Les géraniums sont très appréciés des jardiniers pour leurs fleurs éclatantes, leur feuillage parfumé et leur résistance. Cependant, comme toute plante populaire, ils peuvent devenir la cible de divers parasites du jardin. Pour que vos géraniums restent vigoureux et fleurissent magnifiquement, il est essentiel de connaître les méthodes appropriées de lutte contre les parasites. Détecter et traiter ces agresseurs est la première étape d’une lutte efficace. Une détection précoce est essentielle pour prévenir des dégâts importants et conserver des fleurs éclatantes.

Les insectes ravageurs : identification et signes d'infestation
Les géraniums attirent particulièrement plusieurs types d’insectes qui peuvent rapidement compromettre la santé des plantes s’ils ne sont pas traités rapidement. Les dégâts causés par les parasites peuvent se manifester par un jaunissement ou un enroulement des feuilles, des résidus collants (miellat), des trous dans le feuillage ou un retard de croissance.
Le Brun du pélargonium (Cacyreus marshalli)
Ce ravageur, également appelé mineuse des tiges ou Lycène des géraniums, est l’un des plus redoutables. Il s’agit d’un papillon brun d’Afrique du Sud, très invasif, qui attaque spécifiquement et uniquement les pélargoniums (à l’exception des odorants). Il dépose ses œufs qui donneront des chenilles vertes très ravageuses. Les signes incluent des tiges minées, des feuilles perforées, une déformation des boutons floraux, un dessèchement et un dépérissement généralisé. L’œuf est un minuscule dôme aplati pondu isolément sur le calice des boutons floraux. Les jeunes chenilles sont mineuses, donc invisibles ; les boutons attaqués noircissent et sont creux au toucher.
Les pucerons
Les pucerons sont de minuscules insectes au corps mou qui se regroupent sur les tiges et le dessous des feuilles des géraniums. Ils sucent la sève de la plante, provoquant le recroquevillement des feuilles, un retard de croissance et la présence d’un dépôt gluant. Les feuilles deviennent déformées, frisées et maladives.
Les aleurodes
Ces petits insectes blancs ressemblant à des papillons de nuit se trouvent souvent sur la face inférieure des feuilles. Les aleurodes se nourrissent de la sève des plantes et affaiblissent les géraniums en provoquant leur jaunissement, leur flétrissement et la chute des feuilles. Elles se déplacent en bande et investissent les plantations en nuée. La présence d’une fine poudre noire, appelée fumagine, est souvent un signe révélateur de leur installation.
Autres nuisibles courants
- Tétranyques : Presque invisibles à l’œil nu, ils laissent des traces révélatrices : de minuscules taches jaunes sur les feuilles et une toile délicate entre les tiges.
- Vers des bourgeons : Ce sont des chenilles vertes qui rongent les fleurs et les bourgeons, les détruisant avant même qu’ils ne s’ouvrent.
- Cochenilles : Elles apparaissent sous forme de grappes blanches ressemblant à du coton sur les tiges et les feuilles.
- Thrips : Insectes minces et rapides qui laissent des traces argentées et des taches noires sur le feuillage.
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Maladies courantes et dysfonctionnements physiologiques
Qu’il s’agisse d’un géranium zonale, odorant, lierre ou d’un géranium des fleuristes, une inspection régulière vous permettra de repérer les maladies.
La rouille
Ce champignon laisse sur le feuillage des taches jaunâtres et des amas circulaires, des sortes de pustules couleur rouille. Elle provoque un ralentissement de la croissance et de la floraison, ainsi qu’un dépérissement localisé. Les facteurs aggravants sont la chaleur, l’humidité et une mauvaise aération.
Le Phytophtora
Il s’agit d’un micro-organisme qui attaque le système racinaire jusqu’au collet, la base de la tige. Les signes sont une décoloration du feuillage, un brunissement ou rougeoiement, le noircissement de la tige et un dessèchement rapide de la plante. Il se développe particulièrement lorsque les températures sont fraîches (de 13 à 16°).
Les intumescences
Il ne s’agit pas d’une maladie mais d’un dysfonctionnement provoquant des petits œdèmes sur la partie aérienne, particulièrement sur le géranium lierre. On observe de petites hernies sur le revers de la feuille, un brunissement et un recroquevillement du feuillage. Ce phénomène est souvent lié à une humidité par temps frais et à un mauvais équilibre de fertilisation.
Stratégies de prévention et bonnes pratiques de jardinage
La prévention est le moyen le plus efficace pour garder des géraniums en bonne santé. Des soins réguliers et des pratiques de jardinage intelligentes créent un environnement qui repousse naturellement les parasites.
- Inspection hebdomadaire : Vérifiez vos géraniums chaque semaine, en particulier pendant la saison de croissance. Regardez sous les feuilles et autour des boutons floraux pour détecter tout signe de parasites ou d’œufs.
- Gestion de l'espace : Les plantes trop serrées sont plus sensibles aux parasites et aux maladies en raison d’une mauvaise circulation de l’air. Espacez suffisamment vos géraniums pour que chaque plante bénéficie de lumière et d’air.
- Arrosage et sol : Un sol sain contribue à la résistance des plantes. Utilisez un sol bien drainé. Les géraniums n’aiment pas avoir les racines dans l’eau ; évitez de trop arroser, ce qui peut attirer les moucherons fongiques et la pourriture des racines.
- Hygiène : Enlevez régulièrement les feuilles mortes et désinfectez les outils entre chaque utilisation.

Méthodes de traitement naturel
Si des ravageurs apparaissent, il existe des méthodes sûres et efficaces pour les contrôler sans recourir à des produits chimiques agressifs.
- Huile de neem : Extrait naturel, elle agit comme un répulsif et un insecticide doux qui perturbe le cycle de vie des ravageurs. Mélangez une cuillère à soupe d’huile de neem avec un litre d’eau et vaporisez sur les zones touchées.
- Savon insecticide : Une solution à base de savon noir et d’eau est idéale pour éliminer les pucerons et les aleurodes en les tuant au contact.
- Lutte biologique : Encouragez la présence d’auxiliaires comme les coccinelles, les chrysopes ou les syrphes. L’implantation de phacélie, de bourgache ou de lavande attire ces prédateurs naturels.
- Plantes compagnes : Planter des herbes et des fleurs qui repoussent les insectes à proximité, comme les soucis, le basilic ou les oeillets d'Inde, aide à les éloigner naturellement. L’ail est également un répulsif naturel puissant.
- Bacillus thuringiensis : Ce micro-organisme insecticide est particulièrement efficace contre les chenilles, comme celles du Brun du pélargonium.
Interventions chimiques : usage responsable
Bien que les méthodes naturelles soient préférables, certaines infestations peuvent nécessiter une intervention chimique. Utilisez ces traitements de manière responsable et en dernier recours, en suivant toujours les instructions figurant sur l’étiquette.
- Sprays à base de pyréthrine : Dérivés des fleurs de chrysanthème, ces sprays agissent rapidement contre les insectes volants et broyeurs.
- Insecticides systémiques : Absorbés par la plante, ils ciblent les insectes suceurs de sève de l’intérieur.
- Carbaryl ou perméthrine : Il s’agit de produits chimiques plus puissants destinés aux infestations sévères.
- Gestion de la résistance : Pour éviter que les ravageurs ne développent une résistance, n’utilisez pas le même traitement chimique de manière répétée. Alternez les produits pour garantir l’efficacité de votre lutte.

Il est important de noter que les géraniums vivaces se cultivent en pleine terre partout sous nos climats en raison de leur rusticité, tandis que les géraniums de balcon ou pélargoniums sont bien plus frileux et se cultivent en plantes annuelles. Prendre soin des géraniums implique d’être vigilant face aux parasites qui peuvent nuire à leur beauté éclatante. En identifiant rapidement les insectes courants, en prenant des mesures préventives et en appliquant des traitements naturels ou chimiques si nécessaire, vous pouvez garder vos plantes en bonne santé et florissantes. Pour protéger vos géraniums sur le long terme, encouragez la biodiversité dans votre jardin en plantant des fleurs mellifères ou en installant des hôtels à insectes.