Pylônes et Hélices au Cœur du Verger Palissé : Optimisation et Durabilité

L'intégration d'arbres fruitiers, même dans un jardin à l'espace disponible réduit, est rendue possible grâce à des techniques de culture innovantes comme le palissage. Cette méthode permet de gérer l'espace de manière optimale tout en améliorant le rendement et la qualité des fruits. Cependant, l'installation d'un verger palissé requiert une structure de soutien robuste et durable, dont l'efficacité repose sur un ancrage solide au sol. C'est dans ce contexte que des solutions ingénieuses, empruntées parfois à d'autres domaines, trouvent leur place, comme l'utilisation de pylônes, de câbles et d'hélices d'ancrage.

Schéma d'un verger palissé avec différents types d'ancrages

Le Palissage : Une Technique Optimale pour les Petits Jardins et Murs Productifs

Lorsque l'on dispose d'un jardin trop petit ou d'un jardin à l'espace disponible réduit et que l'on souhaite y introduire des arbres fruitiers, implanter des fruitiers dits en palissade est une solution. Un arbre fruitier en palissade, ou autrement appelé en espalier, est un arbre de petite emprise greffé sur un porte-greffe de faible vigueur, que l'on va conduire afin de lui donner une architecture plane. La technique pour conduire à sa formation consiste à contraindre les branches principales dites charpentières et leurs petites ramifications (coursonnes) sur lesquelles feuilles et fruits pousseront. Lorsque les fruitiers sont palissés contre un mur, les fruits mûrissent plus tôt car ils profitent de la chaleur emmagasinée par le mur.

Les arbres à pépins, cognassiers, poiriers, pommiers sont les arbres principalement menés en espaliers, mais il est également possible de conduire les pruniers, pêchers, abricotiers, cerisiers, nectariniers, figuiers. Il faut veiller à ce que l'arbre soit sur un porte-greffe peu vigoureux et adapter sa plantation selon l'exposition la plus favorable. L'abricotier et le pêcher aiment le plein soleil. Le pommier et le prunier apprécient le soleil sans excès. Le poirier, comme le pêcher et le cerisier, redoute les vents violents ; mieux vaut le placer en situation abritée.

Les arbres fruitiers palissés, quelle que soit leur forme finale, ont pour caractéristiques de comporter des branches charpentières sur un même plan qui vont porter des coursonnes (rameaux d'arbre fruitier taillés court à 3 nœuds pour que la sève s'y concentre) bien réparties. Le palissage est une technique agricole qui consiste à conduire une plante sur une structure en y attachant ses tiges et ses branches à l'aide de liens, dans le but d'en améliorer la qualité et le rendement.

Planter des arbres fruitiers palissés- avantages des fruitiers formés - Truffaut

Diverses Formes de Palissage pour Répondre à Chaque Besoin

Les formes palissées sont plus compliquées et plus coûteuses d’installation et d’entretien mais, en revanche, elles offrent des avantages certains : idéales pour les petits jardins, possibilité de rendre productifs les murs de clôture, grande densité de plantation, arbres très accessibles pour les traitements ou cueillettes.

Cordon Horizontal :Cette forme est réservée au pommier, le poirier ayant un bois trop raide. Greffé sur un porte-greffe très faible, le scion qui se développe, au cours de sa première année de croissance, est coudé lorsqu’il est encore souple, à 40 cm ou à 80 cm suivant la hauteur désirée pour donner un cordon “bras”. Pour obtenir deux bras, le scion est taillé à 35 ou 75 cm et les deux branches supérieures qui se développent sont palissées, de part et d’autre, à 40 ou 80 cm de hauteur. Les cordons horizontaux sont souvent plantés de chaque côté d’une allée. Ils permettent d’obtenir de gros et très beaux fruits forcément peu nombreux. La distance de plantation est de 2,5 à 3 m pour les cordons à 1 bras, et de 4 à 5 m pour les cordons à 2 bras.

Cordon Vertical :Surtout utilisé pour la vigne, il peut aussi être utilisé pour pommier et poirier, mais il est assez difficile de conserver les coursonnes du bas. La distance de plantation est de 50 cm.

Palmette en U Simple :Le jeune scion, sur porte-greffe faible, est taillé à 20 cm de hauteur. Deux rameaux se développent et sont palissés de part et d’autre sur deux lattes verticales séparées de 30 cm (poirier, pommier) ou de 50 cm (pêcher, abricotier). La palmette U simple, n’ayant que deux branches, peut garnir assez rapidement un mur d’une certaine hauteur. Choisir le porte-greffe et la variété en fonction du résultat recherché. La distance de plantation est de 60 cm à 1 m.

Palmette en U Double :Le départ s’effectue comme pour le U simple, mais les deux branches qui s’éloignent de part et d’autre du tronc sont à leur tour taillées à 30 cm de celui-ci et les 4 branches ainsi obtenues sont palissées verticalement sur des lattes distantes de 30 cm. La sève est ainsi équitablement répartie et l’arbre se trouve bien équilibré. Poiriers et pommiers sont couramment cultivés sous cette forme. La distance de plantation est de 1,20 m.

Palmette Verrier :Les deux premières branches sont palissées, d’abord horizontalement de chaque côté, puis redressées à 45 cm du tronc. Au centre, une troisième branche prolonge le tronc de 30 cm et est taillée à son tour. Deux branches naissent à cette intersection et sont palissées à 30 cm de distance. Cette forme présente toutefois l’inconvénient de favoriser l’alimentation en sève des deux branches centrales au détriment des deux latérales. La distance de plantation est de 1,20 m.

Palmette Oblique :Les formes en cordon sont les plus simples et très adaptées aux fruitiers comme les pommiers qui ont par nature un port étalé. Palmette oblique à étages. L'angle est de 45° pour les premières charpentières et de 30° pour les suivantes. La distance entre les branches diminue l'effet des ombres portées. Le scion est taillé à 20 cm environ, et deux branches sont dirigées obliquement à 45°. Une troisième prolonge le tronc pour être taillée à 30 cm au-dessus et former ainsi un 2ème étage. La palmette oblique convient pour des murs de 2 m de hauteur maximum. La distance de plantation est de 2 m.

Losange :Cette forme, qui n’est pas commercialisée, est facile à obtenir en partant du scion et s’apparente à la palmette oblique. Le scion est taillé à 15-20 cm du sol. Deux branches sont palissées obliquement, formant entre elles un angle de 90 à 120°, d’autant plus grand que la hauteur souhaitée est moins importante (entre 1,50 et 2 m). Du fait que les sujets sont espacés de 0,8 à 1 m, leurs branches s’entrecroisent et constituent une succession de losanges. C’est une solution originale pour les variétés peu vigoureuses de poirier ou de pommier et bien décorative au jardin d’agrément. La distance de plantation est de 0,80 à 1 m.

C’est un peu plus compliqué pour les diverses palmettes plantées, soit contre un mur (espalier), soit le long d’une allée (contre-espalier). Sur des fils de fer, tendus horizontalement, sont fixées verticalement ou en oblique des lattes de bois, tous les 30 cm pour pommier et poirier, tous les 50 cm pour le pêcher.

Le Tuteurage du Verger Palissé : Une Structure Incontournable

Le système de tuteurage du verger palissé constitue un investissement qu’il ne faut en aucun cas négliger. C’est le squelette qui soutient le poids de la récolte, année après année. Une récolte abondante signifie un poids lourd à soutenir, il faut prévoir un système fort et solide qui supportera la récolte maximale. Quand l’arbre est en feuilles et fruits, il forme un mur avec une prise au vent assez conséquente. Le palissage recouvre plusieurs objectifs, le premier d’entre eux consiste à augmenter l’efficacité de la photosynthèse en optimisant la surface foliaire exposée aux rayonnements solaires. Entre une vigne qui rampe par terre et une plante palissée, la surface de feuille correctement exposée au soleil est très différente. De plus, le fait d’avoir une végétation orientée vers le haut laissant la place aux passages d’outils de travail du sol, de fertilisation ou de pulvérisation est un élément intéressant du palissage, surtout vue sous l’angle de la mécanisation.

Pour cultiver des fruitiers en contre-espalier ou en palmette, il faut créer intégralement la structure qui supportera les lattes, les treillages et les arbres. Le palissage doit donc impérativement être solide, durable et doit donc être pensé pour qu’elle dure toute la vie de l’arbre, soit au moins 50 ans. Il est donc conseillé de choisir des matériaux durables. En ce qui concerne les poteaux, leur longueur doit être d’au moins 2 à 2,5 mètres hors-sol. Fixez-les au sol à l’aide d’une ancre à enfoncer dans le sol ou un plot en béton avec une patte métallique qui maintient le pied de tuteur hors-sol. Dans tous les cas, évitez les bois peu denses (épicéa, pins) en contact direct avec le sol. Une solution plus onéreuse mais plus durable consiste à utiliser des piquets en métal, peints ou galvanisés, formant un palissage solide mais très cher.

Le système collectif est entièrement relié par des fils et soutenu par des poteaux. Pour durer ainsi, le système doit être installé solidement, selon les règles de l’art, et faire l’objet d’un entretien régulier. Quelles que soient les cultures et les techniques, le palissage consiste à offrir un « squelette » propre à supporter et à orienter la croissance d’un végétal. Selon les traditions régionales, les caractéristiques et les contraintes agronomiques, il peut revêtir plusieurs formes.

L'Ancrage du Palissage : La Clé de la Stabilité

Le point d’amarrage d’un système de tuteurage ou de palissage est la partie essentielle de la structure qui doit immanquablement être solide et résistante, car il sert de support à l’installation elle-même, mais aussi aux fruits en pleine croissance. Sans un système d’ancrage de bonne qualité, base essentielle de tout palissage, les conséquences peuvent être catastrophiques et endommager votre palissage. Quel que soit le type de sols, il y a toujours une solution pour garantir un bon ancrage de votre palissage. Des sols les plus souples aux sols les plus compacts, il faut adapter les amarres à vos besoins et votre sol.

Illustration des différents types d'ancres pour palissage

Une ancre à visser est constituée d’une tige et d’une hélice, ou d’une spirale, qui se visse dans le sol. Lorsque l’effort est exercé sur l’ancre, le sol au-dessus de l’hélice se compacte et offre la résistance à la traction (théorie du cône d’extraction). L’ancre est fabriquée dans des matériaux haute résistance. Facile à installer et très solide, les ancres Gripple permettent de fixer un palissage avec un très fort point d’ancrage. L’amarre FENOX, reconnue mondialement, est le concept d’ancrage le plus performant pour ses qualités d’ancrage performant et rapide à mettre en place. Facile de pose, avec un simple marteau, l’amarre fenox TM, avec ses 3 tiges déployables dans le sol, offre une résistance à l’arrachement incomparable.

Un poteau en cèdre ou en bois traité constitue un ancrage solide lorsqu’il est à 1 m dans le sol. Pour les piquets d’extrémités, il faudra installer des jambes de force ou un ancrage correct. Le sol des vergers est souvent rocailleux et il arrive que le roc soit à fleur de terre. Ceci pose un solide défi à l’installation du système de tuteurage ! Un bon système coûte cher d’installation, mais sa solidité et sa durabilité valent encore plus.

La base du palissage s’effectue en tendant des fils sur des piquets. Pour ce faire, on utilise des fils porteurs (qui supportent le poids de la végétation), des fils releveurs (qui sont relevés et accrochés sur les piquets au fur et à mesure de la croissance annuelle de la plante) des fils d’amarres (pour maintenir l’ensemble des piquets de tête et amarre), et des piquets qui sont soit de tête (en bout de rang) soit intermédiaires (piquets de rang). Ils ont dans les deux cas des fonctions et des caractéristiques différentes. Le piquet de tête solidarise l’installation avec le sol au moyen d’une amarre, alors que le piquet intermédiaire reprend la charge de l’installation existant entre deux piquets de rang. Les amarres sont adaptées en fonction du type de sol ; elles s’ancrent dans le sol pour tenir les charges de l’installation.

Les Matériaux de Construction du Palissage : Robustesse et Durabilité

Divers autres accessoires sont couramment utilisés dans la réalisation d’un palissage comme des tendeurs, des rehausses, des agrafes, des écarteurs, etc. Les équipements utilisés dans le palissage sont généralement fabriqués en matières naturelles comme le bois, le bambou, le métal, le béton, ou dans des matières plastiques : soit du polypropylène, du polyéthylène, des polyesters. Quel que soit le support, il doit être adapté à la plante à tuteurer ou à palisser.

Les Poteaux :La distance entre les poteaux varie selon la hauteur des fruitiers et le type de fil utilisé pour relier les arbres entre eux, mais ne devrait pas dépasser les 6 mètres. Les rondins fraisés ou piquets en bois traités autoclave conviennent particulièrement à la confection de ce tuteurage des arbres fruitiers. Les bois sont rabotés pour être parfaitement rectilignes et esthétiques. Des tubes galvanisés d’une longueur entre 3 m et 3,6 m et de diamètre 60 mm sont idéaux pour faire des poteaux de palissage. Pour éviter que le piquet ne rouille ou ne pourrisse à l’interface sol/air, il est important de faire remonter le béton au niveau du pied du poteau à l’aide d’un petit coffrage (bouteilles en plastique ou tube PCV par exemple).

Les Fils Métalliques :Comme pour les piquets, il y a deux paramètres à prendre en compte dans le choix du fil métallique : la nature de l’acier, qui assure sa résistance mécanique, et l’épaisseur de galvanisation, garante de sa durabilité. Parmi les fils métalliques, on a le choix entre les aciers doux, les aciers mi-durs ou durs (fils techniques) et les aciers inoxydables. Moins chers, les aciers doux offrent une faible résistance, de l’ordre de 50 kg/mm², alors que les aciers durs oscillent autour de 80 kg/mm². Autre solution : le fil inox est, comme pour les piquets, très coûteux. Offrant une résistance de 130 kg/mm², il ne se fait plus que dans quelques régions historiques ou dans les vignobles voulant à tout prix éviter les apports ferriques dans les blancs. Le câble en inox est fait d’un acier inaltérable (l’inox). L’inox est issu d’un mélange de fer et de carbone auquel on a ajouté du chrome dans une proportion d’environ 12 %. Le câble en inox présente de nombreux avantages. Son utilisation est extrêmement populaire tant dans l’industrie mécanique ou chimique que dans la médecine ou l’agroalimentaire. Effectivement, simple d’entretien, il ne craint absolument pas l’eau ni l’humidité. Au-delà, le câble en inox est un accessoire très résistant. De plus, le fait d’ajouter du chrome à l’acier, rend le câble invincible face aux risques de corrosion, ce qui est essentiel dans de nombreuses situations. Il existe une quantité vraiment impressionnante de câbles inox. L’industrie à elle seule utilise des câbles inox avec de nombreux engins et outils, tels des palans, des treuils, des tirs fors, palissage etc. La traction et le levage requièrent des qualités de solidité, de résistance.

Les Supports de Fils :Ce support de fil en plastique, le clip Drahthalter a été conçu spécialement pour s’adapter à tout type de piquets, en métal, en béton, en bois, en Pvc, etc. Ce support de fil Drahthalter convient pour tous les fils entre 1,2 et 4mm. Ce support clip pour fil peut être fixé sur tous les piquets en bois ou pvc avec des vis, ou sur les piquets en béton, en fer avec des fils. Le Clip Drahthalter Triangle est utilisé pour fixer les fils de palissage de la vigne. Tourner le clip vers le poteau pour un blocage du fil et assurer une plus haute résistance aux aléas climatiques.

Détail d'un clip Drahthalter fixant un fil de palissage

Le premier fil de soutien est généralement entre 30 et 50 cm du sol. Les autres sont échelonnés tous les 50 cm suivant la hauteur que l’on souhaite donner aux arbres formés.

La Planification et l'Installation d'un Verger Palissé

Avant de créer un verger palissé ou une plantation, il est conseillé de faire un plan, afin de déterminer l’emplacement des arbres fruitiers et la dimension du palissage. Il ne faut jamais renoncer à un projet, car il y a toujours une solution.

Un exemple concret d'ingéniosité a permis de réaliser un palissage en utilisant des barrières SNCF cassées (de passage à niveau) et des poteaux de panneaux signalétiques renversés. Pour obtenir des longueurs de 3,50 m, il a fallu attendre 10 mois et faire une dizaine de voyages pour rassembler tous les poteaux nécessaires. Pour le forage des trous pour les poteaux d’extrémités, une nouvelle tarière de diamètre 175 mm a dû être fabriquée. Le forage des 16 poteaux d’extrémités a été réalisé avec un sol très humide, permettant de faire les trous d’une profondeur d’un mètre sans difficulté majeure, grâce à une bonne terre sans grosses pierres. Il n'est pas si simple de tourner une tarière de 1,50 m sur une profondeur de 1,20 mètre. Une pelle croisée professionnelle permet de creuser et de retirer facilement la terre, avec son action de ciseau, pour réaliser efficacement et rapidement des trous de poteaux.

En mars 2014, les 4 premiers poteaux du nouveau palissage ont été mis en place. Le béton est un matériau capable de supporter des efforts de compression importants (10 à 100 MPa) alors que sa résistance aux efforts de traction est très faible (de l’ordre du dixième de sa résistance à la compression). C’est donc pour pallier cette insuffisance qu’il faut placer, dans les zones soumises à des efforts de traction, des barres d’acier (armatures) qui elles, sont résistantes aussi bien en compression qu’en traction. Mettre 2 ligatures par pièce, avec lieur automatique pour liens métalliques à boucles. Lier le tout avec des liens métalliques à boucles. Qu’il serve de décoration ou d’élément porteur, la réalisation d’un poteau en béton armé demande beaucoup de prudence et d’habileté. Un bon coffrage est un élément incontournable lors du coulage du béton. Les barrières SNCF peuvent servir de coffrage, nul besoin de se procurer des planches neuves. Il suffit de mettre quelques serre-joints pour les consolider et ainsi résister à la pression du béton. En plus, la fibre de verre de la barrière va protéger le béton des intempéries et ainsi durer plus longtemps.

Pour fabriquer les arches, des tubes très résistants ont été achetés à la SNCF, au prix de la ferraille. Ils ont un diamètre de 28 mm avec une épaisseur de 3,5 mm, idéal pour ce projet. La difficulté réside dans la recherche d'une cintreuse capable de cintrer une telle épaisseur.

La Protection des Récoltes : Pièges à Phéromones et Solutions Biologiques

Au-delà de la structure, la protection des récoltes est un enjeu majeur. Des petits vers squattent vos prunes ou vos abricots ? Vos poireaux sont inconsommables ? Vous vous désolez devant votre buis défolié ? Le piège à phéromones est un outil de biocontrôle (lutte biologique) qui ne fait pas intervenir de pesticides. Les phéromones sont des molécules chimiques libérées par des insectes (mouche ou papillon). Elles délivrent des messages précis et sont propres à chaque espèce.

Un piège à phéromones se compose d'une plaque collante, qui constitue le piège en lui-même, et d'un ou deux appâts qui simulent les molécules actives de phéromones, destinées à attirer les insectes spécifiques. Peu cher, son coût se révèle moindre qu’une application d’insecticide régulière tout au long de la saison et il peut traiter un large périmètre. Le piège à phéromones recense aussi efficacement le nombre d’ennemis au jardin. Une pulvérisation d’insecticide biologique ciblé, composé par exemple de bacille de Thuringe, peut compléter cette approche.

L'utilisation des pièges à phéromones est souvent préconisée toute l’année sur les fiches produits, mais en réalité, leur utilisation est un peu plus resserrée que cela. En sortie d’hiver, mars ou avril, c’est le moment où les insectes sortent de l’hivernage et commencent à se reproduire. En mai, le tout début de la fructification des arbres fruitiers (pommes ou prunes) va correspondre au développement des carpocapses et autres vers des fruits. C’est auprès des arbres fruitiers que les pièges à phéromones seront le plus utile.

Exemples d'application :

  • Ver des fruits (Carpocapse) : Le papillon adulte s’accouple lorsque la température atteint 18°C (vers mai). Il pond sur l’arbre d’abord dans les jeunes pousses, puis dans les fruits. La larve s’en nourrit, puis s’enroule dans une feuille pour se transformer en cocon. La lutte consiste à installer un piège à phéromones spécial ver des fruits pour désorganiser les mâles dès le mois de mai.
  • Mineuse du marronnier : D’une durée de 7 à 11 semaines. En mars-avril, le papillon pond des œufs au sein d’un bourgeon de marronnier. Ses larves, une fois écloses, vont y creuser une galerie, d’où le nom de mineuse. Les feuilles vont alors présenter des taches brunes caractéristiques. La lutte consiste à ramasser les feuilles tombées au sol et les brûler.
  • Pyrale du buis : Prolifique, le papillon dépose au verso des feuilles du buis ses œufs, qui écloront rapidement et se délectent tant et si bien du feuillage qu’ils en font de la dentelle. La lutte commence par un contrôle attentif des feuilles et un enlèvement à la main si l’invasion est timide.
  • Teigne du poireau : La lutte recommande la plantation de carottes à proximité des rangs de poireau pour surprendre l’odorat des teignes.

L'Intégration Paysagère des Infrastructures : L'Exemple du "Pylône Sapin"

L'intégration d'infrastructures techniques, même imposantes, dans le paysage, est un défi d'aménagement. Un exemple frappant est celui d'un pylône érigé sur un terrain communal dans un environnement non dénué de végétation, qui se fond plus aisément dans le décor montagnard, malgré ses 36 mètres de hauteur. L’opérateur Free, désigné pour ce chantier, a consenti à habiller le pylône de branches. « Une antenne sapin, c’est dix fois le prix normal d’une antenne classique, un coût que l’opérateur a pris entièrement à sa charge », précise le maire. Sur le plan esthétique, on a échappé au pire : le pylône sapin se veut relativement en harmonie avec son environnement.

Pylône

Sur cette antenne seront branchés les quatre opérateurs (Bouygues, Orange, SFR et Free), histoire de ne pas peupler Solaison d’antennes ! En outre, l’emplacement choisi assurera une couverture partielle du village de Brison où les problèmes de connexion sont aussi récurrents. L’antenne sapin arrive à point nommé, à quelques semaines de Noël, de quoi rendre plus sereins les usagers. Cette approche montre comment des contraintes techniques peuvent être gérées avec une attention particulière à l'esthétique et à l'intégration environnementale, une leçon applicable également à la conception de structures de palissage de grande envergure.

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