Informations et usage des plaquettes de bois et copeaux forestiers

La plaquette forestière est un matériau naturel qui se compose de petites branches. 100 % naturel et avec une longue durée de vie, ce produit n’est pas inerte. Son action se prolonge dans le temps : il restitue à la plante différents nutriments à chaque étape de sa décomposition, ce qui lui confère un effet fertilisant important. Il améliore ainsi la structure des sols et protège les plantes contre les maladies. La plaquette forestière freine le développement des mauvaises herbes et protège le sol des changements de température. Elle permet également de limiter l’arrosage en gardant l’humidité. Quelques temps après la mise en place du paillage, certains végétaux peuvent montrer temporairement des signes de fébrilité (manque de vigueur, jaunissement des feuilles), cette étape n’est que transitoire, cela est dû à la captation de l’azote par les champignons, qui le restituera ensuite à la plante.

La production de plaquette forestière est obtenue par le déchiquetage du bois ne pouvant être exploité pour d’autres usages (branchage, bois à pouvoir calorifique faible…). La valorisation de ceux-ci permet une meilleure gestion des forêts et permet le nettoyage de ces dernières. Dans certaines régions comme la Normandie, les haies abondent autour des parcelles et le bois devient une véritable ressource à exploiter. Le bois déchiqueté peut être utilisé en alternative à la paille pour la litière des animaux, mais aussi sur les cultures afin de remonter le taux de matière organique des sols.

Schéma illustrant le cycle du bois déchiqueté : de la haie au paillage ou à la litière

Équipements et techniques de production

Mais comment tirer le meilleur parti des copeaux de bois formés par le broyage des branches ? Historiquement, c’est avec l’activité de vente de matériel forestier que l’aventure FSI Franskan a démarré en 1985. Dès 1993, la distribution de broyeurs de branches a commencé, complétée en 2000 par les chaudières à bois déchiqueté venues de Finlande. Parmi nos broyeurs de branches, certains sont équipés d’un peigne éclateur, indispensable pour la production de bois énergie. Autre avantage de taille : la plupart de nos modèles sont en stock ! Pour ceux qui ne le sont pas, vous pouvez être livré sous six semaines.

Ce broyeur de branches dédié au bois énergie est une véritable pépite. Branché sur prise de force derrière un tracteur, il permet de broyer des branches jusqu’à 230 mm de diamètre. Ce broyeur a un diamètre admissible de 270 mm et se branche sur prise de force. Mais son petit (ou gros !) truc en plus, c’est sa grue ! Elle permet non seulement un plus gros débit de chantier et offre un meilleur confort de travail : la tâche est moins physique donc moins fatigante pour l’humain. Ce broyeur de branches est principalement dédié à la réduction de volume et donc à la création de paillage. Mais il peut également être équipé d’un peigne éclateur pour produire de la plaquette !

Organisation des chantiers de bois énergie

Le chantier de broyage du bois en plaquettes doit être anticipé. Il est recommandé de broyer le bois encore vert, cela facilitera le séchage par fermentation. Sur le chantier, les grumes et les branches doivent être regroupées et rangées dans le même sens. Les plaquettes forestières sont issues de bois broyés en copeaux de quelques centimètres de côtés (typiquement : 442cm).

La fédération des Cuma de Normandie estime le coût total d'une tonne de plaquettes en autoproduction à 42,5 €/t, soit environ 1 400 € pour 100 m3 (33 tonnes). Dans ce coût, nous incluons :

  • le coût de l’abattage : 18 €/tonne ;
  • le déchiquetage : 20 €/tonne ;
  • le transport entre le chantier et le silo : 4,5 €/tonne.

On estime à 30 % le bois supplémentaire valorisé en plaquettes par rapport à un chantier bois bûches. Mais celui-ci doit être correctement réalisé pour obtenir des plaquettes de bonne qualité. Vient ensuite la phase de séchage de 4 à 6 mois pour passer de 40 % d’humidité à 20-25 %. Les plaquettes sont mises en tas d’au moins 3 m de haut. Le tas n’est pas remué : il va fermenter et monter en température. Cependant, en été-automne, le temps plus sec peut permettre de faire sécher les plaquettes en extérieur.

Déchiquetage de plaquettes forestière par l'entreprise BBE ( Bertin Bois Energie )

Utilisation des plaquettes en litière animale

Nous bénéficions aujourd’hui d’un certain recul dans l’utilisation de plaquettes bois en litière animale. Nous le devons à l’Idele et aux agriculteurs qui se sont lancés dans la technique il y a quelques années. La plaquette peut être utilisée en stabulation libre, étable entravée ou aires d’exercice.

En aire paillée, les plaquettes de bois sont le plus souvent utilisées en sous-couche (8 à 10 cm) de la paille. Autour des abreuvoirs ou derrière une marche, il est recommandé de mettre 30 cm d’épaisseur. En élevage allaitant, le premier apport de paille n’est réalisé qu’au bout de quinze jours à un mois en fonction de l’état de propreté des animaux (classe B de la grille de l’Idele). Un paillage d’entretien est réalisé tous les un à deux jours pendant toute la saison de stabulation.

Il est conseillé de composter le fumier. Cela est indispensable dans le cas de bois de résineux, de chênes ou de châtaigniers. Le compost dégrade en effet les terpènes et tanins contenus dans ces bois et qui sont responsables de l’acidification. Le fumier de plaquettes pur ou mélangé avec la paille ne pose aucune difficulté d’utilisation. Il est aussi riche en azote qu’un fumier pailleux et a un rapport carbone/azote très favorable à la fermentation. Son pH est compris entre 8 et 9.

Expérimentations en élevage laitier et ovin

Alors que l’utilisation de plaquettes en élevage ovin est encore peu répandue, l’Idele a mené des expérimentations sur cette pratique. Les agneaux et brebis peuvent être élevés sur des litières entièrement constituées de plaquettes, sans apport de paille, excepté au moment de l’agnelage. Cette période n’a pas été étudiée par l’Idele par crainte que les plaquettes ne détériorent le lien agneaux-brebis car elles peuvent se coller aux nouveau-nés. Les performances mesurées par l’Idele sont également équivalentes entre les deux modalités : aucune différence de croissance, d’état corporel, de boiterie, ni d’activité n’a été relevé.

Sur la ferme de la Blanche Maison, la litière 100 % copeaux est testée en comparaison à une litière 100 % paille. « L'idée était que la litière bois mise en place à la rentrée en stabulation des animaux pour l'hiver puisse durer le plus longtemps possible », explique Flore Lepeltier, gestionnaire de projets R&D. En revanche, les conditions météorologiques (forte hygrométrie pour cet hiver 2023-2024) ont compliqué les choses : il a fallu curer l'ensemble de la litière au cours de l'hiver.

Application agronomique et paillage des sols

Le bois déchiqueté peut être utilisé sur les cultures afin de remonter le taux de matière organique des sols. La fédération des Cuma Normandie Ouest et les Chambres d'agriculture de Normandie sont associées autour du projet d'expérimentation Valobois. Il s'agit de valoriser les plaquettes bocagères en litière puis en épandage sur les cultures. Un autre volet de l'expérimentation concerne l'apport de plaquettes sur les cultures pour apporter de la matière organique dans les sols. Bien que les essais soient toujours en cours, de premières observations ressortent déjà comme le phénomène de faim d'azote qui pénalise le rendement de la culture suivante (ici un maïs derrière un couvert végétal ayant reçu les plaquettes).

Graphique comparatif montrant le rapport C/N entre effluents bois et paille

Concernant la valorisation de la litière, la ferme de la Blanche Maison en a épandu avant maïs également, mais aussi sur des microparcelles de prairies en testant plusieurs modalités : compostée ou non. Les premières analyses révèlent un rapport C/N élevé pour l'effluent bois non composté et une valeur proche de celle de l'effluent paille non compostée pour l'effluent bois composté.

Choix des paillages pour les jardins et massifs

Les paillages biodégradables sont un rempart efficace face à l’évaporation de l’eau du sol, un atout particulièrement valable pour supporter les étés de plus en plus secs et chauds. On estime ainsi que les paillages bois, par exemple, permettent d’économiser 60 % de ressource en eau. Il est donc conseillé d’apporter un paillage biodégradable au niveau de vos massifs d’annuelles.

Parmi les choix disponibles, on trouve :

  • Les paillettes de chanvre, d'une durée de vie de 2 ans, idéales pour les massifs d'annuelles.
  • Les chips coco, au pH neutre et fort pouvoir de rétention en eau.
  • Les plaquettes de peupliers, économiques, adaptées aux arbres et arbustes, se dégradant en moins de 2 ans.
  • Les copeaux ou écorces de pin, particulièrement adaptés aux végétaux de terre de bruyère, avec une durée de vie de 5 ans.

La plupart des paillages biodégradables répondent à la norme NF-U 44-551 (support de culture végétal), voire à la NF-U 44-051 (amendements organiques). Effectivement, par rapport aux autres types de paillage (minéral, plastique…), leur avantage est bien d’enrichir progressivement le sol en place, soit par dégradation dans le temps, soit par enfouissement de la matière.

Logistique et livraison des produits ligneux

Sans ressource en bois à disposition, il est conseillé d’acheter la plaquette. C'est la même que celle utilisée pour l'énergie. Elle doit être sèche, soit avec moins de 25 % d'humidité. La livraison en affrètement concerne les commandes pesant plus de 600 kg par palette ou les commandes de plus de 2 palettes légères.

Pour les produits de RACINE, la livraison standard des big bag ou palettes se fait en camion porteur 19 T avec hayon. Avant de commander, il est impératif de vérifier l’accessibilité de votre domicile ou chantier. Concernant la date de livraison, le transporteur vous appellera directement : veillez à indiquer un numéro de téléphone valide lors de votre commande. Le ou les big bag (ou palettes) sont livrés à l'entrée de votre domicile, sur le trottoir ou dans l'entrée de garage. Pour le vrac : un agent de plateforme remplira votre véhicule avec une chargeuse, équipée d’un godet peseur qui déverse le produit en vrac par le haut.

Photo montrant le déchargement de plaquettes de bois en big-bag par camion à hayon

En résumé, que ce soit pour l'entretien des haies, la production de bois énergie, l'amélioration des litières animales ou le paillage des jardins, la plaquette de bois représente une solution technique et agronomique complète. Il convient toutefois de bien anticiper les phases de séchage et de choisir le calibre adapté à l'usage final, tout en restant vigilant sur la gestion de l'azote lors des épandages en plein champ.

tags: #plaquette #bois #copeau