L'art de la multiplication végétale : Techniques et méthodes pour le jardinier

La reproduction des végétaux est le fondement même de la pérennité du jardin. Dans la nature, les plantes se reproduisent spontanément par semis ou par marcottage. Le jardinage est pour une large part l'art de reproduire les espèces et les variétés, pour les faire fructifier, fleurir… La multiplication, que ce soit par semis, par bouturage, par marcottage, par division ou par greffe est le moyen le moins onéreux dans le jardin pour avoir des fleurs et des légumes. D'autant plus que ces méthodes de multiplication ne demandent pas un matériel sophistiqué.

Il existe deux voies principales de reproduction des plantes : la reproduction par semences et la multiplication végétative. La multiplication des végétaux répond à deux types de pratiques aux caractéristiques distinctes : la reproduction végétative et la reproduction sexuée. La multiplication sexuée des plantes nécessite la pollinisation des fleurs qui permet la fécondation grâce aux étamines, organes reproducteurs mâles, et aux pistils, organes reproducteurs femelles. Les plantes qui vont en naitre seront génétiquement différentes des parents. La multiplication végétative ne fait pas intervenir de fécondation, mais nécessite un organe ou un fragment d'organe de la plante (racine, tige, feuille…) qui, mis dans des conditions spécifiques, donnera naissance à de nouveaux végétaux, génétiquement identiques à la plante mère.

Schéma comparatif entre reproduction sexuée par graines et multiplication végétative par bouturage ou division

La maîtrise des semis

Pour les semis, reportez-vous à notre fiche conseil "Les semis". Assurer la qualité des plants est fondamental pour obtenir de bons rendements. La certification est un processus d'assurance qualité qui garantit la pureté, l'identité variétale et la qualité sanitaire des semences. La préparation du germoir et l'ensemencement sont des étapes critiques : les explants sont rangés dans un germoir rempli de sciure de bois décomposée et traitée au Cryptonol liquide (Oxyquinoléine).

Le bouturage : créer une plante entière

Le bouturage consiste à créer une plante entière, à partir d'un fragment de plante prélevé sur la plante mère. Le bouturage est une forme de multiplication qui implique le prélèvement d’une partie d’une plante (tige, feuille ou racine), appelée bouture, qui est ensuite enracinée pour produire un nouvel organisme. L'arrosage est presque quotidien. De très nombreuses plantes peuvent se bouturer dans l'eau : laissez les tiges 15 jours dans l'eau pour qu'elles commencent à faire des racines puis mettez-les en terre. Les boutures ont besoin d'une humidité ambiante et d'une certaine chaleur.

Pour réussir cette opération, il convient de ne bouturer que des plants jeunes, sains, réguliers et en croissance active (non en fleur). La sélection du matériel de bouturage est cruciale : utilisez un pied-mère sain et vigoureux. Le substrat doit être adapté, c'est-à-dire un mélange léger et drainant (sable, tourbe, perlite). La nécessité d'une hygrométrie élevée impose souvent l'usage de mini-serres ou de sacs plastiques.

Le bouturage en 4 étapes - Les Tutos Hydro Area

Concernant le traitement des boutures, on procède à un enrobage avec des hormones de bouturage pour stimuler l'enracinement. La préparation des boutures se fait en coupant en biais sous un nœud (longueur 15-25 cm pour les tiges). Après avoir plongé la base dans une hormone d'enracinement, insérez la bouture dans un substrat humide (environ 1/3 de la longueur). Maintenez le substrat humide et placez le tout dans un endroit lumineux sans soleil direct.

L'innovation technologique accompagne désormais le jardinier : la conception en boule de bouturage permet à vos boutures de développer des racines plus fortes et de reproduire des arbres plus matures plus rapidement qu'avec la méthode de propagation classique. Notre motte de greffage est transparente. Notre kit de propagation par motte préserve l'intégrité de la plante mère et fonctionne aussi bien en intérieur qu'en extérieur.

Le marcottage : l'enracinement sans détachement

Plus facile à réussir que le bouturage mais moins "rentable" en nombre de plantes reproduites, le marcottage consiste à provoquer l'émission de racines sur un rameau sans détacher celui-ci de la plante dont il est issu. Il reste ainsi nourri par sa plante mère, tant qu'il n'est pas capable de s'alimenter seul. C'est seulement à ce moment qu'il sera sevré, c'est-à-dire détaché de la plante mère. Le marcottage présente plusieurs avantages, notamment celui de garantir habituellement un taux de réussite plus élevé que le bouturage. Toutefois, l'inconvénient majeur réside dans le fait que le plant marcotté aura un système racinaire superficiel, ce qui le rend peu résistant au vent.

Au printemps, enterrez sous terre l'extrémité d'un rameau souple d'une plante sans le détacher de la plante mère dans un mélange de sable et de tourbe. On peut aussi utiliser une hormone de bouturage. Arrosez régulièrement. À l'automne, la marcotte pourra être sevrée. La marcotte s'utilise principalement pour les plantes grimpantes et les arbustes à branches souples. Les techniques les plus répandues sont le marcottage par couchage, le marcottage par buttage et le marcottage aérien.

Illustration détaillée du marcottage aérien avec une boule de propagation

Pour le marcottage aérien, à la position où l'enracinement est nécessaire, décollez l'écorce à une largeur d'environ 2-2.5cm. Mettez la mousse humide ou la terre de jardin dans la zone de plus en plus racine de la plante. Enveloppez la zone de croissance des racines remplie de mousse humide ou de la terre de jardin autour de l'écorce dépouillée. Les gousses de couche d'air de propagation des plantes sont sans danger pour la plante mère car seule une petite branche sur la plante mère est utilisée pour l'enracinement.

La division des touffes

La division des touffes est un mode de multiplication pour toutes les souches vivaces. Elle a aussi pour rôle de permettre d'éliminer les parties âgées pour les remplacer par des plantes jeunes, plus vigoureuses et plus florifères. C'est donc aussi une opération d'entretien pour les massifs de fleurs. Soulevez délicatement la souche avec une bêche, puis découpez-la à la main, à la bêche ou au sécateur en ayant pour chaque nouvelle plante des racines, un bourgeon et une touffe de feuilles. Replantez-les directement en terre. Les plantes rhizomateuses (iris) se divisent par séparation du rhizome en plusieurs parties. Ces différentes parties seront remises en terre de façon espacée.

Pour les cultures plus industrielles, on pratique la collecte de rejets au champ. Le sevrage consiste à sortir les explants du germoir et détacher les plantules du bulbe mère à l'aide d'un bistouri. Le premier sevrage a lieu 1 mois après la mise en germoir, les suivants tous les 15 jours.

Le greffage : l'union des tissus

Le greffage consiste à mettre en contact étroit les tissus d'une ou plusieurs plantes pour qu'ils se soudent entre eux. Le greffon développe tige et feuilles, le porte-greffe fournit les racines. Ce procédé permet de reproduire les végétaux qui ne se reproduisent pas fidèlement par semis, ou à bouturage difficile. Le greffage nécessite d'une part un porte-greffe, qui fournira le système racinaire et, d'autre part, un greffon, provenant de la plante que l'on souhaite reproduire. Une bonne compatibilité entre le porte-greffe et le greffon est essentielle pour garantir la réussite du greffage.

Le greffage le plus répandu et le moins difficile est le greffage en écusson :

  1. Incisez l'écorce du porte-greffe en forme de T avec le greffoir.
  2. Soulevez très délicatement l'écorce et débarrassez le greffon de ses feuilles en conservant les pétioles.
  3. Glissez doucement le greffon dans le T du porte-greffe en veillant à ce que l'œil du greffon soit dirigé vers le haut.
  4. Ligaturez solidement avec du raphia humide ou un lien en plastique souple qui sera enlevé quelques mois plus tard, une fois la reprise du greffon amorcée.

Schéma technique d'une greffe en écusson étape par étape

Il existe également la greffe en couronne ou la greffe en fente : la partie apicale du porte-greffe est coupée et une fente de 2 cm de profondeur est faite. Pour réussir, il faut préparer la fente du porte-greffe sur une tige unique, enlever quelques feuilles, et couper le haut à environ 5 cm du bas. L'ajustement précis des diamètres permet un contact parfait des cambiums.

Aujourd'hui, l'utilisation d'outils de greffage 2-en-1 simplifie grandement la tâche. Ces ensembles comprennent un outil d'élagage, 3 lames interchangeables (coupe en V, en Ω, en U) et des films de greffage. Ces lames permettent des coupes précises de 5 mm à 12 mm de diamètre, assurant un contact maximal des tissus et améliorant considérablement le taux de survie. Le ruban de greffage est utilisé pour envelopper et sceller les pièces greffées afin d'empêcher l'air et l'humidité d'entrer dans la greffe.

La réussite d'une culture dépend principalement de la qualité du matériel végétal utilisé. Les techniques de multiplication végétative visent à produire des plantes génétiquement identiques au pied-mère (clones). Avec un peu d'expérience et beaucoup d'amour pour vos protégées, votre jardin deviendra un véritable spectacle de variétés et de couleurs.

tags: #semis #bouturage #division #marcottage #greffage