Le noisetier : Un sanctuaire naturel pour les oiseaux et la biodiversité

Le noisetier (Corylus avellana), aussi nommé Coudrier, est un arbuste à feuilles caduques aux bords dentelés originaire d’Europe et d’Asie. Cet arbuste, dont les rameaux très souples et résistants sont notamment utilisés en vannerie, tandis que son bois compose les fameuses baguettes de sourcier, occupe une place centrale dans nos écosystèmes. Il colonise les terrains en cours de reboisement et constitue une plante pionnière des fourrés, des taillis, des fruticées, des haies forestières et des bois de feuillus. Dans son biotope optimal, le noisetier peut représenter jusqu'à 25% minimum de la végétation totale du milieu.

Illustration botanique du noisetier Corylus avellana avec ses chatons et ses noisettes

Les stratégies de nidification des oiseaux

Les oiseaux ont plusieurs stratégies pour nicher. Certaines espèces nichent par exemple directement sur le sol, d’autres sur les bosquets ou les branches d’arbres, d’autres, appelés cavernicoles, nichent à l’intérieur de cavités naturelles. Ces cavités, plus ou moins ouvertes, peuvent être par exemple des trous dans les arbres, dans les falaises ou le long des berges. Dans les villes et villages, les oiseaux utilisent aussi les cavités dans les murs. Néanmoins, ces cavités sont de moins en moins accessibles dans les milieux avec des habitations humaines à cause de la modernisation du bâti. De plus, on observe aussi une diminution des habitats naturels.

La présence de telle ou telle espèce dépendra en partie de la conception du nichoir et de l’emplacement choisi. Il faudra donc veiller à diversifier les types de nichoirs pour accueillir une plus grande diversité d’espèces. Les nichoirs sont des constructions plus ou moins fermées qui servent d’habitat artificiel de repos ou de nidification. Les nichoirs les plus utilisés sont les nichoirs dits « multi-spécifiques ». Ces nichoirs correspondent à un grand nombre d’espèces, selon leur taille et le diamètre du trou d’entrée. Le plus commun est le nichoir « boîte aux lettres ». Il est fermé, avec un trou d’entrée et un toit à un ou deux pans. C’est l’un des nichoirs les plus faciles à construire. Ce type de nichoir permet d’accueillir par exemple les mésanges, les moineaux ou les sittelles.

Le rôle du noisetier dans le cycle de vie aviaire

Pour les oiseaux, les arbres et les arbustes plantés dans nos jardins sont source de nourriture, de matériaux pour construire leur nid, ainsi que de parfaits abris permettant aux animaux de se protéger contre les intempéries et les prédateurs. Le noisetier commun est un arbuste dont les oiseaux sont très friands. Ses fleurs des deux sexes se trouvent sur un même individu, l’espèce est donc dite monoïque. Les mâles apparaissent en chatons pendants de couleur jaune alors que les femelles ont la forme de bourgeons avec de petits épis rouges à l’extrémité.

Le Noisetier est très important pour les abeilles. Le Noisetier est un arbuste printanier. En bordure de forêt, la lumière étend sa production de chlorophylle et lui permet d'emmagasiner de meilleures ressources énergétiques dans son système racinaire pour la fructification et la dormance hivernale. Le noisetier, si facile à cultiver dans tous les jardins, attire de nombreux insectes au printemps grâce à ses chatons, la mésange vient prélever sa part du butin, puis la sittelle torchepot se régalera des noisettes en hiver.

Le nid et l’oiseau - Bande annonce

Interactions avec les espèces cavernicoles et les pics

Le Pic épeiche est un oiseau forestier noir et blanc avec le bas-ventre rouge. Seul le mâle porte également des plumes rouges sur le haut de sa tête. Comme les autres pics, il se distingue surtout par son bec robuste et puissant qui lui permet de casser des écorces de noisettes et de creuser le bois à la recherche d’invertébrés pour se nourrir ou de cavités pour nicher. À la période de reproduction, le bref tambourinage caractéristique sert aussi à déli-miter un territoire et attirer une partenaire. Un mâle célibataire peut ainsi taper sur le tronc jusqu’à 600 fois par jour.

Le biotope recomposé sur la base du biotope du Noisetier, semi-sauvage semi-cultivé, est particulièrement propice à accueillir les espèces suivantes : les tilleuls, les cerisiers, les sorbiers, les pruniers, les pommiers, les viornes, les noisetiers, les chèvrefeuilles, les kiwis, les vignes, les concombres, les rosiers, les fraises des bois, les pois et les laitues.

Aménagement du jardin pour favoriser la nidification

Protéger les oiseaux passe par la conservation des milieux naturels. Quelques aménagements simples peuvent atténuer les dégradations des écosystèmes en accueillant les oiseaux et favoriser leur observation. Au fond du jardin, laissez une bande d’herbes folles. Ainsi se développeront papillons, sauterelles et autres insectes en tout genre qui animeront le jardin et nourriront les nichées. Le compost, retourné régulièrement, permet à certains oiseaux de trouver des vers de terre et des larves d’insectes. Un tas de bois peut, lui aussi, héberger des invertébrés. Il est essentiel de bannir l’usage des pesticides chimiques, néfastes pour tous les êtres vivants, y compris pour nous !

Une variante des nichoirs standards est les nichoirs « semi-ouverts », avec une plus grande ouverture. Ces nichoirs accueillent par exemple les rouges-queues, les rouges-gorges, les bergeronnettes. Les nichoirs spécifiques ont une conception telle qu’ils favorisent la venue d’une seule espèce ou famille d’espèces. C’est typiquement le cas pour les nichoirs à rapaces nocturnes qui accueillent par exemple les chouettes effraies. Selon les caractéristiques du nichoir, vous pourrez alors favoriser plus spécifiquement la venue des hirondelles, des martinets, des grimpereaux, des troglodytes, des moineaux, des merles, etc.

Conseils de pose et entretien des nichoirs

Le lieu et la façon dont sont posés les nichoirs sont des éléments importants à prendre en compte pour augmenter les chances d’avoir des visiteurs. Sauf cas spécifiques, généralement les nichoirs se posent entre 1,5 et 6 mètres de hauteur, notamment pour limiter la prédation. Si possible, il est préférable d’orienter l’ouverture du nichoir vers le sud ou le sud-est. Cela permet d’exposer l’ouverture au soleil tout en évitant les vents dominants. Le mieux est de placer le nichoir à un endroit exposé une partie de la journée à la lumière et l’autre partie à l’ombre. Pour éviter que la pluie n’entre dans l’ouverture, il faudra incliner légèrement le nichoir vers le bas.

Éviter l’aggloméré et le contreplaqué pour construire les nichoirs. Ces matériaux ont peu de longévité et contiennent des colles chimiques. Préférer le bois de sapin ou de peuplier. L’huile de lin, produit naturel, permet d’allonger la durabilité des nichoirs en imperméabilisant le bois. Utiliser un fil de fer plutôt qu’un clou pour fixer le nichoir contre un tronc d’arbre. Il faut veiller à placer une planche en bois entre le tronc et le fil de fer pour ne pas blesser l’arbre. Éloigner le nichoir des prédateurs en évitant de le poser à proximité d’un quelconque rebord pouvant servir de point d’appui. Des dispositifs anti-prédateurs peuvent être ajoutés pour limiter au maximum la prédation. Nettoyer le nichoir avant le début du printemps (idéalement février) en enlevant simplement les matériaux du nid.

Schéma explicatif montrant la hauteur et l'orientation idéale d'un nichoir sur un arbre

Écosystèmes et symbiose racinaire

Les noisetiers tolèrent des stations pauvres comme des sols riches. Ils doivent leur croissance à un symbiote fongique plutôt que bactérien. Une approche écosystémique prend en compte les relations et les interconnexions entre les plantes, les animaux, les micro-organismes et les champignons. Le Noisetier est un arbre hôte qui accueille une vie ectomycorhizienne (EcM). Le Noisetier est l'hôte de nombreux basidiomycètes comme les bolets, les cèpes, notamment les cèpes d'été avec les charmes, les russules, les lactaires, la truffe. Cette fonge a la particularité de se développer dans les milieux forestiers riches en argile calcaire et en hydrate de carbone.

Les essences de lisières forestières développent plutôt une symbiose andomycorhizienne avec les champignons actinomycètes qui s'associent avec les espèces fruitières de courte durée de vie. Les essences fruitières participent aussi à nourrir le mycélium en sucre qui crée alors des ponts mycorhiziens comme avec le pommier et l'aubépine. Le Noisetier développe une symbiose avec la fonge symbiotique ectomycorhizienne, avec les basidiomycètes. Planter des noisetiers dans un verger permet de diversifier la fonge du sol et de cultiver aussi des champignons symbiotiques comme les cèpes, les bolets, les truffes.

Synergie végétale et biodiversité associée

Le chèvrefeuille est non seulement un arbuste pour oiseaux idéal, il attire de nombreux individus et toutes sortes d’animaux sauvages. En effet, le chèvrefeuille fait également le bonheur des insectes, des chauves-souris et des petits mammifères. Le parfum doux du chèvrefeuille, surtout lorsqu’il est porté par la brise estivale, est un ravissement pour les oiseaux ! Le chèvrefeuille est une plante grimpante qui peut être insérée dans une haie, s’entourant aux autres arbres et arbustes qui la composent. Il ne se soucie guère du sol dans lequel il est cultivé.

Les lianes représentent 7% de la biodiversité caractéristique du biotope du Noisetier avec 2 espèces sur 27. Le lierre et le chèvrefeuille des bois sont deux lianes forestières ; ce sont des lianes pérennes qui perdurent de la haie forestière à la forêt mûre, contrairement aux autres lianes strictement héliophiles que l'on retrouve en bordure de forêt pour s'exposer à la lumière. Ici, les lianes forestières ont la capacité de se lignifier pour atteindre les 10 m de hauteur, comme les vignes, pour atteindre la canopée et synthétiser la lumière. Le Lierre terrestre et le Chèvrefeuille des bois sont des espèces qui tolèrent la mi-ombre, voire l'ombre ; elles sont rustiques. Ces deux lianes ont deux comportements différents. Le lierre pousse à la verticale d'un tronc, il dispose de son propre système racinaire et ne parasite pas son hôte. Il porte en hauteur des fleurs pour les abeilles, des baies pour les oiseaux, et un couvert végétal pour les auxiliaires durant toute la saison froide.

Diversité des arbustes pour une faune variée

Il existe des dizaines d’arbustes pour oiseaux, à choisir en fonction de vos préférences personnelles, des conditions de culture, du sol et de la surface dont vous disposez. Nourriture variée, lieu de reproduction et abri sont essentiels pour attirer les oiseaux dans votre jardin. Certains arbustes s'y prêtent particulièrement, plantez-les et vous les verrez s'installer ! Le pyracantha, par exemple, est idéal en haies défensives et ornementales. Persistant, touffu, et épineux, il offre un abri de choix pour les oiseaux qui y sont protégés de leurs prédateurs. Bien que toxiques pour l'homme, ses baies rouges ou orangées, sont très appréciées des volatiles.

Le merisier (Prunus avium) produit des fruits durant l’été et offre un site de nidification intéressant pour les oiseaux. Le sureau noir (Sambuscus nigra) présente de belles et odorantes fleurs plates en ombelles qui attirent les insectes en nombre, source de nourriture pour les oiseaux, qui plus tard, sauront apprécier les baies à leur juste valeur. L'aulne glutineux (Alnus glutinosa) est précieux dans les sols humides où il pousse sans souci en attirant de nombreux insectes. Ses fruits hivernaux font le régal de multiples oiseaux comme la fauvette, le tarin des aulnes, la mésange, ou le pic. Le cotonéaster laiteux (Cotonesaster lacteus) est un arbuste très intéressant pour son port compact en haies basses ou bosquets. Les fleurs réunies en cymes blanches attirent les insectes puis se transforment en baies rouges consommées par les oiseaux en hiver ; la grive en est une fervente amatrice !

Le saule pleureur est un des premiers à attirer les insectes au printemps, il offre un abri de choix en été lorsqu'il est bien feuillu, puis des graines appréciées de nos amis ailés en automne. Il est à réserver aux terrains un peu humides où il fera merveille en bord de mare ou en sujet isolé. Le chalef (Elaeagnus ebbingei) bien connu pour constituer des haies persistantes ne craignant ni les embruns, ni la pollution, ni la sécheresse, produit de petites fleurs au parfum d’œillet, puis plus tard, des fruits qui attirent de nombreux oiseaux dont la fauvette mélanocéphale. La viorne (Viburnum) comprend de nombreuses espèces et cultivars aussi intéressants en haies, qu'en massifs ou en bosquets. Supportant la majorité des sols et des expositions, excepté l'ombre dense, la viorne assure des baies à profusion durant une bonne partie de l'année si vous plantez plusieurs espèces.

Physiologie et cycle du carbone dans le biotope

Pour respirer 24h/24h, les plantes accumulent du carbone dans les racines. Une plante adulte a besoin en moyenne d'une exposition de 10% minimum de lumière directe par jour, à partir de là, elle peut répondre à l'ensemble de ses besoins. Toute l'énergie excédentaire est accumulée pour développer la plante, consolider sa structure et pour respirer la nuit. Le carbone est alors accumulé dans les racines et des systèmes de réserves (bulbes, tubercules, rhizomes…) pour être ensuite métabolisé en sucres ou en lipides, pendant la nuit, l'hiver et les inondations. On appelle ce phénomène la respiration oxydative.

En moyenne, 30% à 70% du carbone assimilé chaque jour par la plante est utilisé pour la respiration racinaire. Des mesures ont permis d'établir une hausse des huiles essentielles et des sucres d'une plante au coucher du soleil et à l'aube au lever du soleil. Les producteurs d'huiles essentielles et de tisanes connaissent bien ce phénomène et récoltent les plantes à ces deux moments précis. À l'aube, le pic de production de sucres et d'huiles essentielles correspond à l'évacuation de l'excédent d'énergie restant. Ces phénomènes se produisent également à l'échelle des saisons ou des intempéries. Les plantes caduques des pays tempérés, des plantes boréales et les plantes tropicales des moissons disposent d'une physiologie capable de stocker une grande quantité d'énergie, l'équivalent de plusieurs mois d'hiver sans photosynthèse, ou de plusieurs mois d'inondations sans oxygène atmosphérique, sous forme de réserves lipidiques et glucidiques dans leur système racinaire et les bourgeons.

Graphique montrant le cycle annuel du carbone et les réserves énergétiques du noisetier

Utilisation des rameaux et précautions sanitaires

Il est important de s'assurer que les branches de noisetier utilisées, que ce soit pour le paillage, le nichoir ou le nourrissage, ne proviennent pas d'abords de routes fréquentées, ce qui pourrait entraîner une pollution par les gaz d'échappement des voitures. Il faut également s'assurer qu'elles ne sont pas polluées par des pesticides ou insecticides. Les rameaux très souples et résistants sont notamment utilisés en vannerie, tandis que son bois compose les fameuses baguettes de sourcier.

Il n'est pas nécessaire de rincer les branches sauf en cas de doute sur la pollution. Concernant les insectes, certains recommandent le passage au four, mais cela reste une pratique marginale et parfois inadaptée à la taille des branches. Le plus important demeure l'observation de l'état des branches, de leurs couleurs et de leur position géographique. Les feuilles récoltées vers le mois de juin peuvent être séchées pour la fabrication de tisanes permettant une meilleure circulation du sang, le soulagement des varices et des jambes lourdes ainsi que des hémorroïdes. En période de disette, il faut savoir qu’on fumait les feuilles à la place du tabac ! Ses rameaux souples étaient autrefois utilisés pour faire des anses de panier et aussi pour les célèbres baguettes de sourciers. Comme le bois laisse peu de résidus après avoir été brûlé, on s’en servait pour faire du charbon à dessin (comme le fusain).

Vers une gestion respectueuse de l'environnement

Inutile d'essayer d'attirer les oiseaux si vous baignez votre jardin de produits phytosanitaires chimiques qui provoquent un déséquilibre important. Ils risquent en effet d'empoisonner les oiseaux s'ils mangent des baies mais aussi de supprimer leur nourriture en tuant les insectes et leurs larves. Un jardin ainsi maltraité n'accueillera pas grand-chose de vivant, ni insectes ni oiseaux, et les maladies s'y développeront encore plus, alors passez à une gestion plus respectueuse de l'environnement afin de pouvoir préserver cette faune utile !

Les Noisetiers sont auto-stériles, et ils fructifient en la présence d'autres Noisetiers. La première des plantes fidèles du Noisetier est donc d'autres pieds de noisetiers. Ces arbustes sont drageonnants pour certains, comme le noisetier, le cornouiller sanguin et le prunellier. Cette multiplication végétative rapide permet d'étoffer rapidement le couvert végétal et de créer de l'ombre dans les taillis et les fruticées. Les feuilles mortes du Noisetier produisent une abondante litière qui va participer à créer de la masse carbone favorable aux essences forestières pionnières comme le Charme, le Chêne et le Hêtre. Les aubépines et les prunelliers sont des espèces piquantes qui créent également une haie défensive pour orienter les troupeaux de chevreuils ou de sangliers. Ils protègent leur propre tronc de l'abroutissement abusif, des frottements par les animaux et du piétinement du substrat. Leurs buissons protègent rapidement les jeunes arbres forestiers.

En montagne ou dans les zones arctiques, les arbres et les plantes exposées aux températures gélives abaissent leur composition en eau au minimum vital - les molécules d'eau se cristallisent dès 0°C, pour augmenter leur concentration en lipides. Après l'optimum chlorophyllien, la plante met en réserve de l'énergie carbone sous forme de sucres et de lipides. On sait que le sucre et le carbone sont les deux sources principales d'énergie recherchées par les champignons. Au fur et à mesure que je réalise les phénologies écosystémiques, j'observe une corrélation entre l'optimum chlorophyllien d'une espèce, la mise en réserve d'énergies, la montée de sève et la descente de sève, et la fructification des champignons qu'un arbre accueille. La défoliation, l'hygrométrie et les températures influencent directement le cycle du carbone et donc le développement du mycélium. Mais la fructification ? La production de sporocarpes demande un excédent d'énergie pour produire ces organes reproducteurs. Les plantes printanières buissonnantes ou arborescentes qui se retrouvent à l'ombre de la canopée de grands arbres ont un optimum chlorophyllien en mai-juin, puis mettent en réserve leurs sucres ; ils accueillent souvent des champignons estivaux, comme les cèpes d'été, les bolets des charmes, qui fructifient en été ou dès le début de l'automne.

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