Guide complet : Comment diagnostiquer, restaurer et entretenir une pelouse grillée

La sécheresse extrême et la chaleur persistante mettent à mal de nombreuses pelouses. Au lieu du joli vert habituel, le gazon est alors sec, jaune ou brun dans de nombreux jardins. C'est en été, lorsque les vagues de chaleur s'abattent sur nous, que notre gazon n'a pas la vie facile ! Le manque d'eau, l’ensoleillement maximal, le vent et les passages répétés le mettent à mal. Ce qui, à première vue, peut faire penser à une maladie du gazon, sont finalement souvent les conséquences de ces épreuves. Les périodes de fortes chaleurs sont particulièrement néfastes pour le gazon : un gazon jaune et sec comme de la paille ou des zones marron inesthétiques dans le gazon peuvent alors apparaître, même si le gazon est par ailleurs bien entretenu. En regardant les brins d’herbe totalement grillés, on se demande s'il est encore possible de sauver un gazon brûlé.

Schéma illustrant la différence entre une pelouse en dormance (racines saines) et une pelouse morte (racines desséchées)

Comprendre le mécanisme de survie : La dormance estivale

Bonne nouvelle : une pelouse marron et brûlée ne signifie pas forcément que votre gazon est mort. Dans la plupart des cas, le gazon peut se rétablir. Le gazon « brûlé » est en effet un mécanisme de protection des graminées : elles réduisent leur métabolisme pour pouvoir survivre dans des conditions extrêmes. De ce fait, les tiges se dessèchent et changent de couleur.

C’est un phénomène normal appelé dormance, qui permet aux plantes de survivre aux saisons les plus défavorables. Si la dormance hivernale est la plus étudiée, il existe également une dormance estivale pour certaines plantes. Ainsi, lorsqu’elles sont soumises à un stress hydrique, les graminées tempérées pérennes arrêtent leur croissance et leurs parties aériennes se dessèchent progressivement. L’entrée en dormance, plus ou moins rapide selon les espèces, évite un épuisement de la plante. La dessication des feuilles permet de réduire fortement l’évapotranspiration. La survie de la plante est uniquement conditionnée par la survie du collet, où se trouvent les méristèmes du plateau de tallage.

Diagnostic : Comment savoir si votre gazon est récupérable ?

La restauration de votre gazon brûlé dépendra donc du niveau de protection des racines contre le dessèchement : si seuls les brins d'herbe sont bruns et desséchés, il est possible que le gazon se rétablisse. Pour savoir si une régénération est encore possible, enlevez une petite zone de gazon de 10 à 15 centimètres de profondeur avec une bêche. Vous pouvez ensuite en inspecter les racines : si elles sont desséchées et qu'elles ne sont plus intactes, la régénération n'est plus possible.

Les causes multiples du jaunissement

Au-delà de la météo, plusieurs facteurs peuvent expliquer l'état de votre pelouse :

  1. Soleil, chaleur et sécheresse : Surtout lorsque les précipitations sont totalement absentes pendant la période de chaleur estivale, que les rares pluies s'évaporent immédiatement sous l'effet du soleil et que la sécheresse s'étend de plus en plus, le gazon manque tout simplement d'humidité.
  2. L'effet "loupe" lors de l'arrosage : Lorsqu’on ne tient pas compte de l'intensité du rayonnement solaire, les gouttes d'eau agissent comme des loupes qui intensifient le rayonnement solaire. Résultat : le gazon brûle.
  3. Une mauvaise tonte en été : Les brins d’herbe sont « blessés » par la coupe. En cas d'ensoleillement intense, notamment à midi, ils ne pourront pas cicatriser assez vite.
  4. Excès d'engrais ou urine de chien : Le problème se pose surtout en cas de surdosage d'engrais minéraux. L'urine de chien a le même effet sur le gazon qu'une brûlure due à un excès d'engrais.
  5. Application d'herbicide inadapté : Une pelouse brûlée peut également être la conséquence de l'application inadaptée d'un herbicide non sélectif qui détruit non seulement les mauvaises herbes, mais aussi la pelouse.

Infographie montrant les bonnes et mauvaises pratiques d'arrosage et de tonte en période de canicule

Stratégies de réanimation : Faire reverdir le gazon

Si le dommage n'est que superficiel et que les racines sont restées intactes, les brins d’herbe pourront repousser si l'humidité est suffisante. Arrosez donc le gazon de manière intensive et en profondeur avec un arroseur automatique. Un arrosage doit apporter environ 15 à 20 litres d'eau par mètre carré. En règle générale, n'arrosez pas votre gazon tous les jours avec de petites quantités d'eau, mais plutôt une à deux fois par semaine.

Si, après un été marqué par de nombreuses périodes de chaleur, votre pelouse s'est transformée en paysage de steppe, il faudra alors ressemer. Si le gazon est complètement brûlé et mort, vous devrez réensemencer toute la pelouse ou la surface de pelouse concernée. N'oubliez pas d'éliminer au préalable les restes d'herbes mortes et le feutre du gazon en le scarifiant. Veillez à ne pas travailler trop profond pour ne pas trop endommager les racines déjà fragilisées : régler les lames pour qu’elles pénètrent à 1 cm sous la surface du sol.

Le rôle crucial de l'amendement et de la fertilisation

Une fois le sol réhumidifié, il faudra prévoir un épandage d’un engrais à la fois riche en azote (N) pour relancer la croissance du gazon, mais surtout riche en phosphore (P) pour stimuler la croissance des racines. Un peu de potassium (K) permettra de renforcer le gazon afin d’éviter toute maladie opportuniste. L’apport d’un engrais d’automne riche potassium K (par exemple, un ratio NPK 5.1.12) permet à la fois de nourrir le gazon et de le préparer à affronter les températures hivernales.

Prévenir pour mieux protéger : Les bonnes pratiques

Certains facteurs peuvent accélérer le dépérissement des graminées du gazon. Si c’est le cas, veillez à réduire ce risque au maximum lors de l'ensemencement et de l'entretien du gazon :

  • La nature du sol : Un gazon implanté sur un sol argileux ne se dessèchera pas aussi vite qu'un gazon ensemencé sur un sol très sableux.
  • La hauteur de tonte : Plus le gazon est tondu haut, plus le système racinaire est profond et dense, rendant ainsi la graminée plus résistante à la sècheresse. La hauteur de tonte doit en outre être relevée entre 8 et 10 cm durant les mois les plus chauds.
  • Le choix des semences : Il existe désormais des mélanges de semences de gazon qui conviennent particulièrement aux pelouses exposées à un fort ensoleillement et à la sécheresse.

#001 - Scarification d'un gazon

L'adaptation aux conditions futures : Variétés et biodiversité

Il est possible de varier les espèces pour accroître la résilience. Pour facilement faire reverdir votre pelouse, laissez le trèfle blanc se développer (ou semez-en en amont). Il supporte très bien le soleil et va fixer l’azote au sol. Vous pouvez aussi opter pour des espèces de climat chaud (plantes en C4), particulièrement résistantes à la sècheresse et aux fortes températures. On trouve dans cette liste le Cynodon dactylon, le Zoysia japonica, le Pennisetum clandestinum (plus connu sous le nom de « kikuyu »), le Paspalum vaginatum et le Koeleria macrantha. Il faut savoir en revanche que ces graminées ont tendance à jaunir en hiver.

La rapidité de redémarrage lorsque les conditions deviennent plus favorables est variable selon les espèces. On trouve, par ordre décroissant, le cynodon, les fétuques élevées et les fétuques ovines, les ray-grass anglais, le pâturin des prés et les fétuques rouges traçantes, les agrostides, les fétuques rouges ½ traçantes, les fétuques rouges gazonnantes et enfin le pâturin commun.

En suivant ces étapes - diagnostic, arrosage ciblé, scarification, fertilisation adaptée et choix de variétés robustes - vous maximisez vos chances de retrouver une pelouse dense et saine, même après les étés les plus rudes.

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