Guide complet de la permaculture et du compostage sur balcon : transformer votre espace urbain en écosystème productif

Depuis plusieurs années, le souci de mieux consommer, de mieux s’alimenter, s’accompagne d’un besoin de recycler nos déchets du quotidien, en particulier nos bio déchets avec le compost. Aujourd’hui encore, 30% du volume de notre poubelle est composé de déchets compostables, composés à 80% d’eau ! C’est environ 40kg d’épluchures et de déchets organiques qui finissent à la poubelle. Le compostage est un processus naturel de dégradation des matières organiques en un produit stable et riche : le compost. On retrouve ce processus partout dans la nature et au fond du jardin. Quand on dispose d’une maison, c’est une pratique assez simple et courante. Mais quand on habite en appartement, comment faire si on a juste un intérieur ou un balcon ? Bonne nouvelle : jardiner en ville et composter c’est possible ! C’est dans ce sens que nous avons développé des composteurs d’appartement compacts et sans odeurs, mais aussi des potagers composteurs.

Schéma illustrant le cycle des bio-déchets transformés en compost sur un balcon

Les solutions de compostage adaptées aux petits espaces

Généralement connus sous forme de gros bac en bois ou simple tas de matières organiques (feuilles, épluchures de légumes …), la plupart des composteurs ne sont pas adaptés aux petits espaces comme les balcons et les terrasses. Les lombricomposteurs ont donc une capacité de recyclage plus importante à volume équivalent que les composteurs classiques. Et oui, les vers de compost peuvent digérer leur propre poids par jour ! Le bokashi est une nouvelle pratique de compost venue du Japon, fonctionnant avec un petit contenant type bac en plastique dans lequel on dépose ses épluchures ainsi qu’un activateur de compost à base de micro-organismes.

Il existe différents matériaux pour les composteurs d’appartement : plastique, bois, terre cuite… Les composteurs de balcons en plastique ont un prix attractif mais sont peu esthétiques et surtout de mauvaise qualité : le soleil chauffe les parois et les rends sensibles aux variations de température fatales pour les vers. Vous vous demandez quel est le prix d’un composteur de balcon ? Les lombricomposteurs sont assez simples d’utilisation mais nécessitent quelques conseils de prise en main. Il vaut mieux coupez vos déchets comme vos épluchures de légumes par exemple, en tout petit morceaux. Évitez également certains aliments comme les agrumes, les oignons, ail, poireaux (famille des alliacées) et toutes les protéines animales (lait, restes de repas) et les matières grasses. Pour chaque poignée d’épluchure, apportez le même volume en matière sèche (papier, carton, paille, feuille morte) également coupée en morceaux. Cela permet de réguler le taux d’humidité bien souvent à l’origine des mauvaises odeurs. S’il y a de la vie, c’est que tout va bien ! Informez-vous sur les insectes du compost et apprenez à les reconnaître. Le compost vit, pas de panique donc si vous avez quelques moucherons, il suffira d’ajouter un peu de matière sèche et d’éviter les fruits pendant quelques jours. C’est pourquoi en été, il est conseillé de ne pas laisser le couvercle du composteur ouvert, car cela les attire !

Valoriser son compost : de l'or noir pour les plantes

Le terreau est un mélange de matières organiques fibreuses, de matières minérales, et d’amendements organiques dont le compost. Le compost entre dans la composition de la plupart des terreaux et sert à le nourrir dans le temps. Lorsque votre compost est mûr, nourrissez vos plantes en le déposant à la surface de la terre de vos pots. Dans le temps il formera un excellent engrais. Vous pouvez aussi utiliser le liquide qui s’écoule de votre composteur : le thé de compost. Diluez-le à raison d’un litre de liquide pour cinq litres d’eau. Puis arrosez vos bacs potager, pot de fleur, plante d’intérieur avec !

Tuto : utiliser un lombricomposteur

Vous l’avez compris, le compostage est une pratique vertueuse, écologique et pédagogique. En optant pour un composteur de balcon ou d’appartement de petite taille, vous pouvez sur très peu de place réduire votre empreinte écologique, tout en valorisant une partie de vos déchets de cuisine, qui iront directement nourrir les légumes du potager et vous donneront de quoi faire à nouveau une cuisine fraîche du balcon ! Transformer un simple balcon en jardin productif, c’est un peu comme convertir un placard à balais en loft new-yorkais : on se dit que c’est impossible, et pourtant, avec les bonnes idées, tout devient magique.

La permaculture : une philosophie pour la ville

La permaculture, longtemps associée aux grands potagers ruraux, trouve parfaitement sa place dans un micro-espace. Même en contexte urbain, quelques pots et un peu de créativité suffisent pour mettre en place un mini écosystème qui travaille pour vous et pour la biodiversité. Et si aujourd’hui, votre seul végétal est un cactus qui tire la tronche, pas de panique : on part de zéro, ensemble. La permaculture, c’est d’abord une philosophie : observer, comprendre, puis agir en imitant la nature. Sur un balcon, elle se traduit par une série de petites décisions intelligentes plutôt que par des installations complexes.

Tout commence par l’observation. Selon l’exposition au soleil, la circulation de l’air ou la chaleur accumulée par une terrasse, votre jardin réagira différemment. Une fois l’observation faite, il s’agit de créer un écosystème miniature. Même quelques pots peuvent abriter des insectes pollinisateurs, des fleurs mellifères, des légumes faciles à pousser et des vivaces capables de tenir toutes les saisons. Plus votre balcon accueille de végétaux, plus vous favorisez la biodiversité, et plus votre jardin devient autonome. Enfin, la permaculture sur balcon repose sur la gestion intelligente des ressources. L’eau doit être économisée, la place optimisée et le sol enrichi régulièrement. Pas besoin d’outils sophistiqués ou de techniques ésotériques : quelques gestes simples suffisent. D’ailleurs, en France, l’enjeu est immense. Les jardins privés, balcons et terrasses représentent six fois la surface des réserves naturelles métropolitaines. C’est ce qui motive notre entreprise Dr. Jonquille & Mr. Ail à faire de chaque petit espace un refuge vivant pour la biodiversité.

Aménagement, substrat et gestion de l'eau

L’aménagement du balcon est souvent l’étape la plus stimulante, car tout est possible. Les pots et jardinières jouent un rôle essentiel : plus ils sont grands, plus les plantes respirent. Un pot généreux de 40 ou 50 cm de profondeur permet aux racines de se développer, ce qui améliore la culture et limite l’arrosage. Le sol est un autre pilier incontournable. Un substrat vivant, composé de terreau et de compost, nourrit durablement les végétaux. Un sol riche augmente naturellement les récoltes et soutient la santé des plantes. Eh oui ! L’eau, elle, demande une gestion maline. Un paillage ou un mulch léger sur le sol réduit l’évaporation, préserve la fraîcheur et protège les racines. Vous pouvez arroser jusqu’à trois fois moins en paillant. Il faut vraiment y penser ! En rassemblant vos pots, vous créez même un microclimat plus stable, idéal pour les cultures estivales.

L’observation revient ensuite : selon l’exposition, vous ne cultiverez pas les mêmes plantes. Les balcons ensoleillés accueillent tomates, fraises, basilic et fleurs comestibles, tandis que les zones mi-ombragées favorisent salades, épinards ou aromatiques plus délicates. Et si la place manque, rien n’empêche d’investir la verticalité. Une étagère, un mur végétal ou quelques suspensions permettent d’optimiser la culture sans encombrer le sol. Il y a également des plantes grimpantes qui existent. Les courges, certains pois ou haricot pourront grimper sur des structures que vous avez aménagées. Et pas de panique si vous avez un balcon orienté plein sud et que vous souhaitez quand même semer ou planter des salades ou des aromatiques qui préfèrent des zones plus ombragées. Vous pouvez mettre des plantes qui aiment le soleil avec de larges feuilles sur le rebord du balcon et mettre les plantes plus sensibles derrière.

Infographie montrant la disposition des plantes selon l'ensoleillement et la hauteur

Sélection végétale : choisir les bonnes espèces pour réussir

Le choix des plantes détermine la réussite du jardin sur balcon. En pot, certaines espèces s’adaptent naturellement mieux que d’autres. Les légumes faciles, comme les radis, les tomates cerises ou les laitues donnent rapidement des résultats encourageants. Les plantes aromatiques sont parfaites pour débuter. Le basilic, la menthe ou la ciboulette poussent généreusement en pot, attirent des insectes utiles et apportent une touche parfumée au balcon. Les végétaux vivaces méritent aussi leur place sur un balcon. Ils demandent peu d’entretien, traversent les saisons et tiennent d’une année sur l’autre.

  1. Certaines variétés de pois peuvent grimper. Dans le cas d’un balcon très ensoleillé, ils apportent, grâce à leur feuillage, de l’ombre à votre potager de balcon. En plus, c’est délicieux, les petits pois.
  2. Même en ville, sur un balcon, on arrive à trouver des… pucerons ! Ce n’est pas seulement réservé au potager de pépé. On l’apprend dans tous les livres de jardinage, la capucine joue un rôle très important pour réguler les pucerons au potager.
  3. De tous les conseils qu’on peut donner, le plus satisfaisant c’est de vous donner celui de planter ou semer des fraisiers. En effet, suivant la variété de fraises, on peut avoir de jolies récoltes. Et, le fraisier s’adaptera très bien sur votre petit balconnet.
  4. C’est la star des plantes aromatiques. Il a de vrais avantages en permaculture. Il repousse les mouches, moustiques et pucerons. Enfin, pour compléter ce top 5 et respecter les associations et les règles de la permaculture, il faut ajouter des plantes mellifères, qui sauront accueillir les insectes pollinisateurs.
  5. Le gros avantage des tomates cerises, c’est que certaines espèces peuvent être naines et ne pas dépasser un mètre de haut ! Si vous voulez notre avis, c’est vraiment la bonne idée pour un balcon.

Entretien et dialogue avec le vivant

Une fois le jardin installé, l’entretien reste simple et agréable. Tout commence par le rythme des saisons. L’hiver, le balcon se repose. Au printemps, la culture explose, les semis se multiplient et les plantations s’enchaînent. Si vous vous demandez à quel moment démarrer votre potager, nous avons d’ailleurs écrit un article sur la meilleure période pour commencer un potager. L’arrosage demande une attention régulière. Le matin ou le soir, lorsque la chaleur se calme, l’eau profite mieux aux plantes. En observant vos végétaux, vous repérez rapidement leurs besoins : feuilles tombantes, terre sèche, croissance ralentie… chaque signe raconte une histoire. Il faut arroser au pied des plantes et pas les feuilles. Sinon, on risque les maladies ! On vous conseille également d’arroser plutôt le matin. En effet, le soir, si vous arrosez malencontreusement des feuilles, elles ne pourront pas sécher grâce au soleil. Il y aura, là encore, un plus grand risque de développer des maladies. Entretenir un jardin, c’est dialoguer avec lui, un peu comme on le ferait avec un colocataire étranger qui parle une langue qu’on ne maitrise pas. La biodiversité joue un rôle clé dans la réussite de votre balcon en permaculture. En ajoutant quelques fleurs mellifères ou plantes aromatiques, vous attirez les insectes pollinisateurs, indispensables pour les récoltes de fruits et légumes. Même un micro-espace, même un balcon de 2 m², peut devenir un refuge pour la biodiversité et la culture de légumes sains et frais en permaculture. Une terrasse végétalisée attire les insectes pollinisateurs, produit des légumes, adoucit l’environnement urbain et créé du lien avec la nature.

Au-delà du potager : la permaculture comme mode de vie

Vous pensiez que la permaculture n’était qu’une histoire de jardinage avec des associations de légumes et des buttes ? Que cette discipline n’était réservée qu’aux heureux propriétaires de terrain non bétonné ou qu’aux « bobos écolos » fans de potager ? Si à l’origine la permaculture, contraction des mots « agriculture et permanente », ne concernait que l’agriculture (et par dérive les jardiniers potagistes), cette méthode initiée par Bill Mollison et David Holmgren dans les années 70 visant à la « conception d’environnements humains soutenables » s’est ensuite étendue à bien d’autres domaines puisque les « environnements humains » sont nombreux. Aujourd’hui il est plus que temps de penser et de concevoir nos environnements de façon soutenable, c’est-à-dire de façon à assurer leur résilience et leur durabilité d’un point de vue écologique, économique et social. C’est ça la permaculture ! Faire de la permaculture c’est bien plus que faire une butte ou du jardinage, c’est une façon de faire, une façon de penser, une façon de vivre.

Avant d’aménager votre balcon, il vous faudra observer où et quand frappe le soleil, et quels sont les endroits du balcon exposés au vent et à la pluie. L’emplacement de chaque élément du système le met en relation, ou non, avec les autres éléments. Il en va de même pour chaque élément que vous souhaitez intégrer à votre balcon, chaque chose à SA place et cette place se fera en fonction des conditions d’exposition (soleil, vent, …) et d’utilisation des différentes zones du balcon ainsi que des différents éléments à intégrer. Par exemple, une plante grimpante pourra, selon son emplacement, cacher soit une gouttière, soit le soleil et peut-être même les deux. L’eau est essentielle pour arroser nos plantes et celle de pluie est à privilégier. Il faudra aussi nourrir les plantes en pots dont le substrat s’épuise. Plutôt que d’acheter du terreau et des engrais en jardinerie, installer un lombricomposteur permet de recycler une partie de ses déchets organiques pour produire sur place tout ce qu’il faut pour chouchouter ses plantes. Un lombricomposteur est donc un élément plus qu’intéressant à installer sur son balcon.

Les bordures (zones de rencontres de différents éléments comme par exemple la lisière d’une forêt) sont des zones à privilégier car elles sont extrêmement riches en biodiversité. Dans ce cas-ci, c’est plutôt votre balcon qui va devenir un élément supplémentaire dans la jungle urbaine et participer à l’effet bordure. Et de l’espace, on en manque toujours sur un balcon, d’où l’intérêt de bien appliquer ce principe ! Avec de l’imagination et un emplacement adéquat, chaque élément d’un système peut avoir de multiples utilisations. Le nombre de plantes sur un balcon est souvent restreint par manque de place, aussi, on les sélectionnera avec soin en respectant ce principe de multifonctionnalité. Optez pour des plantes « couteaux-suisse » plutôt que le classique géranium ou la dernière plante à la mode sur-aspergée de pesticides en tout genre (comme le sont la grande majorité des plantes de jardineries et des étals de marchés).

Stratégies d'optimisation pour espaces restreints

Une fonction essentielle pour les plantes d’un balcon, c’est l’arrosage ! Si vous observez que les feuilles de votre plante se décolorent avant de brunir, c’est certainement qu’il est urgent de la changer de place pour la mettre plus à l’ombre ! Il est essentiel pour la survie de vos plantes de balcon de respecter leur nature et de les installer à un emplacement qui leur convient. Les achats de plantes ne se feront donc pas sur un coup de cœur mais bien de manière réfléchie et en fonction de critères primordiaux à respecter qui sont l’exposition (soleil, ombre, mi-ombre), la présence ou l’absence de courants d’air et la taille du contenant. Un autre critère de sélection de plantes pour travailler avec la nature à la beauté et à l’hospitalité de votre balcon est leur période de floraison. Prolongez le plus possible la présence de fleurs sur votre balcon en optant pour des plantes dont les périodes de floraisons sont différentes. Pour travailler avec la nature on va également privilégier les associations de plantes qui se protègent mutuellement et on va bannir les pesticides. Soyez d’ailleurs attentifs lors de l’achat de vos plantes de balconnière car elles sont souvent abondamment pulvérisées pour paraître impeccables sur leurs étals.

Il n’y a pas qu’avec les plantes qu’on peut travailler avec la Nature, que du contraire ! Par exemple, plutôt que d’installer un climatiseur consommateur d’énergie dans votre salon, empêchez le soleil d’y entrer avec un climatiseur végétal. Avant de réaliser un changement, il faut réfléchir à l’effet produit. Votre balcon n’est pas très grand et vous avez beau chercher, aucun emplacement n’est suffisamment ensoleillé pour faire un mini-potager dans un wicking bed sans piquer l’emplacement du chien. Le soleil est à gauche le matin et à droite le soir. La stabilité, la richesse et la résilience d’un système repose sur la connexion entre ses éléments. Si un problème survient, c’est qu’il manque une connexion à certains éléments. Malgré les super aménagements que vous avez faits sur votre balcon qui contient maintenant un mini potager, moult plantes aromatiques et un climatiseur pourvoyeur de raisin, vous restez en manque de mettre les mains dans la VRAIE terre et d’avoir à disposition un jardin ! Il y a très certainement dans votre entourage (famille, amis, voisins, …) quelqu’un dont le problème est qu’il possède un jardin dont il n’a pas le temps/l’envie/l’énergie pour s’en occuper. Votre problème est donc sa solution !

Diagnostic et mise en pratique

Vous voulez créer une bulle de permaculture sur votre balcon ? Quelle bonne idée ! Malgré les petites surfaces, les potagers urbains sont une merveilleuse occasion de produire une partie de ses fruits, légumes et plantes aromatiques. À Paris, Bordeaux, Toulouse ou Lyon, les terrasses s’ornent de végétaux comestibles.

1. Diagnostiquer son balcon avant d’y installer un petit potager urbain

Avant toute installation de potager sur son balcon, il est indispensable de réfléchir au projet ! Que souhaitez-vous récolter ? Quelles sont vos ressources ? Fixez-vous des objectifs réalisables en fonction du contexte et votre lieu de vie. Un petit balcon à Paris, entouré de grands immeubles, n’aura pas le même potentiel qu’une terrasse bien ensoleillée à Bordeaux, Lyon ou Toulouse.

  • L’exposition au soleil : Vérifiez avant tout l’ensoleillement de votre balcon. Mettez un rappel sur votre téléphone à plusieurs heures de la journée. Observez, pendant une semaine minimum, l’ensoleillement de votre balcon à différents horaires. Le soleil arrivant sur votre terrasse urbaine dépendra de l’orientation (plein sud est idéal, le nord est à éviter) et des obstacles (arbres, immeubles voisins).
  • L’exposition au vent : Tâchez également d’évaluer l’intensité du vent sur votre balcon. Attachez un chiffon au bout d’un manche à balai. Placez votre anémomètre maison au centre de votre espace extérieur. Observez le chiffon à plusieurs heures de la journée, pendant une semaine minimum. Si le chiffon est toujours levé, c’est que votre balcon est exposé au vent. Certaines plantes, comme les grimpantes, s’y accommodent mal.
  • L’espace et les ressources : Enfin, l’usage de votre espace de permaculture sur balcon dépendra de l’espace disponible… Et le temps que vous souhaitez y accorder ! Certaines méthodes permettent de gagner de l’espace, comme les jardinières sur rambardes ou les colonnes de plantes. Attention cependant au poids auquel résiste votre balcon. Un potager de balcon demande généralement 1 à 3 h de jardinage par semaine. Pas plus !

2. Choisir les plantes à cultiver sur son balcon écologique

Passons maintenant à l’étape amusante : le choix des plantes ! C’est le moment de rêver, de laisser aller vos envies… Avant de vérifier leur compatibilité avec un potager permaculture sur balcon.

  • Conseils généraux : Veillez à sélectionner des végétaux dont les racines sont peu profondes. C’est le cas des aromates en particulier. Optimisez votre petit potager urbain en semant des plantes vivaces, donnant plusieurs récoltes dans l’année. Les fraisiers sont idéaux par exemple : résistants, petits… et délicieux ! Compléter les plantations avec des légumes saisonniers. Favorisez les plantes en hauteur, qui occupent peu de surface au sol… Mais valorisent l’espace vertical de votre balcon. Vous préférerez par exemple un plan de tomate ou de poivron à une salade ou des courgettes. Pour optimiser l’espace, cultivez des plantes de balcon qui assaisonneront vos repas toute l’année. C’est le cas des piments par exemple : un plant vous offrira une dizaine de légumes, à faire sécher et réduire en poudre pour la conserver.
  • Les légumes à récolter : Les tomates et piments poussent bien en été sur les terrasses ensoleillées. Coupez les gourmands et guidez-les en hauteur pour économiser de la place au sol. Par exemple, servez-vous de votre balustrade comme support pour les élever. Vous pouvez également placer un treillis sur les murs de votre balcon. Faites pousser des laitues, mâches ou de la roquette : leur culture est facile et la récolte peut se faire au besoin. Attention, ces légumes sont volumineux au sol. Les choux kale, à la fois plante ornementale et légume du potager, sont une bonne option. Cueillez-les feuille à feuille. Plantez de l’ail, oignon et des radis, des condiments peu profonds qui poussent facilement en permaculture sur balcon.
  • Les plantes ornementales : Choisissez vos plantes ornementales en fonction de l’espace disponible, de leurs avantages permaculturels et de l’exposition au vent et au soleil de votre balcon. Les œillets d’Inde sont des fleurs magnifiques, faciles à cultiver sur la terrasse, qui éloignent les insectes des légumes. Pour un potager exposé au vent, plantez des lianes solides et persistantes dans les espaces les plus abrités. Le faux jasmin, les érables du Japon ou le fusain d’Europe par exemple. Sur une terrasse peu ensoleillée, plantez des végétaux d’ombre : l’helxine, les pervenches, les pétunias et différentes fougères par exemple.

3. Mettre en place les pots et jardinières

Un grand bac offre un écosystème plus résilient que plusieurs jardinières isolées les unes des autres. Pour créer un espace de permaculture sur balcon, préférez donc la première option ! Les systèmes racinaires des plants potagers sont très divers en profondeur et largeur. Ils demanderont différentes formes de pots et jardinières. Pour les tomates et piments, favorisez des jardinières avec au moins 30 cm d’épaisseur de substrat. De même pour les aromates comme le romarin et le thym. Les laitues, mâches et roquettes s’accommodent à des épaisseurs plus faibles si besoin. Prévoyez au moins 20 cm pour l’ail, l’oignon et les radis roses. Le légume doit avoir la place de se développer sous terre ! Le chou kale, plus gourmand en espace, nécessite au minimum 50 cm de profondeur de terre et de diamètre. Les plantes ornementales vivaces nécessiteront une épaisseur de substrat plus importante pour survivre sur le long terme. Pour les grimpantes ou arbustes, choisissez des jardinières de 60 cm à 1 m de haut. Remplissez 1 tiers de votre pot avec des billes d’argile ou de la pouzzolane : cela favorisera le drainage et limitera le poids du potager sur balcon. Pour des plantes d’ombre, de type couvre-sol et fougère, 20 à 30 cm de terre suffiront.

Diagramme des couches d'une lasagne de balcon dans un pot

  • La technique de la lasagne : Pour optimiser la production de votre balcon, utilisez une méthode célèbre de la permaculture : la lasagne ! Cette technique écologique consiste à empiler des strates de matières organiques, pour créer un fertilisant écologique directement dans le sol. L’avantage ? Vous pouvez aussi le faire dans vos pots et jardinières ! Commencez par récolter de la matière sèche (feuilles mortes, brindilles, herbe de tonte séchée, etc.) et organique (épluchures de fruits et légumes accumulées pendant la semaine ou auprès des voisins). Choisissez un pot ou une jardinière assez haute, pour avoir la place d’empiler les couches de matière organique. Réalisez votre lasagne de balcon en alternant les couches de matière sèche et d’épluchures fraîches. Commencez toujours par une belle épaisseur sèche au fond : cela permet d’absorber l’humidité et d’aérer le substrat. Aux 2/3 du pot, tassez un peu, mouillez votre lasagne et laissez reposer un ou deux jours. Recouvrez ensuite la matière organique d’un substrat spécial pots et jardinières. 5 à 10 cm de terreau suffisent. Voilà, votre lasagne de permaculture sur balcon est prête !
  • Optimiser l’espace en 3D : Plantez vos légumes de manière à optimiser l’espace en 3D. Par exemple : placez des haricots ou plants de tomates en hauteur ; couvrez le sol avec des salades ou radis ; occupez les profondeurs avec quelques plants d’ail ou oignon ; comblez les espaces libres avec les plantes aromatiques de saison. Cette technique de permaculture, idéale sur les balcons, vous fera gagner beaucoup d’espace.

Conseils pour le jardinier urbain moderne

Si vous habitez en ville et que vous pensez ne pas pouvoir vous lancer dans ce projet, détrompez-vous ! L’exposition au soleil du balcon ou plus généralement de l’appartement est un critère important lorsque l’on recherche un logement. Les aubergines, les tomates, les poivrons ou encore la plupart des plantes aromatiques se plairont parfaitement sur un balcon fortement ensoleillé. Dans une logique de compagnonnage, on vous encourage aussi à profiter de l’ombre créée par les plantes les plus hautes. Le but de la permaculture est de laisser la nature travailler à votre place ! Dans cette optique, nous vous conseillons d’éviter d’acheter des petits pots individuels pour vos plantes. De la même façon, n’hésitez pas à accueillir les insectes auxiliaires sur votre balcon. En effet, le compost a de nombreuses utilités au jardin.

Pour créer votre potager urbain en lasagne, vous avez besoin d’un bac ou d’un carré potager, de déchets verts secs (feuilles mortes, gazon séché) et d’épluchures. Arrosez, tassez et laissez reposer quelques jours avant de remplir le volume restant de terreau. Vous l’avez compris, lorsque l’on jardine en milieu urbain, on bataille souvent avec le manque de place. Heureusement, sur un balcon il y a de nombreuses façons de “jardiner verticalement” et ainsi d’économiser de précieux mètres carrés ! Adopter les arbres fruitiers en colonne : connaissiez-vous les fruitiers colonnaires ? Disposer vos pots sur plusieurs niveaux : avec un peu de récup, il est tout à fait possible de créer une étagère à plusieurs étages pour vos jardinières. Enfin, lorsque l’on jardine en hauteur, il faut savoir que les rafales de vent peuvent être beaucoup plus violentes qu’au niveau du sol. Les plantes les plus fragiles n’auront peut-être pas leur place sur votre balcon. Nous espérons qu’avec nos conseils, vous oserez vous lancer dans le jardinage sur votre balcon et que vous pourrez profiter au mieux de l’extérieur, même en milieu urbain !

Il y a quelques années, j'ai commencé à axer mon alimentation autour du végétal. J'ai quasiment banni la viande et la nourriture transformée. Fini les emballages et les transports inutiles. Attention, je ne m'interdis rien. C'est non seulement bon pour la planète mais aussi pour ma santé ! Je ne voulais pas faire comme tout le monde et aller en jardinerie pour acheter le kit complet du bon jardinier urbain. Je voulais composter, transformer et rendre ce potager vivant. C'est l'une des premières choses à faire même si vous ne comptez pas faire de potager finalement ! Cela consiste à composter directement à la surface des pots de fleurs. C'est un peu plus délicat à maitriser que le compostage classique. Essayez plutôt de trouver un petit producteur (horticulteur) près de chez vous qui vend quelques plants de salades ou de tomates. Et à cette occasion, profitez-en pour lui demander s'il produit et vend du terreau ou du compost. Le substrat c'est la terre, le terreau. Pour moi c'est la base. La quantité d'achat de terreau au démarrage peut s'avérer faramineuse ! Le compostage de surface dans des pots de fleurs est une technique alternative intéressante, tout comme le lombricompostage facilité. N'oubliez jamais que chaque geste, aussi petit soit-il sur votre balcon, contribue à la résilience globale de notre environnement urbain.

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