Le choix d’un semoir à engrais destiné à être attelé à un chenillard ne relève pas du hasard. Il s'agit d'une décision stratégique qui impacte directement la productivité d'une exploitation viticole. Les semoirs se différencient sur plusieurs points techniques tels que la distribution, la trémie, les possibilités de réglages indépendants de la profondeur de semis, l’ouverture du sol devant le soc semeur, le poids et le prix ! L’orientation vers l’un ou l’autre des semoirs est fonction de l’objectif de travail. Trop profond, trop clair, trop irrégulier… Le moindre écart se paie cher. Et pourtant, combien d’exploitants négligent encore le rôle fondamental du semoir agricole ?

Typologie et diversité des équipements de semis
Derrière le mot semoir, on trouve une infinité de déclinaisons. Il y a les modèles à un seul disque - simples, robustes, bien connus des viticulteurs. Il y a ceux à double disque, plus précis, parfois un peu plus techniques à régler. Vous avez aussi des solutions localisées qui déposent la graine et l’engrais ensemble, en un seul passage. Dans le cas d’une préparation de sol avant le semis, il est peu utile de disposer de disques d’ouverture du sol devant les socs semeurs car ils sont plutôt destinés à découper les résidus végétaux pour faciliter le travail.
Le choix des espèces à implanter, seules ou en mélange, et la taille des graines concernées peut orienter vers un matériel équipée de plusieurs trémies et d’éléments de semis distincts, ou vers un matériel plus basique. Il s’agit d’un matériel dérivé des semoirs existant pour le semis direct en grandes cultures. Sa principale caractéristique est l’utilisation du soc en T inversé pour déposer la graine et refermer la terre par-dessus. L’entrainement est mécanique avec une roue suiveuse.
Le semoir Aurensan se distingue par des éléments de semis constitués chacun d’un disque incliné pour découper le couvert et la terre, et d’une roue qui lui est accolée pour le réglage indépendant de la profondeur de semis. L’ensemble est complété de roues inclinées dans le sens inverse au disque pour appuyer chaque ligne de semis. Le semoir Gerber (Rolofaca) utilise des disques ondulés pour ouvrir le sol devant les éléments de semis constitués par des socs en T inversés montés sur dents rigides. La distribution est pneumatique, avec des éléments Delimbe. Ce montage peut être réalisé simplement sur la base d’une herse rotative.
Précision, réglages et performance agronomique
Semer, ce n’est pas seulement déposer une graine dans la terre. C’est s’assurer qu’elle soit déposée à la bonne profondeur, au bon écartement, avec le bon taux de recouvrement. Un bon semoir travaille presque à l’aveugle… mais jamais au hasard. En dehors de la profondeur de semis, essentielle pour les petites graines, le principal réglage à réaliser concerne la densité de semis : il faut donc connaître le débit de l’appareil, la vitesse de travail (sauf roue suiveuse), la largeur semée, et l’objectif.
Pour un semis à 180 kg par hectare (18 g par m² en plein) par exemple, avec une largeur semée de 1 m 10, et une roue suiveuse de 2 m de circonférence, il y a 2,2 m² semés par tour de roue. Il faut donc, lors du réglage, obtenir avec l’ouverture sous la distribution, 396 g de semence pour 10 tours de roue correspondant à 22 m² (22 x 18). Les ajustements se font en ouvrant plus ou moins les trappes par lesquelles s’écoulent les graines. Dans le cas des appareils à distribution pneumatique, le réglage est un peu différent puisqu’il se rapproche de celui fait avec un appareil de pulvérisation.
Étalonnage de l'engrais
La vitesse de travail influe directement sur la qualité du semis. Si vous allez trop vite, les graines ne pénètrent pas correctement. AMOS Industrie a conçu ses transmissions mécaniques pour maintenir un débit constant, quelle que soit la variation d’allure. Un semis irrégulier sur deux hectares peut entraîner jusqu’à 15 % de perte de levée.
Intégration sur chenillard et contraintes viticoles
Le lien avec le chenillard viticole est naturel. Dans de nombreuses exploitations, ce type de porteur est rarement utilisé avec un seul outil, il s’inscrit dans une logique de chantier complète, allant de l’entretien du sol au broyage, de l’intercep au rognage, puis à la fertilisation. Un semoir n’a donc de valeur que s’il s’intègre correctement à l’ensemble. Chez AMOS Industrie, les modèles centrifuges assurent une répartition précise, même avec des graines de calibre irrégulier.
Les semoirs à épandage localisé permettent de déposer graine et fertilisant dans le même sillon. AMOS propose des modèles à double compartiment, distribution synchronisée, compatibles fertilisants granulés. Les traceurs semoir assurent une régularité parfaite. Par exemple, le semoir engrais vibro SW850HNH, une solution de 850 litres, est parfaitement adapté aux besoins viticoles. Prenez le cas d’un viticulteur en Côte de Beaune : un sol argilo-calcaire, des pentes modérées, des interlignes étroites. Un semoir monodisque de 350 litres suffira largement pour couvrir les besoins, tout en garantissant une bonne maniabilité entre les rangs.
Dans la pratique, le 200 L reste plus agile et facile à manœuvrer dans les configurations serrées. Sur un domaine morcelé, avec des accès serrés, des demi-tours fréquents ou des pentes qui imposent de conserver une grande agilité, un semoir 200 L peut offrir une cohérence d’ensemble très pertinente. Sur des parcelles plus ouvertes, ou lorsque vous cherchez à gagner du temps pendant une fenêtre météo resserrée, le semoir 350 L apporte une autonomie de travail plus confortable.
Conception sur-mesure et économie de chantier
L’achat et l’utilisation de matériel agricole répondent à des logiques de rentabilité. Les semoirs coûtent entre 5000 et 15000 €. Avec des logiques d’achat et d’utilisation en CUMA, le coût du semoir revient environ à 7 € par ha et par an. Le passage mobilise le tracteur et le chauffeur pendant environ 30 min par ha pour un semis un inter-rang sur deux dans des vignes larges. La préparation du sol, le cas échéant, double cette valeur. Le semis, hors achat de semences, représente environ 45 € par ha et par an.

Une machine surdimensionnée, c’est un surpoids à tracter. La bonne capacité ? C’est celle qui suit votre rythme sans vous ralentir. AMOS Industrie l’a bien compris. Nos semoirs sont proposés dans des capacités allant de 200 à 850 litres. L'entreprise fabrique en France, intègre un bureau d’étude et développe ses équipements avec une expertise pointue du travail du sol. Cette complémentarité avec des réseaux comme Faupin prend tout son sens lorsque votre exploitation nécessite des adaptations sur mesure, d’un montage particulier sur chenillard ou d’un réglage qui sort du standard.
Innovation paysanne et adaptation technique
Parfois, l'innovation naît directement sur le terrain. Teddy Martin a commencé par faire un petit cadre avec un rouleau équipé d’un moteur hydraulique, récupéré sur un épandeur à compost. Il a coupé les dents d’origine pour souder des picots (bouts de tige pleine en fer) de quelques centimètres, pour faire un travail du sol superficiel avant le semis. Puis il a adapté au-dessus un épandeur à gazon acheté chez Castorama. Ces trois sorties débouchent sur des descentes en tuyau plastique de piscine, reliées à l’arrière des queues-de-cochon et fixées en haut par un tuyau PVC.
Pour l’entraînement du semoir, il a rentré en force une tige filetée dans le tube plastique d’origine sur lequel il a boulonné un pignon agricole qu’il a acheté, pour gagner en solidité. Ce pignon est entraîné par une chaîne, elle-même animée par un rouleau à l’arrière. Ce dernier est un rouleau à gazon, également acheté dans un magasin de bricolage au rayon jardin. Il sert pour l’entraînement et pour réaliser un léger appui derrière le semis. Teddy Martin y a changé les deux roulements pour qu’ils soient plus solides, et a remplacé l’axe par une tige filetée, sur laquelle il a installé un pignon. Il utilise son semoir en mode tiré sur une chenillette Rotair essence de 24 chevaux.
Fertilité et pilotage de la fertilisation
La fertilisation de la vigne se pilote avec précision. Elle engage l’équilibre végétatif, la vigueur, la régularité des parcelles et, plus largement, la cohérence globale de la campagne viticole. Le semoir à engrais pour vigne ne se limite plus à un simple accessoire. Il devient un véritable outil de précision, capable de placer l’apport au bon endroit, avec davantage de maîtrise et moins de dispersion des apports.
L’enjeu n’est donc pas d’apporter davantage d’intrants. Il consiste à apporter juste, au bon moment et dans la bonne zone. C’est à ce stade que le semoir localisé prend tout son intérêt en viticulture. Lorsque vous souhaitez optimiser vos apports au printemps, à limiter les pertes et à préserver une logique de réduction des intrants, l’application localisée offre une réponse plus précise qu’un épandage diffus sur l’ensemble de la parcelle. Le principe est simple : déposer l’engrais à proximité de la ligne de plantation afin d’améliorer la disponibilité des nutriments et de limiter les pertes par ruissellement ou évaporation.
En Beaujolais, la question devient encore plus sensible dès lors que l’enherbement entre en jeu. Les travaux menés par l’IFV et la SICAREX Beaujolais montrent que l’organisation du couvert végétal influence directement la concurrence avec la vigne, la nutrition azotée et le coût d’entretien du sol. Autrement dit, la fertilisation ne peut être pensée indépendamment de l’entretien du rang et de l’inter-rang. Un apport localisé, correctement réglé, permet justement de mieux composer avec cette réalité, au lieu de diffuser l’engrais sur des zones qui n’en ont pas nécessairement besoin.
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