La pratique du jardinage, qu'il s'agisse de vos plantes d'intérieur ou de vos massifs extérieurs, repose sur une compréhension fine du développement végétal. Maîtriser le geste du pincement et celui du rabattage permet non seulement d'optimiser l'esthétique de vos végétaux, mais aussi de stimuler leur vigueur, leur floraison et leur fructification.
Comprendre le pincement : une taille de précision
Pincer une plante, ou « pincement », veut tout simplement dire tailler l’extrémité d’une tige, supprimant sa pointe de croissance. On lui donne cette appellation car on peut le pratiquer avec 2 doigts. Les ongles du pouce et de l’index se rejoignent comme sur une pince et coupent la tige.
Le pincement est une façon de tailler les plantes à tiges fines dans le but de les ramifier, de les rendre plus touffues. Il suffit de sectionner les jeunes pousses qui se trouvent aux extrémités des tiges en les pinçant avec les doigts afin de provoquer le développement des pousses restantes et ainsi densifier le feuillage de votre plante. Sectionnez juste au-dessus d’un nœud. Vous pouvez pincer plusieurs tiges.

Si vous voulez voir votre plante se ramifier, il faut lui couper la tête ! Pincer une plante est bénéfique pour son développement, ses fleurs, ses fruits ou légumes. La sève va se diriger davantage vers les fruits et ainsi les faire grossir. Pincer les plantes comestibles permet au contraire de rediriger la sève vers les fruits plutôt que dans le développement de nouvelles tiges. Les fruits seront plus gros.
Le rabattage : une taille structurelle et régénératrice
Rabattre une plante signifie la tailler très court, près du sol. Rabattre consiste donc à tailler une plante de manière sévère. C’est tailler ou couper la partie aérienne du végétal au sécateur, dans le but de provoquer une nouvelle pousse.
Il faut savoir que pendant les mois froids, les plantes vivaces survivent « en sous-sol », c’est-à-dire que si en surface leur apparence n’a plus grand-chose à voir avec leur floraison estivale, sous terre elles se protègent du froid en survivant sur leurs réserves stockées dans leurs racines, leurs bulbes ou rhizomes. Or c’est justement pour les aider à bien organiser ces réserves que vous devez les tailler.
Pourquoi tailler et rabattre ?
Contrairement au cas des plantes extérieures qui peuvent rapidement devenir envahissantes, la taille des plantes d’intérieur n’est pas une nécessité absolue chaque année. Elle s’avère utile pour réduire le volume d’une plante qui devient trop envahissante, pour rendre votre plante plus touffue, pour lui donner une nouvelle forme ou pour multiplier votre plante.
Pour les vivaces, tailler les tiges sèches d’une plante permet de ne pas laisser ces tiges mortes devenir des refuges pour les insectes qui pourraient nuire à la plante, pour des champignons ou parasites. Certaines maladies comme l’oïdium par exemple auront tendance à s’installer sur les tiges mortes à l’automne et y proliférer pendant l’hiver. C’est un risque que la taille de rabattage permet d’éviter.
[TUTO] Comment et pourquoi pincer les plantes ?
Techniques de taille pour les plantes d'intérieur
Ne vous inquiétez pas, il ne faut pas craindre de tailler les plantes d’intérieur ! Mère Nature leur a normalement fourni des bourgeons dormants situés plus bas sur la tige, ce qui leur donne la capacité de repousser. Chaque fois que vous raccourcissez une tige disgracieuse, déformée ou dégarnie, une, deux ou trois nouvelles tiges repoussent pour combler le trou.
La taille de nettoyage
Il s’agit de la taille la plus douce et la moins stressante pour le novice. La taille de nettoyage consiste à supprimer, à l’aide d’un sécateur, les feuilles jaunes, brunes ou endommagées et les branches mortes. Vous pouvez même couper la pointe morte d’une feuille autrement en santé et ainsi prolonger son attrait.
La taille pour densifier (Testé sur Pothos)
Coupez 1/3 de la longueur de la tige juste au-dessus d’un nœud. Ensuite, replantez directement la nouvelle extrémité dans le terreau. Cette opération se fait idéalement lors du rempotage. Répétez l’opération sur les tiges les plus longues de votre plante. L'extrémité de la tige prélevée pourra être bouturée.
La taille pour structurer (Testé sur Ficus)
Sélectionnez une tête aux extrémités et coupez juste au-dessus d’un nœud. Du latex coulera de la plaie, munissez-vous d’une protection pour les mains et le sol. Au bout de quelques semaines, une nouvelle pousse apparaîtra. Cette opération ramifiera votre plante : elle se développera davantage en largeur, sans pour autant stopper sa croissance en hauteur.

Calendrier et bonnes pratiques pour les vivaces
La question cruciale de savoir quand rabattre les vivaces ou quand pincer une plante, c’est-à-dire le bon moment pour tailler les plantes, fait débat chez les jardiniers : certains ne jurent que par l’automne, d’autres le printemps, et d’autres encore les deux !
Le début du printemps est la période idéale pour tailler et pincer vos plantes d’intérieur. Pour les vivaces, la taille de rabattage se fait à l’automne et/ou au printemps, le pinçage des plantes se fera lui tout au long de la floraison.
Guide de taille par espèce
- Marguerites : Pincer les fleurs fanées tout au long de la floraison. Rabattre à l’automne (Juin à Octobre).
- Rosiers : Pincer les fleurs fanées tout au long de la floraison. Rabattre à l’automne, seulement pour les variétés non grimpantes (Janvier à Octobre/Novembre).
- Framboisier : Couper au ras du sol les tiges sèches. Rabattre à l’automne à 80 cm minimum (Février à Novembre).
- Aromatiques : Pincer chaque fleur ou bouton dès l’apparition pour privilégier les feuilles/tiges. Rabattre à l’automne (Mars à Septembre/Octobre).
Le tuteurage : accompagner la croissance
Que ce soit pour assurer leur reprise après la plantation ou pour guider leur croissance, certains végétaux ont besoin de supports. Tuteurer permet de soulager les plantes fragiles afin de faciliter leur développement et leur floraison. Les tuteurs doivent être solides et résistants.
Choisir et installer ses tuteurs
Vous aurez globalement le choix entre les attaches en fibres naturelles, ficelles et cordelettes en jute ou sisal biodégradables, les ficelles synthétiques plus durables mais moins écologiques, ou les fils en acier gainé ou plastifié.
Pour les très grandes variétés de fleurs comme les dahlias ou les pivoines, installez les tuteurs dès la plantation, avant même d’enfouir les racines ou les rhizomes, afin de ne pas les blesser. Prévoyez une distance de 4 ou 5 cm entre tuteur et tige et des liens souples, en plastique ou en raphia, que vous attacherez en formant un "8" pour ne pas abîmer le végétal.

Pour les jeunes arbres, le tuteurage permet de faciliter cet ancrage les quelques années suivant la plantation. Choisissez un tuteur solide, épais, un piquet de bon diamètre en bois imputrescible. Dans le cas d'une plantation d'un arbre à racines nues, placez le tuteur dans le trou de plantation en amont à une dizaine de centimètres du tronc. Maintenez-le bien droit et attachez-le au tronc avec des attaches solides mais non blessantes.
Multiplier ses plantes après la taille
Il existe plusieurs manières de multiplier votre plante après l’avoir taillée. Dans les deux cas, vous devez soit faire tremper les boutures dans un verre d’eau et attendre que des racines apparaissent avant de planter en terre (technique plus lente mais plus efficace), ou planter directement dans un petit pot rempli de terreau en veillant à ce que le terreau reste toujours légèrement humide les premières semaines.
N'oubliez pas que, selon la nature de la plante, son âge, sa silhouette et sa résistance, mais également les aléas climatiques auxquels elle pourra être exposée, le tuteurage peut s'avérer indispensable. Le mieux est d’observer : faites l’essai pendant 2 ans, en taillant au printemps puis à l’automne, et voyez quelle taille a été la plus satisfaisante. Il n’y a pas de règle universelle ! Mieux vaut ne pas supprimer plus d’un tiers de la plante dans une seule session de taille et pas plus que deux fois par année.