Le kiwi, ou actinidia, est une plante grimpante rustique qui offre une production généreuse de fruits riches en vitamine C, à condition d’être bien conduite. Appartenant à la famille des Actinidiacées, il pousse sous forme de liane vigoureuse, capable d’atteindre 3 à 6 mètres de long si elle est bien palissée. Le kiwi rustique, tel que le ‘Hayward’ ou le ‘Tomuri’, résiste bien au froid hivernal une fois bien implanté. Toutefois, pour obtenir des fruits de qualité, il ne suffit pas de le planter ; il est un gros consommateur de nutriments et nécessite une gestion fine de sa fertilité.

Les exigences pédoclimatiques et la préparation du sol
Le kiwi, comme de nombreuses plantes grimpantes fruitières, développe un système racinaire profond. Il apprécie donc les sols fertiles, frais mais bien drainés. Évitez les terres trop compactes ou asphyxiantes. Avant de planter, préparez des trous de 50 cm de côté et de profondeur, remplis d’un mélange équilibré de terre du jardin, compost et terreau.
Avant de planter vos kiwis, il est important de préparer le sol de manière adéquate. Les kiwis ont besoin d'un bon ensoleillement pour se développer correctement. Choisissez donc un emplacement dans votre jardin qui bénéficie d'au moins 6 heures de soleil par jour. Commencez par tester la qualité de votre sol en utilisant un kit de test de sol disponible dans les magasins de jardinage. En fonction des résultats, vous devrez peut-être amender le sol pour le rendre plus propice à la culture. Par exemple, si le pH du sol est trop acide, vous devrez ajouter de la chaux pour le rendre plus neutre.
Mes 3 meilleures méthodes pour bien démarrer ses cultures
La fertilisation : nourrir la plante et le sol
Le kiwi est un gros consommateur de nutriments. En mode de production classique, les engrais minéraux apportés sont entraînés rapidement dans la zone racinaire par les pluies ou les irrigations. En production biologique, les engrais disponibles sont déposés sur le sol et doivent être dégradés sur place dans un premier temps pour être entraînés par la suite vers les racines.
La dynamique de l'azote
Le kiwi débourre mi-mars, il faut donc que l’azote soit disponible début mars et ensuite de façon régulière dans le temps. Un manque d’azote, surtout en sol froid, cause des retards de végétation, avec des fruits plus petits. L’apport d’un engrais à minéralisation rapide (azote organique d’origine animale) et riche en azote semble indispensable. Les produits à faible C/N sont des fertilisants : ils servent à nourrir la plante. Au-delà de 25, le produit contient beaucoup de carbone ; ces produits à C/N > 25 sont des amendements : ils servent à nourrir le sol, à améliorer sa teneur en matière organique stable.
L'importance du C/N et de la stabilité organique
Le rapport C/N donne une bonne indication sur la vitesse de minéralisation de l’azote organique. Plus le C/N du produit apporté est proche de celui du sol, plus sa minéralisation sera rapide. Il est important de noter que ces prélèvements, s’ils ne sont pas compensés, se feront au détriment de l’actinidia et se traduiront par une « faim d’azote ». Les amendements servent à redresser les teneurs en matières organiques du sol et sont nécessaires à la bonne vie du sol. Ils sont généralement apportés à la plantation sous forme de compost et en renouvellement en fonction des analyses de sols, des rendements observés et des dynamiques d’azote par des composts de fumier évolués à hauteur de 30 tonnes/ha.

Stratégies de gestion de la fertilité en verger
Les conditions pédoclimatiques influent directement sur l’activité des organismes du sol. Il faut donc anticiper l’apport mais le processus de minéralisation est difficile à maîtriser. Il dépend notamment de la vie biologique du sol, de la température du sol et de son hygrométrie. Les apports d’amendements à l’automne doivent être pilotés de façon pluriannuelle afin de tenir compte des arrières effets de fumiers sur plusieurs années.
Les difficultés liées à la fertilisation organique sont de trois ordres : la nature hétérogène des engrais organiques, son incorporation au sol, et les besoins propres de la plante. Cependant, ces produits onéreux ne permettent pas toujours de compenser les pertes de rendements ni de calibres observés en vergers bio par rapport au conventionnel. Des solutions innovantes sont testées, comme l’insertion de poules et brebis dans les rangs de fruitiers, en plus du semis de trèfle blanc, pour viser l’autonomie fertilisante et la diminution des intrants.
Entretien, santé et développement des plants
Un kiwi bien planté nécessite un entretien régulier pour exprimer tout son potentiel. Les kiwis ont besoin d'un arrosage régulier ; il est préférable d'arroser abondamment une fois par semaine plutôt que de leur donner de petites quantités d'eau tous les jours. Pour aider le kiwi à passer son premier hiver, pailliez abondamment à son pied.
Identification et prévention des maladies
Le kiwi peut être sujet à différentes maladies :
- La bactériose (Pseudomonas syringae) : provoque taches noires et chancres.
- La pourriture des fruits : causée par des champignons qui se développent sur les fruits.
- La tavelure : se manifeste par l'apparition de taches brunes sur les feuilles et les fruits.
- Le dépérissement bactérien : attaque les racines des plants de kiwis.
- La maladie des taches foliaires : apparition de taches brunes sur les feuilles.
En été, par temps chaud et sec, brumisez le feuillage pour prévenir toute attaque d'araignées rouges.

Taille et multiplication : pérenniser la production
Taillez les rameaux qui ont produit du fruit en conservant le maximum de boutons à fleurs (gros renflements) et 2 yeux à bois. Vous pouvez rajeunir un kiwi âgé en rabattant toutes les branches juste au-dessus d’une ramification vigoureuse. Attention, ne taillez pas trop tardivement, ou vous risquez de blesser la plante et de mettre à mal sa croissance.
En juin, palissez le kiwi et réduisez de moitié la longueur des jeunes pousses, si la plante semble trop vigoureuse. Vous concentrez ainsi la sève dans la plante et vous assurez des fruits plus gros et plus nombreux. Enfin, il est possible de bouturer un kiwi en été, à partir de tiges semi-ligneuses, la réussite dépendant du taux d’humidité et de la chaleur ambiante. N'oubliez pas que le kiwi n'est pas autofertile dans la majorité des cas : un pied mâle peut polliniser jusqu’à 5 à 6 femelles, à condition d’être planté à proximité dans un rayon de 4 à 6 mètres, avec une floraison synchronisée.