La fusariose de l’épi, causée principalement par Fusarium graminearum et des espèces du genre Microdochium, représente l'un des défis pathologiques les plus sérieux pour les céréaliculteurs à l'échelle mondiale. En Amérique du Nord, cette maladie occasionne des pertes économiques se chiffrant à plus d’un milliard de dollars, affectant non seulement le blé, mais également l'orge, l'avoine, le seigle, le maïs et diverses graminées fourragères. L'impact est double : une perte quantitative de rendement, pouvant dépasser 20 quintaux par hectare, et une dégradation qualitative due à la production de mycotoxines, notamment les déoxynivalénols (DON), dont la présence compromet la sécurité sanitaire et la valeur marchande de la récolte.

Comprendre la dynamique de l'infection et les symptômes
Les agents pathogènes de la fusariose du blé appartiennent à deux genres distincts, bien que leurs effets visibles soient parfois similaires. Fusarium graminearum survit dans les résidus de culture et le sol, produisant des spores qui contaminent les épis durant la floraison, période de vulnérabilité maximale. Les lésions apparaissent généralement 2 à 3 semaines après la floraison, se traduisant par une décoloration progressive d’un ou plusieurs épillets.
Dans le cas de Fusarium graminearum, le champignon envahit le système vasculaire de l’épi, provoquant une progression descendante qui peut atteindre le col de l’épi, lequel présente alors un brunissement caractéristique. Microdochium spp., quant à lui, ne produit pas ce type de symptômes vasculaires, rendant quasi impossible la distinction précise des espèces par la simple observation visuelle. Les épis infectés présentent des épillets échaudés, décolorés et parfois rosâtres, tandis que les grains atteints sont rétrécis, secs et peuvent présenter des taches.
Le déterminisme climatique : le rôle de l'humidité
Le développement des Fusarium reste fortement favorisé par des conditions spécifiques. Une température de l’ordre de 18 °C associée à une forte hygrométrie favorise un développement important du champignon. Le risque d’apparition de cette maladie devient très élevé dès que la pluviométrie dépasse un cumul de 40 mm dans les jours encadrant la floraison. Plus le temps est humide, plus la période d’incubation du champignon est courte. Le suivi précis des conditions climatiques, via des stations connectées au cœur des parcelles, reste capital pour anticiper les périodes à risque.
Les notions de risques, aléas, vulnérabilité, résilience, prévision et prévention.
La lutte agronomique comme socle de protection
La lutte agronomique demeure la stratégie la plus efficace pour limiter la pression de la maladie. Puisque le principal producteur de DON sur blé, Fusarium graminearum, passe l’hiver dans les résidus de culture, la gestion de ces derniers est primordiale. Les précédents sensibles comme le maïs ou le sorgho sont des vecteurs de la maladie en raison des résidus contaminés qu'ils laissent sur le sol.
Dans les situations à risque fort, le labour ou, à tout le moins, l’enfouissement des résidus sont à privilégier. Un simple broyage facilite la décomposition des résidus et réduit significativement la pression de la maladie. La diversification culturale dans la rotation est également une réponse robuste : le retour du blé dur tous les trois ans est le laps de temps minimum recommandé entre deux blés, idéalement après une culture d’oléagineux dont les résidus n’hébergent pas l’inoculum.
Sélection variétale : un levier génétique indispensable
Le choix des variétés est un pilier de la gestion durable. Les variétés sont testées sur leur résistance à l’accumulation de DON : plus la note est élevée, plus la variété est adaptée au risque. En l’absence de cette cotation spécifique, la note de résistance à la fusariose est utilisée, bien qu’elle ne fournisse qu’une information sur la sensibilité aux symptômes. La variété APACHE demeure, par exemple, une référence sur le marché pour sa résistance à la fusariose sur épis et à l’accumulation de DON. L'investissement dans le développement de variétés résistantes intégrant des QTL (Quantitative Trait Loci) de résistance constitue une priorité pour les programmes de sélection génétique.
Traitements phytopharmaceutiques : une approche raisonnée
Une fois que les symptômes apparaissent, il n’est plus possible de limiter les fusarioses. Les traitements fongicides doivent donc être utilisés en dernier recours et uniquement de façon préventive, dès la sortie des premières étamines. Parmi les substances actives, le prothioconazole présente une grande polyvalence sur les principales espèces du complexe.
Cependant, l’efficacité des fongicides est en baisse. Une érosion lente et continue de l’efficacité des triazoles est observée depuis une dizaine d’années. L’analyse de nombreux isolats confirme une diminution de sensibilité au tébuconazole et au prothioconazole, témoignant d'une résistance quantitative. Dans les essais, l'efficacité des fongicides est d’autant plus dégradée que la pression de la maladie augmente, atteignant souvent moins de 50 % d'efficacité réelle. Pour préserver le panel de spécialités disponibles, l'alternance des matières actives au sein d'une même campagne est impérative.

Innovations : vers le biocontrôle et la lutte intégrée
Face aux limites des solutions chimiques, des solutions innovantes émergent, incluant le biocontrôle. Des chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada ont identifié la souche ACM 941 du champignon Clonostachys rosea. Ce mycoparasite procure une protection contre plusieurs pathogènes, dont Fusarium graminearum, en inhibant leur croissance par une action directe sur leurs hyphes.
L’application en alternance d’ACM 941 et de fongicides chimiques (comme le Folicur) permet de réduire de 50 % la quantité de pesticide rejetée dans l’environnement tout en atténuant le risque d’apparition de résistances chez le pathogène. Cette approche illustre parfa## Réduire les Effets de la Fusariose sur le Blé : Une Approche Intégrée
La fusariose du blé représente un défi agronomique majeur, capable d'altérer significativement le rendement et la qualité des récoltes. Causée principalement par des agents pathogènes tels que Fusarium graminearum et Microdochium spp., cette maladie fongique entraîne des pertes économiques considérables et la production de mycotoxines, notamment le déoxynivalénol (DON), qui présentent des risques sanitaires pour l'homme et l'animal. Il est crucial de noter qu'une fois les symptômes visibles, il n'est généralement plus possible de limiter les fusarioses de manière efficace. Une approche préventive et intégrée, combinant diverses stratégies agronomiques et phytosanitaires, est donc indispensable pour atténuer son impact.

Comprendre la Fusariose du Blé : Symptômes et Conditions Favorables
La fusariose du blé désigne un complexe de maladies fongiques qui affecte principalement les épis, mais peut également toucher l'ensemble de la plante. Les principaux responsables de la fusariose appartiennent au genre Fusarium, avec notamment Fusarium graminearum, F. culmorum et F. avenaceum. Ces pathogènes survivent sur les résidus de culture et dans le sol, produisant des spores qui contaminent les épis de blé durant la floraison, une période de vulnérabilité maximale pour la plante.
Les symptômes de la fusariose du blé se manifestent principalement par des épis décolorés, des grains légers et déformés, ainsi que la présence de moisissures visibles sur la base de la tige. Les lésions provoquées par la fusariose apparaissent généralement 2 à 3 semaines après la floraison, se traduisant par une décoloration progressive d’un ou plusieurs épillets. Ces infections évoluent et peuvent s’étendre aux épillets voisins, voire à l’ensemble de l’épi lorsque le champignon envahit le système vasculaire, comme c'est le cas avec Fusarium graminearum. Le col de l’épi peut également présenter un brunissement, s'assombrissant graduellement au fur et à mesure de la progression descendante du champignon dans le système vasculaire. Il est important de noter que le Microdochium spp. ne produit pas ce type de symptômes spécifiques au col de l'épi, rendant presque impossible la détection de l'espèce de fusariose en cause aux seuls effets visibles de la maladie.
Le développement de la fusariose du blé dépend étroitement des conditions climatiques. Le stade de la floraison est le plus exposé à la fusariose, et l'apparition de la maladie est généralement favorisée par les pluies. Une température autour de 18 °C favorise un développement important du champignon. Le risque d’apparition de cette maladie devient très élevé dès que la pluviométrie dépasse plus de 40 mm de cumul de pluie dans les jours encadrant la floraison. Une forte humidité ou des pluies persistantes pendant plusieurs jours entre l’épiaison et le début de la floraison favorisent le développement des Fusarium. Plus le temps sera humide, plus la période d’incubation du champignon sera courte. Les cultures mal aérées, densément semées ou celles qui succèdent à des cultures sensibles comme le maïs sont particulièrement à risque. Les rotations courtes et le non-labour augmentent significativement les risques. Les variétés sensibles et les stress nutritionnels fragilisent également les plantes face à l'infection.
La fusariose ne se limite pas uniquement au blé; elle touche également d'autres cultures céréalières telles que l'orge, l'avoine, le seigle, le triticale et certaines graminées fourragères. En Amérique du Nord, la fusariose de l’épi, causée par le Fusarium graminearum, est la maladie la plus sérieuse du blé, occasionnant des pertes de plus d’un milliard de dollars aux industries du blé. Le pathogène peut aussi provoquer une infection grave chez d’autres cultures cultivées au Canada, dont l’orge, l’avoine, le seigle, le maïs, l’alpiste et diverses graminées fourragères.
L'Impact Économique et Sanitaire de la Fusariose
L'impact de la fusariose sur le blé est à la fois quantitatif et qualitatif. Si les pertes de rendement peuvent dépasser les 20 quintaux par hectare, la présence de mycotoxines dans la récolte pénalisera sa commercialisation. La fusariose occasionne des pertes de rendement de récolte considérables, dépassant parfois 20 quintaux par hectare, et altere également la qualité du grain. Les grains touchés par la fusariose sont souvent déclassés à cause de leur faible poids spécifique, de leur mauvais aspect visuel et, surtout, de la présence de mycotoxines.
La production de mycotoxines, en particulier le déoxynivalénol (DON), constitue le danger majeur de la fusariose. Ces substances présentent des risques sanitaires pour l'homme et l'animal. Le règlement européen (CE) N°1881/2006, fixant les teneurs maximales en mycotoxines pour des céréales brutes, fait aujourd’hui l’objet d’un réexamen concernant le DON. Selon les dernières discussions, la teneur maximale actuelle autorisée pour le blé dur (1750 μg/kg) pourrait être revue à la baisse pour réduire l’exposition des consommateurs à cette toxine et passer à 1500 μg/kg pour le blé dur sur céréales brutes. Une entrée en vigueur était envisagée en juillet 2022. Cependant, certains cahiers des charges des industriels de l’alimentation humaine ou animale appliquent déjà des seuils parfois très inférieurs aux limites réglementaires européennes actuelles. Limiter leur présence est donc incontournable pour assurer un débouché rémunérateur aux récoltes de blé dur. L'infection précoce provoque l'avortement des grains. Les pertes économiques incluent les coûts de tri, de séchage supplémentaire et de dévalorisation commerciale.

Stratégies de Lutte Agronomique : La Prévention avant Tout
La lutte agronomique est reconnue comme la plus efficace contre la fusariose. L'éradication complète de cette maladie des blés est difficilement envisageable. Il est très recommandé de pratiquer la rotation des cultures et d'éviter les précédents culturaux sensibles qui laissent derrière eux des résidus contaminés, comme le maïs ou le sorgho, car ils agissent comme des vecteurs de la maladie. Le principal producteur de DON sur blé, Fusarium graminearum, passe l’hiver dans les résidus de culture. La rotation contribue ainsi à maîtriser le risque d’infection.
En matière de gestion des résidus, le labour ou, à minima, l’enfouissement des résidus sont à privilégier dans les situations à risque fort. Un simple broyage facilitera par ailleurs la décomposition des résidus. Sans être efficace à 100 %, ce procédé réduit quand même significativement la pression de la maladie. La gestion des résidus (précédent et travail du sol) et la sensibilité variétale à la fusariose sont primordiales.
Une mesure de prévention efficace consiste également à optimiser la nutrition minérale du blé. Une alimentation adaptée permettra à la plante d’exprimer au mieux son potentiel de production et de renforcer sa protection naturelle. Renforcer la protection des épis est une nécessité afin de participer à la réduction des mycotoxines (DON) et d’améliorer ainsi la qualité sanitaire du champ.
La sélection génétique constitue un levier essentiel pour gérer cette maladie. Le développement de variétés résistantes intégrant des QTL de résistance à la fusariose est une approche prometteuse. Les variétés sont testées sur leur résistance à l’accumulation de DON : plus la note est élevée, plus la variété est adaptée au risque fusariose. En absence de cette cotation, la note de résistance à la fusariose est prise en compte, bien qu'elle ne donne qu'une information sur la sensibilité face aux symptômes. La variété APACHE reste la référence du marché pour sa résistance à la fusariose sur épis et à l’accumulation de DON. Utiliser des variétés au comportement correct constitue l’un des leviers pour gérer cette maladie. C’est le cas d’Izalco CS, KWS Ultim ou encore Orégrain, mais ce dernier est sensible à la septoriose. C’est important surtout pour des blés succédant à un maïs. Le blé tendre est moins sensible à la fusariose et il existe davantage de variétés tolérantes au Fusarium qu’en blé dur.
L'Apport des Traitements Phytosanitaires et de la Lutte Intégrée
Les traitements fongicides doivent être utilisés en dernier recours et uniquement de façon préventive. Si des symptômes sont d’emblée visibles, il est trop tard pour agir, car une fois que les symptômes apparaissent, il n’est plus possible de limiter les fusarioses. Les traitements phytopharmaceutiques existent au moment de la floraison, mais leur efficacité est moindre : environ 50 % d’efficacité contre F. graminearum. L'intervention phytosanitaire contre la fusariose doit être bien planifiée pour être efficace. Les traitements sont généralement appliqués à la floraison du blé, moment où les épis sont les plus vulnérables à l'infection.
Parmi les substances actives les plus efficaces, le prothioconazole est la seule à présenter une grande polyvalence sur les principales espèces du complexe des fusarioses. Les traitements fongicides constituent un ultime recours pour limiter le développement de la fusariose, mais ils sont loin d’être systématiquement rentables, atteignant, dans le meilleur des cas, 60 à 70 % d’efficacité. Il est important de noter que ces produits présentent un intérêt plus limité sur les espèces du genre Microdochium spp., bien qu'elles soient moins fréquentes.
L'efficacité des produits régresse, et une érosion lente et continue de l’efficacité des triazoles est observée dans les essais depuis une dizaine d’années. L’analyse de 235 isolats de Fusarium graminearum et de Microdochium nivale et majus par l’Inrae a confirmé la diminution de sensibilité au tébuconazole et au prothioconazole. Il existe une résistance quantitative de ces agents de fusariose aux triazoles, avec une grande diversité selon les souches. Dans les essais avec inoculation des souches et brumisation, l’efficacité des fongicides est d’autant plus dégradée que la pression de maladies augmente. Dans les essais Arvalis, les fongicides affichent des efficacités modestes, souvent inférieures à 50 %. Mieux vaut malgré tout conserver ce moyen de lutte dans les situations à risque.
Pour préserver le panel de spécialités encore à disposition des agriculteurs et freiner le développement de la résistance, l’objectif est d’opter pour une alternance des matières actives utilisées au sein d’une même campagne. La meilleure performance est obtenue avec l’association de prothioconazole et de tébuconazole de type Prosaro. Si l'infection est due à des espèces de Fusarium ou Microdochium, l'utilisation de fongicides spécifiques à base de prothioconazole est recommandée. Des produits comme AVASTEL® (Fluxapyroxade + Prothioconazole) et MAXENTIS® (Prothioconazole + Azoxystrobine) sont des exemples de formulations disponibles.
Le traitement fongicide positionné en T3 peut contenir les infestations. En 2020, la dépense était en moyenne de 26 euros par hectare en T3 sur blé tendre, et de 38 euros par hectare sur blé dur, avec des doses plus élevées sur cette céréale très sensible aux mycotoxines. Dans le Gers, les dernières années ont été ponctuées de pluies importantes au moment de la floraison, qui ont eu une grosse incidence sur le développement de la fusariose. Un traitement systématique était recommandé ces dernières années contre la fusariose, conseillant des traitements tout début floraison à base de tébuconazole, voire l’association de tébuconazole et de prothioconazole sur les variétés les plus sensibles et si le prothioconazole n’a pas déjà été utilisé dans un traitement précédent. Quand ils sont bien positionnés, ces produits apportent une bonne efficacité.
Cependant, la principale molécule anti-fusariose, le tébuconazole, devait être retirée du marché en 2023. De nouvelles triazoles comme le difénoconazole et le bromuconazole sont à l'étude. Il est aussi important de considérer le risque Microdochium pour le rendement. Si la température est inférieure à 18 °C à la sortie de la dernière feuille, le risque est élevé.

Innovations et Outils d'Aide à la Décision
Des solutions innovantes émergent, incluant le biocontrôle et les outils d'aide à la décision (OAD). Le suivi précis des conditions climatiques, via des stations connectées au cœur des parcelles comme les stations météo agricoles Météus d’Isagri liées à des applications météo, reste capital pour déclencher les traitements en préventif avant l’apparition des symptômes. La grille d’évaluation du risque d’accumulation du déoxynivalénol (DON) sur blé tendre, établie par Arvalis, donne une note selon le précédent cultural, la gestion des résidus de culture et la sensibilité variétale en fonction du niveau de pluie à la floraison.
Cet outil permet de protéger efficacement les blés durs contre la fusariose tout en vérifiant la conformité réglementaire des traitements appliqués. Les bénéfices sont immédiats : l’organisation des travaux est facilitée, et cet OAD permet une économie de traitement, sur l’ensemble de la protection fongicide, pouvant aller jusqu’à 30 €/ha avec, à la clé, une réduction potentielle de l’IFT de 20 %.
Des chercheurs de la Direction générale de la science et technologie d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) travaillent depuis plusieurs années à l’étude et à la mise au point de solutions durables de lutte intégrée contre la fusariose. En 2009, le Programme de réduction des risques liés aux pesticides (PRRP) du Centre de la lutte antiparasitaire (CLA) d’AAC a créé un groupe de travail sur la fusariose de l’épi. Par la suite, le PRRP a appuyé plusieurs projets visant à combattre la fusariose par des méthodes à risque réduit, comme les outils d’aide à la décision et les pratiques de gestion des cultures permettant de réduire la pression de la maladie.
Une innovation majeure réside dans l'emploi de biopesticides. La souche ACM 941 du Clonostachys rosea a été découverte par un chercheur d’AAC, Allen Xue. Ce champignon mycoparasite procure une protection contre plusieurs pathogènes, dont le Fusarium graminearum. Il provoque chez les champignons pathogènes une série de changements physiologiques et inhibe notamment leur croissance, en s’enroulant sur leurs hyphes et en y pénétrant.
Depuis 2007, le PRRP travaille avec Allen Xue, Ph.D., à obtenir l’homologation et la mise en marché de ce nouveau produit de lutte contre la fusariose de l’épi. Le CLA facilite la présentation d’une demande conjointe d’homologation de l’ACM 941, auprès de l’EPA des É.-U. et de l’ARLA, qui ont elles-mêmes fourni des conseils, dans le cadre du processus conjoint Canada - États-Unis de consultation préalable. Des études ont permis d’évaluer l’efficacité de l’ACM 941 et de préciser la gamme de doses pouvant être employées.

Les résultats de ces divers essais montrent que l'ACM 941 pourrait jouer un rôle important au sein d'une stratégie de lutte intégrant plusieurs approches, dont l'emploi de cultivars résistants, un cycle de rotation des cultures réduisant l'accumulation d'inoculum et l'application ciblée de fongicides chimiques. L'application en alternance d'ACM 941 et de Folicur permet de réduire de 50 % la quantité de pesticide chimique rejetée dans l'environnement et pourrait atténuer le risque d'apparition d'une résistance au Folicur chez le pathogène. Plusieurs entreprises sont en train d'évaluer cette technologie.
L'équipe de réduction des risques liés aux pesticides offre aux producteurs canadiens des solutions viables pour réduire les risques liés aux pesticides dans l'industrie agricole et agroalimentaire. L'équipe accomplit cet objectif en finançant des projets de lutte intégrée et en coordonnant des stratégies de réduction des risques liés aux pesticides élaborées en consultation avec les intervenants et les experts en lutte antiparasitaire.
Les notions de risques, aléas, vulnérabilité, résilience, prévision et prévention.
Indépendamment de la problématique sanitaire, Arvalis pose la question de la rentabilité d’un traitement T3 à la floraison, qui dépend de son impact sur le rendement. Tout en visant les fusarioses, ce traitement peut contribuer à contrôler d’autres maladies encore présentes comme la septoriose et les rouilles. Sur la base de 104 essais depuis 2008, les gains de rendement dépassent 2,5 quintaux par hectare en moyenne seulement dans 50 % des cas. Il apparaît qu’un traitement inutile face à un risque modéré de maladie coûte aussi cher qu’une mauvaise impasse. En d’autres mots, le risque que l’on prend à ne pas traiter n’est donc pas plus grand en moyenne que le coût de l’assurance que l’on prend en traitant. Mais ce raisonnement n’est pas recevable si l’on prend en considération la qualité sanitaire, d'autant plus que le prix des carburants et les cours des céréales ont fluctué.
La fusariose du blé reste un défi majeur nécessitant vigilance et adaptation constante des stratégies. La combinaison de pratiques préventives, d'observations régulières et d'interventions raisonnées permet de limiter efficacement les dégâts. Face aux enjeux sanitaires et économiques, investir dans la protection contre la fusariose s'avère indispensable pour sécuriser la production céréalière et assurer une gestion raisonnée des cultures. Il est ainsi possible de gérer le risque de fusariose sur les cultures de blé tout en ayant une gestion raisonnée des cultures.