Les dessous de la carotte : entre impératifs agricoles et enjeux de santé

La carotte, de son nom latin Daucus carota, est un légume faisant partie de la famille des Apiacées. On recense environ 25 espèces connues de carottes et encore plus de sous-espèces parmi lesquelles les plus connues : la carotte cultivée, Daucus carota ssp. sativus et la carotte sauvage, Daucus carota ssp. Cette variété de légume racine, originaire d'Iran et domestiquée pour la première fois au XXème siècle en Asie est aujourd'hui un produit incontournable en cuisine, tout autour du globe. À l'époque, les variétés connues de carottes ont une chair blanche, jaune, rouge, verte, pourpre ou noire mais jamais orange encore ! C'est donc aujourd'hui cette carotte orange cylindrique et légèrement sucrée qui est particulièrement appréciée. Déclinée sous de nombreuses formes : parfois plus épaisse, parfois plus longue, cylindrique ou pointue, déclinée en mini-carotte ou en baby-carrot, la carotte ne cesse de se réinventer. Parmi les variétés les plus connues : la carotte nantaise, la mini-carotte ou la carotte de Colmar. Ces trois variétés oranges présentent tout de même des différences, à commencer par leur taille, leur coeur ou encore leur collet. Savez-vous que la couleur de la racine varie selon la couleur du coeur de la carotte ? En effet, si l'intérieur de la carotte est rouge, alors, rouge sera la racine !

Schéma illustrant les différentes variétés de carottes et leur morphologie

Les défis de la culture intensive et la protection des semences

Elles sont le légume le plus consommé en Suisse. Huit kilos et demi par habitant, soit un dixième des légumes frais ou de garde mangés chaque année. C’est grosso modo le poids que représente la carotte dans l’assiette d’un Helvète. Une raison suffisante pour s’interroger sur le cocktail de traitements auquel la racine préférée de Jeannot Lapin est soumise avant de figurer au menu. Or la carotte n’est pas que la reine de nos assiettes, elle est aussi le légume le plus produit en Suisse, à raison de 1500 hectares de surfaces maraîchères ou 60 000 tonnes de denrées indigènes. Elle fait aussi partie des légumes les plus traités, surtout par des fongicides, pour lutter contre les attaques de champignons qui provoquent des taches noires, jusqu’à la formation de cratères de pourriture de la carotte. Rien de bien appétissant, évidemment. Il est donc légitime de s’interroger sur les produits auxquels les paysans recourent pour rester compétitifs face à l’intensification des cultures et à la baisse des prix d’achat en gros.

Dans ce contexte, la protection des semences est devenue un enjeu majeur. La gamme des TS céréales offre une protection contre diverses maladies des semences ou du sol et contre les ravageurs du sol. Ces traitements, souvent incontournables dans les situations à risque, sont à utiliser à bon escient. Le choix de ce type de protection s’appuie notamment sur la qualité sanitaire des semences, l'historique parcellaire et la date de semis. Ces critères déterminent les risques d’infections et/ou de nuisibilité des bioagresseurs. Chez Bejo, nous sommes spécialisés dans le développement et la livraison de matériel de multiplication de qualité. Le matériel de multiplication aide les producteurs à produire avec succès des légumes sains. Dans la santé des végétaux, la protection contre les parasites et les maladies est plus rentable que de parer aux situations d’urgence. La prévention est cruciale pour empêcher les conséquences dévastatrices, et elle commence avec des semences saines. Parallèlement, nous sommes confrontés à une réglementation de plus en plus stricte, qui réduit dans une large mesure l’application des pesticides. Le recours au Métalaxyl et au Thiram, par exemple, a fait l’objet de restrictions et nous ne pouvons plus fournir cette protection dans le pelliculage des semences. Guidée par la recherche, Bejo mise depuis des années sur des traitements non chimiques. Nous sommes poussés à développer des solutions durables et notre programme biologique nous y incite encore davantage. Néanmoins, la limitation des possibilités rend la culture plus vulnérable et plus risquée pour le producteur. Cet effet est particulièrement visible dans les sols déséquilibrés et affaiblis. La bonne santé des sols est un critère de plus en plus important.

Vidéo explicative de la production de semences agricoles par Exélience

Analyse des résidus dans les produits finis

Parmi les 75 molécules passées au spectromètre de masse, nous en avons trouvé sept : six fongicides et un herbicide. Prises isolément, les concentrations ne sont pas néfastes pour la santé humaine. Toutes les valeurs trouvées restent en dessous des limites légales autorisées et des doses journalières admises. Pas de quoi s’affoler donc, mais le cocktail présent reste inquiétant, dès lors qu’il se conjugue avec d’autres aliments au cours d’un même repas, d’une même journée. Les carottes labellisées bio se retrouvent sur le haut du panier. Ce qui s’explique assez naturellement par le cahier des charges strict de ce type d’agriculture puisqu’il interdit l’usage de pesticides de synthèse. Une surprise pourtant, et elle est de taille, les carottes bio d’Aldi provenant de Yens montrent des teneurs élevées de molécules qui n’ont rien à faire dans un produit labellisé. La FRC a donc adressé ses résultats au distributeur pour déterminer s’il s’agit d’une erreur de conditionnement, d’une rotation de culture ou d’une contamination. Aldi a mené sa propre enquête de traçabilité et a fait savoir que son laboratoire - avec des limites de détection plus élevées - n’a rien trouvé. Sans remettre en question nos résultats, le distributeur considère qu’il s’agit « d’une contamination de la région ». Une réaction assez molle.

La seconde surprise concerne une botte achetée en épicerie. Le laboratoire a détecté trois molécules indésirables sur les fanes, dont un fongicide non autorisé dans la culture des carottes. Adieu la soupe, et dommage pour la recette antigaspi ! La racine, elle, en contient deux, mais à plus de 17 fr./kg, voilà qui est trop cher payé. La troisième surprise, positive cette fois, émane des M-Budget (Migros) originaires de Ins : elles sont irréprochables et, ce qui ne gâche rien, défient toute concurrence question prix. Migros nous a confirmé que les denrées de cette gamme étaient bel et bien issues de l’agriculture conventionnelle. Comme quoi, l’exemple laisse espérer que dans ce secteur-là, les bonnes pratiques peuvent aussi être possibles. France 3 a fait tester des carottes issues de l'agriculture conventionnelle et des carottes certifiées biologiques. Les légumes bio sont-ils vraiment sans pesticide ? Pour en avoir le cœur net, des journalistes de France 3 ont fait tester huit marques de carottes, un légume qui a tendance à retenir les pesticides. Les résultats sont surprenants. Côté bio, si les carottes Carrefour, Naturalia et La Vie Claire sont "irréprochables", celles de Bio c'Bon présentent "des résidus de trois produits phytosanitaires", "totalement interdits dans la culture biologique". Contactée par la chaîne, l'entreprise dément toute fraude. L'UFC Que Choisir estime que si les taux sont trop faibles pour provoquer un problème de santé publique, "éthiquement, ce n'est pas une bonne nouvelle".

Gestion des ravageurs et techniques agronomiques

Les carottes biologiques de garde sont en grande partie semées dans le courant du mois de juin. Les semis tardifs font aussi diminuer le risque d’une attaque de psylle de la carotte. Ce ravageur, qui vole en été en provenance des peuplements de conifères, se rencontre surtout au Valais et dans quelques régions de Suisse orientale. Les piqûres qu’il inflige aux jeunes plantes de carottes provoquent une crispation et/ou un enroulement des feuilles, les racines restent minces et le feuillage devient rouge. La situation est différente si c’est la mouche de la carotte qu’il faut craindre. Ce ravageur est plus fréquent dans les cultures bio depuis quelques années. Dans le cas des carottes de garde, les dégâts sont en général causés par la troisième génération de la mouche, qui a son vol en septembre. Les asticots fraîchement éclos s’attaquent d’abord aux racines latérales et ne deviennent un problème que s’ils s’attaquent à la racine principale (environ quatre semaines après le début du vol). Ces dernières années, les carottes récoltées de fin septembre à début octobre étaient nettement moins attaquées que celles qui ont été récoltées plus tard. Pour la variété principale, Bolero, qui a besoin d’environ 120 jours de culture, cela signifie un semis entre le début et la moitié du mois de juin.

Infographie comparant l'efficacité des méthodes de lutte contre la mouche de la carotte

La lutte contre le champignon du sol responsable du piétin échaudage s’appuie sur différentes techniques agronomiques et le traitement de semences à base de silthiofam. La spécialité, Latitude XL (Certis Belchim), qui conduit au même apport de silthiofam que son prédécesseur Latitude, a confirmé un même contrôle partiel des symptômes sur racines avec un gain significatif de rendement en blé sur blé. Deux pyréthrinoïdes contre des ravageurs du sol. Les substances actives disponibles pour lutter contre les ravageurs du sol sont des pyréthrinoïdes. Elles ne pénètrent pas dans la plante, leur action a lieu dans le sol. Les TS insecticides s’appuient ainsi sur deux molécules : la téfluthrine à 20 g/q (Attack, Austral Plus Net, Thrintoba) ou la cyperméthrine à 60 g/q (Langis/Signal). Elles permettent de contenir les attaques de taupins avec une efficacité moyenne de l’ordre de 50 % à l’automne. Leur efficacité reste plus partielle vis-à-vis des attaques tardives au printemps. En l’absence de lutte en végétation disponible, la surveillance des parcelles reste nécessaire pour engager une protection, notamment contre les dégâts de larves de taupins dont le risque est pluriannuel.

Considérations sur la production de semences à domicile

La carotte appartient à la famille des Apiacées (ex ombellifères). C’est une plante allogame, ce qui signifie que la pollinisation a lieu entre pollen et ovule de fleurs différentes. Le pollen peut être transporté par des insectes (coccinelles, papillons, etc…), des oiseaux ou encore par le vent. Le pollen de carottes peut ainsi parcourir sans problème plusieurs centaines de mètres. Ce qui expose cette plante à de la pollinisation croisée. En théorie, les croisements entre carottes et ciguës sont impossibles. Voici ce que je trouve dans mes vieux cours de biologie végétale : « Il n’y a pas de risque de pollinisation croisée entre les carottes (Daucus carota) et les ciguës (Conium maculatum), car ces deux plantes, bien qu’appartenant à la même famille botanique, celle des Apiacées, sont des espèces distinctes et incompatibles sur le plan génétique. » À première vue, tout cela confirmerait que je me trompais lourdement sur la possibilité de croisements entre ciguës et carottes. Si il n’y avait ce terme de « généralement », qui sous-entend implicitement qu’il y a des exceptions.

Produire soi-même ses graines de carottes peut être risqué pour plusieurs raisons, en particulier si l’on souhaite obtenir des carottes de qualité semblable à celles cultivées commercialement. La carotte blanche est probablement la résultante de croisement inopiné avec de la carotte sauvage. Le risque avec la production de ses propres graines est la pollinisation croisée avec des plantes apparentées, comme la carotte sauvage (Daucus carota), qui pousse souvent à proximité. La carotte sauvage peut introduire des caractéristiques indésirables dans les graines, comme des racines fines, dures ou fourchues, qui ne sont pas comestibles. Si l’on produit soi-même des graines de carottes issues d’une variété hybride, les carottes issues de ces graines risquent d’être très variables en termes de qualité, car elles ne conserveront pas les caractéristiques exactes de la plante mère. On parle alors de segmentation génétique. En clair, s’il est possible, sous condition d’isolement des portes-graines, de reproduire fidèlement une variété ancienne de carotte, vous n’avez aucune chance d’y parvenir avec des variétés hybrides.

Qualités nutritives et conseils de préparation domestique

Les qualités nutritives de la carotte ne sont plus à démontrer. En effet, il s’agit d’un légume particulièrement riche en vitamines A, B6 et K, en sels minéraux et en oligoéléments. La carotte est également riche en fibres, ce qui permet de favoriser la cicatrisation ou la régénération tout en permettant d’améliorer le transit intestinal grâce à une meilleure régulation. Enfin la carotène qu’elle contient améliore le teint et la qualité de la peau. Considéré comme la variété préférée des français, la carotte est l’un des légumes qui se consomme sous le plus de formes différentes : crues, cuites, en potage, en jus, en crème, en sirop, en purée. Si les carottes que vous consommez ne sont pas bio, veillez à bien les rincer avant utilisation. En effet, il s’agit de l’un des légumes les plus sensibles aux pesticides, il est donc primordial de retirer tout résidu avant consommation. La carotte étant cultivée à travers le monde, il est facilement possible de trouver des recettes originales et surprenantes à base de carottes, et plus précisément, à base de sa racine. Mais au-delà du légume lui-même, saviez-vous que dans la carotte, tout est bon ? Selon que votre carotte soit bio ou non, son origine : nantaise, de Colmar, mini ou plus exotique, le prix du kilo de carotte peut rapidement varier du simple au triple. Tout comme son goût hélas !

Pour assurer la meilleure récolte possible, choisissez un espace ensoleillé, un sol plutôt riche, profond et léger. Arrosez régulièrement. Au moment de la récolte dans votre jardin, conservez les carottes quelques jours avant de les consommer, elles n’en seront que meilleures. Au moment de la récolte, plusieurs techniques sont possibles pour la conservation de vos carottes, sous réserve de couper les fanes. Si les fanes sont conservées, la carotte aura tendance à flétrir plus vite en donnant toute son énergie au maintien des fanes en bon état. Mieux vaut donc les couper, les ajouter à la conservation ou les consommer directement ! Dans votre réfrigérateur, enveloppées dans un torchon ou glissées dans un sachet hermétique. Dans un bocal cylindrique en verre : épluchez-les, coupez-les en lamelles et plongez-les dans l’eau à l’intérieur du bocal. Au congélateur : après les avoir blanchies. En effet, c’est la meilleure solution pour préserver leur goût. Pour blanchir vos carottes, il vous suffit de les éplucher, de les laver, de les découper en morceaux puis, de les placer dans l’eau bouillante pendant 3 à 4 minutes. Sortez-les et mettez-les directement sous l’eau froide pour en stopper la cuisson. Égouttez alors vos carottes, séchez-les puis déposez-les dans un sachet hermétique au congélateur.

Graphique montrant la teneur en vitamines et minéraux de la carotte selon son mode de préparation

L’agriculture bio n’étant pas infaillible, faut-il dès lors la bouder en optant pour des produits conventionnels bien lavés et épluchés ? Cela revient au même, non ? Pas d’un point de vue environnemental. Ni d’un point de vue sanitaire. À ce titre, Que Choisir a analysé trois groupes de pommes classiques : non lavées, lavées, épluchées. Bilan : le lavage fait diminuer la quantité de pesticides, importante au départ, de 12 %. Certains phytosanitaires sont en effet peu solubles dans l’eau. L’étape d’épluchage réduit le taux initial de 50 %, l’autre moitié restant imprégnée dans les cellules des fruits. Moralité : épargnez-vous certains gestes en cuisine et privilégiez le bio quand même ! Notre enquête confirme l’opacité du système : réponses laconiques, jargon incompréhensible, origine douteuse des données. Pourtant, cette note impossible à contester évalue notre capacité de paiement et le risque financier que l’on représente. Chez Urban Cuisine, nous avons créé des produits qui facilitent le jardinage pour tous et permettent à chacun de profiter de fruits, légumes et aromates délicieux, toute l’année. Nous avons donc développé la Motte de Culture. L’avantage de la Motte de Culture est la certitude que les semis de vos plantes vont prendre. Peut-être votre nouvelle variété préférée de carotte ? La récolte de la mini-carotte en Motte Urban Cuisine est particulièrement ludique et comme souvent, amène une saveur particulière quand c’est fait par soi-même. En effet, de la même manière qu’en pleine terre, nos mini-carottes vont se développer à l’intérieur de la motte depuis les semis, jusqu’aux légumes. Et il faudra alors l’ouvrir à la main pour y découvrir les carottes !

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