La nature a horreur du vide, c'est un fait ! Et au jardin comme en forêt, la terre préfère être couverte plutôt que nue, d'où l'utilité du paillage. Le paillage est une technique qui vise à recouvrir le sol pour le protéger et le nourrir. En le recouvrant de matériaux, minéraux ou organiques, le sol sera protégé, et nourri le cas échéant. Le paillage pourra être déposé partout au jardin : au pied des arbres, des haies et massifs, dans le potager, et même dans les pots et jardinières.

Pourquoi pailler le sol ?
Pailler, ce n’est pas seulement « faire propre » entre les rangs. C’est une façon très simple de rendre le potager plus stable : la terre se dessèche moins vite, les plantes souffrent moins des extrêmes, et le sol reste vivant plus longtemps.
- Réduire les arrosages : Le paillage permet de conserver l'humidité de la terre en empêchant l'évaporation de l'eau par le soleil. Un sol paillé peut retenir jusqu'à 70% plus d'eau qu'un sol non paillé.
- Limiter la pousse des mauvaises herbes : La nature a horreur du vide. Grâce au paillis, les adventices sont privées de lumière, rendant impossible leur développement.
- Favoriser la biodiversité : Il augmente également l'activité biologique dans votre sol en fournissant de la nourriture aux micro-organismes bénéfiques et aux vers de terre.
- Protéger des aléas climatiques : Il isole aussi le sol de la chaleur, du froid et du gel. Il régule la température de la terre et réduit ainsi le stress des plantes. Au potager, les paillages permettent aux fruits et légumes de rester propres.
Les différents types de paillages : minéraux, organiques et manufacturés
Le choix du paillage n’est pas simple, car le meilleur paillage pour le jardin n’existe généralement pas. Tout dépend de vos besoins, et vous devrez donc bien étudier vos plants mais aussi votre sol avant de faire votre choix.
Les paillages minéraux
Graviers, pouzzolane, briques concassées, billes d'argile, paillettes d'ardoise… Les paillages minéraux ne se décomposent pas et résistent au temps. Ils maintiennent une bonne température du sol, limitent l’envahissement des mauvaises herbes et permettent de conserver une belle humidité.
- La pouzzolane : Roche volcanique légère et poreuse. Sa structure alvéolée permet d’accumuler la chaleur, ce qui est apprécié par les diverses plantes de rocaille.
- L’ardoise pilée : Dotée de reflets noirs et bleutés, elle sublime votre jardin et met en valeur vos plantations tout en les protégeant du gel. Les plantes acidophiles profiteront le plus de ce paillage ferreux.

Les paillages organiques
Le paillage organique quel qu’il soit est de loin le plus intéressant à utiliser au potager, car sa décomposition va apporter des éléments nutritifs dans le sol.
- Les paillis légers (Lin, Chanvre, Miscanthus) : Ils se décomposent en 2 à 3 ans. Les paillettes de chanvre possèdent l’avantage de favoriser le réchauffement du sol et sont donc parfaits pour vos tomates, vos poivrons, vos aubergines ou encore vos courgettes.
- Les cosses de sarrasin : Il s’agit d’un paillage très fin qui a l’avantage de freiner les limaces qui ne l’apprécient pas. Sa couleur foncée attire et garde la chaleur.
- Le bois et le BRF : Le bois raméal fragmenté (BRF) est le produit du broyage des branches et rameaux d'arbres. Ce paillage contribue fortement à la vie des sols et est idéal pour les grands massifs.
- La paille et le foin : La paille est très fréquemment utilisée au potager car elle protège la terre contre l’humidité et offre de belles performances en termes d’isolation. Le foin, plus fin, se décompose encore plus rapidement, en environ 6 mois, et délivre ses éléments nutritifs plus vite.
Le paillage au potager : comment améliorer vos récoltes de manière écologique ?
Précautions et techniques de pose
Pailler le potager est une technique simple et naturelle, mais il faut éviter certaines erreurs.
La gestion de l'azote
Il est recommandé de ne pas trop incorporer le paillis de bois à la terre, car il risquerait de consommer de l'azote, privant les autres plantes de celui-ci. Pour limiter ce problème de "faim d'azote", on peut équilibrer les apports : un peu de compost mûr ou quelques matériaux plus verts suffisent à éviter bien des déconvenues.
Le choix selon la saison
Le sol du potager ou des massifs est à la fois protégé et amélioré par des paillis organiques, alors que les plantes alpines ou méditerranéennes préféreront une matière minérale. Sur une terre déjà froide, lourde ou gorgée d’eau, un paillage mis en place trop tôt peut retarder les plantations et les semis. Il est généralement plus judicieux d’attendre que la terre se soit un peu réchauffée avant d’installer une couverture plus épaisse.
Les exceptions au potager
Savoir quels légumes ne pas pailler est indispensable pour éviter de commettre des bourdes : seuls l’oignon, l’ail et l’échalote ne doivent pas être paillés, au risque de perdre toute votre culture. Pour les autres, une couche de 4 à 8 centimètres est généralement idéale, selon le matériau choisi.

L'entretien du paillis au fil du temps
Une fois que les plantes commencent à se déployer, à peu près vers la fin du printemps, étalez à nouveau un paillis entre les rangs des légumes et autour des pieds. Cela permettra au sol de rester frais et ainsi empêcher l'apparition de mauvaises herbes.
Concernant les tontes de gazon, utilisez-les en couches pas trop épaisses, 5 centimètres maximum, afin de limiter la macération. Il est conseillé de les faire sécher avant de les utiliser comme paillage, à moins de les utiliser en couche fine à renouveler très souvent. Enfin, l'unique technique à éviter est celle du film plastique qui, dès qu'il commence à se détériorer, éparpille des particules de plastique qui vont s'enfouir dans la terre. Préférez toujours des solutions biodégradables ou minérales qui respectent l'équilibre biologique de votre jardin.