Le Purin d’Ortie : Allié Stratégique contre le Mildiou et Booster Végétal

Le mildiou est une maladie redoutable, provoquée par des champignons, qui affecte de nombreux végétaux au jardin d’ornement comme au potager. Sa progression est rapide sur la plante, touchant toutes ses parties, du sommet aux racines. Non seulement le mildiou peut rapidement détruire une plante, mais ses spores sont capables d’hiverner sur les résidus de plantes tombés au sol, lui permettant de repartir de plus belle au printemps. Face à ce fléau, les purins de plantes, riches de propriétés antifongiques ou renforçant les résistances des végétaux, permettent de prévenir ou de soigner sans toxicité.

Illustration montrant les premiers signes du mildiou sur des feuilles de tomates

Le Purin d’Ortie : Propriétés et Mécanismes d’Action

L’ortie (Urtica dioica) est une plante exceptionnellement riche en azote, fer, potassium, calcium et oligo-éléments. Ces propriétés sont non seulement conservées mais amplifiées lors du processus de fermentation par macération, qui libère les composés actifs dans l’eau et les rend directement assimilables par les plantes. L’ortie est l’une des plantes les plus riches en azote du règne végétal. Cette richesse en azote est précieuse pour les cultures : l’azote est l’élément nutritif qui gouverne la croissance des parties vertes (tiges, feuilles) et la vigueur générale du plant.

Le purin d’ortie apporte également du fer, indispensable à la synthèse de la chlorophylle. Si le sol de votre jardin est naturellement pauvre en matière organique ou si vos plants montrent des signes de chlorose (jaunissement des feuilles), un arrosage régulier au purin d’ortie dilué à 10 % leur redonnera rapidement de la vigueur. Au-delà de son rôle d’engrais, le purin d’ortie est reconnu comme un stimulateur des défenses naturelles des plantes (rôle d’éliciteur). Appliqué en pulvérisation foliaire à 2-5 %, il renforce la résistance des plants contre les maladies cryptogamiques, notamment le mildiou et l’oïdium. Cette actio# Les purins végétaux face au mildiou : une approche naturelle pour un jardin sain

Le mildiou est une maladie fongique redoutable, capable de ravager de nombreuses plantes ornementales et potagères. Provoquée par des champignons, sa progression est rapide et elle touche toutes les parties du végétal. Les spores peuvent également hiverner sur les résidus de plantes tombés au sol, assurant une réapparition vigoureuse au printemps. Face à cette menace, les purins de plantes, riches en propriétés antifongiques et en composés renforçant les résistances végétales, offrent une solution préventive et curative sans toxicité. Parmi eux, le purin d’ortie se distingue par sa polyvalence et son efficacité.

Schéma du cycle de vie du mildiou

Le mildiou : une menace cryptogamique omniprésente

Le mildiou est une maladie cryptogamique dévastatrice, causée par un champignon. Son apparition et sa propagation sont favorisées par la chaleur et l'humidité, rendant cette pathologie particulièrement dommageable tant pour les jardiniers amateurs que professionnels. Elle est facilement et rapidement identifiable : des taches brunes et jaunâtres apparaissent d’abord sur le dessus des feuilles, puis s’agrandissent, et les feuilles se dessèchent progressivement. La maladie peut rapidement détruire une plante en touchant toutes ses parties, du sommet aux racines. De plus, ses spores sont capables d’hiverner sur les résidus de plantes tombés au sol, lui permettant de repartir de plus belle au printemps.

Mildiou : comment l'éviter sur vos plants de tomates ? | Jardins et Loisirs

Le purin d’ortie : un allié précieux au jardin

L'ortie (Urtica dioica), longtemps considérée à tort comme une simple mauvaise herbe ou, au contraire, une plante magique, révèle en réalité de multiples bienfaits dans de nombreux domaines. Au-delà de ses qualités pour la santé et la cuisine, elle excelle au jardin sous forme de purin, une préparation fermentée très réputée bien qu'interdite jusqu'à récemment en France (entre 2006 et 2011). Désormais reconnu comme biostimulant depuis le décret du 25 juin 2011, le purin d’ortie peut enfin exprimer toutes ses capacités. Cet extrait fermenté est exceptionnellement riche en azote, en fer, en potassium, en calcium et en oligo-éléments. Ces propriétés sont non seulement conservées mais amplifiées lors du processus de fermentation par macération, qui libère les composés actifs dans l’eau et les rend directement assimilables par les plantes.

Composition et vertus du purin d’ortie

L'extrait fermenté d’ortie est extrêmement riche, notamment en azote, mais également en oligo-éléments, vitamines et divers minéraux tels que le calcium, le potassium, le phosphore, le magnésium, le fer, et la silice. Il contient aussi des composés organiques comme des protéines, des bactéries, des enzymes et des ferments.

Voici une illustration des concentrations moyennes de certains composants :

ComposantsConcentrations en ppm (parties par millions)
NO3 - Azote nitrique5
NH4 - Azote ammoniacal240
Acides aminés et protéines350
Total Azote595
Phosphate20
Potassium630
Calcium730
Magnésium80
Sulfate-
Fer-

Cette richesse provient de la grande capacité de l’ortie à puiser dans le sol de nombreux nutriments. Une fois transformée, elle restitue aux végétaux ces éléments nutritifs qui sont alors totalement assimilables. L’azote organique, lui, qui représente une grande part de l’extrait fermenté, doit être minéralisé par les bactéries et la faune du sol pour pouvoir être ensuite assimilé par les plantes sous forme de nitrate.

Rôles du purin d'ortie au jardin

Le purin d’ortie offre une multitude de bienfaits pour les plantes et le sol :

  • Engrais naturel et stimulateur de croissance : L’ortie est l’une des plantes les plus riches en azote du règne végétal. Cette richesse en azote est précieuse pour les cultures, car l’azote est l’élément nutritif qui gouverne la croissance des parties vertes (tiges, feuilles) et la vigueur générale du plant. Le purin d’ortie apporte également du fer, indispensable à la synthèse de la chlorophylle. Si le sol de votre jardin est naturellement pauvre en matière organique ou si vos plants montrent des signes de chlorose (jaunissement des feuilles), un arrosage régulier au purin d’ortie dilué à 10 % leur redonnera rapidement de la vigueur. Il stimule la croissance du système aérien et racinaire des plantes. Dopées dans leur croissance, les tomates, par exemple, seront prêtes à fleurir et à fructifier plus rapidement, ce qui est particulièrement avantageux dans les régions où l’été est plus court.
  • Stimulateur des défenses naturelles (éliciteur) : Au-delà de son rôle d’engrais, le purin d’ortie est reconnu comme un stimulateur des défenses naturelles des plantes. Appliqué en pulvérisation foliaire à 2-5 %, il renforce la résistance des plants contre les maladies cryptogamiques, notamment le mildiou et l’oïdium. Cette action antifongique est préventive : elle n’éradique pas une maladie déjà installée, mais réduit significativement les risques d’apparition lorsqu’elle est appliquée régulièrement tout au long de la saison.
  • Répulsif contre les ravageurs : Le purin d’ortie est également utilisé comme répulsif contre les principaux insectes ravageurs du potager : pucerons, aleurodes (mouches blanches) et limaces. Son action répulsive repose sur son odeur forte et sur les composés volatils libérés par la fermentation, qui perturbent les insectes et les incitent à quitter les plantes traitées.
  • Activateur de compost : Le purin d’ortie est également un activateur de compost, en favorisant la maturation des matières organiques.
  • Désherbant ciblé : Utilisé pur ou très concentré, le purin d’ortie peut servir de désherbant naturel : sa forte concentration en composés actifs brûle les végétaux sur lesquels il est appliqué directement. Cette utilisation doit donc rester ciblée et ponctuelle, exclusivement sur les mauvaises herbes à éliminer, en évitant tout contact avec les plantes cultivées et en veillant à ne pas imprégner le sol en excès.

Infographie sur les différents usages du purin d'ortie au jardin

Préparation du purin d’ortie

Fabriquer son purin d’ortie chez soi est simple et économique. La recette de base produit 10 litres de purin concentré à partir de 1 kg d’orties fraîches.

Matériel nécessaire :

  • Un contenant non métallique de 10 litres ou plus (plastique, verre, etc.). Évitez le métal car en fermentant, le liquide provoquerait son oxydation.
  • Un contenant identique pour la filtration.
  • Deux bidons de 5 litres ou autres contenants non métalliques, opaques de préférence, pour le stockage.
  • Des gants épais (de jardinage ou en cuir) et un vêtement à manches longues pour la récolte.
  • Un sécateur.
  • Un entonnoir.
  • Un grand tissu ou torchon et un lien, ou un tamis pour la filtration.
  • Une balance.
  • 10 litres d’eau, idéalement de l’eau de pluie. Évitez l’eau calcaire qui rendrait plus difficile l’absorption du mélange par les stomates des végétaux. Si vous n’avez que de l’eau du robinet, ajoutez du vinaigre (8 cl pour 9 litres d’eau) et laissez reposer 24 heures pour laisser le chlore s’évaporer. L’eau doit être à température ambiante, et pas en dessous de 15°C.
  • 1 kg d’ortie fraîche (ou 100 g d’ortie sèche).

Étapes de fabrication :

  1. Récolte : Récoltez l’ortie de préférence au printemps (avril-mai), lorsqu’elle est jeune et pas encore fleurie. Privilégiez les jeunes feuilles situées en bout de tige, car elles sont les plus riches en principes actifs. Évitez les tiges montées en graines pour ne pas disséminer les graines dans votre jardin. Stockez les orties coupées dans un filet en plastique ou un sac perforé pour faciliter la filtration ultérieure. En cas de piqûres, frottez immédiatement la zone avec des feuilles de plantain lancéolé, qui pousse souvent à proximité des orties.
  2. Découpe : Coupez les orties finement pour accélérer la fermentation. Plus les morceaux sont petits, plus la fermentation sera rapide et complète. Vous pouvez les hacher à la main, aux ciseaux, ou utiliser une tondeuse si vous en disposez en grande quantité. Vous pouvez ajouter des morceaux de racines pour un mélange encore plus efficace.
  3. Mise en macération : Placez les orties dans le plus grand contenant (éventuellement dans un filet ou un vieux collant pour faciliter la filtration). Versez les 10 litres d’eau de pluie ou de source par-dessus. Remuez pour bien immerger toute la matière végétale.
  4. Couverture : Couvrez le contenant avec un torchon ou un tissu, maintenu par un élastique ou une ficelle, sans fermer hermétiquement. Ce couvercle perméable protège le mélange des impuretés tout en laissant les gaz de fermentation s’échapper. Placez le contenant dans un endroit ombragé et éloigné de votre habitation, car l'odeur de fermentation peut être désagréable.
  5. Fermentation : Remuez le mélange au moins une fois par jour, idéalement deux à trois fois. Le brassage oxygène le mélange, accélère la fermentation et limite les mauvaises odeurs. La durée de fermentation dépend de la température ambiante : 5 à 7 jours à 20 °C (conditions optimales au printemps), 10 à 14 jours si la température est inférieure à 15 °C. Au-delà de 25 °C, la fermentation s’emballe et le mélange risque de pourrir plutôt que de fermenter.
  6. Fin de fermentation : La fermentation est terminée lorsqu’il n’y a plus aucune bulle à la surface du liquide. Un purin bien fermenté dégage une odeur proche du purin de vache.
  7. Filtration : Filtrez le purin à travers une passoire fine ou un tissu pour séparer le liquide des résidus solides. L’opération peut être longue si les résidus végétaux colmatent le tissu, qui devra être rincé plusieurs fois.
  8. Mise en bouteilles : Versez le mélange filtré dans les bidons opaques et hermétiquement fermés.
  9. Gestion des résidus : Jetez les résidus solides dans votre compost, où ils achèveront leur décomposition et favoriseront la maturation. Ils peuvent aussi être enfouis superficiellement au pied des plantes comme paillis nutritif.

Conseils pour une fermentation réussie et moins odorante :

  • Broyer finement les orties : Plus la surface de contact entre la matière végétale et l’eau est grande, plus les principes actifs se libèrent vite.
  • Température optimale : Réalisez la préparation à 20 °C.
  • Emplacement : Placer le contenant dans un endroit ombragé et éloigné.
  • Remuer régulièrement : Un brassage fréquent maintient le mélange oxygéné, ce qui favorise une fermentation aérobie moins malodorante.

Utilisation et dilution du purin d’ortie

Le purin d’ortie s’utilise exclusivement dilué dans de l’eau, jamais pur sur les plantes cultivées, sauf en usage désherbant ciblé sur les mauvaises herbes. La concentration varie selon le type d’application et l’objectif recherché. Le printemps, lorsque les végétaux sont en pleine croissance, est la période d’utilisation idéale.

Tableau des dilutions du purin d'ortie

Mode d’applicationDilutionPréparation pratiqueFréquence conseillée
Pulvérisation foliaire2 à 5 %2 à 5 cl de purin pour 1 litre d’eauToutes les 1 à 2 semaines en prévention
Arrosage au pied10 %1 litre de purin pour 10 litres d’eauToutes les 2 à 3 semaines en phase de croissance
Goutte-à-goutte1 à 3 %1 à 3 cl de purin pour 1 litre d’eauHebdomadaire en saison
Trempage de racines20 %200 ml de purin pour 1 litre d’eauPonctuellement, avant repiquage ou transplantation
Désherbant cibléPur ou très concentréPurin non dilué, appliqué directementPonctuellement, par temps sec et ensoleillé

Précautions d'emploi :

  • Arroser la terre avant l’application : Si le sol est sec, arrosez d’abord à l’eau claire avant d’apporter le purin.
  • Ne jamais pulvériser en plein soleil : Les gouttelettes concentrent la lumière et peuvent provoquer des brûlures foliaires. Préférez tôt le matin ou le soir.
  • Stoppez le purin d’ortie à la floraison : L’azote favorise la croissance végétative (feuilles, tiges) au détriment des fleurs et des fruits.
  • Évitez les légumineuses : Haricots, pois, fèves et lentilles agissent comme des engrais verts en fixant naturellement l’azote atmosphérique grâce à leurs nodosités racinaires. Un apport supplémentaire en azote favoriserait la croissance du feuillage au détriment des gousses et des graines.
  • Attention au surdosage : Il est préférable de sous-doser plutôt que l’inverse, car ces préparations sont très riches et peuvent facilement brûler la plante en cas de surdosage.

Conservation du purin d’ortie

Une fois la fermentation terminée et le purin filtré, il est tout à fait possible de le stocker pour l’utiliser tout au long de la saison ou même jusqu’à la saison suivante.

  • Contenant : Utilisez des bouteilles ou bidons opaques, hermétiquement fermés, pour protéger les principes actifs de la lumière et de l'oxydation.
  • Température : Stockez dans un endroit frais et stable : cave, garage, abri de jardin ombragé (idéalement 12°C).
  • Durée : Le purin d’ortie bien conservé reste pleinement efficace pendant 3 à 6 mois. Au-delà de 6 mois, il perd en efficacité fertilisante et antifongique, mais reste utilisable comme amendement du sol.

Le purin d'ortie pour les tomates

Utiliser le purin d’ortie pour les tomates est un atout considérable. Il apporte à la fois une fertilisation aux plants et un amendement au sol.

  • Stimulation de la croissance : L’azote et le potassium, abondants dans le purin, stimulent la croissance des tomates. L’azote favorise le développement du feuillage et des tiges, tandis que le potassium joue un grand rôle dans la photosynthèse et la fabrication des sucres. Le phosphore est important pour le système racinaire et la résistance à la sécheresse, et le calcium pour la construction des parois cellulaires.
  • Amélioration de la photosynthèse : Le purin d’ortie, riche en azote (principal constituant des protéines), active la fonction chlorophyllienne, essentielle à la photosynthèse.
  • Régénération de la vie bactérienne du sol : En tant que pourvoyeur de bactéries et de micro-organismes, le purin d’ortie favorise la décomposition des matières organiques et facilite les échanges entre le sol et les végétaux.

Recommandations spécifiques pour les tomates :

  • Arrosage : Au printemps, arrosez les jeunes plants de tomate avec l’extrait fermenté d’ortie pour en favoriser la croissance. Une fréquence de deux fois par mois est généralement conseillée, seulement le premier mois après la plantation.
  • Pulvérisation : Pulvériser du purin d’ortie sur les feuilles des tomates favorise les défenses immunitaires de la plante. Le feuillage doit être bien mouillé. Attendez quinze jours avant de pulvériser les plantules. Préférez tôt le matin ou le soir, en dehors des périodes de forte chaleur ou de risque de pluie. L'efficacité est optimale lorsque le taux d'hygrométrie se situe entre 30% et 70%.
  • Trempage : Avant d’installer les jeunes plants, faites tremper les terrines dans de l’eau diluée avec 20% d’extrait d’ortie durant une vingtaine de minutes. Vous pouvez aussi faire tremper les graines de tomates dans du purin pour les protéger de la fonte des semis, un champignon qui s’attaque aux fines tiges des petits plants.
  • Transition avec le purin de consoude : Le purin d’ortie est utilisé au début de la croissance, pour la formation du feuillage. Une fois les plants bien démarrés, les apports seront stoppés pour éviter de favoriser le feuillage par rapport à la fructification. Un excès d’azote pourrait en effet inhiber la croissance, diminuer le goût des tomates et défavoriser leur conservation. Les tomates seront ensuite aidées grâce à du purin de consoude, riche en bore, potassium et phosphore, qui favorise la floraison et la mise à fruit.

Tomates traitées au purin d'ortie

Autres purins végétaux bénéfiques

Outre l'ortie, d'autres plantes peuvent être transformées en purins pour renforcer les végétaux et prévenir les maladies. Il est important de noter que tous les purins végétaux ne sont pas autorisés en France. Il faut vérifier qu'ils figurent bien dans la liste des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes (PNPP) autorisées. Le purin d’ortie, le purin de consoude et le purin de prêle sont autorisés.

Le purin de prêle

Le purin de prêle est intéressant pour son taux de silice. Cet élément est constitutif des tissus végétaux, augmentant leur résistance face aux agressions. Le purin de prêle se confectionne de la manière suivante : récoltez 1 kg de prêle des champs que vous hacherez avant de les mettre dans 10 litres d’eau douce. Il est nécessaire de le diluer avant application, de 2 à 5 % pour pulvériser ou arroser au pied des végétaux.

Le purin de fougères

La fougère aigle aide également les végétaux à renforcer leurs défenses naturelles grâce à sa richesse en composés organiques qui lui confère des propriétés antifongiques. La composition pour sa préparation est la même que pour les autres purins : 1 kg de plante fraîche pour 10 litres d’eau douce.

Le purin de consoude

Le purin de consoude est riche en potasse et en phosphore, des éléments essentiels pour la floraison et la fructification. Il prend le relais du purin d’ortie à la floraison et favorise la production de fleurs et de fruits. Dans la pratique, on arrose au purin d’ortie en début de saison, puis on passe au purin de consoude dès l’apparition des premiers boutons floraux.

Comparaison des propriétés des purins d'ortie et de consoude

Études et retours d'expérience sur l'efficacité des purins

L'efficacité des extraits fermentés d'ortie et d'autres plantes est un sujet d'intérêt croissant, tant chez les jardiniers amateurs que chez les professionnels. Des études de terrain et des expérimentations sont menées pour évaluer leur impact.

Par exemple, le champenois David Collot met en avant une moindre sensibilité au mildiou et un effet biostimulant pour ses extraits fermentés d’ortie. Céline Jolibois, conseillère à la chambre d’agriculture de la Marne, et Maxime André, du Comité Champagne, ont tenté de vérifier leur impact sur dix parcelles expérimentales. En année à faible pression parasitaire, comme 2017, associé au cuivre à la dose de sept litres par hectare, l’intérêt de telles préparations ne ressort pas vraiment. En revanche, sur une année à forte pression comme 2016, elles ont donné quelques résultats intéressants. "Sur le site d’Allemant, nous avons observé un gain d’efficacité contre le mildiou par rapport à une stratégie de cuivre seul, d’environ 30 % sur feuilles et sur grappes à la fin juillet", rapporte Céline Jolibois. Sur les autres parcelles, un écart plus ou moins fort existe, sans toutefois être significatif.

Sébastien Carré, de la chambre d’agriculture de l’Aube, confirme la variabilité des effets de ces préparations. "C’est le problème de ces préparations. L’effet n’est pas constant, il varie selon le site, l’itinéraire technique, l’année…" Il teste depuis 2010 le bénéfice de tisanes de plantes (orties et huit autres essences telles que la bourdaine et la valériane) en mélange à trois litres par hectare. Sur la commune des Riceys, cette préparation a permis de baisser la dose de cuivre de six à quatre kilos en gardant une efficacité acceptable lors des années difficiles comme 2013 et 2016, alors que la modalité à quatre kilos de cuivre seul commençait à décrocher. Cependant, sur Verzy, les résultats ont été moins satisfaisants.

Les techniciens ont également évalué l’effet de l’ortie sur l’azote de la vigne. "L’appareil N-tester ne m’a pas indiqué de différence", relate Céline Jolibois. De son côté, Maxime André a observé une légère tendance à la hausse de l’azote assimilable dans les moûts, mais rien de significatif. Au champ, certains notent toutefois des signes visuels.

Ces retours d'expérience soulignent que, bien que les purins végétaux ne soient pas une solution miracle universelle, ils peuvent constituer un complément précieux aux pratiques culturales, permettant parfois de réduire l'utilisation de produits phytosanitaires conventionnels tout en renforçant la santé des plantes.

Questions fréquentes sur le purin d'ortie

Combien de temps faut-il pour faire fermenter le purin d’ortie ?

La durée de fermentation dépend directement de la température ambiante. À environ 20 °C (conditions idéales, typiques du printemps), le purin est prêt en 5 à 7 jours. En dessous de 15 °C, comptez 10 à 14 jours. Au-delà de 25 °C, la fermentation s’emballe et le mélange risque de pourrir. La fermentation est terminée lorsqu’il n’y a plus aucune bulle à la surface. Vous pouvez également la confirmer par l’odeur : un purin bien fermenté sent le purin de vache, désagréable mais caractéristique.

Peut-on utiliser le purin d’ortie sur toutes les plantes ?

Le purin d’ortie est compatible avec la quasi-totalité des plantes du potager, du verger et du jardin d’ornement. La seule exception concerne les légumineuses (haricots, pois, fèves, lentilles, pois chiches) qui fixent naturellement l’azote atmosphérique via leurs nodosités racinaires. Un apport supplémentaire en azote favoriserait la croissance du feuillage au détriment des gousses et des graines.

Comment conserver le purin d’ortie et combien de temps ?

Le purin filtré se conserve 3 à 6 mois dans des bouteilles ou bidons opaques hermétiquement fermés, stockés dans un endroit frais et à l’abri de la lumière (cave, garage). La lumière et la chaleur dégradent les principes actifs. Au-delà de 6 mois, le purin perd en efficacité fertilisante et antifongique, mais reste utilisable comme amendement du sol.

À quelle dilution utiliser le purin d’ortie ?

Le taux de dilution varie selon l’usage : 2 à 5 % pour les pulvérisations foliaires (répulsif et antifongique), 10 % pour les arrosages au pied (engrais azoté), 1 à 3 % pour les systèmes goutte-à-goutte, et 20 % pour le trempage de racines avant repiquage. Le purin pur n’est utilisé qu’en désherbant ciblé, directement sur les mauvaises herbes, jamais sur les plantes cultivées.

Pourquoi mon purin d’ortie sent-il vraiment très mauvais ?

Une odeur forte est normale, c’est le signe d’une fermentation active. En revanche, si l’odeur est véritablement putride et insupportable, cela indique généralement l’une de ces erreurs : le contenant était fermé hermétiquement (les gaz de fermentation s’y sont accumulés), la température a dépassé 25 °C (le mélange a pourri au lieu de fermenter), ou le mélange a été très peu remué. Pour éviter ce problème, couvrez sans fermer, installez le contenant à l’ombre, et remuez deux à trois fois par jour.

Quelle est la différence entre le purin d’ortie et le purin de consoude ?

Les deux purins sont complémentaires et se succèdent dans le calendrier cultural. Le purin d’ortie est riche en azote : il stimule la croissance végétative et s’utilise du semis jusqu’aux premiers boutons floraux. Le purin de consoude est riche en potasse et en phosphore : il prend le relais à la floraison et favorise la production de fleurs et de fruits. Dans la pratique, arrosez au purin d’ortie en début de saison puis passez au purin de consoude dès que vous observez les premiers boutons floraux.

Le purin d’ortie est-il autorisé en France ?

Oui, le purin d’ortie est légal en France depuis le décret du 25 juin 2011. Il avait été interdit entre 2006 et 2011 en raison de son assimilation aux produits phytosanitaires soumis à homologation. Depuis, les Préparations Naturelles Peu Préoccupantes (PNPP) - dont le purin d’ortie fait partie - sont librement autorisées à la fabrication et à l’utilisation, aussi bien par les particuliers que par les agriculteurs professionnels, sans formalité administrative.

L'ortie, une plante à cultiver au jardin

L’ortie pousse naturellement dans les zones riches en azote : lisières de forêts, haies, bords de chemins, terrains en friche. Elle apprécie les sols frais, riches en matière organique, et les zones semi-ombragées. En avoir dans un coin de jardin est un atout réel : cela évite de chercher sa récolte à l’extérieur et profite également à la faune locale : coccinelles, papillons et nombreux insectes auxiliaires s’y reproduisent.

Laisser pousser un carré d’orties dans une zone écartée du jardin présente plusieurs avantages au-delà de la fabrication du purin :

  • L’ortie assainit les sols trop riches en nitrates, en phosphates ou en calcaire.
  • Elle accueille la ponte de plusieurs espèces de papillons (petite tortue, paon-du-jour, vulcain) dont les chenilles se développent exclusivement sur ses feuilles.
  • Elle attire les coccinelles, qui sont des prédatrices naturelles des pucerons.
  • Enfin, les graines d’ortie sont une source alimentaire pour de nombreux oiseaux des jardins.

L'ortie peut être semée à l’automne ou au printemps sur un sol riche en azote, bien ameubli.

Mildiou : comment l'éviter sur vos plants de tomates ? | Jardins et Loisirs

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