La prolifération des mouches, en particulier celles qui s'attaquent aux arbres fruitiers, représente une préoccupation majeure pour tout jardinier soucieux de sa production. Ces petits insectes, souvent discrets, peuvent causer des dégâts considérables en pondant leurs œufs sur ou dans les fruits, rendant les récoltes impropres à la consommation. Oignons, carottes, figues, olives, choux sont les hôtes attitrés de ces parasites. Pour se reproduire, les mouches pondent à l’endroit où leurs larves, dès leur sortie des œufs, trouveront leur nourriture favorite. Ces fines mouches recherchent les fruits, les racines et les bulbes. Heureusement, des solutions existent pour lutter contre ces nuisibles, allant de méthodes préventives à des dispositifs de piégeage ciblés. L'objectif est de minimiser l'utilisation de produits chimiques tout en assurant la santé de vos arbres et la qualité de vos fruits.

Comprendre l'Ennemi : Les Différentes Espèces de Mouches Ravageuses et Leurs Cycles de Vie
Il est essentiel de distinguer les différentes espèces de mouches qui peuvent infester les arbres fruitiers pour mieux cibler les méthodes de lutte. Dans le monde, on peut compter plus de 4 000 espèces nocives de mouches. La mouche à fruit va principalement venir envahir et détruire les arbres fruitiers tels que les cerisiers, les orangers, les pommiers, les kakis, les figuiers, les poiriers, mais également les pêchers et les oliviers. Elle va s’attaquer en priorité aux agrumes qui mûrissent au mois de septembre, car ce sont les fruits les plus disponibles en cette saison. La mouche à fruit va venir piquer les fruits à l’aide de sa trompe pour venir y déposer les œufs qu’elle va pondre sur des fruits bien mûrs. Les chenilles, issues de papillons, préfèrent les feuilles dans lesquelles elles creusent des galeries, ce qui leur vaut leur nom de mineuses : des agrumes, du poireau, des tomates… Après les premières générations printanières, d’autres se préparent. Seul le froid peut interrompre le cycle… ou le jardinier !
La mouche, quant à elle, mesure à peu près 6 millimètres et ses yeux sont en général de couleurs bleues ou vert. L’abdomen et le thorax possède généralement des taches ou des traits bien identifiables. Quant à ses ailes, elles sont le plus souvent de couleur marbrée et très sombre. Cet insecte invasif va être présent essentiellement durant les saisons chaudes de l’année.
La Mouche de la Carotte (Psila rosae)
Description : D’un noir brillant avec une tête brune, la mouche de la carotte, Psila rosae, affiche 4 à 5 mm de longueur et pond des œufs blancs sur le sol au niveau du collet des carottes.
Cycle de vie : La première génération de la mouche de la carotte vole de fin avril à juillet et la deuxième à partir d’août. Au mois de novembre, une troisième peut survenir.
Lutte : De type nantaise, la variété ‘Flyaway F1’ est résistante à la mouche de la carotte. Pour les autres, en prévention, cernez la zone qui est semée d’un voile anti-insectes. Brouillez l’odorat des insectes pour les empêcher de repérer les carottes : mélangez les graines lors du semis avec du marc de café séché et associez cette culture à des plantes à odeurs fortes de la famille de l’oignon (poireau, ciboulette, ail…). Pulvérisez une infusion d’absinthe ou une préparation à base d’huile essentielle de lavande. Repiquer les poireaux parmi les carottes contre la mouche de ce légume. Changer régulièrement les légumes d’emplacement prend tout son sens lorsqu'on connaît les habitudes des mouches. Au printemps, à la sortie de l’hivernation, une pupe enfouie dans une ex-parcelle d’oignons mourra de faim si à la place de sa “culture de survie”, elle découvre des petits pois ou des carottes.

La Mineuse de l'Oignon
Cycle de vie : Les larves de cette mineuse, de 5 à 8 mm de longueur, passent d’un oignon à l’autre. Les plants flétrissent et les bulbes pourrissent.
La Mineuse des Agrumes (Phyllocnistis citrella)
Description : Phyllocnistis citrella, la mineuse des agrumes, est un minuscule papillon blanc argenté.
Cycle de vie : La chenille devient papillon au sein d’un cocon tissé dans le bord enroulé d’une feuille.
Lutte : Les pousses de printemps, qui représentent 70 % de la masse foliaire renouvelée, sont épargnées, ce qui limite fortement les dégâts. Apporter de l’engrais en fin d’hiver pour favoriser cette croissance printanière.
La Mouche du Figuier (Silba adipata)
Description : La mouche du figuier (Silba adipata), d’une longueur de 2,50 à 4 mm, arbore des reflets verts et sévit surtout sur le littoral du sud-est de la France. Il faut bien la distinguer du blastophage, un insecte minuscule de la famille des guêpes, seul pollinisateur possible des figuiers. Il est à noter que cet insecte ne se développe pas au-dessus d’une ligne Bordeaux-Lyon.
Cycle de vie : La mineuse du figuier vole de juin à septembre et pond ses œufs dans les fruits encore verts.
Lutte : Pour un contrôle efficace, il convient de repérer les premières mouches, puis de poser un piège jaune englué (30 x 30 cm) par arbre.
La Mouche de l'Olive (Bactrocera oleae)
Description : De 4 à 5 mm de longueur, Bactrocera oleae pond dans les olives, puis les larves se développent à l’intérieur des fruits, les gros étant les plus attaqués.
Cycle de vie : Des mois de juin à octobre, de 3 à 5 générations de mineuse de l'olive se succèdent. Les périodes de DACUS (mouche de l’olive) débutent mi-août en situation côtière, début septembre pour les secteurs les plus septentrionaux. Plusieurs générations se succédant, il est donc important que les pièges soient en place dès l’apparition de ces insectes.
Lutte : Éviter d’irriguer car cela favorise la mouche. Sur chaque arbre, placer une bouteille plastique remplie de 0,5 l d’une solution de 40 g/l de phosphate diammonique en poudre - un attractif alimentaire.

La Mouche Méditerranéenne des Fruits (Ceratitis capitata)
Description : Mesurant de 5 à 6 mm de longueur, la mouche méditerranéenne des fruits est présente dans tout le Bassin méditerranéen. Ceratitis capitata s’attaque en été et en automne à de très nombreux fruits. Pêches, kakis, pommes, figues… chutent ou pourrissent prématurément. Dans le nord de la France, ce diptère ne survit pas à l’hiver et dans le Midi pratiquement pas. Ce destructeur vorace est facilement identifiable grâce à son thorax gris parsemé de plusieurs taches noires et une tête assez grosse. Ses ailes jouent avec des couleurs claires/obscures et vont laisser apparaître des bandes orangées. Le reste du corps de cette mouche à fruit ainsi que ses pattes sont de couleur jaune.
Cycle : Les mouches pondent sous l’épiderme des fruits. Les larves issues des œufs s’en nourrissent avant de se nymphoser dans le sol pour donner de nouvelles mouches. Les œufs déposés vont éclore et laisser place à des larves longues de 6 à 7 millimètres, de couleur jaune. L’asticot ainsi né va pouvoir se nourrir pendant plusieurs jours du fruit dans lequel il se trouve, ce qui va venir infecter le fruit et le rendre impropre à la consommation. Si le fruit est piqué et pourri, il ne sera plus comestible et chutera au sol. Même une fois au sol, la croissance larvaire ne s’arrêtera pas, elle continuera à se développer.
Lutte : Ne pas laisser les fruits abîmés au sol. Capturer les mouches à l’aide de pièges chromatiques de 30 x 30 cm, enduits de glu. Pour lutter efficacement contre la mouche méditerranéenne, il faudra disposer des pièges à mouches combinés à un appât à mouche aux alentours des arbres fruitiers attaqués.

La Mouche du Brou de la Noix (Rhagoletis completa)
Description : Originaire d’Amérique du Nord, Rhagoletis completa, la mouche du brou de la noix, est présente dans le sud de la France et atteint 4 à 8 mm. Son corps est orange et ses yeux, verts… Ses larves, semblables à des asticots blancs, s’alimentent du brou vert de la noix, qui devient noir et visqueux. Une attaque précoce provoque la chute des fruits aux cerneaux rabougris. Plus tard, le brou colle à la coque et la noircit.
Cycle : L’adulte vole de juillet à septembre. Une fois matures, les larves se laissent tomber au sol, où elles s’enfouissent sous forme de pupe pour émerger l’été suivant ou même deux ans plus tard.
Lutte : Brûler les premiers fruits abîmés qui sont tombés et envoyez les poules picorer sous l’arbre.
La Mineuse des Tomates (Tuta absoluta)
Description : Signalée dans le Sud-Est depuis 2008, Tuta absoluta, la mineuse des tomates, est un papillon de 10 mm de longueur, gris à marron, avec des taches noires. Ses larves minent les feuilles des tomates d’irrégularités blanches, devenant brunes et se nécrosant.
Cycle de vie : Le papillon pond au revers des feuilles et il s’ensuit plusieurs stades larvaires. Les mineuses femelles piquent le haut des feuilles et y pondent.
Lutte : Détruire les premières feuilles et les organes atteints. Détruire tous les plants contaminés car les pupes peuvent survivre dans le compost.
La Drosophile suzukii (Drosophila suzukii)
Une autre menace, plus petite mais tout aussi problématique, est la Drosophila suzukii, communément appelée la drosophile suzukii. Contrairement à d'autres mouches du vinaigre qui pondent sur des fruits déjà abîmés, la Drosophila suzukii est capable de pondre sur des fruits sains et mûrs, grâce à un ovipositeur dentelé. Si vos cerises précoces sont infestées d'asticots, il s'agit probablement d'une attaque de Drosophila suzukii. Les mouches des fruits, en général, effectuent plusieurs générations par an. Dans les régions du nord de l'Italie, elles peuvent réaliser environ 3 à 4 générations annuelles, tandis que dans les régions du sud, ce nombre peut grimper jusqu'à 6 à 7 générations. Cette reproduction rapide souligne l'importance d'une intervention précoce et continue.
Lutte : Pour lutter naturellement contre la drosophile suzukii, il est préférable d'utiliser un piège spécifique à cet insecte. En effet, les pièges à mouches des fruits traditionnels ont souvent une ouverture large qui permet à ces petites mouches de retrouver la sortie, rendant leur capture moins efficace. Les pièges spécifiques à la Drosophila suzukii sont conçus avec des entrées plus fines ou des mécanismes qui rendent la sortie plus difficile.

Prévention : Les Fondations d'une Lutte Réussie
Avant même de penser aux pièges, la prévention joue un rôle crucial dans la gestion des populations de mouches. Une bonne hygiène du verger est la première étape. Il convient de ramasser systématiquement les fruits tombés au sol, qu'ils soient pourris ou simplement abîmés, et de les exporter hors du verger. En effet, ces fruits en décomposition constituent des lieux de reproduction idéaux pour les mouches, favorisant ainsi la surinfestation. Récolter souvent les fruits, éliminer ceux qui sont pourris, ne pas les composter.
La gestion de l'arrosage est également un facteur clé. L'eau stagnante, même en petite quantité, comme celle qui peut s'accumuler dans les soucoupes des pots de plantes, se transforme en véritable nurserie pour les moucherons du terreau. La première chose à faire est donc de réduire l'arrosage. Limiter l’arrosage. Maintenir la surface du pot sèche est essentiel. L'excès d'humidité favorise la nidification pour les moucherons du terreau. Une bonne aération du sol et un arrosage mesuré contribuent à créer un environnement moins propice au développement de ces insectes. Une surface de pot qui sèche rapidement change l’ambiance à la surface du pot, rendant moins attrayant cet espace pour les femelles mouches cherchant un endroit pour pondre.
Certains éléments naturels peuvent également agir comme répulsifs. L'utilisation de paillis, comme des tapis de paillage autour des arbres, peut aider à limiter l'accès au sol pour la ponte. De plus, certaines plantes aromatiques, lorsqu'elles sont cultivées à proximité des arbres fruitiers, peuvent dégager des odeurs que les mouches n'apprécient guère. L'ail, par exemple, est souvent cité comme un répulsif naturel. La préparation de ces solutions préventives compte autant que l’idée elle-même. La surface du pot joue un rôle clé dans cette bataille, car c'est là que de nombreux insectes trouvent un lieu propice à leur cycle de vie.
Un entretien régulier de vos arbres diminue les risques d’apparition de nuisibles. La mise en place d’un bon répulsif mouche constitue une mesure préventive cruciale pour contrôler la reproduction rapide des mouches des fruits.
Auxiliaires du Jardinier : Des Alliés Naturels
Heureusement, un seul jardinier est plus malin qu’un régiment de diptères ! Une larve de chrysope peut dévorer jusqu’à 60 pucerons par jour. Guêpes parasites et oiseaux sont nombreux à traquer les larves de mineuses, les chenilles de piérides ou les aleurodes. Chrysopes, punaises et araignées s’attaquent aux œufs de drosophiles. Au sol, carabes et staphylins dévorent œufs et nymphes. Protégez vos arbres des pucerons et cochenilles en plaçant des hôtels à insectes.
Répulsifs Naturels et Préparations Maison
En infusion, menthe, lavande, tanaisie, absinthe sont insectifuges. Porter à ébullition 100 g de plante fraîche dans 1 l d’eau. Filtrer et laisser refroidir.
Macération : laisser macérer 100 g d’ail pilé dans 3 cuill. à s. d’huile de colza durant 24 h. Filtrer et incorporer 1 cuill. à s. de savon noir et 1 l d’eau.
Huiles essentielles : contre la piéride, la menthe poivrée est insecticide, le géranium rosat et la citronnelle sont insectifuges. Pulvériser 1 l d’eau avec 1 cuill. à s.
Utiliser une huile de cuisine comme le colza par exemple, diluée dans de l’eau à l’aide de savon noir (et alcool à brûler). Faites 2 pulvérisations à une demi-heure d’écart.
Les Pièges à Mouches : Dispositifs Efficaces pour le Piégeage de Masse
Lorsque la prévention ne suffit pas, le recours à des pièges devient une stratégie indispensable. Les meilleurs pièges pour les mouches des arbres fruitiers sont les dispositifs à piégeage de masse. Ces pièges sont conçus pour attirer un grand nombre d'individus, afin de réduire significativement la population globale et, par conséquent, la ponte d'œufs. Un peu moins sélectifs, les pièges garnis d’appâts alimentaires capturent mâles et femelles. Poser des pièges englués.
Le Tap Trap et le Vaso Trap : Des Solutions Pratiques et Durables
Parmi les dispositifs les plus recommandés, on retrouve le Tap Trap et le Vaso Trap. Ces pièges sont non seulement faciles à préparer, mais aussi durables et recyclables d’innombrables fois. Le dispositif attractif pour la détection des mouches des fruits présente une solution novatrice et respectueuse de l'environnement pour contrôler ces ravageurs nuisibles. En suspendant des pièges écologiques aux arbres, cette méthode attire les insectes vers un système qui ne nécessite pas l'utilisation de pesticides chimiques nocifs. Pièges compatibles: Tap Trap.
Pour préparer le bouchon piège Tap Trap à mouche à fruits, il suffit de recycler une bouteille en plastique comme récipient pour l’appât attractif, sans le bouchon d’origine. Le principe est simple : la bouteille sert de réceptacle pour un mélange attractif. Les mouches, attirées par l'odeur, entrent dans la bouteille par l'ouverture, mais peinent ensuite à en ressortir. Le piège ainsi préparé commencera à attraper des mouches normales qui, en macérant à l’intérieur de la bouteille, créeront une attraction adaptée à la mouche des fruits.
S’il est nécessaire de placer le piège sur le sol, le Vaso Trap est le piège à mouches à fruits idéal. Ce type de piège est conçu pour être posé au sol et utilise également un système d'attraction olfactive pour capturer les insectes.
L'entretien de l'appât est crucial pour l'efficacité de ces pièges. Il doit être effectué environ une fois par mois, ou lorsque vous constatez que le liquide contenu dans la bouteille a séché. Un appât frais et actif garantit une attraction constante des mouches.
Piège anti-mouche : notre tuto pour vous débarrasser définitivement des mouches dans votre maison
Les Pièges à Phéromones : Cibler Spécifiquement les Ravageurs
Une autre catégorie de pièges très efficace repose sur l'utilisation de phéromones. Ces pièges sont idéaux pour cibler spécifiquement certaines espèces de mouches ravageuses, comme la mouche de la cerise, la mouche de l'olive, et la mouche méditerranéenne des fruits. Le meilleur remède reste l’installation de pièges à phéromones. Ces pièges contiennent des hormones sexuelles reconstituées qui attirent les mâles.
Le principe est basé sur la reproduction. Au moment de la reproduction, les femelles mouches sécrètent une phéromone pour attirer les mâles. C'est cette même phéromone, synthétisée, qui est contenue dans les capsules utilisées dans ces pièges. Placée dans le piège, la capsule de phéromones attire et permet de capturer les mâles, empêchant ainsi la reproduction d'avoir lieu et, par conséquent, la ponte.
Le piège MCTRAP est un exemple de dispositif utilisant les phéromones. Il se compose généralement d’une base conique en plastique, d’un seau transparent en forme de dôme, d’un panier à phéromones et d’une corde de suspension. Le panier de phéromones est attaché au seau transparent. Le piège MCTRAP est utilisé avec une phéromone adaptée à chaque insecte pour une capture de masse.
L’objectif est d’attirer des individus mâles du ravageur vers ces pièges et de les attraper en grand nombre afin de réduire les chances d’accouplement de ces ravageurs. Les pièges MCTRAP sont accrochés de manière dense à intervalles réguliers. Au verger, ils sont accrochés aux branches d’arbres à une hauteur moyenne de 1,5 à 2 mètres du sol, de préférence du côté Est ou Sud, légèrement sur la branche intérieure afin qu’ils ne soient pas exposés au soleil direct. Il est important que les pièges soient suspendus 45 jours avant que les fruits ne mûrissent. La densité recommandée est de 1 à 2 pièges suspendus pour 100 m².
La surveillance des pièges est essentielle. Ils doivent être vérifiés quotidiennement jusqu’à ce que le premier ravageur adulte soit capturé, puis une fois par semaine après cette première capture. Si votre piège contient 2 à 5 mouches, cela indique déjà une infestation importante.
Pièges Chromatiques
Le piège MOUCH’CLAC Fruitier, par sa couleur jaune, attire les mouches piqueuses des fruits et les capture grâce à sa surface engluée brillante. Piégeage intensif : placer 3 à 4 plaques par arbres et jusqu’à 6-7 pour les arbres les plus volumineux. Les pièges se posent avant le début des vols, généralement quelques semaines avant la maturation des fruits, puis restent en place toute la saison à risque. Contrôle des pièges : vérifier le piège 2 fois par semaine, plus fréquemment si des mouches piqueuses sont piégées.
Stratégies de Lutte Collective et Alternatives Naturelles
Pour renforcer l'impact du piégeage intensif, il est conseillé de privilégier la lutte collective. Cela signifie que plusieurs personnes, voisins ou membres d'une communauté, adoptent des stratégies similaires de piégeage et de prévention. Une action coordonnée maximise l'efficacité de la réduction des populations de mouches sur une zone plus étendue.
En ce qui concerne les alternatives naturelles, certaines solutions peuvent être mises en œuvre. L'huile de neem, par exemple, est reconnue pour ses propriétés insecticides et répulsives. Un mélange d'eau et d'huile de neem, éventuellement avec un peu de savon noir pour aider à la dispersion, peut être pulvérisé sur les arbres. Cette préparation aide aussi vos plantes en agissant comme un agent protecteur. L'application de ce type de traitement doit se faire de préférence le soir ou tôt le matin pour éviter de brûler le feuillage au soleil et de nuire aux insectes pollinisateurs.
Dans tous les cas, il conviendra de ramasser les fruits pourris et de les exporter afin d'éviter toute surinfestation. Cette mesure, bien que simple, est d'une importance capitale pour briser le cycle de reproduction des mouches.
L'Importance du Choix des Appâts
Le choix de l'appât est fondamental pour l'efficacité des pièges. Pour les pièges de type Tap Trap ou Vaso Trap, des mélanges maison peuvent être utilisés. Une combinaison de jus de fruits fermentés (comme du jus de pomme ou de raisin), additionnée d'un peu de vinaigre de cidre et d'une touche de sucre ou de miel, peut créer une attraction puissante. Certains ajoutent même une petite quantité de levure de boulangerie pour accélérer la fermentation et intensifier les effluves. L'ajout d'une goutte d'huile essentielle comme le clou de girofle peut également renforcer l'attractivité.
Pour les pièges à phéromones, l'appât est la phéromone spécifique à l'insecte cible. Il est crucial de choisir la bonne phéromone correspondant à la mouche que l'on souhaite piéger. L'utilisation d'une phéromone inadaptée rendra le piège totalement inefficace.
Il est important de noter que les pièges à mouches sont généralement placés vers la fin mai ou début juin, lorsque l'adulte commence à voler et à pondre. Plus le nombre d'exemplaires adultes capturés est élevé dès le début de la saison, moins ils auront l'opportunité de pondre, ce qui aura un impact significatif sur les générations futures. Si le piégeage va être un peu moins puissant que les insecticides dans l’immédiat, il va par contre avoir une action en continue qui s’avérera plus efficace sur le long terme. Dans un jardin familial, il est préférable de privilégier pièges, hygiène du verger et protection mécanique.
Autres Nuisibles et Leurs Traitements
Vous cultivez et entretenez avec passion vos arbres fruitiers ? Mais voilà, des parasites comme les cochenilles, les mouches blanches, ou autres thrips viennent perturber la maturation de vos fruits et les endommager. Comment éviter à vos arbres fruitiers de subir les ravages des nuisibles ? Comment traiter votre arbre lorsque le parasite est déjà présent ?
Cochenilles
À La Réunion, il existe une multitude de variétés de cochenilles, communément appelées « poux ». On repère ces insectes de 2 à 6 mm qui piquent et sucent la sève à la décoloration des feuilles de l’arbre.
Lutte : Utiliser une huile de cuisine comme le colza par exemple, diluée dans de l’eau à l’aide de savon noir (et alcool à brûler). Faites 2 pulvérisations à une demi-heure d’écart.
Aleurodes (Mouches Blanches)
Les aleurodes, plus petites (2 à 3 mm), sont aussi de petits insectes piqueurs qui affaiblissent progressivement la plante.
Lutte : Comme pour les cochenilles, lavez abondamment le feuillage.
Acariens
Les acariens sont invisibles à l’œil nu. Eux aussi piquent et sucent la sève de la plante.
Lutte : Appliquez de l’eau savonneuse (3 cuillerées à soupe de savon liquide dans 4 L d’eau).
Thrips et Pucerons
Pour combattre les thrips qui piquent les agrumes, les mouches des fruits (elles aiment en particulier le goyavier, le jamrosat, le manguier et le tamarinier) et les pucerons qui déposent du miellat attirant les fourmis, un traitement chimique est possible.
Escargots Géants Africains (Achatina fulica)
L’escargot géant africain est considéré comme une véritable peste agricole à La Réunion. Il envahit aussi bien les jardins que les forêts. Malheureusement, il n’existe pas de traitement préventif. Il faut détruire les spécimen et leurs œufs qui se présentent sous forme de chapelets de perles. Pour les tuer, saupoudrer le corps de l’animal avec du sel de cuisine ; même traitement avec les limaces.
Vers Blancs du Hanneton (Hoplochelus marginalis)
L’Hoplochelus marginalis s’en prend aux racines des jeunes arbres (entre autres). Le charançon du bananier en particulier est bien connu des jardiniers réunionnais.
Lutte : Utilisez un piège à phéromone qui attire le charançon adulte. Pour se défaire des larves, une solution naturelle existe : travailler régulièrement la terre avec des binages répétés qui vont diminuer leur nombre. Si cela ne suffisait pas, utilisez un champignon, le Beauveria, particulièrement efficace contre les vers blancs du hanneton.
Pourriture du Collet (Phytophthora)
La pourriture du collet est responsable de la pourriture du collet sur les agrumes, les avocatiers et les plants de tomates, et aussi de ce qu’on appelle la gommose du bois (toujours sur les agrumes).
Moniliose
La moniliose est un champignon atteignant les fruits qui brunissent et pourrissent.
Lutte : Pour éviter son apparition due à un sol mauvais et/ou des conditions climatiques qui favorisent trop l’humidité, il faut éviter des apports azotés trop importants et systématiquement supprimer les feuilles mortes ou malades.
L'utilisation de pièges, qu'ils soient à appât liquide ou à phéromones, combinée à de bonnes pratiques culturales, offre une approche globale et respectueuse de l'environnement pour protéger vos arbres fruitiers des infestations de mouches. Utilisez les biocides avec précaution.