Le bois, matériau ancestral ayant accompagné l’humanité dans toutes les grandes étapes de son évolution, demeure aujourd’hui un pilier fondamental de nos sociétés modernes. Sa capacité à se renouveler par photosynthèse, alliée à sa polyvalence technique, lui confère des vertus écologiques et économiques essentielles. L’exploitation des forêts a notamment pour objectif de produire du bois d’œuvre pour la construction et l’ameublement, tandis que les « co-produits » sont destinés au bois d’industrie comme le papier et les panneaux, ou au bois énergie.

La gestion forestière : le point de départ de la qualité
Chaque année, l’accroissement biologique des forêts métropolitaines représente près de 88 millions de mètres cubes de bois, incluant les nouvelles pousses et la croissance des arbres. Dans le même temps, les prélèvements de bois s’élèvent à environ 51 millions de mètres cubes. L’objectif premier de l’exploitation du bois est la production de bois d’œuvre, qui stocke le carbone le plus longtemps et génère les plus fortes valeurs ajoutées. Tout au long de l’âge d’un peuplement, le sylviculteur travaille au profit des plus beaux arbres en prélevant les plus fragiles et les moins conformés selon plusieurs critères (forme, état sanitaire, essence). Il favorise ainsi les arbres ayant le plus de valeur de sorte qu’arrivés à maturité, ils produisent le bois de meilleure qualité.
C’est d’abord de l’essence de l’arbre que dépend son utilisation puis de la qualité des bois récoltés. Enfin, les petits arbres des coupes d’éclaircie ou de taillis sont généralement triturés pour fabriquer de la pâte à papier, des panneaux ou des matériaux combustibles. Concernant les forêts privées, il est fréquent que le propriétaire forestier soit aussi scieur. La plupart de ces ventes se déroulent au niveau local, les bois de la forêt locale sont achetés par des scieurs locaux. Le propriétaire vend soit à des négoces de matériaux locaux ou à des centrales d’achat pour de très gros volumes, soit à des grosses entreprises de la construction. Aujourd’hui en France, tous les bois sciés sont vendus et il y a peu de stock de bois.
La première transformation : scieries et valorisation des grumes
Une fois coupé, le bois est vendu aux scieries, papetiers et coopératives. Le principal débouché de la sylviculture est la scierie : environ 60 % des grumes sont à destination des scieries. La première transformation des bois, caractérisée par un tissu de PME familiales qui font vivre nos territoires, consiste en l’obtention à partir des bois ronds d’un autre produit. À son arrivée en scierie, la grume (bois dont on a ôté le houppier) est stockée dans un parc où elle sera écorcée puis triée selon les classes d’usages. Le bois va être tronçonné en pièces puis sera raboté en fonction de la commande et enfin séché. Lorsque le bois est destiné à l’ameublement, il peut être finement découpé en feuilles (tranchage) ou en bandes (déroulage).
La variété de la forêt française favorise la richesse des sciages. De plus, les scieurs français sont capables de s’adapter et de produire plusieurs types de produits : fortes sections, grandes largeurs ou dimensions spécifiques à l’inverse des grandes scieries scandinaves qui sont très standardisées. Au-delà du sciage et des premiers débits, le reste de la matière première et des sous-produits est à son tour valorisé par les industriels. Ces produits sont également triés en fonction de leur qualité et de leur usage pour être transformés en bois-énergie, pâte à papier, etc.
À l'intérieur de la Scierie qui transforme 350 Millions de m³ de Bois par An
L’industrie de la seconde transformation : ameublement et construction
Les industries de la seconde transformation rassemblent d’un côté les industries bois-construction, fabricants d’ouvrages ou composants industrialisés de structure ou menuiserie, et de l’autre les industries de l’ameublement. Le secteur de la construction est un débouché important pour le bois coupé. Répertoriée dans l’industrie des biens de consommation, l’industrie du meuble représente 15 % des entreprises et génère 7,5 % du chiffre d’affaires de cette classe d’activité. Les meubles meublants, de cuisine, de salle de bains ou de complément destinés à l’habitat font appel au bois, qui plus est aux panneaux dérivés du bois.
Ces fabricants de meubles se situent en aval d’une industrie de panneaux très concentrée, et en amont d’une distribution tout aussi puissante. Les industriels sont pris en étau entre des fournisseurs et des distributeurs qui leur laissent peu de marges de manœuvre face à une concurrence étrangère qui s’intensifie. Les leaders de la cuisine sont parmi les entreprises les plus importantes de l’ameublement et à la pointe de la technologie. Par ailleurs, le matériau bois nécessite peu de transformations, ce qui limite sa consommation d’énergie. Son coût énergétique est plus faible que celui du béton, de l’acier ou de l’aluminium.
Les panneaux de process : l’économie circulaire par excellence
Les panneaux de process sont omniprésents dans notre quotidien et ils devraient l’être de plus en plus car cette industrie est en plein développement. Beaucoup au sein de la filière voient en elle une filière de récupération et de valorisation ; elle permet en effet de récupérer les déchets de bois non exploitables pour en faire des panneaux, avec un débouché principal en bâtiment. Cette industrie est un exemple concret de la manière dont les déchets de bois peuvent être transformés en matériaux à haute valeur ajoutée, soutenant ainsi la construction durable.
L’emballage en bois : un secteur leader en Europe
Le bois se retrouve au quotidien dans les emballages. De la cagette à la barquette en passant par la bourriche à huîtres et la boîte à fromage, l’emballage en bois est présent dans de nombreux secteurs de notre quotidien. Ce secteur alimente l’ensemble des activités industrielles. L’agroalimentaire absorbe la production des emballages légers. Longtemps cantonnés à la simple fonction d’emballage de transport ou de protection, ces produits sont aujourd’hui appréciés pour la promotion des produits du terroir ou haut de gamme.
Un bilan carbone et une analyse du cycle de vie comparée de l’emballage en bois, en plastique ou en carton, menés en collaboration avec l’Ademe, ont permis de mettre en évidence que l’emballage léger en bois est beaucoup plus respectueux de l’environnement qu’un emballage en plastique ou en carton (consommation d’eau, émission de gaz à effet de serre, etc.) et que l’impact environnemental de la fabrication des emballages légers en bois est quasiment neutre. En France, 65 millions de palettes, caisses et caisses-palettes en bois sont fabriquées annuellement. La France dans ce secteur est le premier producteur européen. La tonnellerie se porte bien, plus d’un tiers des tonneaux sont exportés vers les États-Unis, qui devient de fait le premier client de la France pour les emballages en bois.
Le bois énergie : une alternative aux énergies fossiles
Le bois est une source d’énergie locale, naturelle et renouvelable par l’action de la photosynthèse. Le combustible bois est consommé par tous sur la planète et peut être considéré comme inépuisable. Sa consommation permet d’économiser les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon,…) dont les stocks sont limités. L’Europe et la France se sont engagés à diminuer leur consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre, dans ce cadre le développement du bois énergie a un rôle prépondérant à jouer. Le développement durable, la prise en compte de l’environnement et la montée en puissance de la gestion durable forestière offrent un contexte extrêmement favorable au développement du bois-énergie.
Les énergies fossiles telles que le pétrole et le gaz vont devenir de plus en plus chères et de plus en plus rares. La France est l’un des premiers producteurs de bois énergie, principalement utilisé dans le chauffage domestique. L’utilisation du bois énergie contribue à l’entretien de la forêt et du paysage.
L’industrie papetière : entre tradition et recyclage
La fabrication du papier, uniquement fabriqué à partir d’éléments ligneux, est un secteur important tant d’un point de vue de volume que financier. Toutes les entreprises de ce secteur sont cotées en bourse et ont développé des stratégies de groupes internationaux. Les entreprises de ce secteur fabriquent de la pâte à papier et du papier-carton, les produits sont destinés à des utilisations variées dans plusieurs domaines : édition, papeterie, emballage et hygiène. Ce secteur est concentré : un tiers des sociétés rassemble 75 % des effectifs et 80 % du chiffre d’affaires.
L’industrie papetière utilise pour 70 % de ses approvisionnements en bois des sous-produits de la forêt et participe ainsi à la gestion des espaces forestiers français. Le reste de ses approvisionnements en bois provient de chutes de scierie, assurant ainsi la valorisation de ce type de produits. Cette industrie tire également sa matière première des papiers et cartons récupérés et recyclés. Avec un taux de recyclage supérieur à 60 %, cette industrie se hisse au premier rang en France.
Le recyclage du bois : enjeux et limites
Bois d’ameublement, palettes, caisses à vin, cagettes, planches… Autant de déchets de bois aux formes multiples, dont la valorisation progresse grâce aux nombreux débouchés possibles d’une filière bien structurée. Le bois est une ressource bien établie pour de nombreux matériaux (bois, panneaux, papier-carton), utilisés dans les secteurs de la construction, de l’ameublement et de l’emballage.
Les bois de classe A, B ou AB sont recyclables et valorisables, ce qui n’est pas le cas des bois de classe C. En effet, ces bois de classe C ont reçu différents types de traitement chimique (produit de préservation, colle, finition…) qui sont intimement liés au bois de manière permanente et sont indissociables du matériau, contrairement aux contaminants physiques, qui sont faciles à séparer, par le tri notamment. Avant de pouvoir être recyclé, le bois doit dans un premier temps être collecté. En tant que particulier, il est possible de se débarrasser de ses déchets de bois en dépôt le jour des encombrants ou en déchetteries dans les bennes prévues à cet effet.
Une fois collectés, les déchets de bois de classes A et B sont réceptionnés sur les sites de traitement pour être triés manuellement ou mécaniquement puis broyés suivant différents calibres. Les impuretés comme le fer, les non-ferreux, les pierres, les plastiques ou le verre sont ensuite éliminées. Une fois toutes ces étapes réalisées, les déchets de bois sont valorisés. Les palettes font généralement l’objet d’un traitement à part car si leur état le permet, elles sont rénovées ou réparées puis réutilisées (440 millions de palettes reconditionnées chaque année en France).
La récolte en érablière : un cas particulier de gestion durable
La réalisation de travaux sylvicoles en érablière est l’un des outils les plus efficaces pour améliorer l’état de santé, la productivité et la résilience de votre érablière. En effet, les travaux d’aménagement forestier permettent notamment d’assainir l’érablière en éliminant les arbres malades, d’évincer certains compétiteurs pour fournir plus de lumière aux cimes des érables productifs, d’ajuster la structure et la composition du peuplement et d’assurer la pérennité de l’érablière en dégageant les jeunes tiges d’avenir.
La récolte de bois en érablière est donc un outil de choix pour les acériculteurs. Dans le cas des bois feuillus tels que ceux provenant des érablières, le marché le plus avantageux est celui des usines de sciage et de déroulage. Le déroulage est une opération qui permet de faire tourner une bille le long d’un couteau pour créer une fine feuille de bois continue destinée au contreplaqué ou au placage des portes, meubles, etc. Il est fortement suggéré de récolter le bois feuillu destiné au sciage/déroulage en période hivernale. Par temps chaud, le bois se dégrade rapidement et perd en qualité, ne répondant plus aux critères des acheteurs. Si vous récoltez vos billes en été, vous devrez livrer le bois aux usines dans un délai maximal de dix jours après l’abattage pour éviter qu’il ne chauffe.
Les défis de la filière bois face aux enjeux environnementaux
Matériau par excellence du développement durable, le bois est un acteur capital des enjeux environnementaux de demain. De sa récolte à son recyclage, c’est une source renouvelable aménagée de façon durable. Son recyclage et sa revalorisation s'envisagent sans dommage pour l'environnement grâce à une filière responsable et bien gérée. Cependant, une question se pose : n’en demande-t-on pas trop aux forêts françaises ?
Certes, comme le montre le rapport, la forêt française est globalement sous-exploitée mais, paradoxalement, près d’une centaine d’espèces animales et végétales dépendantes des forêts sont menacées de disparition. Est-ce vraiment possible de vouloir restaurer la qualité des écosystèmes forestiers et prélever plus de bois pour la construction et la production d’énergie ? La réponse réside sans doute dans un équilibre subtil entre une exploitation raisonnée, une gestion durable des peuplements et une volonté constante d'améliorer l'efficacité de la valorisation de chaque fibre de bois récoltée, garantissant ainsi que ce matériau biosourcé continue de servir l'humanité tout en préservant le patrimoine naturel.