
Les mélanges prairiaux, les associations simples d’une variété de graminée avec une variété de légumineuse, ou encore les semis d’espèces pures, constituent aujourd’hui une gamme de solutions techniques pour le semis des prairies. Ces solutions doivent être combinées ou choisies selon les contextes de production et les attentes spécifiques, notamment pour les terrains à l'ombre.
L'Importance des Variétés Certifiées et Leur Sélection
Pour garantir la qualité et la performance des semences, il est crucial de choisir des variétés recommandées. Celles-ci figurent dans le Catalogue Français ou, à défaut, dans le Catalogue Européen (www.gnis.fr). Elles doivent avoir subi avec succès les tests officiels pour la production fourragère. Les variétés certifiées sont reconnaissables par l’apposition d’une étiquette bleue sur le sac de semences. Il est important de noter que seules les variétés inscrites au Catalogue Français ont subi avec succès ces tests dans les conditions pédoclimatiques françaises. Pour constituer un mélange, il est recommandé d’utiliser prioritairement les espèces à certification obligatoire parmi les plantes fourragères utilisées.

Comprendre la Ploïdie
La ploïdie est un facteur important dans le choix des variétés. Par exemple, le nombre de chromosomes d’une variété tétraploïde a été multiplié par deux, ce qui peut influencer ses caractéristiques et son adaptation.
Espèces Prairiales et Leur Adaptation Spécifique
La composition des mélanges doit prendre en compte le pouvoir de concurrence des espèces et variétés au cours des phases-clés de la prairie. Une dizaine d'espèces, parmi une quinzaine possibles, présentent un intérêt majeur dans un mélange prairial, apportant productivité, résistance aux stress (sécheresse, hydromorphie…), appétence et protéines. D'autres espèces, considérées comme mineures, assurent des fonctions différentes, comme couvrir le sol ou garantir la pérennité du couvert.
Graminées Adaptées aux Terrains Variés
Les graminées jouent un rôle essentiel dans la constitution des prairies. Leur choix doit être méticuleux, en fonction des conditions environnementales et de l'usage souhaité.
Ray-grass anglais (RGA) : Cette graminée est très dominante dans les zones océaniques tempérées. Cependant, elle supporte moins la sécheresse et les températures élevées. Son implantation est rapide. C’est la graminée la plus riche en énergie et la plus appétente. Il existe de grandes différences de précocité entre les variétés et deux ploïdies, et le choix des variétés doit être réfléchi selon le type d'utilisation souhaité. Par exemple, les variétés les plus tardives sont mieux adaptées au pâturage, tandis que les plus précoces sont plus résistantes en situations froides ou séchantes.
Ray-grass hybride (RGH) : Cette espèce s’implante rapidement sur tout type de sol. Sa productivité est bonne, mais elle présente une dormance estivale. Plutôt adaptée à la fauche, elle est moins remontante et de meilleure valeur nutritionnelle qu’un ray-grass d’Italie.
Dactyle : Adapté aux sols séchants et supportant les températures élevées, le dactyle est déconseillé dans les sols hydromorphes car il supporte mal l’excès d’eau. Son installation est lente mais sa pérennité est élevée. Le dactyle épie début mai et est non remontant. C’est la graminée la plus riche en protéines.
Fétuque élevée : Cette espèce apprécie les sols profonds et supporte bien les sols hydromorphes, la sécheresse et les températures élevées. Elle est très pérenne mais s’installe très lentement. Son épiaison a lieu début mai et elle est non remontante. Elle démarre tôt en végétation et sa valeur alimentaire est moyenne à bonne.
Fétuque des prés : Cette espèce supporte bien le froid, la neige et les conditions de sol humide. En revanche, elle craint les contextes séchants et les fortes températures. Son installation est très lente.
Fléole : Adaptée aux sols acides et humides, la fléole convient particulièrement bien aux zones à hivers très froids.
Festulolium : Cette famille de plantes est issue de croisements entre ray-grass et fétuque. Elle couvre une très large palette de comportements et d’adaptations aux conditions pédoclimatiques, aux modes d’utilisations et à la durée de la culture.
Pâturin des prés : Très long à implanter, le pâturin des prés a principalement des fonctions d’engazonnement et de limitation des salissements pour des utilisations en pâturage de longue durée, uniquement en mélanges.
Légumineuses pour Enrichir la Prairie
Les légumineuses sont des compléments précieux aux graminées, contribuant à la fertilité du sol et à la valeur nutritive du fourrage.
Trèfle blanc : L’utilisation de cette légumineuse peut être très large. Les seules situations présentant moins d’intérêt pour sa culture sont celles d’excédent de fertilisation azotée, de difficulté de désherbage, de recours à de grandes légumineuses ou de prairies de courte durée (installation relativement lente).
Luzerne : Cette espèce est adaptée aux sols calcaires bien drainés et fonctionne également bien avec inoculation sur des sols relativement acides avec chaulage. En revanche, elle ne supporte pas les sols hydromorphes ni les sols très acides. C’est l’espèce la plus productive en conditions chaudes, sèches et humides. Elle est riche en protéines, moins en énergie.
Trèfle violet : Cette espèce s’implante facilement et rapidement. Elle tolère les sols humides et acides et s’adapte à de basses températures. En revanche, sa résistance à la chaleur et à la sécheresse est moyenne. Le trèfle violet est très productif et possède une bonne valeur alimentaire, bien équilibrée. Il est adapté à la fauche et présente des risques de météorisation.
Sainfoin : Espèce d’implantation relativement lente, réservée aux sols calcaires. Le sainfoin dispose d’une bonne productivité, y compris en situation séchante et chaude. Il est principalement utilisé en fauche et peut être cultivé en pur. Sa bonne capacité de séchage confère un intérêt particulier à cette légumineuse. Elle est également riche en protéines et en tanins et non météorisante.
Lotier corniculé : Intéressant sur sols pauvres superficiels et séchants, il est peu agressif et peu productif. Sa dormance est variable entre les différentes variétés et sa pérennité est de 4 ans. Le lotier est bien adapté au pâturage mais est aussi utilisable en fauche.
Trèfle hybride : Le trèfle hybride s’installe assez rapidement, supporte l’immersion et reste productif dans les sols compactés, humides, acides et asphyxiants. Cette espèce est très résistante au froid mais sensible à la sécheresse. Elle est adaptée au pâturage comme à la fauche et présente des risques de météorisation. Le trèfle hybride possède une bonne teneur en protéines et révèle un bon comportement en association.
Créer une Prairie Fleurie : une Alternative Écologique et Esthétique

Pourquoi choisir une prairie fleurie ? À chaque jardin sa prairie fleurie ! Les prés fleuris se déclinent en différentes formes et tailles, mais ils ont en commun d’apporter une touche bucolique à votre jardin. Sans jamais tomber dans l’anarchie, votre prairie fleurie donne une agréable impression de nature sauvage, à l’image des prairies d’Amérique du Nord. Le concept de « jardin de prairie » est d’ailleurs une tendance qui nous vient d’Amérique. Le jardin de prairie naît d’une combinaison idéale de végétaux parfaitement en phase avec les lois de la nature. Il existe des prairies fleuries ensoleillées ou ombragées, avec des fleurs hautes et sauvages ou, au contraire, des variétés basses et délicates.
Une prairie fleurie ne doit pas nécessairement être grande pour être remarquable et remarquée. Même si vous ne disposez que de quelques mètres carrés, une prairie fleurie vous offre une vue bucolique et pleine de vie, sans oublier le délicieux parfum des fleurs. Naturellement, ces magnifiques fleurs au délicat parfum ne se contentent pas de ravir les yeux et les narines des humains. Elles attirent aussi toutes sortes d’insectes utiles comme les papillons et les abeilles, qui s’en donneront à cœur joie dans votre petit paradis aux mille et une fleurs.
Avantages d'une Prairie Fleurie
La prairie fleurie compte parmi les options d’aménagement du jardin les moins onéreuses. Souvent, sa création et son entretien sont même bien meilleur marché que l’aménagement d’un gazon ordinaire. Orientée vers l'éco-jardinage, elle attire papillons, abeilles, oiseaux et autres petits animaux, utiles aux plantes et au jardinier. Certaines sont dédiées aux papillons, d'autres aux abeilles ou aux oiseaux, d'autres encore ont pour vocation d'éloigner les pucerons, les doryphores et autres insectes nuisibles. Tout en aidant la biodiversité, vous prévenez les invasions de nuisibles dans vos cultures : une attitude très "éco".
Types de Mélanges de Semences de Prairies Fleuries
Il est conseillé de choisir des mélanges de fleurs annuelles, mais d’autres mélanges de semences sont également envisageables. En effet, il existe aussi des prairies fleuries vivaces et des prairies pouvant être parcourues ou mises en pâture pour les animaux. Dans de nombreux jardins de prairie, les graminées ornementales, comme la seslérie bleuâtre et le carex, jouent également un rôle importante. Vous plantez les graminées entre les fleurs de votre choix pour obtenir un effet dense et naturel. Si vous semez une prairie fleurie, c’est la meilleure façon de procéder pour assurer un effet véritablement sauvage.
Les prairies fleuries se vendent sous forme de mélange de graines à semer. Des associations de vivaces et/ou d'annuelles mêlent des fleurs variées aux couleurs proches ou non pour des effets très différents mais tous intéressants. Bleuet, zinnia, tournesol et coquelicot pour un effet champêtre. Camaïeux de couleurs chaudes, de bleu et de blanc avec des lavatères, des silènes, des cosmos, des soucis ou encore des gypsophiles.
Créer une prairie fleurie, naturelle ou semée
Quelques exemples de mélanges de semences :
- Prairie fleurie Aveve : Ce mélange de fleurs procure une longue période de floraison et une éclosion quotidienne de nouvelles fleurs, stimulant la biodiversité dans le jardin.
- Prairie fleurie Contrast Aveve : Une prairie fleurie avec des plantes basses qui forment un tapis de fleurs aux couleurs contrastées, fleurissant de 2 mois après le semis jusqu'en septembre-octobre.
- Prairie fleurie Enfys Aveve : Les premières fleurs, notamment les bleuets et la camomille, éclosent 6 à 8 semaines après le semis, et la floraison se poursuit jusqu’en septembre-octobre grâce à la présence de cosmos, de souci et de zinnia.
- Prairie fleurie Mille lumières Aveve : Offre un spectacle quotidien de nouvelles fleurs, très appréciées des papillons et des abeilles, pour un "gazon japonais" riche en vie.
- Prairie fleurie Nectar Aveve : Un mélange de plantes annuelles excellentes productrices de nectar et de pollen, qui attirent de nombreux papillons et abeilles, stimulant la biodiversité au jardin.
Plantes Annuelles, Bisannuelles ou Vivaces ?
Ces désignations indiquent dans quel délai vous profiterez des fleurs de votre prairie fleurie.
- Plantes annuelles : Fleurissent l’année où elles ont été semées. Avec un peu de chance, elles refleuriront si elles survivent à l’hiver.
- Plantes bisannuelles : Ont d’abord besoin d’une saison de croissance et ne fleuriront qu’au printemps suivant.
- Plantes vivaces : Fleurissent année après année.
Il est parfaitement possible de semer ensemble des plantes annuelles, bisannuelles et vivaces. De cette façon, vous créez un gazon japonais dynamique dans lequel de nouvelles fleurs s’épanouissent chaque année.
Plan par Étapes pour Semer une Prairie Fleurie
Pour obtenir les meilleurs résultats, il est préférable de semer votre prairie fleurie sur une parcelle exempte de mauvaises herbes et correctement préparée.
1ère Étape : Préparer le Terrain
Pour aménager une prairie fleurie, vous avez besoin d’un lit de semences désherbé. Peu importe que votre sol soit naturellement humide ou sec, pour autant qu’il ne soit pas complètement sec à certains moments et marécageux à d’autres. C’est donc davantage la régularité qui compte pour l’aménagement d’une prairie fleurie.
- Désherbage : Il doit être libre de toutes mauvaises herbes, sous peine de les voir entrer en concurrence avec vos plantes semées. Si vous avez le temps, pratiquez un faux semis : laissez lever les graines des mauvaises herbes et détruisez-les par un travail superficiel du sol.
- Préparation du sol : Le sol doit être meuble et égalisé. Retournez à la bêche la terre, en allant le plus profondément possible pour faciliter l'enracinement des fleurs. Ensuite, ratissez la terre en passant le râteau en surface, sans forcer pour récupérer tous les cailloux.
- Fertilisation : Veillez à ce que la terre ait été fertilisée le moins possible. Un sol sablonneux pauvre et dépourvu de mauvaises herbes constitue la meilleure base pour une prairie fleurie. N'apportez pas d'engrais ou de compost. Sans, vos plantes n'en seront que plus belles. Les fleurs sauvages sont habituées aux sols pauvres, et l'apport d'engrais ne ferait que favoriser l'apparition de plantes "indésirables", et les fleurs privilégieront les feuilles au détriment des fleurs.
Si vous rêvez d’aménager à la fois une prairie fleurie et une pelouse, mais votre jardin est trop petit, optez pour un gazon fleuri au printemps, dans lequel vous plantez des bulbes à fleurs en automne. Ainsi, au printemps, vous bénéficierez d’une magnifique pelouse fleurie remplie de crocus, de narcisses et de perce-neige. Pour garantir la floraison de ces bulbes l’année suivante, attendez 4 à 6 semaines après la dernière floraison avant de tondre. Ce faisant, vous favorisez la croissance des plantes à fleurs.
2e Étape : Semer un Mélange de Fleurs
Le printemps est la meilleure saison pour semer les fleurs. La période idéale s’étend de mi-avril à début juin. En semant au printemps, vous assurez un bon départ à votre projet et vous avez la certitude de profiter d’une merveilleuse explosion de parfums et de couleurs en un rien de temps. Dans le Sud, le semis se fera plus tôt que dans le Nord (mi-avril contre mi-mai). En ce qui concerne les mélanges de fleurs pluriannuelles, le semis se fait de mars à octobre, les mélanges de fleurs vivaces se sèment d'avril à juillet. On évitera de semer durant les périodes trop chaudes ou trop sèches.
- Choix du mélange : Semez un mélange de fleurs adapté aux spécificités de votre jardin (pour sol humide ou sec, au soleil ou à l’ombre). Pour correspondre à la majorité des types de sols, un mélange de semences doit se composer de graines et de substrat (vermiculite). La vermiculite assure une meilleure répartition des semences dans la parcelle.
- Technique de semis : Une autre possibilité consiste à mélanger les semences à du sable blanc, un système pratique qui permet de repérer immédiatement les endroits où vous avez déjà semé. Mesurez la surface à ensemencer pour déterminer la quantité exacte de graines à semer. Pesez vos graines : comptez 5 à 7 g par m², sachant que ce chiffre varie selon la nature du terrain et la préparation du sol. On sèmera plus de graines sur un terrain non arrosé et dans une rocaille, moins si les conditions sont plus clémentes. Cette étape est importante puisqu'elle conditionne l'effet final de votre prairie fleurie : si vous avez la main trop légère le décor paraitra maigre, mais si vous avez la main trop lourde, les plantes entreront en concurrence et s'affaibliront.
- Profondeur et espacement : Ne semez pas les graines à une profondeur de plus de 0,5 cm et veillez à les espacer. 1,5 à 2 g par mètre carré suffisent en général. Pour faciliter le semis, ajoutez du sable au mélange. Des mélanges déjà prêts à semer sont disponibles désormais : les graines sont associées à une matière neutre telle que cosse de sarrasin ou sable, permettant une bonne répartition des semences. Semez à la volée en surface. Procédez lentement et par petite poignée, main fermée, index ouvert pour contrôler la quantité de graines semées. L'idéal est de recroiser systématiquement le semis.
- Après le semis : Tassez légèrement la surface du sol à l’aide d’un rouleau ou avec le dos d'une pelle pour mettre en contact la graine avec la terre. Les graines, souvent de petites tailles, ne doivent pas être enfouies dans le sol. Lorsque vous semez, veillez à ce que le sol soit humide, puis veillez à ce qu’il le reste pendant les premières semaines après le semis. Une fois le semis terminé, arrosez aussitôt en pluie fine. En l'absence de pluie, arrosez les 4 premiers jours pour la germination, puis une fois par semaine pendant 1 mois après le semis.
3e Étape : Entretenir Votre Prairie Fleurie
Une prairie fleurie demande relativement peu d’entretien. Bien moins qu’un parterre ou un gazon anglais. À partir de fin juin/début juillet, votre prairie fleurie vous offre un spectacle plus exubérant de jour en jour, et le plaisir se prolonge jusqu’aux premières gelées.
- Arrosage : Les fleurs ne nécessitent pas d’arrosage supplémentaire sauf en cas de période de forte sécheresse. Pensez à arroser votre prairie si le sol est de nature sec ou si la pluie d'été n'apporte pas suffisamment d'eau à vos plantes.
- Désherbage : Vous pouvez enlever quelques mauvaises herbes de temps en temps ou au contraire les laisser en place pour un effet plus sauvage !
- Fin de saison : Laissez simplement votre prairie fleurie annuelle s’épanouir tout l’été jusqu’à ce que les fleurs périssent lors des premières gelées. En fin de saison, si vous aviez semé des annuelles, nettoyez le terrain de toutes les plantes et préparez-le pour l'année suivante. Si vous aviez semé des pluriannuelles : fauchez - une fois que les plantes ont monté en graines - à 15-20 cm de hauteur pour favoriser le re-semis naturel et la repousse des vivaces.
- Création d'allées : Pour créer des allées à travers la prairie fleurie, passez simplement la tondeuse.
Aveve propose surtout des mélanges de fleurs de 60 à 90 cm de haut qui se déclinent dans une grande variété de couleurs et de parfums. Optez par exemple pour les superbes pavots ou les splendides zinnias. Ils conféreront un caractère unique à votre gazon japonais.
Transformer une Pelouse en Prairie Fleurie
Vous pouvez également créer une prairie fleurie à partir d'un gazon. Dégagez des coins de terre pour semer ou profitez des endroits "pelés" de votre pelouse. Ne tondez plus et ne fertilisez plus votre gazon, il retournera à l'état sauvage, devenant l'écrin de verdure parfait de vos fleurs. Si vous voulez semer une prairie fleurie dans une pelouse existante, mieux vaut d’abord enlever le gazon afin que l’herbe n’étouffe pas les fleurs. En effet, les fleurs ne parviennent généralement pas à se faire une place parmi les graminées existantes. Optez pour un mélange de semences de graminées et de fleurs avec des plantes à croissance lente. Vous éviterez ainsi que les graines se fassent concurrence, ce qui vous vaudrait une piètre germination.
Gestion des Mélanges de Semences
La composition des mélanges doit également prendre en compte le comportement entre elles de chacune des espèces et variétés semées. Cette notion est complexe. Elle inclut plusieurs critères, recensés et notés pour les espèces majeures aux phases clés du développement de la prairie : la vitesse d’installation, le pouvoir de concurrence au printemps - lui-même dépendant de la précocité de démarrage, du port de la plante et de la vitesse de croissance - la pousse en été et la productivité après 3 ans.

Au cours de la manutention et du transport, il y a un risque de sédimentation des semences. Pour des mélanges d’espèces dont les semences ont des densités différentes, il est conseillé de les mélanger avant et en cours de semis. D’une manière générale, la dose maximale de semis d’un mélange ne devrait pas dépasser 30 kg/ha, afin que chaque variété puisse s’exprimer.
Les Étapes Cruciales de l'Implantation d'une Prairie
Plusieurs étapes sont nécessaires lors de l’implémentation d’une prairie. Elles ont pour but d’obtenir un couvert végétal de qualité.
Semer sur un Sol Propre, Sans Adventices
Les herbes indésirables et les résidus de la culture précédente doivent être détruits. Cette lutte contre les adventices se raisonne au niveau de la rotation ou pendant l’interculture par la réalisation d’un ou deux faux-semis. Ils permettent de faire germer ces plantes concurrentes pour mieux les éliminer avant de semer la prairie.
Détruire Mécaniquement ou Chimiquement l’Ancienne Prairie
La concurrence entre les espèces est évitée, et la nouvelle prairie peut se développer. Cette étape s’effectue avant l’été, après une dernière exploitation en pâturage ou en fauche. Le mât végétal et racinaire se décompose ainsi suffisamment. Un labour peut être nécessaire pour enfouir les résidus.
Préparer le Lit de Semences
Il doit être fin et émietté en surface, rappuyé et sans obstacle en profondeur. Il est conseillé de rouler le sol avant le semis. Le contact entre les graines et le sol est ainsi favorisé.
Rouler le Sol Après le Semis
La dernière étape concerne la levée. Pour la favoriser, il est recommandé de rouler le sol après le semis de prairie avec un rouleau cambridge ou crosskill.
Aspects Agronomiques et Guides Techniques
Les mélanges prairiaux, tout comme les associations de graminée et de légumineuse, constituent aujourd’hui un véritable levier agronomique pour améliorer la compétitivité des exploitations. Il convient de choisir un mélange d’espèces dont les fonctions recherchées sont complémentaires : productivité, qualité (protéines et énergie), pérennité et/ou pouvoir concurrentiel vis-à-vis des mauvaises herbes.
Pour aider à composer leurs mélanges, l’AFPF propose deux guides techniques. Au-delà du choix du mélange approprié, il est indispensable de porter une attention particulière au pilotage de la fumure de fond (P, K), de la fertilisation azotée et du chaulage. Ces guides s’attachent à décrire les principales espèces prairiales, leur adaptation en fonction du type de sol et de l’utilisation de la prairie, ainsi que leur intérêt en mélanges, en particulier pour les prairies de longue durée (plus de 3 ans).
La place des espèces dans le mélange est à raisonner selon le type de sol (5 types ont été définis) et le mode d’utilisation principal de la future prairie, décliné en 3 catégories : fauche dominante, mixte pâturage et fauche, pâturage dominant. Les préconisations agronomiques sont ainsi réparties selon 15 situations, obtenues en croisant les 5 types de sol et les 3 modes d’utilisation de la prairie (tableau 1).