À la recherche de la famille du prunier : une exploration des variétés et de l'histoire à Auriolle et au-delà

Le prunier, un arbre fruitier ancestral, est célébré pour ses prunes succulentes à la chair juteuse et sucrée, offrant une diversité de couleurs et de saveurs. Son histoire remonte à des siècles de culture et de sélection méticuleuse par des horticulteurs passionnés. Les prunes étaient déjà un fruit précieux dans l'Antiquité, connues des anciens Égyptiens qui les incluaient dans les provisions funéraires pour le voyage vers l'au-delà. Les Étrusques et les Romains les appréciaient également, cultivant plusieurs variétés, dont la prune de Damas.

Histoire des prunes dans l'Antiquité

Les origines complexes du prunier européen

L'émergence du prunier européen, il y a quelques milliers d'années, est attribuée à un croisement spontané entre deux pruniers sauvages : Prunus cerasifera et Prunus spinosa. Ce phénomène aurait eu lieu dans une région proche de la mer Caspienne. Par la suite, l'arbre se serait propagé à travers le Moyen-Orient et l'Europe, probablement au cours des invasions du IIe millénaire avant notre ère. Ces origines incertaines témoignent d'une longue histoire de migration et d'adaptation de cet arbre fruitier.

Le prunier fait partie de la famille des Rosacées et du genre Prunus, qui regroupe des arbres et arbustes souvent cultivés pour leurs fruits, mais également pour leur intérêt ornemental. Ce genre comprend des arbres emblématiques tels que l'amandier, le pêcher et l'abricotier.

Caractéristiques générales et entretien du prunier

Le prunier est un bel arbre de taille moyenne dont le feuillage caduc apparaît en même temps ou à la fin de sa floraison blanche. Il produit des fruits, des drupes, caractérisés par une enveloppe charnue qui entoure la graine et ne s'ouvre généralement pas pour la libérer. Ces fruits, à la chair savoureuse, mesurent environ 2 à 3 cm de diamètre.

Rustique, le prunier vit généralement très longtemps. Sa production est à son apogée après une vingtaine d'années et cette fertilité peut durer environ 50 ans. Peu exigeant quant à la qualité du sol, le prunier ne craint que les excès d'argile ou de sable. Il est facile d'entretien et est souvent laissé de plein vent, mais peut aussi être conduit ou palissé.

Plantation et irrigation

Le moment optimal pour planter un prunier dépend de la région et du climat local. En général, il est recommandé de planter les pruniers en racine nue à l'automne ou au début du printemps. L'entretien d'un prunier implique une irrigation régulière, essentielle pour son développement.

Taille et fertilisation

La taille de formation, si nécessaire, se fait dans ses premières années. La taille de fructification, en automne, n'est pas systématique. Elle consiste, environ tous les 3 ans, à renouveler les rameaux qui portent les fruits, à nettoyer l'arbre des branches mortes ou abîmées, des gourmands, et à éclaircir son centre. Des apports en fertilisants organiques en automne favoriseront sa fructification et son développement. Il est également possible d'éclaircir les fruits lorsqu'ils sont en abondance.

Récolte

La période de récolte des prunes dépend de la variété spécifique cultivée, mais elle a généralement lieu en été, en juillet ou août. Les prunes sont prêtes à être récoltées lorsqu'elles se détachent facilement de l'arbre.

Mirabellier : Taille d’hiver février 2021 Batzendorf Association Fruitiere de Haguenau et environs

Une multitude de variétés et de types de pruniers

Il existe un très grand nombre d'espèces et de cultivars dans le groupe des pruniers. Ces différents types sont très répandus dans le monde et leurs origines et généalogies restent souvent floues. Cependant, certains types majeurs peuvent être identifiés.

Ce sont les Romains, grâce à leurs conquêtes mondiales, qui ont implanté en Europe un grand nombre de fruits que l'on cultive encore de nos jours, dont les prunes. C'est dans la province "Narbonnaise" que les Romains ont planté différents types de pruniers.

Le prunier sauvage (Prunus insititia ou Prunus domestica subsp. insititia)

Le prunier sauvage est un petit prunier, de 2 à 5 m de hauteur, que l'on trouve dans les haies et les bois. Il forme des fourrés denses grâce à son drageonnement important. Contrairement au prunier commun, il porte des jeunes rameaux pubescents et parfois épineux. Ses petits fruits, de 2 à 3 cm de diamètre, sont ovales ou globuleux, de couleur bleu foncé ou jaunâtre. La chair est très sucrée avec une saveur acidulée, et le noyau est lisse et adhère à la chair. Ces prunes sont souvent utilisées pour les eaux-de-vie locales ou pour être séchées.

Ce type de prunier est également appelé "prunéolier", "prunier de Damas", ou encore "prunier crèque". La légende raconte que les Croisés l'auraient ramené après leur défaite en Orient en 1149, d'où l'expression "pour des prunes". D'autres voyageurs auraient également ramené des spécimens de ce petit prunier, notamment un seigneur de la région de Dijon. On trouve d'ailleurs de nombreux pruniers de Damas dans les communes avoisinantes, principalement la variété jaune, et la variété pourpre figure sur un écusson.

Le prunier domestique (Prunus domestica)

Le prunier domestique est une autre espèce de prunier dont le fruit est consommé depuis l'Antiquité, et était probablement déjà cultivé à cette époque. C'est un arbre de taille moyenne, entre 3 et 7 m de hauteur, aux jeunes rameaux glabres. Ses feuilles caduques sont ovales ou oblongues, dentelées, avec un revers parfois légèrement duveteux.

Sa floraison est précoce, entre mars et avril, mais sa profusion compense généralement les pertes dues aux gelées printanières. Elle apparaît sur les rameaux de l'année précédente, avant le feuillage. Les prunes de cette espèce sont assez grosses, de forme oblongue à sphérique. Elles sont recouvertes d'une mince pellicule de protection appelée pruine.

Le prunier domestique est facile à cultiver et rustique. Il préfère les sols silico-calcaires (10 % maximum de calcaire, 75 à 92 % de sable siliceux, 8 à 15 % d'argile) profonds et bien drainés, mais se développera dans tout type de terrain, à l'exception des terres trop arides. La plupart des pruniers domestiques sont auto-stériles et nécessitent un prunier d'une autre variété pour fructifier. Bien qu'il existe des variétés autofertiles, la pollinisation croisée est toujours préférable. Il est important de noter que les variétés issues de Prunus domestica ne sont pas compatibles avec les variétés issues du prunier du Japon.

Le prunier du Japon (Prunus salicina)

Parmi les différents types de pruniers, Prunus salicina est une espèce chinoise poussant spontanément en Corée, au Laos, au Vietnam, ainsi qu'au Japon. C'est un arbre de taille moyenne, pouvant atteindre 12 mètres de hauteur. Ses feuilles caduques sont oblongues à bord crénelé. Les fleurs, blanches, apparaissent au début du printemps. Viennent ensuite les prunes, des drupes de 4 à 7 centimètres de diamètre. Elles peuvent être jaunes, verdâtres ou violettes, avec une chair claire, sucrée et juteuse à laquelle le noyau adhère.

C'est la deuxième espèce la plus cultivée après le prunier domestique et elle a donné naissance à de très nombreuses variétés. Incompatible avec le prunier domestique, il peut en revanche très bien s'hybrider avec le prunier myrobolan et les espèces américaines. Il est autostérile.

Le prunelier (Prunus spinosa)

Le prunelier, également appelé "épine noire", est un arbuste à port buissonnant, épineux et très drageonnant, de 1,50 à 4 m de hauteur. Dispersé par les oiseaux qui raffolent de ses fruits, il peut devenir envahissant. Son écorce est noire et les jeunes rameaux, tout comme le prunier sauvage, sont pubescents. Les fleurs blanches apparaissent entre mars et avril, avant les feuilles. Les fruits, appelés "prunelles", mesurent entre 6 et 15 mm de diamètre et sont d'un violet presque noir. Elles ne sont comestibles qu'après avoir subi le gel, étant sinon âpres et astringentes.

Prunus cerasifera est un petit arbre ou arbuste de 4 à 8 m de haut qui commence à fleurir très tôt, en février. Les drupes issues des fleurs blanches sont jaunes ou rouge violacé. Il a longtemps été cultivé comme porte-greffe pour les mirabelles, les reines-claudes et les quetsches.

Classification des prunes par type de fruits

Les prunes peuvent être divisées en deux sous-types principaux :

  1. Les prunes à petits fruits, comme le prunier sauvage : quetsches, mirabelles, reines-claudes.
  2. Les prunes à gros fruits, comme le prunier domestique : de nombreux cultivars présents dans nos jardins descendent de ce prunier.

Schéma des différents types de pruniers

Les mirabelles (Prunus domestica subsp. syriaca)

Le mirabellier est un arbre qui mesure entre 4 et 10 m de haut. La mirabelle est une prune de petite taille, très sucrée, à épiderme jaune orangé taché de rose. Sa saveur est plus délicate que celle de la prune domestique. Le climat continental lui est le plus favorable, ainsi que les terres argilo-calcaires, bien qu'elle ait été initialement cultivée dans le Midi de la France, avec des traces remontant au XVIIe siècle. Les variétés les plus connues sont la mirabelle de Nancy et la mirabelle de Metz. Le mirabellier est principalement cultivé en Lorraine. Il est autofertile et peut être multiplié par semis, produisant des individus dont la fructification est identique à l'arbre d'origine.

Les quetsches d'Alsace (Prunus domestica subsp. insititia)

Parmi les différents types de pruniers, la quetsche est un sous-cultivar du Prunus domestica subsp. insititia. Cette petite prune bleue foncée est très répandue dans l'est de la France, où elle est appelée "quiterie", dans les pays limitrophes de cette région, et également au Canada. Charnu, de forme oblongue, ce fruit a une chair jaune sombre très sucrée et acidulée et mûrit assez tôt, vers la mi-août. Fermenté, il compose l'eau-de-vie locale également appelée "quetsche".

Les reines-claudes (Prunus domestica subsp. claudiana)

La reine-claude est un fruit du sud, moins rustique que ses cousines, principalement cultivée dans le sud-ouest de la France, bien qu'elle résiste jusqu'à -15°C. Ce prunier doit être installé en sol léger et profond. Ses fruits globuleux ont une peau fine, vert jaune ou jaune pâle, avec une chair sucrée et juteuse, ferme. L'origine de cette variété est liée à un sultan ottoman qui aurait offert ce prunier à François Ier, arbre qui donnait des prunes vert clair.

La prune d'Ente

Les moines bénédictins de l'Abbaye de Clairac sont parmi les Croisés revenus au pays avec des plants de pruniers de Damas. Il semblerait qu'ils les aient croisés avec des pruniers locaux. C'est à partir du XVe siècle que la culture et le séchage de la prune d'ente se sont développés, pour atteindre à la fin du XXe siècle la quantité de 60 000 tonnes de pruneaux dits d'Agen. Cette ville était en effet le port d'embarquement sur la Garonne des prunes d'ente séchées, qui voyageaient sur des gabarres jusqu'à Bordeaux.

Ce prunier mesure jusqu'à 6 m de hauteur, affichant un beau port dressé. Il se plaît en sol fertile et profond, plutôt frais mais sans excès de calcaire. Il fleurit abondamment au mois d'avril. La chair est juteuse, très sucrée et parfumée. Le prunier d'ente est autofertile et un très bon pollinisateur. Il est utilisable cru ou séché pour en faire un pruneau.

Quelques variétés spécifiques et leurs particularités

Georges Delbard propose une large variété de pruniers, chacun ayant ses caractéristiques uniques. Parmi les variétés les plus prisées, on trouve le Prunier colonnaire Atlanta®, le Prunier Reine Claude Dorée ou encore le Prunier Mirabelle de Nancy.

Prunier colonnaire Atlanta®

Le Prunier colonnaire Atlanta® est un exemple de variété adaptée à des espaces restreints, offrant une production régulière.

Prunier Reine Claude Dorée

La Reine Claude Dorée est une prune sucrée et parfumée, appréciée pour sa saveur. Elle peut être une sous-variété de la Reine Claude.

Prunier Mirabelle de Nancy

La Mirabelle de Nancy est une variété de mirabelle reconnue pour ses qualités gustatives et sa culture principalement en Lorraine.

Prune de Haute-Savoie

Une variété de prune cultivée en Haute-Savoie possède parfois un renflement caractéristique vers le pédoncule. Elle est sucrée et parfumée, vigoureuse et productive. Elle peut être reproduite par semis, mais les meilleurs résultats sont obtenus par greffage. Elle est adaptée à toutes les utilisations : crue, transformée, et peut servir de porte-greffe.

Prune de Carennac

La prune de Carennac, originaire du village de Carennac dans le Lot (46), était courante jusqu'aux années 70, poussant dans les haies et se reproduisant par semis. Ses qualités sont sa saveur bien sucrée et son aptitude au transport. Cet arbre vigoureux donne un fruit très sucré.

Prune Murcadier (Murcadeu ou Muscadeu)

Le Murcadier est un prunier rustique. Sa prune est juteuse, à chair adhérente au noyau, parfumée, sucrée, avec une saveur musquée, et peut être séchée. Cette variété, parfois aussi appelée Murcadeu ou Muscadeu (le nom du fruit), est documentée par J.

Prune de la commune du département du Rhône

Une variété issue d'un semis de reine claude verte, cultivée dans une commune du département du Rhône, est violette avec des points roux, recouverte de pruine. Elle est bien sucrée, très bonne et sa saveur est appréciée. Elle était déjà citée dans la littérature en 1856.

Autres variétés mentionnées

  • Une variété de prune avec une chair peu ferme, peu adhérente au noyau, et productive.
  • Une sélection de l'Horticultural Research Institute of Ontario (HRIO) (Canada) vers 1930, avec une chair qui n'adhère pas au noyau et qui est productive.
  • Le "Grand prix", qui serait résistant au chancre bactérien.

Ornemental autant qu'utile, peu exigeant et donc facilement exportable, le prunier a parcouru toutes les régions tempérées du monde et y reste une valeur sûre. Il fait souvent partie du paysage car il s'est facilement naturalisé, mais il reste très varié, notamment dans ses fruits.

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