La Bretagne, terre de légendes et de traditions, recèle également des trésors naturels parfois méconnus, à l'image des pruniers sauvages aux fruits minuscules, affectueusement surnommés "polotrez". Ces petits arbres fruitiers, emblématiques des paysages bretons, côtoient l'histoire de figures marquantes de la ville de Brest, dont le nom de Berthelot résonne à travers différentes époques et engagements. Cet article se propose d'explorer la richesse de ces pruniers et de faire le lien avec des personnalités politiques et des résistants qui ont marqué l'histoire de Brest et de la région.

Les "Polotrez" : Un Héritage Fructifié de la Bretagne
Le "prunier Berthelot Brest" fait référence à une variété de prunier sauvage particulièrement présente en Bretagne. Ce petit arbre produit des fruits très petits, dont l'épiderme est pourpre très foncé, à la limite du noir. La chair de ces prunes est jaune dans la zone du pourtour du noyau, commençant à se colorer rouge sur les quelques millimètres extérieurs, près de l'épiderme. Délicieux, ces fruits se prêtent parfaitement à la confection de tartes et de confitures. Il est d'ailleurs souvent dit que c'est une des meilleures confitures de prunes qui soient, révélant un goût unique et profond.
Ces petites prunes sauvages sont parfois nommées "blosse", "bolos" (bolosenn) ou "polos" (polosenn), l'appellation variant selon la région de Bretagne. Il existe également différents clones de ces pruniers. D'une région à l'autre, ces "polotrez" peuvent différer en aspect ou en goût, mais toutes ont en commun leur petite taille.
Ces pruniers sauvages poussaient autrefois partout en Bretagne, notamment sur les talus, avant la grande période du remembrement des années 60 qui a profondément modifié le paysage agricole de la région. Leur présence contribuait à avoir des talus "utiles" à la faune, offrant nourriture et abri à de nombreuses espèces. Aujourd'hui, préserver ces variétés rustiques participe à la biodiversité et à la sauvegarde d'un patrimoine végétal local. Il est important de noter que le site qui partage ces informations n'est pas un site commercial et ne propose ni greffons, ni plants, ni graines de ces pruniers.
Jacques Berthelot : Un Maire RPR à la Traversée Mouvementée de Brest
Le nom de Berthelot est également indissociable de l'histoire politique de Brest avec Jacques Berthelot. Ancien maire RPR de Brest (Finistère), il a exercé son mandat entre mars 1983 et juillet 1985. Jacques Berthelot est décédé dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 juin 2024, à l’âge de 78 ans. Son mandat avait été de courte durée, percuté par des querelles intestines au Rassemblement pour la République (RPR) et à l’Union pour la démocratie française (UDF). Cette période fut marquée par des tensions internes au sein de la droite brestoise. Dans les années 1980, Jacques Berthelot, en tant que maire RPR, avait notamment été remarqué en montant sur un tas d'ordures à la décharge du Spernot, désignant ainsi « l'état de la droite brestoise », une image forte symbolisant les défis politiques de l'époque.
Au-delà de son rôle de maire, Jacques Berthelot a également été conseiller régional du canton de Brest-Cavale-Blanche-Bohars-Guilers de 1985 à 1998, où il a siégé auprès du président Charles Miossec. Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère, a salué sa mémoire, le décrivant comme un « élu engagé pour son territoire et ses convictions ». Au nom de l’ensemble des conseillers départementaux du Finistère, des condoléances ont été présentées à sa famille et à ses proches, témoignant du respect et de la reconnaissance pour son engagement politique.

Les Conflits Politiques à Brest : Un Contexte Historique
L'histoire politique de Brest a souvent été le théâtre de luttes et de rivalités, notamment au sein des partis. Les querelles internes au RPR et à l’UDF qui ont marqué le mandat de Jacques Berthelot ne sont pas un cas isolé. Plus récemment, des tensions ont également agité la scène politique brestoise, comme en témoignent les divergences au sein de l'UMP. Laurent Prunier, conseiller municipal sortant et chef de l'Union de la droite et du centre, ainsi que président de la fédération UMP du Finistère, avait annoncé sa candidature à l'investiture avec une certaine confiance.
Cependant, la commission nationale d'investiture de l'UMP a décidé de « geler » le cas brestois. Ce gel était lié à un conflit latent entre Laurent Prunier et Agnès Le Brun, secrétaire départementale de l'UMP et maire de Morlaix. Cette dernière estimait Laurent Prunier incapable de reprendre Brest à la gauche à court ou moyen terme, et a fait part de ses griefs à la commission. Cette attitude était possible car elle misait sur une autre candidature, celle de Bernadette Malgorn. Ancienne préfète de région et leader de l'opposition au conseil régional, Bernadette Malgorn a longuement consulté et s'est inscrite sur les listes électorales à Brest, ne cachant plus ses intentions. Sa démarche visait à bâtir une nouvelle offre politique et elle exprimait sa conviction qu'avec une stratégie intelligente, il était possible de battre la gauche à Brest. Il est important de rappeler que depuis 1989, la gauche est aux manettes de la Ville de Brest et, unie, elle remporte systématiquement tous les scrutins, qu'ils soient locaux, nationaux ou européens, en dépassant régulièrement les 60 % des voix.
Pierre Berthelot : Un Résistant de la Première Heure et un Symbole d'Engagement
Le nom de Berthelot résonne également avec une figure héroïque de la Résistance française : Pierre Berthelot. Né d'un père poudrier de la poudrerie de Pont-de-Buis, investi localement dans le syndicalisme, et d'une sœur, Marie Berthelot (1921-1988), Pierre Berthelot a grandi dans un environnement marqué par l'engagement. Suite à l'amputation d'une jambe de leur père pendant la Première Guerre mondiale, Pierre Berthelot et sa sœur furent adoptés comme pupilles de la Nation en 1924, suite à un jugement du Tribunal civil de Châteaulin. Une plaque au Pont de Buis rend d'ailleurs hommage aux grands-parents de Roger Pierre Berthelot et aux parents de Pierre Berthelot, dont Louis Berthelot, Déporté Résistant, grand mutilé de la guerre 1914/1918, et Résistant communiste de la 1ère heure. Louis Berthelot fut un organisateur, avec ses camarades Horn et Masson, de la 1ère manifestation, en juillet 1940, à la poudrerie nationale du Pont de Buis, demandant l'arrêt de la fabrication de poudre pour l'armée allemande. Il fut Officier de la Légion d'honneur, Médaille militaire, Croix de Guerre 1914/1918, 1939/1945, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance, et reçut plus d'une quinzaine de décorations, témoignant de son courage et de son dévouement.
À l'âge de quinze ans, Pierre Berthelot entra à l'école des apprentis de l'arsenal de Brest pour suivre un cursus de charpentier en fer. En 1936, il adhéra à la cellule de Pont-de-Buis du Parti communiste français (P.C.F) ainsi qu’à la C.G.T, montrant un engagement précoce. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata en 1939, Pierre Berthelot n'était pas encore mobilisable.
Lors de la débâcle en juin 1940, le 2ème Dépôt des Équipages de la flotte rappela la classe 1920 et intégra les candidats au départ, enrôlés dans la précipitation. De nombreux jeunes furent alors rassemblés et le 18 juin 1940, pas moins de 613 engagés évacuèrent Brest à bord du pétrolier ravitailleur "le Tarn", direction l'Angleterre. Pierre Berthelot était à bord, sous la mitraille des avions allemands et au milieu des mines flottantes. Près du Conquet, il fut témoin de l'explosion de l'aviso "le Vauquois", se coupant en deux au contact d'une mine dérivante lâchée la veille par des avions allemands. Plusieurs de ses camarades travaillant avec lui à l'Arsenal de Brest périrent avec environ 132 autres marins. L'ordre fut donné de changer de cap. Devant St Nazaire, le cuirassé "Jean Bart" rejoignit la Flotte. Le 26 juin 1940, le pétrolier arriva à Casablanca au Maroc. L'armistice signé, Georges Abalain et Pierre Berthelot furent rapatriés à Toulon puis démobilisés.
Compte tenu de leur âge, ils durent effectuer un passage par les Chantiers de la Jeunesse française (C.J.F) pour une durée de six à huit mois de stage, se substituant à leurs obligations militaires, pour les jeunes de la classe 1940. En camp du côté d'Aix-en-Provence puis Gap, le finistérien retrouva la liberté en mars 1941. Albert Abalain leur rendit visite, sans doute pour les ramener en Finistère à l'issue de leur période de service obligatoire. Il les informa, entre autres, qu'il était entré en Résistance. L'aîné incita alors son frère cadet et son ami à faire de même.
Sitôt rentré, Georges Abalain réintégra l'arsenal. Pierre Berthelot, lui, s'y refusa. C'est là qu'il fut rapidement contacté par Venise Gosnat, adjoint à l'interrégional du P.C.F clandestin de Bretagne, pour monter un groupe de l'Organisation spéciale (O.S). L'objectif était de rassembler des sympathisants locaux et potentiellement d'obtenir des explosifs pour des actions. En août 1941, le fugitif Jean Marc fut envoyé à Pont-de-Buis chez Pierre Berthelot pour s'y "mettre au vert" quelque temps. Les deux se connaissaient bien d'avant-guerre, travaillant dans le même bâtiment à l'arsenal.
Avec son ami Georges Abalain, Pierre Berthelot monta une arnaque à l'embauche dans une grande entreprise, avec la complicité du comptable. Grâce à cela, ils parvinrent à obtenir des fonds qui furent reversés à leur organisation, notamment pour le ravitaillement. L'année 1942 marqua une recrudescence des actions pour la Résistance communiste brestoise. Sans que l'on puisse préciser la temporalité et la fréquence des convoyages organisés, il semble que Pierre Berthelot se soit rendu à plusieurs reprises à Brest pour y acheminer des matières explosives. Celles-ci servaient ensuite à la confection de bombes artisanales pour commettre des sabotages ou attentats contre l'occupant.
D'après le témoignage de son fils Roger, le résistant de Pont-de-Buis organisait avec Pierre Corre le convoyage jusqu'à Brest. Albert Rolland et Joseph Ropars n'étaient prévenus que quelques heures avant l'arrivée de Pierre Berthelot à la gare de Brest. Ils devaient s'y rendre pour l'escorter et l'aider au transport. Il semble que ce soit le proche domicile de Joseph Ropars, au 28 rue Richelieu, qui servait de dépôt aux colis. Sitôt sa tâche accomplie, Pierre Berthelot regagnait rapidement Pont-de-Buis.

En prévision d'un attentat sur Brest, Pierre Berthelot obtint des explosifs par des communistes de Concarneau. La matière venait d'un chantier de la Todt sur Quimperlé. Elle fut confiée à Albert Abalain fin avril 1942. C'est également dans cette période que Pierre Berthelot reçut la visite de Pierre Corre et Jules Lesven, du triangle militaire de l'Organisation spéciale de Brest. Ils étaient en mission de reconnaissance pour établir des itinéraires plus sûrs pour les déplacements des militants-résistants dans le Finistère. Selon Eugène Kerbaul, c'est au sein de cette nouvelle structure que Pierre Berthelot obtint en mai 1942 un poste à responsabilité en entrant au triangle de direction militaire de Brest, aux côtés de Pierre Corre et d’Adolphe Le Roux. Ceci paraît étrange dans la mesure où Pierre Berthelot ne résidait pas à Brest. Cependant, les F.T.P brestois ayant un besoin croissant de matières explosives, sa bonne connaissance et sa capacité à s'en procurer ont pu peser pour sa nomination à ce poste.
Toujours en mai 1942, Georges Abalain profita d'une visite à sa famille à Pont-de-Buis pour effectuer un sabotage à la poudrerie, sur le téléphérique, en compagnie de Pierre Berthelot, Maurice Cam et Yves Autret. Les actions de Pierre Berthelot étaient nombreuses et variées : vol d'explosifs à la Poudrerie nationale de Pont de Buis, dans les entreprises de carrière, destruction par explosifs du téléphérique de la poudrerie nationale du Pont de Buis, envoi de valises d'explosifs à ses camarades dans tout le Finistère, le Morbihan et les Côtes du Nord. Il participa également à des attaques de perceptions et bureaux de poste pour se procurer de l'argent et des tickets d'alimentation afin de subvenir aux besoins de son organisation de Résistance et d'acheter du ravitaillement pour nourrir les camarades entrés dans l'illégalité et les familles des emprisonnés. C'est Pierre Berthelot qui approvisionnait en explosifs ses camarades brestois.
Début octobre 1942, une importante vague d'arrestations secoua le milieu de la résistance communiste en Bretagne et notamment à Brest. Pierre Berthelot ne fut pas visé initialement, mais par sécurité, il trouva refuge à Landévennec en presqu'île de Crozon. Malgré cette précaution, il y fut arrêté le 21 octobre 1942, car suspecté d'activité communiste. Il passa la journée et la nuit à Argol avant d'être ramené à Brest le lendemain. Pierre Berthelot fut interrogé par la police française au commissariat de Saint-Martin. Aucune infraction probante ne fut relevée contre lui. Pierre Berthelot resta néanmoins interné dans la prison de Pontaniou à Brest, par ordre des autorités allemandes.
La Déportation et l'Héritage de Pierre Berthelot
Pierre Berthelot fut déporté au camp de concentration de Sachsenhausen où il se vit attribuer le matricule de déporté 58684. Il passa également par les camps de Heinkel et Dachau. Les conditions de vie dans ces camps étaient épouvantables. À l'arrivée, les détenus devaient se mettre à nu, subir la désinfection dans une cuve puante contenant un produit chimique, puis être habillés en tenue zébrée, celle des bagnards. Le lever était à 4 heures du matin, et les rations des "repas" étaient calculées pour hâter la déchéance physique et la mort, entraînant une faim languissante et perpétuelle. Les stations debout interminables sur la place d'appel par tous les temps, le matin avant d'aller travailler et le soir pendant des heures, étaient monnaie courante. Le froid était terrible en hiver, et les vêtements des détenus étaient pauvres. Les journées de travail se déroulaient sous les coups et les cris des kapos. Dans ces conditions, les déportés brestois et finistériens serrèrent les rangs.
Dans le camp, Pierre Berthelot était connu et salué par de nombreux détenus de toutes les nationalités qui le respectaient. À trois reprises, en revenant de missions, il fut intercepté par les gardes SS. Il n'en restait pas moins un acteur de la résistance au sein du camp. Pierre Berthelot, avec son camarade Oscar Behr (matricule 59358), profita d'une occasion pour exécuter un kapo particulièrement féroce envers les détenus, un acte de courage et de résistance face à la barbarie. Début juin 1944, il fut reconvoqué à Berlin. Cette fois-ci, il ne se faisait plus d'illusion sur son sort. On lui dit : "votre affaire est trop importante, vous allez retourner en France !" Les camarades français responsables de la Résistance comprirent la gravité de la situation. "Pour que Pierre ne retourne pas en France, il faut que les SS perdent sa trace ! Nous savons par nos camarades qui travaillent au secrétariat (Arbeit statistics) que des convois de Déportés vont être organisés dans les prochaines semaines pour d'autres camps. Nous allons leur demander de joindre Pierre à un convoi."
Après la guerre, Pierre Berthelot reprit son activité professionnelle à l'arsenal de Brest en 1945 et poursuivit son militantisme au sein du P.C.F. Il épousa Jeanne Riou le 16 juillet 1946 au Cloître-Pleyben, et de cette union naquirent deux enfants, Roger en 1947 et Ginette en 1950. Depuis le 11 rue Pierre Loti, où il s'établit avec sa famille, il participa activement à la vie associative des anciens résistants et déportés, transmettant ainsi la mémoire de son engagement et de ses épreuves.
