Planter des Arbres Fruitiers en Couple : Le Guide Complet pour un Verger Fructueux

Planter et entretenir un arbre fruitier est une démarche passionnante qui demande quelques connaissances de base et une collaboration efficace, surtout lorsqu'on s'y met en couple. Le succès de votre verger commence bien avant la plantation, en amont du choix des espèces jusqu'aux soins post-plantation.

Couple plantant un jeune arbre fruitier

Préparer le Terrain : Choisir et Planifier

Avant de mettre la bêche en terre, une phase de réflexion est essentielle. Il s'agit de s'assurer que les conditions offertes à vos futurs arbres fruitiers sont optimales pour leur épanouissement.

L'Importance du Choix de l'Espèce et de la Variété

Le premier pas vers un verger réussi est de choisir des espèces et des variétés adaptées à votre climat. Par exemple, si votre région est froide, il est préférable d'opter pour des variétés de pommiers ou de poiriers rustiques. Cette sélection initiale est cruciale pour la survie et la productivité de vos arbres.

Le Rôle du Porte-Greffe

Le porte-greffe, c'est la racine de votre arbre, et il joue un rôle déterminant. Il influence la taille finale de votre arbre (colonnaire, nain, semi-nain ou de haute-tige), sa vigueur et son adaptation au sol. Comprendre son impact est fondamental pour choisir le bon arbre en fonction de l'espace disponible et des caractéristiques de votre sol.

Où Planter Votre Arbre Fruitier ?

En règle générale, les arbres fruitiers ont besoin d’une exposition en plein soleil et abritée des vents froids. Cependant, des exceptions existent, comme les framboisiers qui acceptent éventuellement la mi-ombre, voire l’ombre, en particulier certaines variétés comme ‘Willamette’ ou ‘Héritage’. Quant au sol, tous les fruitiers n’ont pas les mêmes exigences, mais la plupart ont besoin d’un sol bien drainé. Les pommiers et les cerisiers se plaisent dans tous types de sol ; les poiriers et les cognassiers n’aiment pas beaucoup les sols calcaires, tandis que les pruniers, les abricotiers et les framboisiers les supportent. Il est donc important de vous renseigner pour faire l'acquisition de fruitiers correspondant aux conditions que vous pourrez leur offrir.

Gérer l'Espace : Distances de Plantation

Par ailleurs, si vous plantez plusieurs arbres, il faut être vigilant sur leurs distances de plantation. Les arbres fruitiers ont besoin d’espace pour pousser, se développer et s’épanouir, ainsi que pour bénéficier de lumière et d'une bonne aération. C’est donc à la forme de l’arbre et à son envergure à l’âge adulte qu’il faut penser au moment de la plantation. Un verger trop dense, dans lequel les arbres fruitiers sont plantés les uns à proximité des autres, favorisera l’apparition de maladies et de parasites. Pour éviter une plantation trop dense, il faut impérativement respecter les distances de plantation entre les arbres fruitiers.

Pour les arbres haute-tige, respectez une distance de 8 à 10 mètres d’écart entre les arbres. Pour les arbres demi-tige, prévoyez 4 à 6 mètres, et pour les arbres basse-tige, 2 à 4 mètres. Certaines variétés fruitières, comme le cognassier, le prunier et le pêcher, prennent moins de place en haute-tige que les pommiers et les poiriers sous cette même forme. Pensez également à respecter une distance suffisante par rapport aux limites de propriété ou autres bordures. Si votre terrain est voisin d’une zone boisée, évitez de planter un arbre fruitier ou autre grand arbre à la lisière de la forêt. Laissez au moins 20 à 30 mètres d’écart avec la lisière du bois. La distance minimale entre deux arbres fruitiers varie également selon le type d’arbre que vous choisissez de planter. En effet, pour des arbres compacts, comme les pommiers nains ou les poiriers, un espacement de 3 à 4 mètres suffit. Ce type d’arbre se développe bien même avec moins de place, tout en produisant une récolte de qualité. Plus un arbre est grand, plus ses racines se propagent largement, ce qui nécessite un espace suffisant pour éviter la concurrence entre les racines des arbres voisins. De plus, une distance correcte permet une meilleure circulation de l’air et de la lumière, et réduit ainsi les risques de maladies fongiques.

Si la place manque, pensez aux fruitiers formés qui se palissent le long d'un mur et offrent un rendement aussi bon que les arbres fruitiers de plein vent. Si vous ne possédez qu'une terrasse ou un balcon, optez pour un fruitier nain cultivable en bac, la gamme de variétés est aujourd'hui très large. Les arbres fruitiers dits « palissés » sont des arbres fruitiers dont les branches sont attachées à un support (fils tendus, murs, clôtures,…). De ce fait, ces arbres fruitiers prennent peu de place et sont particulièrement adaptés aux petits jardins, ils sont également très productifs.

L'Organisation du Verger

Disposer les arbres fruitiers dans un verger demande une certaine stratégie. Non seulement il est important de respecter une distance adéquate entre les arbres, mais également de prendre en compte les orientations et les zones d'ombre. La disposition idéale dépend du climat et du type d’arbre fruitier. Si l’objectif est de créer un verger décoratif tout en assurant une récolte abondante, la disposition en quinconce est généralement la plus favorable. Elle permet une meilleure accessibilité et offre aux arbres la possibilité de se développer harmonieusement. Dans un verger bien organisé, chaque arbre fruitier dispose d’un espace suffisant pour bien se développer. Si le choix des arbres fruitiers doit tenir compte du terrain, du climat et de la région dans laquelle vous habitez, leur plantation nécessite quelques précautions en amont. Par exemple, il est préférable d’éviter de les planter à proximité immédiate du potager. L’ombre générée par les arbres et l’étendue des racines pourront en effet nuire à la culture de vos légumes. En outre, en tenant compte de la taille des arbres fruitiers à l’âge adulte, il est important de les planter correctement dès le premier jour.

Plan de verger avec disposition des arbres

Le Choix des Formes

Le type d'arbre fruitier que vous allez choisir dépend principalement de la configuration de votre jardin. Les formes et les tailles sont extrêmement variées.

  • Arbres sur tige (haute-tige et demi-tige) : Ces arbres peuvent atteindre 5 à 8 m de hauteur. Leur tronc dégagé vous permet de circuler en dessous, et la taille du houppier vous permet d'obtenir des récoltes plus importantes. Un arbre haute-tige peut atteindre jusqu'à 8 mètres de hauteur, un demi-tige 6 mètres et un basse-tige 3 mètres. Plus un arbre est haut, plus il projette d’ombre dans le jardin. Les haute-tiges peuvent vivre jusqu’à 100 ans et produire des fruits pendant très longtemps. Ils deviennent de majestueux arbres à forte valeur paysagère. Cependant, ils mettent plus de temps à porter des fruits, en général, pas avant 5 ans minimum. Si vous souhaitez obtenir des fruits plus rapidement, vous pouvez acheter un arbre fruitier avec une couronne de trois ans.
  • Arbres en quenouille ou gobelet (basse-tige) : Ces arbres deviennent de petits arbres (1,50 à 5 m selon les fruitiers), dont le tronc fera 50 à 60 cm. Vous pourrez alors cueillir vos fruits avec facilité. Les arbres basse-tige commencent à produire plus rapidement que les haute-tige.
  • Arbres palissés : Un fruitier palissé est en réalité un arbre fruitier classique dont les branches sont conduites à l’horizontale. Comme pour un arbre fruitier isolé, vous pouvez choisir entre des formes basse-tige, demi-tige ou haute-tige. Selon le type, les branches latérales commencent à 50, 120 ou 180 cm de hauteur. Les fruitiers en espalier présentent plusieurs avantages : ils prennent peu de place, leur aspect est esthétique, et les fruits bénéficient d’une meilleure exposition au soleil, ce qui favorise leur maturation. C’est une excellente alternative lorsque l’espace est restreint. Pour un arbre aux branches horizontales, il faut tendre des fils horizontaux espacés de 50 cm. La hauteur du premier fil dépend de la hauteur du tronc : pour un basse-tige, commencez à 50 cm du sol ; pour un demi-tige, à 120 cm. Les arbres haute-tige en espalier sont très rares.
  • Fruitiers nains en bac : Si vous ne possédez qu'une terrasse ou un balcon, optez pour un fruitier nain cultivable en bac, la gamme de variétés est aujourd'hui très large.

Quand Planter Votre Arbre Fruitier ?

La période de plantation est une donnée essentielle pour assurer une bonne reprise.

  • Arbres à racines nues : Ils se plantent en fin d’automne et en hiver, de novembre à la fin mars, en dehors des jours de gel. La période la plus favorable va toutefois de mi-novembre à mi-décembre. La plantation des fruitiers vendus en racines nues doit se faire entre novembre et mars, hors période de gel. Les plants à racines nues doivent être plantés dès que possible après l’arrachage. Il est recommandé de les immerger dans une bassine d’eau pendant quelques heures avant la plantation.
  • Arbres en conteneur : La plantation des fruitiers vendus en conteneur peut se faire tout au long de l’année, hors périodes de gel et d’intense sécheresse. Les arbres vendus en conteneur peuvent, en principe, être plantés toute l'année, à l'exception des périodes de sécheresse estivale ou de fortes gelées. Cependant, leur système racinaire est moins robuste que celui des arbres à racines nues. Il est recommandé de les immerger dans une bassine d’eau pendant quelques heures avant la plantation.
  • Arbres avec motte grillagée : Ils peuvent être plantés uniquement les jours sans gel, entre décembre et mars. Ils doivent être mis en terre avant l'apparition des premiers bourgeons au printemps.

Si vous ne pouvez pas planter votre arbre dès sa réception (météo défavorable à la plantation : gelées, vents violents, pluies abondantes et sol détrempé), il faudra le mettre en jauge soit dans une terre légère ou un tas de sable. La jauge doit être abritée du vent et exposée au nord pour éviter de forts écarts de température entre la nuit et le milieu de la journée. Vos arbres pourront rester ainsi entre plusieurs jours et plusieurs semaines avant la plantation définitive. Ne prolongez pas ce délai, si les plants développent un système racinaire, les arracher à nouveau serait un stress supplémentaire pouvant ralentir voire nuire à la reprise.

La Plantation : Les Gestes Clés en Couple

Une fois les préparatifs terminés, la plantation elle-même est une étape où la collaboration en couple peut être particulièrement efficace.

Planter un arbre fruitier : les informations essentielles en 1 minute - Truffaut

Préparation du Trou de Plantation

Creusez un trou assez profond (environ 50 x 50 cm). Il doit être plus grand que l’ensemble des racines. Un trou de bonnes dimensions, 50 cm à 1 m de large pour 50 à 70 cm de profondeur, selon la taille du sujet à planter, est idéal. Le fond doit être bien ameubli pour favoriser l'enracinement. Lors du creusement, il est recommandé de séparer en deux tas la terre extraite du trou : d’une part la bonne terre végétale de dessus ; d’autre part la terre plus profonde, peu fertile. Le trou de plantation ne doit pas être trop profond : une fois l'arbre en terre, le point de greffe doit se situer entre 0 et 2cm au-dessus du niveau du sol.

Si votre sol n’est pas naturellement drainant, commencez par disposer une couche de gravier (10 cm), de tessons de pots, ou de tuiles cassées au fond du trou de plantation. Cette couche de drainage va permettre aux racines de ne pas se « noyer » à cause d'un sol argileux. Le trou destiné à recevoir votre arbre fruitier devra préférentiellement être ouvert 2 à 3 semaines avant la plantation (mais ce n'est pas obligatoire).

Préparer l'Arbre

  • Pour un fruitier en conteneur : La préparation est très simple : il s’agit de mettre le conteneur à tremper dans une bassine d’eau ou dans un seau pendant une dizaine de minutes, ou davantage pour une grosse plante. Le but est de bien humidifier la motte.
  • Pour un fruitier à racines nues : Il demande à être préparé avec un peu plus de soins, juste avant la plantation. Commencez par retailler légèrement les racines avec un sécateur bien affûté et désinfecté, de façon à obtenir des coupes franches en biseau. Éliminez éventuellement les racines abîmées. Vérifiez que le volume des branches est équilibré avec celui du système racinaire ou alors, réduisez les rameaux. Supprimez toutes racines abîmées et équilibrez la ramure.

Le Pralinage

Pralinez ensuite les racines : il s’agit de les faire tremper dans un mélange argileux appelé pralin (qui s’achète en jardinerie ou que vous confectionnerez vous-même). Recouvrir le système racinaire avec un mélange de terre et d’eau. Ce geste facilite considérablement la bonne reprise de l’arbre.

Le Geste de Plantation

  1. Préparer le mélange pour reboucher le trou : Mélangez à la terre extraite du trou, du compost ou du fumier bien décomposés. Préparez le mélange qui servira à reboucher le trou : mélangez la terre végétale, la première extraite du trou, à parts égales avec du compost mûr, du fumier, ou encore avec du terreau ; vous pouvez y adjoindre un engrais organique à petite dose, sous forme de corne broyée. Si votre sol est lourd, vous pouvez alléger ce mélange avec un apport de sable ou de gravillons. Dans le trou de plantation, mélangez de la terre végétale avec du compost ou du lombricompost, ainsi qu’une poignée de poudre de lave. Vous pouvez également saupoudrer les racines de l’arbre avec de l’Oenosan, ce qui favorise une bonne reprise.
  2. Installer le tuteur : La mise en place d’un tuteur permet au jeune arbre de se développer correctement. Les jeunes arbres fruitiers ont besoin d’un tuteur pour les aider à pousser droit les premières années. Afin de ne pas endommager les racines, installez-le dès maintenant et plantez-le solidement, face aux vents dominants. Pour les arbres haute-tige et demi-tige, il est recommandé de planter un tuteur avant de mettre l’arbre en terre. Enfoncez solidement le tuteur dans le trou de plantation et assurez-vous que son sommet arrive juste sous les premières branches de l’arbre.
  3. Positionner l'arbre : Au moment de déposer l’arbre, faites attention à ce que le point de greffe se trouve au-dessus du trou. Placez l'arbre fruitier dans le trou. Veillez à ce que le point de greffe (le renflement entre le tronc et les racines ou bourrelet visible au-dessus des racines) soit toujours au-dessus du niveau du sol, et dépasse de 2 cm le niveau du sol. Orientez votre arbre de sorte que la tige principale et les rameaux soient droits. Au besoin, ajustez la hauteur de la butte de terre. Placez l’arbre au centre du trou, en plaçant les racines autour de la butte de terre. Alignez l’arbre de manière à ce que le tronc soit bien droit dans le trou de plantation. Plantez l’arbre légèrement plus profondément que son niveau initial en pépinière (ce niveau est encore visible sur le tronc). Cela encourage un bon développement des racines.
  4. Reboucher le trou et tasser : Puis recouvrez de terre en tassant autour des racines. Terminez de combler le trou avec le mélange que vous avez préparé, en tassant la terre au fur et à mesure autour des racines. Vérifiez une dernière fois le bon positionnement du point de greffe : il ne doit jamais être enterré, ce qui favoriserait le développement de maladies fongiques. Tassez le sol autour de l’arbre ou de l’arbuste nouvellement planté. Comblez le trou et tassez régulièrement la terre avec le pied. Remettez délicatement la terre excavée tout en maintenant l’arbre droit. Finissez de boucher le trou jusqu’au niveau du sol.
  5. Réaliser une cuvette d'arrosage : Aménagez cette cuvette en creusant légèrement le sol tout autour du plant ou encore en confectionnant un bourrelet de terre. De cette façon, vous optimiserez les arrosages en évitant à l’eau de s’éparpiller. Utilisez l’excédent de terre ou les mottes de gazon retirées pour former une petite bordure autour du trou. Cela permet de retenir l’eau d’arrosage et d’éviter qu’elle ne s’écoule. La cuvette doit avoir un diamètre équivalent à la largeur de la motte et une bordure d’au moins 25 cm de hauteur.
  6. Attacher l'arbre au tuteur : Attachez l’arbre à son tuteur à l’aide d’un lien souple. Fixez l’arbre sans trop serrer, en laissant un peu de souplesse pour éviter d’endommager l’écorce. Pour les arbres sur tige, le tuteur devra être enterré de 50 cm dans le sol et remonter jusqu'au niveau de la tête. Attachez-le à l'aide d'un lien extensible de préférence en plastique pour ne pas abîmer votre arbre. Ce lien sera délié au fur et à mesure de la croissance de votre arbre.
  7. Arroser copieusement : Achevez la plantation du fruitier par un arrosage copieux, même par temps de pluie. Arrosez largement et versez l’eau en plusieurs fois dans la cuvette d’arrosage en attendant à chaque fois qu’elle s’infiltre bien. Comptez 15L d'eau. Un arrosage initial est nécessaire, même si le sol est humide. Cet apport d’eau permet de bien tasser la terre autour des racines et favorise une reprise optimale. L’arrosage est indispensable après la plantation, même s’il pleut.

La Plantation en Duo pour la Pollinisation

Le saviez-vous ? Il existe des arbres fruitiers dits autofertiles, qui se suffisent à eux-mêmes pour fructifier. Dans les autres cas, un arbre fruitier a besoin que soit planté à proximité un autre arbre de la même espèce, d’une variété dite pollinisatrice. C’est notamment le cas de la plupart des pommiers et poiriers. La pollinisation est une étape indispensable à la production de fruits puisqu’au travers de la fécondation, elle permet d’aboutir à la formation d’un fruit.

Pour les variétés autostériles, appelées aussi allogames (qui nécessitent d’être fécondées par un autre membre de leur espèce comme les cerisiers, les poiriers, les pommiers, …), il est utile de connaître les variétés complémentaires présentes aux alentours. Pour que la pollinisation soit envisageable et pour assurer un meilleur rendement, il faut que la parcelle accueille les autres variétés dans un rayon maximum de 3km. Certaines variétés fruitières dépendent de la pollinisation croisée pour obtenir une bonne production. Cela signifie qu'elles ne porteront des fruits que si un autre arbre de la même espèce, mais d'une variété différente, pousse à proximité (dans un rayon d'environ 100 mètres).

Pour les variétés autofertiles, appelées aussi autogames (qui assurent elles-mêmes leur fécondation comme les abricotiers, les pêchers, les pruniers, …), il n’est pas obligatoire d’avoir une autre variété pollinisatrice. Toutefois, il est toujours mieux pour votre jardin de mélanger vos arbres fruitiers. Même les arbres dits autofertiles affichent de bien meilleures productions lorsqu'ils peuvent croiser leur pollen avec un partenaire. Encore faut-il que celui-ci soit à portée de vol immédiat d'un insecte pollinisateur, c'est-à-dire à moins d'une cinquantaine de mètres, et que les périodes de floraison soient identiques, de manière à ce que les fleurs apparaissent au même moment. Voilà pourquoi la présence d'un cerisier dans le jardin du voisin ne garantit pas forcément la bonne pollinisation du vôtre.

M. T. a finalement résolu de planter ses fruitiers par deux. Il a donc, dans le même large trou, installé deux cerisiers, puis plus loin, deux pruniers, deux abricotiers et deux poiriers. Les paires d'arbres associées ont été choisies en fonction de leur compatibilité de croisement. Les arbres ont été plantés de biais, en opposition l'un à l'autre, afin de favoriser une croissance vers l'extérieur et d'éloigner les houppiers. Lorsque l'on plante deux arbres aussi proches, la concurrence pour l'eau et les nutriments est importante. Il est donc nécessaire de prévoir des arrosages et des amendements deux fois plus volumineux. Il faut également accepter que les arbres aient un développement plus lent et plus réduit. Par contre, la productivité totale de chaque binôme sera similaire à celle d'un arbre isolé. En sélectionnant finement les variétés, pour chaque espèce de fruit, M. T. a optimisé son verger. Pour réussir la pollinisation croisée, vous devez mélanger arbre à polliniser et arbre pollinisateur. Vous devez alors vous renseigner sur le type de fécondation de vos futures plantations et des arbres déjà présents aux alentours. Pour que la pollinisation de vos arbres fruitiers autostériles puissent se faire, vos plantations ne doivent pas être trop loin des arbres pollinisateurs. Les insectes pollinisateurs comme les abeilles, les bourdons et les papillons vont devoir passer d’un arbre à l’autre. S’ils sont trop éloignés, il y a peu de chance que les insectes fassent ce chemin. Pour mettre toutes les chances de votre côté, il vaut mieux planter vos arbres à moins de 30 mètres de distance. Au-delà de 100 mètres, la pollinisation risque d’être vraiment compliquée.

Abeille butinant des fleurs d'arbre fruitier

Entretien et Protection : Assurer la Pérennité de Votre Verger

Une fois plantés, vos arbres fruitiers nécessitent un entretien régulier et une protection adéquate pour prospérer et produire des fruits abondants.

L'Arrosage : Un Soutien Vital

Dans les premières années, l'arrosage est crucial. Arrosez profondément et régulièrement, surtout pendant les périodes sèches. Arrosez votre arbre ou arbuste régulièrement pendant la première année de plantation, surtout par temps chaud et sec. L’arbre a besoin du plus d’eau à partir du débourrement jusqu’au solstice d’été (21 juin). La quantité d’eau à fournir dépend des conditions météorologiques et de la structure du sol. Les racines doivent rester humides.

La Taille : Un Art au Service de la Fructification

La taille est un geste technique qui assure la bonne forme de l'arbre et une fructification abondante. Les jeunes arbres fruitiers sont souvent taillés en pépinière avant d’être vendus. Si votre arbre fruitier n’a pas été taillé, vous devez le faire en hiver, avant que l’arbre ne commence à bourgeonner. Les fruitiers palissés nécessitent une taille d’hiver et une taille d’été. Les arbres fruitiers à forme libre demandent peu de taille, contrairement à leurs homologues palissés.

Fertilisation et Amendements

Mélangez à la terre extraite du trou, du compost ou du fumier bien décomposés. Incorporez une fumure de fond dans le trou de plantation 15 jours avant. Bien que l’on entende souvent dire qu’un arbre fruitier doit être fertilisé avec des engrais granulés, cela n’est absolument pas nécessaire, et à mon avis, même déconseillé. Ce que vous pouvez faire, en revanche, c’est pailler chaque année le sol autour des troncs avec du compost ou du lombricompost. Vous pouvez fabriquer vous-même ce compost ou l’acheter. Il est important que le sol sous les arbres reste couvert, que ce soit avec des fleurs ou avec du paillis. L’utilisation d’engrais granulés peut perturber la structure et la vie du sol, ce qui a des conséquences négatives à long terme sur la croissance des plantes.

La Lutte Contre les Ravageurs

Le ravageur le plus courant est le carpocapse, un papillon qui s’attaque à de nombreux fruitiers. Il pénètre à l’intérieur du fruit et dévore tout, même les pépins. Les dégâts sont souvent importants et il continue de se développer en 2 ou encore 3 générations selon les régions. Pour lutter contre le carpocapse dès l’automne, utiliser les nématodes afin d’éliminer les larves hivernantes. Au printemps, utiliser les phéromones avec leur piège pour limiter la fécondation.

Un fruitier est souvent sujet aux pucerons. Bien que nous préférions éviter ces nuisibles, ils constituent une précieuse source de nourriture pour les insectes prédateurs tels que les coccinelles, les chrysopes, les guêpes parasitoïdes, les perce-oreilles et les punaises prédatrices.

Protection Contre les Rongeurs et Animaux Sauvages

Si vous habitez dans une région où vivent de nombreux rongeurs, cerfs ou blaireaux, il est recommandé de protéger vos arbres fruitiers avec un treillis. Nous avons opté pour des poteaux de soutien avec un grillage de clôture. Pour ce faire, enfoncez trois poteaux à égale distance autour de l’arbre, de manière à former un triangle. Chaque poteau doit être enfoncé d’au moins 50 cm dans le sol pour assurer une bonne stabilité. Reliez ensuite les trois poteaux avec des lattes plates pour créer une structure solide. Si vous installez un treillis autour de l’arbre, vous pouvez l’attacher aux poteaux de soutien plutôt qu’à un piquet directement placé à côté de l’arbre. Une autre option consiste à protéger l’arbre avec des lattes en bois de châtaignier. Enfin, vous pouvez opter pour des manchons de protection autour du tronc. Cette solution est simple et efficace contre les petits animaux sauvages comme les lapins, les moutons et les chèvres.

L'Éclaircissage : Optimiser la Production

Lorsque les jeunes arbres commencent à produire, il ne faut pas laisser tous les fruits sur les branches car cela l’épuise. Procédez à l’éclaircissage lorsque les fruits ont la taille d’une bille. Ne laissez que quelques fruits par branche.

Favoriser la Biodiversité

Vous pouvez également semer un mélange de fleurs autour de l’arbre fruitier. Cela attire les pollinisateurs, ce qui est un avantage supplémentaire ! Les arbres et arbustes fruitiers offrent une floraison au printemps et attirent dès le début de la saison des insectes utiles : pensez aux bourdons et aux abeilles, mais aussi aux syrphes, aux guêpes parasitoïdes et aux coccinelles qui se nourrissent de pollen et de nectar. La vie souterraine attire à son tour de petits mammifères comme les crapauds, les taupes, les hérissons, les souris et les campagnols. Ainsi, en plantant des arbres fruitiers, vous créez un véritable cercle de vie dans votre jardin. Si vous souhaitez stimuler la pollinisation dans votre verger, vous pouvez installer une ruche à bourdons contenant des bourdons vivants.

Jardin potager avec fleurs et insectes pollinisateurs

Cas Particuliers et Astuces

Planter de Vieux Arbres Fruitiers au Même Endroit

Si vous êtes dans la situation où vous devez d’abord arracher de vieux arbres fruitiers avant d’en planter de nouveaux, il est préférable de replanter les nouveaux arbres exactement au même endroit. En effet, le sol dans lequel les anciens arbres ont poussé pendant des années contient encore les champignons et les bactéries bénéfiques qui vivaient en symbiose avec leurs racines. Les arbres fruitiers nouvellement plantés pourront immédiatement profiter de ces conditions favorables.

Petits Fruits Ligneux et Haies Fruitières

Comme pour les arbres fruitiers, vous pouvez trouver des petits fruits ligneux à racines nues entre novembre et fin mars. Les petits fruits en conteneur sont disponibles plus longtemps. La meilleure période pour planter reste cependant l’hiver, lorsque les plantes sont en dormance. Les variétés ligneuses d’arbustes à baies sont particulièrement adaptées à la création de haies fruitières. Il existe de nombreuses options, que ce soit avec une structure entièrement en bois ou une construction plus simple utilisant des poteaux et des fils.

Pour une construction simple de haie fruitière :

  1. Plantez des poteaux en bois ou en métal à une distance de 4 mètres les uns des autres. Choisissez des poteaux de 2,50 m de haut, à enfoncer à 60 cm dans le sol.
  2. Fixez un poteau incliné à l’un des poteaux verticaux pour pouvoir tendre les fils plus efficacement et augmenter la stabilité.
  3. Tendez des fils galvanisés entre les poteaux, en commençant à 50 cm du sol, puis tous les 50 cm. Ajoutez un tendeur à chaque fil pour bien les tendre. Vous pouvez également utiliser des fers à béton à la place des fils galvanisés.
  4. Plantez les arbustes fruitiers en ligne le long des fils.

Si vous avez un mur ensoleillé, vous pouvez y installer une structure : en lieu et place des poteaux, ancrez chimiquement dans le mur des tiges en inox avec filetage. Fixez ensuite des fils galvanisés avec un tendeur, ou montez un fer à béton sur les tiges inox.

Conseil : Les kiwis de Sibérie, aussi appelés kiwaï, doivent être conduits en ligne droite vers le haut, sans s’enrouler autour des fils de support. Veillez à les détacher régulièrement. Pour les framboisiers et les mûriers, il est conseillé de conserver 5 à 7 branches par mètre linéaire.

Où Acheter Vos Plants ?

Astuce de pro : choisissez vos plants de fruitiers chez un pépiniériste situé près de chez vous. Le choix de votre arbre fruitier bien étudié et l'achat effectué, il ne vous reste plus qu'à le planter.

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