Pourtant la photo dans le catalogue était magnifique, mais dans mon jardin ça ne ressemble pas du tout à cela. Que s’est-t-il passé ? Évidemment ma première impulsion est d’accuser le marchand de bulbes. Pourtant lorsque j’ai déballé les bulbes avant la plantation, ils étaient plutôt beaux. Pour en avoir le cœur net, une seule solution : interroger un spécialiste du bulbe.
La terre : le premier facteur de succès ou d'échec
Le premier responsable de cet échec peut être la terre de mon jardin. Si la terre est trop lourde, car trop argileuse, elle va retenir l’eau. Or autant un manque d’eau peut empêcher les bulbes de pousser, autant un excès d’eau va les faire pourrir. La terre peut ne pas être assez riche pour permettre au bulbe de pousser et fleurir. Avant de procéder à la plantation, il est indispensable de préparer la terre. Oublier cette étape peut s’avérer lourd de conséquence. Si la terre n’a pas été travaillée profondément avant la plantation, cela peut nuire au bon développement des bulbes. Les tulipes détestent l’humidité stagnante. Un sol gorgé d’eau provoque la pourriture du bulbe ou, plus insidieusement, un affaiblissement progressif qui empêche la floraison. C’est l’une des erreurs les plus courantes.

Respecter le cycle biologique du bulbe
Pour le bon développement du bulbe, il faut respecter une certaine distance de plantation. Il est vrai que parfois on préfère planter les bulbes serrés pour obtenir un effet de masse. Un bulbe est très facilement déterré. Une fois à la surface, il devient un repas idéal pour d’autres animaux comme les lapins ou les limaces. Les limaces sont les spécialistes pour manger les pousses toutes jeunes des dahlias. Même si toutes les conditions d’utilisation ont été respectées, certains bulbes ont besoin de temps pour s’installer. Hélas il y aussi des bulbes en apparence normaux qui ne fleuriront jamais sans que l’on sache réellement pourquoi. Les arracher, les laisser en terre, couper les feuilles… autant de questions que peut se poser le jardinier une fois que les bulbes ont fleuri au printemps. Pour mettre tous les atouts de son côté afin qu’un bulbe à floraison printanière refleurisse l’année suivante, bien connaître son mode de croissance permet de faciliter les interventions du jardinier.
Le bulbe est un organe de stockage qui permet à la plante d'observer une période de repos végétatif, puis de repartir de sa base lorsque le bon moment est venu. Un bulbe reconstitue ses réserves en particulier grâce à ses parties aériennes que sont les feuilles, notamment par le mécanisme de la photosynthèse. Pour que le stockage des nutriments se fasse dans le bulbe et qu'il ait la force de produire des parties aériennes et des fleurs, les feuilles ne doivent pas être coupées avant d'être totalement fanées.
La gestion du feuillage après la floraison
Pour les bulbes qui restent en terre toute l’année, si l’on veut qu’ils refleurissent de manière éclatante la saison suivante, leur feuillage sera conservé le plus longtemps possible, au moins tant qu’il est vert. On ne le coupera qu’une fois jauni. Le problème se pose, par exemple, pour les jonquilles ou narcisses qui fleurissent dans les pelouses. La tondeuse, si son passage précoce s’avère nécessaire, devra contourner les touffes de leurs feuilles qui restent après leur floraison. Si, à une époque, on considérait que la pelouse devait être tondue de manière impeccable, le jardinier apprécie aujourd’hui un jardin aux aspects un peu plus sauvages ou, disons, plus naturels. Garder les feuilles des bulbes après leur floraison contribue à cette ambiance. Pour faciliter cependant l’entretien, au moment de la mise en place des bulbes, il vaudra mieux les planter en touffes que de manière dispersée.
COMMENT ARRACHER ET CONSERVER LES BULBES DE PRINTEMPS
Ne pas épuiser le bulbe
D’une manière générale, que les bulbes restent en terre ou non, les fleurs devront être coupées autant que possible après leur floraison, tout en conservant une partie de la tige. Les laisser produire des graines épuisera la plante au détriment de la reconstitution des réserves du bulbe. En cas de sécheresse, ne pas hésiter à arroser pendant la floraison mais sans excès et tant que les feuilles sont vertes. Un apport d’engrais organique pendant cette période favorisera la constitution des réserves du bulbe et contribuera à une meilleure floraison l’année suivante. Certains déconseillent cet apport dans le cas de bulbes plantés dans des pelouses, l’engrais favorisant la croissance des mauvaises herbes. L’apport devra alors se limiter au niveau des touffes de fleurs.
Les plantes bulbeuses tolèrent mal un excès d’azote (N) qui fera pousser le feuillage en excès au détriment de la floraison (attention à l’engrais pour gazon très riche en azote). Méfiance également avec le fumier qui est mal toléré par les bulbes qui ont alors tendance à pourrir. Faites des apports d’engrais spécial bulbes », riche en potassium (K) et en phosphore (P) après la floraison, lorsque les feuilles commencent à stocker les nutriments avant de se faner. Respectez la période de repos des bulbes en limitant les arrosages.
Soignez la conservation des bulbes
La vie d’un bulbe et ses chances de reprise une fois replanté dépendent en grande partie des modalités de sa conservation. Une fois les bulbes arrachés, laisser sécher naturellement à température ambiante les parties aériennes, puis les enlever lorsqu’elles se détachent sans effort. Les bulbes seront ensuite déposés sur des clayettes grillagées afin que la totalité des faces du bulbe soient ventilées. C’est pourquoi je déconseille fortement l’usage des cagettes qui ne permettent pas une bonne circulation de l’air. La conservation se fera dans un local aéré, à l’abri de la lumière et peu humide. Certes, il devra être le plus frais possible. Mais le plus gros danger sont les fortes variations de température qu’il faudra éviter à tout prix.
Les bulbes que l'on peut laisser en terre : Aconit d’hiver, ail d’ornement, anémone, camassias, couronne impériale (fritillaire), crocus, iris, freesia, jacinthe, jonquille, lis, muscaris, narcisse, perce-neige, scille, tulipe botanique et, en général, tous les petits bulbes.
Le cas particulier de la tulipe
Les tulipes comptent parmi les bulbes les plus attendus du printemps. Leur floraison brève mais éclatante est un moment de grâce au jardin. Pourtant, il arrive que certaines touffes ne produisent que des feuilles, sans la moindre hampe florale. Ce phénomène, frustrant mais fréquent, n’est jamais dû au hasard. Il révèle un ou plusieurs déséquilibres dans le cycle biologique du bulbe. Les tulipes horticoles, notamment les hybrides de type Triumph, Perroquet ou Double tardive, sont spectaculaires… mais peu pérennes. Leur floraison exige une telle quantité d’énergie que le bulbe s’épuise rapidement. Ces hybrides impliquent de replanter régulièrement de nouveaux bulbes. Le jardinier ne doit pas trop compter sur la pérennité des hybrides très sophistiqués.
À l’inverse, certains bulbes issus de la multiplication naturelle (les caïeux) sont trop petits pour fleurir. Ils ont besoin de 2 à 3 ans pour atteindre une taille suffisante. Il est donc impératif de les laisser plusieurs années au même endroit pour qu’ils grossissent car les déplacer les dérange. La tulipe a besoin d’une période de froid prolongé pour déclencher la formation de la hampe florale. Sans ce phénomène, appelé vernalisation, la plante produit des feuilles mais pas de fleurs. La tulipe est une plante de pleine lumière. Elle a besoin d’un ensoleillement généreux pour fleurir et, surtout, pour reconstituer ses réserves après la floraison.

Les confusions classiques : Jonquilles et Narcisses
De nombreuses personnes tendent à utiliser ces deux mots indifféremment oubliant que chacun définit une fleur bien précise. La confusion est sans doute née du genre auquel ces deux plantes bulbeuses appartiennent. En effet, la jonquille et le narcisse font partie du genre Narcissus de la famille des Amaryllidacées, ou Liliaceae selon la classification classique. Sur le plan botanique, la jonquille, de son nom latin Narcissus jonquilla, est donc un narcisse, mais tous les narcisses ne sont pas des jonquilles.
La période propice à la plantation de bulbes de narcisses et de jonquilles se situe entre les mois de septembre et de novembre, voire décembre. En les plantant à l’automne, vous leur offrirez le temps nécessaire pour s’installer en terre et, ainsi, être prêt au printemps pour fleurir. Les bulbes de narcisses, tout comme ceux de jonquilles, doivent être mis en terre en automne, puisqu’ils ont besoin d’une période de froid pour pouvoir fleurir. Malheureusement si l’hiver les prive de ce froid nécessaire en étant trop doux, les fleurs peuvent ne pas apparaître.
Les ennemis des bulbes : ravageurs et maladies
Un bulbe est très facilement déterré. Une fois à la surface, il devient un repas idéal pour d’autres animaux comme les lapins ou les limaces. Les limaces sont les spécialistes pour manger les pousses toutes jeunes des dahlias. Veillez à les protéger de la gourmandise des mulots ! Une astuce consiste à les placer dans de vieux bas, les rongeurs détestent la texture ! Campagnols, mulots grignotent les bulbes qui, partiellement mangés, produisent encore des feuilles, mais pas de fleurs. La mouche des narcisses : ressemblant à un petit bourdon, elle se nourrit du pollen des narcisses, mais ce qui est plus grave, c’est qu’elle pond des œufs et que les larves qui naissent de ces œufs dévorent le bulbe en y creusant des galeries. Ainsi endommagé, il ne pourra plus fleurir.

Le forçage et les bulbes en pot
Cas des bulbes forcés pour les fêtes : Jacinthes, narcisses, crocus, cyclamens ou amaryllis fleurissent en intérieur bien avant la saison car ils ont été forcés au préalable. Ne les jetez pas une fois la floraison terminée ! Plantez-les simplement au jardin à la bonne profondeur et dans le bon sens pour leur donner une chance de refleurir l'année suivante, certains vont même se naturaliser ! Le cas de l’amaryllis est un peu spécial car il craint le froid, après une période de repos dans son pot au jardin, il pourra refleurir en intérieur l'année suivante. Les tulipes vendues en pot au printemps ont été forcées en serre. Elles ont subi un cycle artificiel qui les épuise. Une fois replantées au jardin, elles produisent souvent seulement des feuilles l’année suivante, voire rien du tout. Elles sont à considérer comme des fleurs annuelles, à moins de les replanter en pleine terre après floraison pour garantir leur reprise.
Analyse des causes de dégénérescence
Malgré tout le soin apporté à ces bulbes, ils finissent par dégénérer d’une année sur l’autre et donner des fleurs plus petites. Le jardinier devra alors s’en procurer de nouveaux dans le commerce, en n’oubliant pas l’adage « plus le bulbe est gros, plus la fleur sera belle » ! D’une part, la terre s’épuise. Il faudra les arracher quand le feuillage sera jauni. C’est un problème de réserve lipidique. Les bulbes ont des réserves au niveau des tubercules. Si vos bulbes sont en place depuis longtemps et que vous n’avez pas apporté d’engrais, ils se sont épuisés. C’est pour cette raison que parfois vous avez beaucoup de feuilles et très peu de fleurs !
Les tulipes n’aiment pas la compétition. Racines d’arbustes, vivaces vigoureuses ou même gazon peuvent limiter leur accès à l’eau, à la lumière ou aux nutriments. Planter des tulipes au pied d’un arbre, les insérer dans une pelouse ou dans un massif très dense où les bulbes sont étouffés, sont des situations problématiques.
Conseils d'experts pour une culture réussie
Pour mettre tous les atouts de son côté afin qu’un bulbe à floraison printanière refleurisse l’année suivante, bien connaître son mode de croissance permet de faciliter les interventions du jardinier. Pour les autres variétés dites « hybrides » dont les bulbes se plantent à l’automne, elles seront arrachées après la floraison de printemps et le plus tard possible lorsque les feuilles seront fanées. Une fois arrachés, les bulbes seront nettoyés de la terre qui les recouvre, des feuilles desséchées et des racines mortes. Un grand soin sera alors apporté pour leur conservation afin d’assurer une bonne qualité du bulbe.
L'iris des jardins ne fleurira correctement que si le rhizome "voit" le soleil, c'est à dire s'il affleure le sol sur sa partie supérieure. Il commence à faire froid, c'est le moment de planter vos bulbes! Tulipes, jacinthes, narcisses, crocus…tous les conseils de Laurence Laly, experte jardin de France Bleu Pays d'Auvergne. L'automne et le printemps sont les 2 grandes périodes de plantation. Mais c'est bien l'automne, le moment le plus favorable pour planter vos arbustes en conteneur.
Si vous plantez des bulbes en mauvaise santé, il y a peu de chances que vos narcisses et vos jonquilles fleurissent le moment venu. Pour permettre un bon développement des bulbes, il est recommandé de les espacer les uns des autres d’une dizaine de centimètres entre les bulbes. Durant la floraison des jonquilles et des narcisses, il peut être nécessaire de procéder à des arrosages s’il ne pleut pas suffisamment. En effet, lorsque les bulbes fleurissent, ils ont besoin de pouvoir constituer des réserves qui contribueront à la régénération des plantes. Il est possible d’apporter de l’engrais à vos jonquilles pour leur permettre de reconstituer leurs réserves. Mais si vous le faites, il est nécessaire d’opter pour un engrais riche en potasse, mais faiblement dosé en azote. Lorsque les fleurs commencent à faner, il est recommandé de couper les tiges florales, ce qui évitera que les réserves du bulbe ne soient utilisées inutilement.