L'art de cultiver et d'entretenir vos arbres fruitiers : un guide complet

Planter et entretenir un arbre fruitier est une démarche passionnante qui demande quelques connaissances de base. Le succès de votre verger commence bien avant la plantation, en choisissant judicieusement vos arbres et en préparant méticuleusement le terrain. Cet article vous guidera à travers les étapes essentielles, de la sélection de l'espèce à l'entretien annuel, en passant par les techniques de plantation et de taille, pour assurer une récolte abondante et saine.

Arbre fruitier en fleurs

Le Choix Crucial : Espèce, Variété et Porte-greffe

Le succès de votre verger commence bien avant la plantation. Le choix de l'espèce et de la variété est primordial. Il faut choisir des espèces adaptées à votre climat. Par exemple, si votre région est froide, optez pour des variétés de pommiers ou de poiriers rustiques. La connaissance des spécificités de votre terrain est également importante. Chaque jardin peut accueillir un arbre fruitier, mais pour que ce dernier donne de bons fruits, il est important de connaître les spécificités de son terrain.

Le porte-greffe est un autre élément déterminant. C'est la racine de votre arbre. Elle détermine sa taille (colonnaire, nain, semi-nain ou de haute-tige), sa vigueur et son adaptation au sol. Il est essentiel de choisir un porte-greffe adapté à votre sol et à la vigueur souhaitée pour votre arbre. Une bonne adéquation entre le porte-greffe, la variété, la fertilisation et les distances de plantation est essentielle pour maîtriser la densité de la frondaison.

Préparation et Plantation : Les Fondations d'un Arbre en Bonne Santé

La période idéale pour planter les arbres fruitiers en racines nues est entre novembre et mars, hors période de gel. La plantation reste possible d'octobre à avril. Il est crucial de choisir le bon emplacement. Comme chaque plantation, le choix de l'emplacement de l'arbre fruitier est déterminant pour son bien-être et les futures récoltes. La plupart des arbres fruitiers faciles d'entretien ont besoin de soleil et d'être protégés des vents forts. Ainsi, il est important de choisir un endroit bénéficiant d'un bon ensoleillement.

La préparation du trou de plantation est une étape indispensable. Creusez un trou large et profond. Le fond doit être bien ameubli pour favoriser l'enracinement. Un trou de plantation de 50 cm à 1 m de diamètre sur 60/70 cm de profondeur est l’idéal. Il doit être plus grand que l’ensemble des racines. Mélangez à la terre extraite du trou, du compost ou du fumier bien décomposés. Vérifiez que le volume des branches est équilibré avec celui du système racinaire ou alors, réduisez les rameaux. Pralinez ensuite les racines, c'est-à-dire recouvrir le système racinaire avec un mélange de terre et d’eau.

Au moment de déposer l’arbre, faites attention à ce que le point de greffe se trouve au-dessus du trou. Lorsque vous déposez l'arbre, faites attention à ce que le point de greffe se trouve au-dessus du trou. Veillez à ce que le point de greffe (le renflement entre le tronc et les racines) soit toujours au-dessus du niveau du sol. Orientez votre arbre de sorte que la tige principale et les rameaux soient droits. Puis recouvrez de terre en tassant autour des racines. Arrosez largement et finissez de boucher le trou jusqu’au niveau du sol. La mise en place d’un tuteur permet au jeune arbre de se développer correctement.

Si vous ne pouvez pas planter votre arbre dès sa réception (météo défavorable à la plantation : gelées, vents violents, pluies abondantes et sol détrempé), il faudra le mettre en jauge soit dans une terre légère ou un tas de sable. La jauge doit être abritée du vent et exposée au nord pour éviter de forts écarts de température entre la nuit et le milieu de la journée. Vos arbres pourront rester ainsi entre plusieurs jours et plusieurs semaines avant la plantation définitive. Ne prolongez pas ce délai, si les plants développent un système racinaire, les arracher à nouveau serait un stress supplémentaire pouvant ralentir voire nuire à la reprise.

Plantation d'un jeune arbre fruitier avec tuteur

L'Arrosage : Un Pilier de la Croissance

L'arrosage est crucial, surtout dans les premières années. Arrosez profondément et régulièrement, surtout pendant les périodes sèches. Les 2 ou 3 premières années après la plantation, les arrosages sont importants car le jeune arbre n’a pas encore un système racinaire très développé et il lui est difficile d’aller trouver toute l’eau dont il a besoin. Arrosez à peu près tous les 10 jours copieusement au pied de l’arbre. Paillez pour conserver une bonne fraîcheur sur tout la surface autour du tronc correspondant à la ramure. Si possible avec du BRF ou des feuilles mortes. La décomposition de ces matières organiques va contribuer à la vie du sol. L'irrigation des arbres est indispensable durant les trois années qui suivent leur implantation, même pour des porte-greffes sélectionnés pour leur faible sensibilité au déficit hydrique, dans le but de permettre aux arbres de bien s’installer au départ, tout en les incitant également à prospecter en profondeur en ajustant les quantités d’eau. Préférez l’irrigation par micro-aspersion afin de favoriser un système racinaire d’alimentation actif sur un volume maximal de sol. Cela augmente l’autonomie des fruitiers et leur capacité à surmonter les incidents éventuels.

La Taille : Façonner l'Arbre pour une Production Optimale

La taille est un geste technique qui assure la bonne forme de l'arbre et une fructification abondante. Elle est indispensable pour la santé des arbres fruitiers et pour une bonne production.

La Taille de Formation

Les 3 premières années de l’arbre, la taille va surtout avoir pour objectif de lui donner une structure appropriée. Il importe de déterminer quelles branches seront les charpentières, parmi les plus vigoureuses et les mieux orientées pour que la forme globale de l’arbre soit harmonieuse. Celles-ci seront rabattues (raccourcies) tous les ans pour ne garder qu’un quart de la partie poussée pendant l’année. Cette taille permettra de les rendre plus épaisses et solides. Les autres branches seront éliminées. La taille de formation doit être assurée dans les premières années suivant l’implantation car les objectifs (hauteur d’arbre souhaitée, port voulu, gabarit du fruitier espéré…) ne seront atteints que si les ligneux sont conduits de la bonne manière dès leur stade juvénile. Si vous avez prévu de palisser les arbres (ex : pommiers M9), une attention particulière sera donnée aux jeunes arbres afin de contraindre les rameaux au fur et à mesure de leur croissance pour les amener sur les fils et les conduire ainsi à l’horizontal.

La Taille d'Entretien

La taille d’entretien des arbres fruitiers permet en tout premier lieu d’aérer le centre de la ramure et d’éliminer les branches inutiles, de dédensifier cette ramure. Ainsi, l’air et le soleil accéderont plus facilement partout, limitant le risque de maladies et favorisant une bonne pollinisation et la maturation des fruits. Vous commencerez par supprimer toutes les branches mortes, celles qui sont trop proches et parallèles à leur voisine, celles qui partent vers le bas en vers le cœur de l’arbre. Vous pourrez aussi en raccourcir certaines, pour éviter qu’elles ne ploient sous le poids des fruits et que l’arbre dissémine ses ressources, au détriment des fruits les plus proches du tronc. Vous veillerez néanmoins à conserver l’architecture naturelle de l’arbre. Vous pouvez également réaliser un épointage : raccourcir très légèrement toutes les branches en coupant juste au-dessus d’un bourgeon pour une meilleure répartition de la sève.

Quand Tailler ?

Pour les arbres fruitiers à pépins (pommiers, poiriers), la taille doit être réalisée entre février et mars, dans tous les cas à la fin de l’hiver et avant que les bourgeons floraux n’apparaissent. Pour les arbres fruitiers à noyaux (abricotiers, cerisiers, pruniers…), ce geste d’entretien doit se faire en automne, après la récolte et avant les premiers froids. Au mois de mai, supprimez les nouvelles pousses, apparues après la taille, qui ne sont utiles ni à la formation ni à la fructification.

Comment tailler ses arbres fruitiers ?

L'Éclaircissage des Fruits : Pour des Fruits Plus Gros et Plus Savoureux

L’éclaircissage des fruits est une pratique simple et incontournable pour obtenir des fruits de bonne taille. Cela consiste à éliminer certains fruits pour que les autres se développent mieux. Ce geste d’entretien concerne principalement les pommiers, les poiriers et les pêchers. L’éclaircissage se pratique généralement vers mai ou juin, lorsque les fruits ont à peu près la taille d’une bille.

Astuce : avant de vous attaquer à l’éclaircissage, secouez votre arbre, tous les fruits qui ont des problèmes d’attache ou qui sont trop faibles tomberont d’eux-mêmes !

Pour le pommier et le poirier, vous conserverez 1 ou 2 fruits par bouquet. Sur un pommier par exemple, il est d’usage de garder un fruit au centre de chaque bouquet. Pour un poirier au contraire, ce sont les fruits situés à l’extérieur du bouquet que vous conserverez. Comptez 8 fruits par mètre de branche pour un jeune pommier et le double pour un pommier ou un poirier de plus de 10 ans. Pour le pêcher, on ne va éclaircir que lorsqu’il y a beaucoup de fruits et qu’ils sont très serrés. Gardez un fruit par groupe pour qu’il puisse correctement s’épanouir. Et, sachant que les rameaux de pêchers ne produisent de fruits qu’une seule fois, il faudra couper le rameau porteur après la récolte pour privilégier les autres rameaux qui n’ont pas encore donné. Bien sûr, on va garder les fruits les plus beaux pour retirer ceux qui sont abîmés, malades ou peu développés. Sur pommiers et poiriers, ensachez les fruits. Ils seront protégés des insectes nuisibles et maladies, ils développeront qui plus est, un épiderme plus fin.

La Pollinisation : L'Union Fructueuse

La pollinisation est une étape indispensable à la production de fruits puisqu’au travers de la fécondation, elle permet d’aboutir à la formation d’un fruit. Pour les variétés autostériles, appelées aussi allogames (qui nécessitent d’être fécondées par un autre membre de leur espèce comme les cerisiers, les poiriers, les pommiers, …), il est utile de connaître les variétés complémentaires présentes aux alentours. Pour que la pollinisation soit envisageable et pour assurer un meilleur rendement, il faut que la parcelle accueille les autres variétés dans un rayon maximum de 3 km.

Pour les variétés autofertiles, appelées aussi autogames (qui assurent elles-mêmes leur fécondation comme les abricotiers, les pêchers, les pruniers, …), il n’est pas obligatoire d’avoir une autre variété pollinisatrice. Le poirier, par exemple, est auto-stérile et doit être pollinisé par une autre variété de poirier à floraison simultanée pour donner des fruits. L’idéal est donc d’avoir dans son jardin deux variétés de poirier compatibles.

Les Soins Phytosanitaires : Prévenir et Lutter contre les Ravageurs et Maladies

L'entretien des arbres fruitiers est essentiel pour leur santé et leur productivité. L'hiver est la saison idéale pour les soins des arbres fruitiers. En effet, durant cette période de l’année, les arbres fruitiers sont en repos végétatif.

Soins du Tronc et Prévention

Tout d’abord, il est important de prendre soin du tronc de l’arbre. Le nettoyage du tronc consiste à ôter les plantes grimpantes sauvages et éliminer les mauvaises herbes sur 30 cm autour de l’arbre. Il est également possible de brosser l’écorce de l’arbre pour supprimer les mousses, lichens et diverses algues. Une fois l’opération nettoyage du tronc terminée, les soins de l’arbre fruitier peuvent commencer. Pour lutter contre les nuisibles, il est possible d’appliquer au pinceau un badigeon à base de chaux et d’huile végétale. Cette pâte forme une couche épaisse blanche sur le tronc et va pouvoir pénétrer dans les interstices de l’écorce.

Un traitement d'hiver est souvent nécessaire : brûlez toutes les feuilles mortes et les déchets de taille et badigeonnez tronc et branches avec un traitement d'hiver pour éliminer les larves et les œufs cachés. L'agencement du système dépend avant tout de la mécanisation souhaitée ou en place sur la ferme. L’écartement entre rangs est calculé en fonction de la largeur des engins utilisés pour les pratiques culturales. L’écartement entre les rangs doit également être réfléchi en fonction de la région d’implantation, en lien avec l’ensoleillement et la sécheresse estivale. De manière générale, on peut planter de façon plus serrée dans le Sud car la lumière y est très forte. Il faut néanmoins prévoir 8 mètres au minimum entre les rangs pour éviter trop de concurrence, de gêne au travail et permettre des largeurs de planches adaptées au matériel agricole. Au nord de la Loire, l’imbrication entre fruitiers et les cultures voisines doit être moins forte, et la distance minimale doit être de 10 mètres. Enfin, l’organisation spatiale des lignes de plantation des fruitiers doit être déterminée en évaluant la hauteur finale des arbres, et donc leur ombre portée, qui dépend du type de sol, du type de porte-greffe utilisé et de la conduite des fruitiers. Une conduite “en axe” (type verger basse-tige à haute densité) génèrera souvent moins d’ombre portée qu’une conduite en forme libre de type gobelet. Les conséquences au pied de l’arbre et sur les planches limitrophes ne seront pas identiques d’une conduite à l’autre, d’où l’intérêt de projeter l’incidence de ce facteur dès la conception du système.

Lutte contre les Ravageurs Spécifiques

Le ravageur le plus courant est le carpocapse, un papillon qui s’attaque à de nombreux fruitiers. Il pénètre à l’intérieur du fruit et dévore tout, même les pépins. Les dégâts sont souvent importants et il continue de se développer en 2 ou encore 3 générations selon les régions. Pour lutter contre le carpocapse dès l’automne, utiliser les nématodes afin d’éliminer les larves hivernantes. Au printemps, utiliser les phéromones avec leur piège pour limiter la fécondation.

Le poirier est particulièrement sensible aux attaques de monilia et de tavelure. La tavelure se distingue rapidement : les feuilles et les fruits de l’arbre se parent de taches brunes et noires. Quant à la monilia, elle touche les fruits de l’arbre. Sur les pommiers et les poiriers, sensibles à la tavelure, appliquez de la bouillie bordelaise en mars lorsque les bourgeons commencent à s’ouvrir, puis pulvérisez du soufre mouillable en avril. Sur les arbres à noyaux, sensibles à la moniliose, appliquez de la bouillie bordelaise au moment où les bourgeons grossissent entre février et mars. Si le printemps est pluvieux, vous pourrez faire une nouvelle application avant la floraison, puis après cette floraison.

Sur tous les fruitiers, sensibles à l'oïdium, un traitement à base de soufre sera appliqué au moment de l’apparition des bourgeons floraux, entre mars et mai selon les espèces et les variétés si le printemps a été doux et humide.

Piège à phéromones pour carpocapse

Quelques Espèces Fruitières : Spécificités et Entretien

Chaque arbre fruitier a ses particularités qui influenceront son choix et son entretien.

Le Poirier

Le poirier trouvera facilement sa place dans le jardin à condition de lui offrir un sol frais, profond et riche. Mais attention, sans pollinisation, le poirier ne donnera pas de fruits. Car cet arbre auto-stérile doit être pollinisé par une autre variété de poirier à floraison simultanée pour donner des fruits. L’entretien des arbres fruitiers tels que le poirier est assez simple, il fait partie de la famille des arbres fruitiers faciles d’entretien. En effet, une taille annuelle est suffisante pour assurer une belle récolte.

Le Pêcher

Le pêcher est un arbre qui demande de l’attention mais qui peut donner de belles récoltes. Les soins des arbres fruitiers sont importants notamment pour le pêcher qui ne vit que 20 ans en moyenne. La plantation du pêcher doit se faire à l’automne ou au printemps. Et pour qu’il s’épanouisse, il est préférable de l’installer dans un endroit ensoleillé et abrité des vents dominants. Ainsi, le pêcher pourra donner ses premiers fruits au bout de 4 ans. Attention toutefois aux gelées printanières, car le pêcher a une floraison rapide. C’est un arbre auto-fertile qui s’adapte bien aux sols ordinaires bien drainés. Il trouve facilement sa place dans les jardins car sa taille dépasse rarement 4 mètres de haut. La taille de l’arbre fruitier est une étape importante pour le pêcher. Car le pêcher peut être touché par plusieurs maladies notamment la cloque du pêcher. Celle-ci se caractérise par l’apparition de feuilles boursouflées et rougeâtres sur l’arbre.

Le Pommier

Le pommier est l’arbre fruitier qui peuple de nombreux jardins sur tout le territoire français. C’est l’un des plus anciens arbres fruitiers et sans doute le plus répandu en France et en Europe. Le pommier aime les sols profonds, riches et bien drainés. Idéalement, il doit être planté en automne pour faciliter un bon enracinement durant l’hiver. C’est un arbre qui a besoin de soleil pour fleurir et donner des fruits. Certaines variétés sont autofertiles mais d’autres nécessitent la plantation de deux pommiers pour espérer une récolte. Le pommier doit être taillé à la fin de l’hiver et une attention particulière doit être portée à sa santé. Le pommier a la réputation d’être un arbre fruitier plutôt exigeant.

Le Cerisier

Dans la catégorie des arbres fruitiers sans entretien, il y a le cerisier. D’ailleurs, cet arbre est l’un des fruitiers préférés des jardiniers. La plantation du cerisier est une étape déterminante pour son rendement. En effet, une plantation réussie assure une bonne croissance de l’arbre, la fructification et donc l’apparition de fruits. Il est préférable de planter le cerisier à l’automne dans un sol qui ne sèche pas trop en été. La taille du cerisier est peu recommandée car celle-ci a tendance à affaiblir l’arbre et lui transmettre des maladies.

Le Prunier

Le prunier trouve sa place dans toutes les régions françaises. Mais c’est un arbre qui demande de la patience. Avant de planter son prunier, il est important de garder en tête que ce dernier atteindra sa taille adulte plusieurs années après sa plantation. Il est donc primordial de lui laisser suffisamment de place. Enfin, certaines variétés sont autofertiles mais d’autres nécessitent la plantation de deux arbres pour espérer avoir des fruits. L’entretien des arbres fruitiers tels que le prunier est facile.

Le Poirier Asiatique

Le poirier asiatique fait partie des arbres fruitiers faciles d’entretien que vous pourriez cultiver dans votre jardin. Il est cultivé depuis au moins 3 000 ans en Chine et au Japon. Plusieurs cultivars développés ces dernières décennies au Japon produisent de gros fruits sphériques, ce qui leur a valu le nom commun de pomme-poire.

L'Amendement du Sol : Nourrir la Terre pour des Arbres Vigoureux

L’amendement du sol est essentiel pour que l’arbre puisse bénéficier de tous les nutriments nécessaires au renouvellement de ses ressources. C’est à l’automne que l’on amende le sol. Apportez du compost ou du fumier, l’un et l’autre bien décomposés, tout autour du tronc de vos fruitiers, sur le même diamètre que leur ramure. Déposez cet amendement en surface, sans l’enfouir, et recouvrez de feuilles mortes, de fougères, ou autre paillage facile à trouver à cette période. Selon la nature de votre sol, il peut être judicieux de biner les contours des troncs de vos fruitiers pour décompacter la terre et permettre à l’eau et à l’oxygène de mieux circuler. Attention à ne pas abîmer les racines superficielles. Les fruitiers sont des gourmands : enrichissez le sol à l'automne et apportez un engrais riche en potasse et phosphore chaque printemps.

L'Agencement du Verger : Planification et Optimisation de l'Espace

L’agencement du système dépend avant tout de la mécanisation souhaitée ou en place sur la ferme. L’écartement entre rangs est calculé en fonction de la largeur des engins utilisés pour les pratiques culturales. L’écartement entre les rangs doit également être réfléchi en fonction de la région d’implantation, en lien avec l’ensoleillement et la sécheresse estivale. De manière générale, on peut planter de façon plus serrée dans le Sud car la lumière y est très forte. Il faut néanmoins prévoir 8 mètres au minimum entre les rangs pour éviter trop de concurrence, de gêne au travail et permettre des largeurs de planches adaptées au matériel agricole. Au nord de la Loire, l’imbrication entre fruitiers et les cultures voisines doit être moins forte, et la distance minimale doit être de 10 mètres. Enfin, l’organisation spatiale des lignes de plantation des fruitiers doit être déterminée en évaluant la hauteur finale des arbres, et donc leur ombre portée, qui dépend du type de sol, du type de porte-greffe utilisé et de la conduite des fruitiers. Une conduite “en axe” (type verger basse-tige à haute densité) génèrera souvent moins d’ombre portée qu’une conduite en forme libre de type gobelet. Les conséquences au pied de l’arbre et sur les planches limitrophes ne seront pas identiques d’une conduite à l’autre, d’où l’intérêt de projeter l’incidence de ce facteur dès la conception du système.

"Afin de faciliter le travail sur les arbres et notamment la récolte, la parcelle agroforestière est cultivée uniquement 1 rang sur 2. Cette technique a aussi l’avantage de permettre des rotations. Ainsi, chaque inter-rang peut se reposer et se ressourcer pendant un an car l’idée est d’y implanter un engrais vert annuel (mélanges à base de plusieurs espèces parmi : blé, avoine, trèfle, phacélie, luzerne, vesce, pois fourrager, sarrasin). Il est possible de planter les fruitiers en doubles rangs, espacés comme en verger classique, comme cela a été fait à la ferme de la Durette à Avignon. L’écartement des arbres sur le rang est à définir dès l’implantation en tenant compte du gabarit de l’arbre à terme. A l’âge adulte, les rangs de fruitiers doivent être aérés tant entre les arbres qu’à l’intérieur de l’arbre (pour les formes en volume), dans la frondaison même, et ce tout au long de l’année. Cette maîtrise de la densité de frondaison doit être le résultat d’une bonne adéquation entre les distances de plantation, la fertilisation, le porte-greffe et la variété, d’où l’importance de la sélection initiale du matériel végétal adapté à son projet de plantation. A l’inverse, la maîtrise par des coupes sévères y compris en été, aboutirait rapidement à des déséquilibres végétatifs et donc à des problèmes parasitaires. Il ne faut pas trop contraindre les arbres vigoureux, mais plutôt choisir un porte-greffe dont la vigueur est adaptée. Les distances de plantation sur le rang doivent également tenir compte de la conduite des arbres que vous souhaitez mettre en œuvre. L’écartement entre deux pommiers peut aller du simple au triple d’une conduite palissée à une conduite haute-tige. Le palissage est d’ailleurs à considérer pour de nombreux arbres, en particulier pour les pommiers M9 qui ne se tiennent pas sans palissage ! Le palissage permet de rendre les arbres plus accessibles, ce qui diminue le temps d’éclaircissage, de taille d’entretien et de récolte, même si cette conduite est coûteuse, plus technique et longue à mettre en place. Les autres types de conduite nécessitent au moins un tuteurage des fruitiers les 3 premières années avant que l’arbre soit suffisamment fort pour se tenir seul. Les demi-tiges nécessitent moins de travail que les arbres palissés, surtout s’ils sont formés en axe/biaxe ou palmette. Ils devront néanmoins être plantés de manière beaucoup plus espacée (voir distances indicatives pour les demi-tiges dans les tableaux donnés par porte-greffe dans la fiche « Informations complémentaires sur les porte-greffes). Au niveau de la disposition des fruitiers sur le rang, il faut également considérer la répartition des essences et des variétés. Il est préconisé de ne pas trop alterner les variétés voire les espèces pour ne pas trop perdre de temps lors de la récolte. Outre les lignes de fruitiers, l’introduction d’éléments non productifs au sein du système agroforestier permettra d’abriter, de nourrir et de favoriser les auxiliaires comme les coccinelles, les chrysopes ou les syrphes qui interviennent dans la régulation des populations de ravageurs tels les pucerons, les cochenilles, etc. Il est donc pertinent de réfléchir à la place des infrastructures agroécologiques (IAE) dès l’agencement du système agroforestier. Pour rappel, il est difficile de traiter en système agroforestier ; la biodiversité fonctionnelle est de ce fait un réel levier de régulation des ravageurs une fois que les arbres seront entrés en production. Une fois l’agencement du système agroforestier décidé, il est préconisé de projeter l’implantation des différents végétaux dans l’espace et dans le temps, au moyen d’un plan ou d’un croquis, pour s’assurer que le design répond aux objectifs à toutes les échelles de temps. Par exemple, il est intéressant d’imaginer l’évolution de spatiale des rangs de fruitiers (largeur, densité et hauteur) qui aura des conséquences sur la parcelle et les cultures voisines (réduction de l’espace de circulation, augmentation de l’ombre portée, itinéraire devant à terme contourner la haie…)."

En résumé, un entretien régulier et adapté à chaque arbre fruitier est indispensable pour profiter longtemps de leur généreuse production. En choisissant judicieusement vos arbres, en soignant leur plantation, et en leur prodiguant les soins nécessaires tout au long de l’année, vous vous assurerez des récoltes savoureuses et gratifiantes.

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