, cou et visage), souvent nocturnes et de durée variable. Elles peuvent s'accompagner de rougeurs, de sueurs et de frissons, plus rarement de vertiges. Les conséquences de ces dérèglements hormonaux peuvent être nombreuses : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, fonte musculaire, ostéoporose, sécheresse de la peau et des muqueuses (notamment sécheresse vaginale), libido en berne, fuites urinaires, prise de poids, irritabilité, troubles du sommeil, risques cardiovasculaires (hypertension) et risque de diabète de type 2.
La phytothérapie : une approche naturelle pour la transition hormonale
La phytothérapie est un allié de choix pour les femmes, ménopausées ou non, et dès les premiers signes de règles irrégulières ou de troubles. Certaines plantes peuvent être proposées pour soulager des troubles attribués à la ménopause. Les plantes les plus utilisées sont celles contenant des phytoestrogènes, des substances ayant des effets proches des hormones féminines (estrogènes). Certaines plantes miment l’action des hormones naturelles. Mais des précautions s’imposent. Docteur en pharmacie, Pascale Gélis-Imbert recommande d’agir dès la préménopause, c’est-à-dire dès que les règles deviennent irrégulières. Ces plantes aux effets œstrogéniques ou progestatifs peuvent être alternées.
Au coeur des organes : La régulation du cycle ovarien
Pour les femmes qui ont encore des cycles, on commence par une plante œstrogénique au premier jour des règles pendant 14 jours, puis on enchaîne avec une plante progestative pendant 10 jours, et on arrête jusqu’au retour des règles. Pour les femmes qui n’ont plus de règles, il est recommandé de prendre pendant 15 jours une plante œstrogénique, puis pendant 10 jours une plante progestative. Arrêter 15 jours, puis recommencer. Attention toutefois, car l’utilisation de la plupart de ces plantes est contre-indiquée en cas de cancer gynécologique, en particulier le cancer du sein. Du fait de leurs propriétés hormonales, la sauge, le houblon, le gattilier, l'achillée millefeuille ainsi que le trèfle rouge sont contre-indiquées lors d'antécédents de cancer gynécologique, en particulier du sein.
La sauge officinale : pilier de la gestion de la transpiration
La sauge officinale est une plante vivace aromatique mesurant de 20 à 30 centimètres, qui pousse sur les sols calcaires de la région méditerranéenne. Elle est, notamment, utilisée en phytothérapie pour son action antisudorale (atténue la transpiration), antiseptique, et pour ses effets bénéfiques sur la digestion. Elle possède une action oestrogénique, ce qui signifie qu'elle est capable d'augmenter, de façon naturelle, le taux d'oestrogènes présents dans le sang. La sauge est considérée comme l’un des piliers des remèdes de grand-mère pour atténuer les bouffées de chaleur.
Les feuilles séchées de la sauge officinale peuvent être utilisées dans le traitement symptomatique des bouffées de chaleur sous forme d'extrait sec de nébulisat, de poudre de plantes ou de tisane. Précisons que la poudre totale de plante ne subit aucun traitement chimique ou par la chaleur et représente la forme la plus proche de la plante à l'état naturel, le totum. Pour en profiter, vous pouvez faire infuser quelques feuilles de sauge séchée dans de l’eau bouillante pendant une dizaine de minutes. Consommez ensuite cette boisson tiède ou froide, deux à trois fois par jour, en dehors des repas si possible. Néanmoins, la sauge peut présenter quelques contre-indications. Les femmes enceintes ou allaitantes doivent l’éviter, et toute interaction avec des traitements existants doit être vérifiée auprès d’un professionnel de santé.
L'actée à grappes noires et les isoflavones végétales
Une des plantes phare est l’actée à grappes noires (Actéa racemosa ou cimicifuga racemosa). Le rhizome de l’actée à grappes noires contient des tanins, de l’acide fukinolique et des triterpènes glucosidiques (actéine et cimicifugoside). La présence d’isoflavones a été évoquée. L’usage de l’actée à grappes noires dans le traitement des symptômes gênants de la ménopause est considéré comme cliniquement prouvé. De nombreuses études ont rapporté les principaux effets de l’actée à grappes noires : réduction des bouffées de chaleur, de la sudation excessive, des troubles du sommeil, de la dépression et de l’anxiété. Les études les plus récentes émettent l’hypothèse que les effets de l’actée à grappes noires seraient d’ordre psychologique plutôt qu’hormonal.
Le soja (Glycine max) renferme des isoflavones, également appelées phytoestrogènes. De nombreuses femmes prennent des comprimés ou des gélules à base de soja pour atténuer les effets de la ménopause. Les phytoestrogènes semblent moins efficaces que les estrogènes de synthèse : ils ne soulageraient que 30 % des femmes contre 70 % pour les produits de synthèse. En gélules, la posologie est de 40 à 80 mg par jour d’isoflavones de soja. Grâce à leur teneur élevée en lignanes, la consommation de graines de lin permet également de limiter une partie du déficit en œstrogènes. Deux études cliniques ont étudié l'effet des graines de lin, à raison de trois cuillerées à soupe par jour, sur les bouffées de chaleur.
Le gattilier et l'achillée millefeuille : régulateurs hormonaux
Le gattilier, aussi appelé "poivre sauvage", est un buisson de 1 à 2 mètres de hauteur. Ses vertus sont reconnues depuis l'Antiquité. Il stimule et rééquilibre le système hormonal féminin. Il agit notamment sur les bouffées de chaleur et la prise de poids. À noter que les effets du gattilier ne sont pas immédiats : ils s'observent généralement au bout de trois mois de prise régulière. Le gattilier se trouve sous la forme de comprimés, de capsules ou de gélules. Il se consomme également en tisane. L'achillée millefeuille, quant à elle, est une plante oestrogène-like. Elle peut ainsi lutter contre les douleurs pelviennes et agir sur les bouffées de chaleur.

Le houblon et les solutions complémentaires
Comme la sauge officinale, le houblon a un effet oestrogène-like. Il est utilisé en phytothérapie pour son action contre l’anxiété, pour favoriser le sommeil, et pour le traitement de certains effets indésirables liés à la ménopause. On l'utilise généralement en teinture-mère ou en gélules, le soir avant le coucher. Contrairement aux plantes évoquées précédemment, l’aubépine n’a pas d’action hormonale. Elle possède toutefois de nombreuses vertus, agissant notamment sur l’anxiété et les palpitations, symptômes associés aux bouffées de chaleur.
L’huile essentielle de sauge sclarée est également oestrogène-like. Elle agit ainsi sur les troubles féminins et les bouffées de chaleur. Elle a aussi le pouvoir de réguler les troubles de sommeil et l’anxiété. En infusion, diluez une goutte d’huile essentielle de sauge sclarée dans une cuillère à café de miel d’acacia. En massage, diluez 3 gouttes d’huile essentielle dans une cuillère à café d’huile de macadamia. Appliquez sur le bas ventre, matin et soir à raison de cinq jours par semaine. La passiflore, également appelée « fleur de la passion », est une plante reconnue pour ses vertus apaisantes sur le système nerveux, idéale pour favoriser la détente et la qualité du sommeil.
Précautions et suivi médical
La prise prolongée de phytoestrogènes n'a fait l'objet d'aucune étude et ne devrait s'effectuer que sous contrôle médical. Il est très difficile de recommander un traitement homéopathique sans une consultation, car les conseils se doivent d’être personnalisés. Un remède a toutefois fait ses preuves sur les bouffées de chaleur : l'atropa belladonna. Pour les femmes qui ont des antécédents de cancers hormono-dépendants, l’hamamélis de Virginie, bénéfique pour les troubles circulatoires, peut être une alternative contre les bouffées de chaleur. On peut la prendre en tisane : trois cuillerées à soupe infusées dans un litre d’eau, à boire tout au long de la journée.
L'hygiène de vie lors des années précédant l’arrivée de la ménopause va en partie conditionner les effets de celle-ci. Plus une femme sera dans une pratique de vie « saine », moins elle en subira les conséquences et intègrera plus facilement ces changements avec certainement des symptômes moins prononcés. Se relaxer et pratiquer une activité physique régulière aident à contrôler les bouffées de chaleur. Si les remèdes naturels constituent une première démarche pour modérer les bouffées de chaleur, leur efficacité varie selon chaque personne. Si les bouffées de chaleur persistent, s’intensifient ou s’accompagnent d’autres troubles importants, il est essentiel de consulter un professionnel de santé. Combiner ces astuces à une surveillance médicale régulière offre le meilleur équilibre pour traverser la ménopause avec sérénité.