Beaucoup connaissent les vertus du thym, du citron, du miel, de l'eucalyptus, ou encore de l'échinacée, mais d'autres plantes sont très efficaces contre les infections respiratoires, la fièvre, ou encore les désagréments liés au rhume. Il suffit de tendre l'oreille autour de soi pour se rendre compte que toux, éternuements et reniflements sont bel bien d'actualité. Normal, en hiver, peu de gens échappent aux rhumes ou même à la grippe, sauf peut-être ceux qui s'y préparent. Sans pour autant dévaliser la pharmacie en médicaments, antibiotiques inutiles pour ce genre de soucis de santé, huiles essentielles, vitamines et compléments alimentaires, il existe des tas de plantes dont les vertus sont incroyablement efficaces pour prévenir ou guérir les maux de gorge, le nez qui coule, la toux, la fièvre, etc. Tout le monde connaît les bienfaits du thym, du citron, du miel, de la cannelle, de l'eucalyptus, ou encore de l'échinacée. Il existe cependant d'autres végétaux dont on ignore souvent les vertus "anti-crève". Certains proviennent tout droit de Chine où la phytothérapie garde une place prépondérante dans la médecine traditionnelle. La majorité de ces plantes fleurissent au printemps et donc après la grosse période des rhumes, mais la plupart d'entre elles s'achètent dans les magasins bio. On peut aussi les trouver en pharmacie, chez des herboristes ou via internet.
Le Cassis : Plus qu'un Fruit, un Allié Immunitaire

S'il est connu pour son effet diurétique, anti-inflammatoire, antirhumatismal et sa forte teneur en fibres, le cassis est aussi conseillé lors des rhumes, maux de gorge ou états grippaux. Ses baies contiennent en effet quatre fois plus de vitamines C que l'orange. Elles stimulent donc les défenses immunitaires et soignent ces maladies. Bonus : en infusion, les feuilles sont excellentes contre le stress et la fatigue. Et puis c'est délicieux et bon pour la ligne !
La Guimauve : Le Secret des Voies Respiratoires Apaisées
Connue surtout en confiserie dans la composition d'une pâte molle et sucrée (avec ses racines), la guimauve est une plante avant tout avec de jolies fleurs ! Elle fait partie des sept espèces dites "pectorales", exploitées par la médecine traditionnelle grecque et chinoise. Elle est donc remplie de vertus antitussives et anti-inflammatoires. On l'utilise pour soulager la toux, la gorge, la cavité buccale ou encore le pharynx. Bonus : elle aide également à la digestion. Par contre, elle est riche en sucre et ne convient pas pour les diabétiques. On peut infuser les fleurs ou encore faire macérer avec un peu d'eau froide des racines séchées avant de filtrer. On retrouve les mêmes vertus dans la violette, le tussilage, le pied de chat, le coquelicot, le bouillon blanc, et la mauve sauvage.
Le Gingembre : Chaleur et Défense contre le Froid

Non, la racine de gingembre n'est pas qu'un aphrodisiaque ou une épice pour les plats asiatiques. En Chine, c'est une des plantes les plus utilisées pour la médecine traditionnelle. Antivirale, elle possède des vertus antitussives naturelles, anti-inflammatoires et soulage également les maux de gorge. Bonus : le gingembre atténue également les nausées, les maux de tête, les douleurs dentaires, les troubles digestifs et se trouve facilement dans les magasins. On l'utilise de plusieurs manières pour chasser ou même (surtout !) prévenir un mauvais rhume. Le plus simple, c'est de faire infuser 10 minutes une cuillère à soupe de racine râpée dans de l'eau chaude. Mais, il est très agréable également de couper cinq tranches et de les glisser dans un bain chaud. Les vapeurs dégageront votre nez. Et puis une fois hors de l'eau, votre transpiration évacuera les toxines.
La Ronce : Un Remède Sauvage aux Multiples Facettes
La ronce, c'est cet arbuste très épineux qui produit la délicieuse mûre sauvage. Ses feuilles font des miracles. Il est recommandé de cueillir les plus hautes, pour ceux qui vivent à la campagne. Quant aux citadins, ils peuvent en trouver en pharmacie ou chez les herboristes. C'est un puissant anti-inflammatoire et anti-infectieux. La ronce est donc conseillée pour soigner les maux de gorge, la pharyngite, la laryngite, l'enrouement (si la douleur est forte, on peut ajouter à la tisane quelques clous de girofle pour un effet anesthésiant). Les bourgeons et les jeunes pousses sont particulièrement efficaces pour prévenir les bronchites. Séché, il est très utilisé pour soigner les toux et maux de gorge. D'ailleurs, les chanteurs le consomment pour préserver leur voix. Ce fruit permet d'éliminer les mucosités et stoppe la toux avec expectorations jaunes; il humidifie et clarifie le poumon. Bonus : à côté de ces vertus, c'est aussi un très bon humidificateur pour les intestins et un anti-soif naturel. Et puis, son pouvoir sucrant est 250-425 fois supérieur au saccharose, intéressant donc pour les diabétiques ou les personnes qui surveillent leur apport en sucre. On peut en grignoter des petits morceaux, mais le plus efficace, c'est en tisane (ou ajouté à une autre tisane), de 9 à 15 g, réutilisables jusqu'à trois fois.
Le Lierre Terrestre : Une Plante Rampante aux Vertus Insoupçonnées

Le lierre terrestre, également connu sous le nom de Glechoma hederacea, est une plante rampante appartenant à la famille des lamiers. On rencontre souvent le lierre terrestre dans la nature, mais il est de plus en plus souvent introduit dans les jardins et les pelouses. Il n'est pas toxique pour l'homme, mais il l'est pour certains animaux, dont les chevaux. En grande quantité, elle peut nuire à vos animaux bien-aimés. Cela dit, le lierre terrestre est comestible pour l'homme et peut donc être utilisé en cuisine. On l'utilise parfois pour remplacer les épinards et les feuilles fraîches peuvent être ajoutées aux soupes et aux salades. Vous pouvez également en faire une tisane revigorante ! Riche en vitamine C, elle est souvent utilisée dans certaines cultures pour prévenir le rhume et la grippe. Le lierre terrestre est assez facile à reconnaître grâce à ses petites fleurs violettes qui fleurissent d'avril à juin. Les fleurs violettes dans l'herbe constituent sa principale caractéristique. Il s'agit d'une plante basse et rampante qui ne mesure en moyenne que 20 centimètres et qui peut même être utilisée comme couvre-sol. Les feuilles sont réniformes, dentelées et de couleur vert clair. La meilleure méthode pour éliminer le lierre terrestre consiste à le supprimer manuellement, à l'étouffer ou à le contrôler à l'aide d'herbicides. L'une des méthodes les plus efficaces et les plus respectueuses de l'environnement pour lutter contre la prolifération du lierre terrestre consiste à l'arracher manuellement. Saisissez la plante entière et arrachez-la délicatement du sol. N'oubliez pas les racines ! Ce n'est qu'en emportant les racines que vous éviterez sa repousse. Il est préférable d'arracher le lierre terrestre après une pluie, lorsque le sol est suffisamment humide. La plante reste souvent au ras du sol et se développe en rampant. Il est très simple d'éliminer ce phénomène en utilisant du paillis ou une couverture végétale. Saupoudrez-le sur le lierre terrestre et surveillez régulièrement les plantes. Bien entendu, vous pouvez également lutter contre l'ambroisie terrestre à l'aide d'herbicides ! Cette solution est recommandée si aucune autre méthode n'a été efficace et que vous avez besoin d'une artillerie plus lourde. Lisez toujours attentivement les instructions figurant sur l'emballage afin de ne pas en utiliser trop. Tout dépend de vos préférences personnelles ! En effet, beaucoup de gens voient le lierre terrestre comme une plante positive, car c'est une plante aux fleurs joyeuses et belles. Elle peut être très belle dans un jardin sauvage ou naturel. Il attire également les oiseaux et les pollinisateurs. D'autre part, les fleurs violettes peuvent être considérées comme des mauvaises herbes. En effet, elle peut étouffer d'autres plantes. Il n'est donc pas étonnant que les gens veuillent prévenir et/ou contrôler la présence de la lierre terrestre dans le gazon. Un gazon sain, tondu régulièrement, fertilisé et chaulé sera moins sujet à la lierre terrestre. Vous pouvez donc éviter la lierre terrestre en ayant un gazon sain. Tondez votre pelouse régulièrement pour empêcher la croissance des mauvaises herbes. La saison de floraison du lierre terrestre s'étend d'avril à juin, et c'est à ce moment-là que l'on peut voir les fleurs violettes. Il existe cependant différentes méthodes pour lutter contre cette plante, que ce soit de manière manuelle, en l'étouffant ou en utilisant des herbicides. Outre la lutte contre le lierre terrestre, il est bien sûr possible de la prévenir. Pour cela, vous devez tondre régulièrement votre pelouse, la fertiliser, la chauler, etc. En effet, un jardin en bonne santé est moins sujet au lierre terrestre !
La Feuille de Lierre Terrestre : Un Remède Ancien pour les Voies Respiratoires

A ne pas confondre avec le lierre grimpant qui peut être toxique. Depuis l'antiquité, le lierre terrestre est connu pour dégager les voies respiratoires, traiter les bronchites et les rhumes. Ses feuilles apaisent également la toux et apportent un effet sédatif léger. Laissez infuser durant une demi-heure quelques feuilles séchées et buvez la tisane très chaude. Bonus : il est efficace aussi en application cutanée pour soulager les rhumatismes et l'arthrose.
Le Sureau Noir : Un Bouclier Naturel Contre les Infections
Tout le monde connaît ses baies noires, mais ce sont surtout ses fleurs blanches et l'écorce qui sont utilisées depuis l'Antiquité pour traiter différents maux comme la fièvre, les irritations buccales, les infestations respiratoires (rhumes, toux grasses, sinusites), et la grippe. Bonus : on utilise aussi cette plante pour ses vertus diurétiques, laxatives, antirhumatismales, anti-inflammatoires et anti-histaminiques. Il suffit d'infuser 3 g à 5 g de fleurs séchées dans 150 ml d'eau bouillante durant 10 à 15 minutes. Les baies se consomment en sirop.
La Primevère Officinale (Coucou) : Douceur et Efficacité contre les Troubles Hivernaux
Comme beaucoup d'autres fleurs de printemps, la primevère aide à guérir les troubles de l'hiver comme le rhume et les douleurs musculaires liées au refroidissement. Elle est connue pour son effet expectorant, adoucissant, calmant (notamment pour les maux de tête), et décongestionnant. Bonus : ses pétales possèdent des vertus sédatives et cette plante est aussi appréciée dans les traitements contre les rhumatismes et pour les cures détox. En plus, ses jolies fleurs sont délicieuses et peuvent se manger en salade ou se laisser infuser en tisane.
Le Chèvrefeuille : Un Antiseptique Naturel aux Multiples Applications
Chez nous, on utilise le chèvrefeuille pour orner les entrées vu que c'est une plante liane qui sent bon. En médecine chinoise, il est plutôt cultivé pour ses vertus médicinales. On le retrouve d'ailleurs dans plus de 500 prescriptions pour son effet antibactérien, anti-inflammatoire, antiviral. En infusion, les fleurs permettent aussi de lutter contre les affections des voies respiratoires (pouvoir expectorant). Bonus : il peut également servir à traiter l'asthme, les tiges apaisent la peau, les fleurs sont aussi utilisées dans le traitement des diarrhées. En huile de massage, le chèvrefeuille est relaxant.
La Lavande : Parfum Apaisant et Antiseptique Respiratoire

La lavande est connue pour son parfum incroyable et ses vertus hyper relaxantes. Mais, cette fleur violette est aussi un excellent antiseptique naturel qui agit sur les voies respiratoires, permet de réduire les maux de tête, de lutter contre la toux et le rhume. Particulièrement utilisée en huile essentielle, elle peut tout autant être infusée en tisane. Il suffit de verser de l'eau bouillante sur une cuillerée à thé de fleurs séchées.
Le Lierre Grimpant (Hedera helix L.) : Un Remède Traditionnel aux Vertus Antispasmodiques et Expectorantes

Savez-vous que le Lierre que l'on voit envahir le tronc des arbres ou les façades possède des vertus médicinales ? Souvenir de la couronne de Bacchus qui le protégeait de l’ébriété, le Lierre est connu et utilisé depuis l’Antiquité. Le Lierre est utilisé pour ses jeunes feuilles et son bois. Le Lierre grimpant qui monte le long des arbres ne doit pas être confondu avec le lierre rampant, appelé lierre terrestre ou Glechoma hederacea qui recouvre les sols.
Le Lierre possède une essence riche en sesquiterpènes, des composés aux propriétés anti-inflammatoires apaisantes, notamment en cas de toux et qui sont représentés surtout par le germacrène D et le bétacaryophyllène. Grâce à cette composition originale, on explique son action à la fois sédative et apaisante sur les quintes de toux sèches et décongestionnante sur l’arbre bronchique en cas de toux grasse. Au niveau de la peau, ses saponosides et ses flavonoïdes ont des propriétés vasoconstrictrices et veinotoniques, c’est-à-dire tonifiantes des vaisseaux sanguins veineux et de la circulation veineuse qui expliqueraient l’action du lierre pour améliorer la microcirculation au niveau du derme et l’amélioration du renouvellement cellulaire de la peau. L’EMA, Agence européenne du médicament, considère les extraits de lierre grimpant « d’un usage médical bien établi comme expectorant en cas de toux productive (toux grasse) ».
Le Lierre peut donner, par ingestion de ses feuilles ou de ses baies, des effets indésirables digestifs graves tels que des nausées, des vomissements, de la diarrhée, des brûlures d’estomac ou des ulcères chez les personnes sensibles. En cas de manipulation du Lierre grimpant, celui-ci peut entraîner des irritations de la peau ou bien des réactions allergiques cutanées. Attention, les fruits du Lierre grimpant sont des baies noires très toxiques, car riches en saponosides. Le Lierre est une plante dont on utilise traditionnellement les feuilles en cas de toux ou de bronchite. Ses propriétés sur la fermeté de la peau permettraient de l’utiliser dans la prévention des rides.
L'espèce est spontanée dans la zone tempérée eurasiatique de l’hémisphère nord. Le nom scientifique Hedera est issu du latin hedera, (de haerere « être attaché »). Hedera a d'abord abouti au très ancien français edre (Xe siècle), iedre (XIe siècle) puis à iere en ancien français, du genre masculin. Ce dernier, agglutiné avec l’article défini, a donné lierre dès 1372, avec l’ajout d’un r graphique supplémentaire. Le Lierre grimpant porte de nombreux noms vernaculaires : « drienne », « lierre des poètes », « lierret », « rondelette », « rondette », « rondote », « herbe de Bacchus », « herbe de saint Jean » (référence à la période de récolte), « herbe à cors » ou « herbe à dents » (en raison de son usage médicinal traditionnel). C'est une liane arborescente, dont l’ancêtre est probablement d’origine tropicale, ce qui explique en partie que sa croissance est stimulée par des étés chauds et humides. C'est une des rares lianes que l’on trouve en Europe et en Asie Mineure (avec la clématite, le houblon, la vigne, la salsepareille ou le chèvrefeuille) qui forme des tiges ligneuses rampantes ou grimpantes de taille indéfinie (il atteint facilement 100 mètres de long et 30 m en hauteur, avec une croissance annuelle de 0,5 à un mètre).
Les rameaux qui grimpent sont partiellement ornés de poils étoilés grisâtres à 5-6 rayons. Ils portent au milieu des entrenœuds des crampons parfois difficiles à enlever à mains nues, qui sont des racines adventives transformées en crampons émettant de nombreux poils ventouses qui s’accrochent à un support (mur, arbre, arbuste, etc.). Les fleurs, jaune verdâtre, portent cinq pétales. Elles sont regroupées en ombelles elles-mêmes disposées en grappes terminales. La floraison s’étale en septembre-octobre, et la fructification s’effectue vers la fin de l’hiver, début du printemps. Ce sont parmi les dernières fleurs en saison à offrir du pollen aux abeilles. Les fruits du lierre grimpant sont des baies (8 à 10 mm de diamètre) noir bleuté groupées en ombelles. Plus encore que les autres parties de la plante, les fruits sont toxiques pour les mammifères et en particulier pour l’homme car contenant des saponosides partiellement hydrolysés en un composé hédérine (très toxique) si ingérés. Deux à trois baies ingérées donnent déjà des signes d’empoisonnement : brûlures dans la gorge, maux de tête, tachycardie, crampes, vomissements/diarrhées. Une consommation plus importante provoque spasmes musculaires, paralysie. Des cas d'empoisonnement chez les animaux (chiens, cerfs, bovins et moutons qui en consomment faute de pâturages) et les humains (effets émétiques et purgatifs, respiration difficile, convulsions et jusqu'à des comas chez des enfants) sont rapportés.
Les fruits du Lierre sont riches en lipides (30 % dans la pulpe située entre les graines) et jouent ainsi un rôle important pour la survie de nombreux oiseaux à la fin de l’hiver, en particulier les passereaux (mésanges, pinsons, rouge-gorges, geais, merles, grives). La germination des graines du Lierre tombées au sol ou rejetées dans les excréments de passereaux frugivores (phénomène d’ornithochorie et d’endozoochorie) débute deux à trois semaines après leur dépôt dans le sol. Les jeunes plantules présentent d’abord deux cotylédons ovales entiers avant de développer les premières feuilles lobées puis des rameaux latéraux qui s’étalent au sol. La première vague de conquête des sous-bois correspond à la phase végétative juvénile sciaphile de la plante, le jeune lierre rampant vers la zone d’ombre (idéalement 3 à 5 % de lumière) créée par un grand arbre (processus de skototropisme décrit pour les lianes tropicales). À l’automne, les feuilles se chargent de sucres et de protéines, ce qui contribue, avec leur épaisse cuticule, à une grande résistance au gel (jusqu'à - 25 °C). Le cycle de vie du lierre présente une période d’activité végétative en hiver en raison de cette résistance. Cette phase juvénile peut durer d'une à plusieurs dizaines d'années. Les tiges couchées radicantes sur le sol forment alors un tapis en sous-bois. Le stade adulte (seule phase susceptible de permettre au lierre de fleurir et de se reproduire) correspond à une phase héliophile de la liane : lorsque les tiges rampantes juvéniles rencontrent un support vertical (idéalement un gros arbre isolé, à l'écorce rugueuse, apportant 3 à 5 % de lumière), elles escaladent ce support, grimpant vers le soleil.
La mauvaise réputation du lierre provient des auteurs antiques grecs et romains qui s'étonnent qu'on ait voué à Dionysos cette plante parasite. Théophraste affirme dans son Histoire des Plantes que le lierre tue les arbres qu’il a escaladés. Pline l'Ancien dans son Histoire Naturelle reprend ce thème : « Le lierre est nocif pour les arbres et les plantes, et réussit à s’insinuer dans les tombes et les murs ». Les véritables pelotes permanentes de lierre dans un arbre servent d'abri et de lieu d'hibernation à une faune nombreuse. Ainsi il permet d'accroître la quantité d’auxiliaires utiles (par exemple pour un verger) car il leur fournit un réservoir de proies supplémentaires. Le Lierre ne fleurit que de fin septembre à octobre, voire novembre, c'est-à-dire après que la plupart des autres plantes ont terminé leur floraison, la concurrence pour la pollinisation des fleurs est alors moindre. C'est ainsi une source critique de nourriture pour les abeilles et autres insectes à une période où il y a peu de fleurs et où l’hiver arrive, et donc ensuite de fruits pour les oiseaux, en février, à une période où de même peu de fruits sont disponibles. Le Lierre ne mérite donc pas son surnom de « bourreau des arbres ». On voit parfois des arbres morts recouverts de lierre mais cela ne signifie pas que ce dernier soit responsable de leur mort, qui ne lui sert que de support. Lors de promenades durant l'hiver, on pourrait croire que les arbres à feuilles caduques sont étouffés par le lierre, qui reste bien vert durant l'hiver, mais ce n'est qu'une fausse impression, donnée par la complémentarité des cycles de développement du lierre et de son support. Le lierre est aussi un des principaux dépolluants de l’atmosphère (principalement les particules de poussières). Parfois, les tiges du lierre finissent par enserrer complètement le tronc de l'arbre qui le supporte, mais même ces cas très rares ne posent généralement pas de problème. Le lierre grimpant n'est pas une plante parasite. Par son feuillage, le lierre prive l'arbre de lumière et bloque sa production interne de sucres par manque de photosynthèse. « C'est le cas notamment des pins qui ont besoin de beaucoup de lumière pour leurs aiguilles… par sa présence, le lierre prive l'arbre d'une partie de l'humidité absorbée par son écorce. « Depuis des années, les jardiniers [de la Ville de Paris] maintiennent la présence du lierre sur le robinier du square Viviani. Il masque les étais peu esthétiques. Les bûcherons-élagueurs interviennent toutefois régulièrement pour limiter son développement. « Malgré tous ces bons côtés, le lierre n'en demeure pas moins une plante envahissante. C'est une plante capable de s'adapter à de nombreux milieux, peu exigeante quant à la nature du sol. On la trouve très couramment en sous-bois, mais aussi sur le littoral atlantique où elle résiste aux pluies abondantes et exposées aux embruns maritimes. Elle s'adapte aussi à la sécheresse dans les pays méditerranéens et peut pousser en montagne jusqu'à 1 000 m d'altitude. Elle a été répandue comme plante décorative par l'horticulture et introduite notamment en Amérique, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Aux États-Unis, elle est considérée comme une plante envahissante. Il existe plusieurs centaines de variétés de lierre cultivé. De la même manière, un mur ne souffrira pas du tout de la venue du lierre, le mur sera au contraire protégé par celui-ci, à condition de l'entretenir quelque peu. Durant les premières années d'une plantation, le lierre doit être tenu à l'écart, celui-ci risquant à l'évidence d'étouffer les jeunes arbres. Le lierre empêche une régénération dense, le surpeuplement par les autres végétaux : il prévient en effet la levée d'autres arbres en sous-étage, tout en alourdissant les arbres déjà existants, les ébranchant voire précipitant la chute des sujets malades. Il crée donc un milieu plus ouvert, tout en faisant croître la population animale (rongeurs, oiseaux, insectes). Il est donc inutile de couper les branches et d'arracher sans trêve les pousses de lierre, contrairement aux idées reçues ; il faudrait plutôt s'attacher à améliorer le sol. On peut apporter un compost équilibré, espacer les plantes, mettre un engrais vert permanent bien choisi, des animaux - les moutons sont très friands de lierre.
Les extraits de feuilles de lierre (Hederae folium) ont des activités spasmolytique/antispasmodique, anti-inflammatoire, antimicrobienne, analgésique, anthelminthique, antitrypanosomienne, antileishmania, antitumorale, antimutagène, moluscocide, antioxydante et antithrombine. L'extrait hydroalcoolique sec de feuille est utilisé dans la composition de sirops contre la toux dans des affections bénignes. En 2010, la recherche clinique avait conclu à une bonne efficacité et tolérance des extraits de lierre. H. helix pourrait être une option thérapeutique face aux premiers symptômes d'infections des voies respiratoires « La meilleure efficacité des préparations H. helix a été prouvée pour la toux, comme expectorant et pour réduire la fréquence et l'intensité de la toux », mais pour d'autres usages, l'efficacité médicamenteuse de cette plante reste cependant discutée (ex : une revue d'étude récente a conclu que « les préparations à base de feuilles de lierre peuvent être utilisées sans danger contre la toux due aux infections respiratoires aiguës et à la bronchite. Cependant, les effets sont au mieux minimes et d'importance clinique incertaine ».
Le lierre est souvent utilisé pour couvrir des murs et des habitations. Ses crampons ne sont pas nuisibles pour les murs en bon état, mais il faut veiller dans le cas de murs en terre à l'émission de vraies racines qui peuvent causer des dégâts. Il faut aussi éviter qu'il recouvre les toits au risque de le voir soulever les tuiles. Plante tapissante, le lierre dans sa phase juvénile est utilisé comme couvre-sol. Le lierre se propage, par semis, boutures ou rejetons enracinés. Les animaux consomment volontiers des feuilles jeunes, les abeilles butinent les fleurs à l'automne, ce qui fournit un miel non dangereux mais dont la cristallisation très rapide se fait dans les rayons des cadres avant l'extraction. Les drupes sont par contre très toxiques. Dès la consommation de 2-3 baies chez l'enfant, apparaissent les symptômes de l'intoxication : sensation de brûlure de la bouche, hypersalivation, vomissements, diarrhées abondantes. Une consommation plus importante peut entraîner délire, hallucinations, convulsions, mydriase, coma puis mort par asphyxie. La discrète floraison du lierre qui s'étale de la mi-septembre à la mi-octobre rappelle que son ancêtre est d'origine tropicale, poussant à une époque où il n'y avait pas de saison froide. Ces fleurs sont une ressource importante de pollen et de nectar pour de nombreux insectes (environ deux cents) : Abeille domestique, Abeille du Lierre, des mouches (Milésie frelon, Mésembrine de midi, Eristale tenace, Lucilie, Syrphes dont les larves se nourrissent de pucerons), des guêpes et de véritables frelons, des coléoptères (Cétoine), ou des papillons (Vanesses et certains papillons qui lui sont inféodés, Larentie verdâtre (en), Tordeuse de l'œillet, ou l'Azuré des nerpruns, seul papillon de jour à se développer sur le Lierre). C'est une plante rustique, bien que localement parfois attaquée par des invertébrés. Bien qu'il soit accusé dès l'Antiquité de ruiner les cimetières et étouffer les arbres, le lierre a des propriétés médicinales et une symbolique qui ont suscité l'ambivalence de sa réputation. Plante vivace, elle est le symbole de la longévité, et particulièrement de l'amour constant. Le lierre, qui embrasse les arbres, est aussi adopté comme symbole de l'amitié. Plante sacrée très respectée des druides, il est un symbole puissant de force vitale et d'énergie.
Reconnaître et utiliser le lierre terrestre
Le Vin et les Expressions : Une Connexion Culturelle et Linguistique
Le vin n'est pas seulement une boisson, c'est un véritable patrimoine culturel qui a imprégné notre langue, nos traditions et notre façon de vivre ensemble. De nombreuses expressions et proverbes que nous utilisons sans y penser trouvent leurs racines dans le monde viticole.
- Boire le calice jusqu'à la lie : Au XVIIe siècle, durant les messes catholiques, il était d'usage de boire le vin consacré dans un calice. Les fidèles devaient vider ce calice d'un seul trait pour ne pas en perdre une goutte sacrée, ils ingéraient donc avec le vin les résidus (la lie) laissant un goût âpre et désagréable. La lie désigne les dépôts solides qui se forment au fond d'un récipient contenant du vin, levures mortes, résidus de fermentation, tartrates.
- Il ne faut pas crier "vendre" avant que la lie soit dans le verre : À l'origine, cette expression se disait "au vin qui se vend bien il ne faut pas de lierre suspendu", car il était coutume il y a quelques siècles de suspendre des branches de lierre devant les enseignes des débits de vin pour signaler leur activité. Un bon vin attirait naturellement les clients sans avoir besoin de signalétique supplémentaire.
- In vino veritas : Cette locution latine est attribuée à l'écrivain romain Pline l'Ancien, au Ier siècle après J.-C., bien que la pensée soit bien plus ancienne encore, on en retrouve la trace chez le poète grec Alcée dès le VIe siècle avant J.-C. L'alcool lève les inhibitions et délie les langues, révélant parfois des vérités que la sobriété gardait bien cachées.
- Quand le vin est tiré, il faut le boire : Ce proverbe du XVIe siècle fut repris par de nombreux hommes et femmes de lettres. Marcel Pagnol conseillait notamment que "quand le vin est tiré, il faut le boire, surtout s'il est bon".
- Pot-de-vin : Au Moyen Âge, il était courant d'offrir un pot rempli de vin, ou une somme destinée à s'en payer un, pour remercier quelqu'un d'un service rendu ou pour s'attirer ses faveurs. Ce qui était à l'origine un simple geste de convivialité a progressivement pris une connotation négative au fil des siècles, pour finir par désigner une pratique de corruption.
- Mettre de l'eau dans son vin : L'expression vient de la Grèce Antique, où les philosophes et les convives lettrés avaient coutume de couper leur vin d'eau pour ralentir l'ivresse et prolonger les discussions intellectuelles. Cette pratique, considérée comme une marque de tempérance et de sagesse, s'opposait à la consommation de vin pur, réservée aux occasions de débauche.
- Entre deux vins : L'expression trouve sa source dans le processus de vinification : le vin doit passer un certain temps dans une cuve avant d'arriver à maturité. "Cuver sa colère" existait avant "cuver son vin". L'idée étant que le temps de repos dans la cuve permet d'apaiser, de laisser les choses se décanter.
- Il faut que le vin soit bon : Cette variante viticole de l'expression populaire illustre la tension universelle entre le plaisir et la modération. Elle rappelle que le vin, comme tous les plaisirs de la vie, se savoure d'autant mieux quand on l'apprécie avec discernement.
- Piquette : La piquette désignait à l'origine un vin de très mauvaise qualité, obtenu en faisant macérer dans de l'eau le marc de raisin (résidus solides après pressurage) pour en extraire un jus acide et peu alcoolisé. Consommée par les travailleurs agricoles qui ne pouvaient se payer de vrai vin, la piquette est devenue le symbole de la médiocrité.
- Vin mauvais : Par opposition au "vin gai" qui rend jovial et communicatif, le "vin mauvais" désigne l'état d'irritabilité ou d'agressivité que l'alcool peut provoquer chez certaines personnes. L'expression illustre une réalité bien connue des vignerons et des sommeliers : la qualité d'un vin peut influencer l'ambiance d'une tablée.
- Une année de vendanges : Cette expression trouve ses racines dans le monde agricole et viticole, où chaque année peut être radicalement différente selon les conditions climatiques. Une bonne vendange peut succéder à une année de grêle ou de sécheresse. Les vignerons ont toujours composé avec cette incertitude, et l'expression traduit cette sagesse paysanne qui accepte les aléas du temps.
Ces expressions en sont la preuve la plus savoureuse. Et si les mots vous donnent soif, retrouvez notre sélection de vins rouges, de vins blancs et de champagnes pour accompagner dignement vos prochaines soirées.