Le Souci (Calendula officinalis) : Un Trésor aux Multiples Facettes pour le Jardin et le Bien-être

Le souci, scientifiquement connu sous le nom de Calendula officinalis, est une plante annuelle d’une richesse insoupçonnée, qui conjugue avec brio esthétique, écologie, gastronomie et médecine. Originaire du pourtour méditerranéen, cette plante s’est naturalisée dans de nombreuses régions du monde, enchantant les jardins de ses fleurs lumineuses et offrant une multitude de bienfaits. Facile à cultiver, même pour les jardiniers novices, le souci est un véritable allié du potager et de la santé.

Souci (Calendula officinalis) en fleurs

Une Plante à l'Histoire Riche et aux Noms Évocateurs

Le nom « calendule » provient du latin calandæ, signifiant « au fil des mois », en raison de sa floraison exceptionnellement longue, qui, dans les climats plus chauds, peut s'étendre toute l'année. Quant à son nom vernaculaire « souci », il dériverait de Solsequia, c’est-à-dire « qui suit le soleil ». La mythologie grecque explique ce phénomène en racontant qu'à l'origine, le souci était une nymphe des bois follement amoureuse d'Apollon, le dieu soleil. Cette passion provoqua la fureur d'Artémis, qui transforma la nymphe en souci blanc. Apollon ne put sauver la nymphe, mais par ses rayons, il lui donna sa superbe couleur jaune orangé. Ces noms reflètent parfaitement les caractéristiques de cette plante : sa floraison quasi perpétuelle et sa tendance à suivre le cours du soleil tout au long de la journée.

Description Botanique et Variétés du Souci

Le souci est une Astéracée, ce qui signifie que son capitule a une forme similaire à la marguerite. Au centre, se trouvent des fleurs tubulaires et stériles, tandis qu'autour, ce qui nous paraît être un pétale est en fait une fleur dite ligulée. Ces capitules, composés de multiples petites fleurs appelées fleurons, offrent des teintes lumineuses très vives, principalement dans les tons de jaune orangé plus ou moins foncé. Le souci officinal se décline en une multitude de variétés aux fleurs simples ou doubles, comme des pompons, et aux teintes allant du jaune pâle à l’orange intense, en passant par des coloris bigarrés de rose et de jaune, voire même citron, ivoire, rouille, jade, cuivrées ou rousses, avec des cœurs noirs, d'or ou verts. On trouve des centaines de variétés, partageant en commun une fleur jaune-orangé.

Sa hauteur varie généralement entre 30 et 60 cm, bien que certaines variétés puissent atteindre 70 cm. Ses tiges, duveteuses et ramifiées dès la base, se terminent par ces inflorescences éclatantes. Les fleurons ligulés à la périphérie portent un seul pétale, la ligule, tandis que ceux au centre - les fleurons tubulés - forment de minces cylindres. J'aime particulièrement le cultivar ‘Calypso’, qui est de couleur orange profond avec un capitule bien pourvu de résine collante particulièrement recherchée. Cependant, j'émets une réserve sur les cultivars de couleur plus pâle ou encore rosée, vraisemblablement moins riches en caroténoïdes. Normalement, les cultivars s'utilisent de façon équivalente.

Culture du Souci : Simplicité et Robustesse

Le souci est une plante annuelle, facile à démarrer en semis, ce qui en fait une fleur idéale à cultiver avec les enfants pour les initier au jardinage. C’est l’une des fleurs les plus simples à cultiver, y compris pour les jardiniers novices. Il est très florifère, à partir de la fin juin jusqu’aux premiers gels, et même un peu après, avec une floraison qui débute dès mars-avril et se poursuit souvent jusqu’aux premières gelées. Dans les régions du littoral et dans le Midi, là où les hivers sont doux, ils ne gèlent pas ou peu, aussi leurs corolles égayent la « mauvaise » saison. Adapté aux hivers doux, le souci peut parfois repartir au printemps si le pied a été protégé ou si les températures n’ont pas été trop rigoureuses.

Conditions de Culture Idéales

Le souci s'adapte à tous les types de sol, même pauvres ou caillouteux, et se développe particulièrement bien dans un sol neutre (pH entre 6 et 7), pas trop humide et au soleil ou à mi-ombre. Il tolère mal les sols trop lourds ou gorgés d’eau. Les jardiniers évoluant sur des terrains calcaires seront ravis d’apprendre que cette espèce peut y trouver sa place. Bien qu’il se débrouille en sol pauvre, lui offrir une bonne dose de compost (1 à 2 cm autour de la plante) fournira des nutriments utiles pour maximiser ses floraisons. Il aime le plein soleil et suit son parcours au cours de la journée.

Semis et Transplantation

Le souci se sème directement en pleine terre, en bordure ou au sein des planches de cultures, à partir du mois d’avril (climat doux) et jusqu’à la fin de l’été. Dans les régions tempérées, il est même possible d'effectuer des semis à l’automne pour profiter d’une belle floraison dès le début du printemps. Pour le semis, on peut recouvrir avec une pellicule de terreau et maintenir humide jusqu’à la levée, sans détremper, en arrosant à l’aide d’un vaporisateur. Des jeunes plants sont fréquemment en vente en jardinerie, mais les calendules sont vraiment faciles à démarrer en semis.

Les jeunes calendules fraîchement transplantées seront sensibles à la grosse chaleur et à la sécheresse, d’où l’intérêt de les transplanter plus tôt en saison. Si une transplantation tardive est inévitable, il est conseillé de leur offrir un arrosage régulier et un peu d’ombre en cas de canicule. Après 2 ou 3 semaines, elles auront développé leur système racinaire et seront plus résistantes. Pincez éventuellement l’extrémité de la tige principale, dès qu’elle mesure 10 à 15 cm de haut, pour favoriser la ramification des plantes.

Entretien et Rusticité

Le souci ne requiert pas d’entretien particulier. Un bon paillage sera bienvenu pour limiter encore plus le peu d’entretien requis, permettant de se contenter d’un arrosage par semaine, même si l'été connaît la sécheresse. Les calendules sont robustes et rustiques et toléreront les faibles gels. Supprimer les fleurs fanées permet de favoriser de nouvelles apparitions et de prolonger la floraison. Si les fleurs fanées ne sont pas coupées, le souci se multiplie facilement par lui-même. Le souci affiche un comportement opportuniste : elle se ressème très facilement au jardin. Si les graines tombent au sol, une génération spontanée peut apparaître l’année suivante, sans aucun effort de votre part.

Cultiver le souci

Résistance aux Maladies et Ravageurs

Le souci est robuste face aux maladies. Les rares attaques de pucerons causent rarement des dommages importants. Cependant, il peut parfois être touché par l’oïdium, surtout en fin d’été et sous les climats humides, se caractérisant par une couche blanche et poudreuse sur le dessus des feuilles. Quelques traitements préventifs au purin de prêle, voire au bicarbonate de soude, pourront alors être utiles. En prévention de la production de semences, il est essentiel d’arracher, avant la floraison, tous les soucis peu vigoureux ou touchés par des maladies comme l’oïdium.

Le Souci au Jardin : Un Ami de la Permaculture

Le souci est une fleur utile et indispensable au potager biologique. Sa floraison généreuse et prolongée en fait un véritable aimant à insectes bénéfiques pour le jardin. Il attire de nombreux insectes pollinisateurs (abeilles, bourdons) et fidélise des insectes auxiliaires utiles comme les coccinelles, les chrysopes ou les syrphes, dont les larves sont des prédatrices des pucerons. C'est une plante mellifère précieuse. J'aime particulièrement mélanger la calendule jaune orangé avec la centaurée bleuet (Centaurea cyanus), qui elle est d’un bleu profond. Les deux plantes peuvent être démarrées en semis et aiment des conditions similaires d’ensoleillement.

Rôle de Plante Compagnon et Répulsif

Outre son rôle de plante mellifère, le souci agit aussi comme un véritable bouclier végétal. Son odeur puissante repousse et désoriente certains parasites. Il éloigne les pucerons, les cicadelles et les mouches blanches (aleurodes), souvent présentes dans les serres. Il est nématicide et éloigne les nématodes des tomates, fraisiers, poireaux, ail et oignons, comme le font aussi les œillets d’Inde et roses d’Inde (Tagetes spp.). Je recommande donc d’en semer en association avec les concombres ainsi qu’avec toute plante souvent envahie par les pucerons. D’une manière plus globale, en éparpiller un peu partout au sein du potager sera bénéfique et parfaitement en accord avec les principes du jardinage en permaculture.

Purin de Soucis : Un Fertilisant Doux

Le souci ne se contente pas d’être utile en pleine terre. Sous sa forme fermentée, il donne aussi un purin doux et bénéfique. Ce purin a pour principal intérêt de favoriser la croissance des plantes, tout comme l’ortie, mais avec une teneur en azote moindre.

Préparation du purin de soucis :

  1. Utilisez la plante entière, après floraison.
  2. Remplissez un récipient (en terre, en bois ou en plastique, mais en aucun cas en métal) de plantes fraîches.
  3. Complétez avec de l’eau de pluie.
  4. Couvrez, en laissant une aération.
  5. Remuez tous les jours ; une mousse se forme en surface.
  6. Au bout d’une à deux semaines, la mousse disparaît pratiquement, le purin est prêt.
  7. Filtrez.
  8. Diluez le purin à 5 % pour une pulvérisation foliaire et à 10 % pour arroser au pied des plantes.

Le Souci en Cuisine : Une Touche de Couleur et de Saveur

Au potager comme en cuisine, le souci ne manque pas de ressources. Bien au-delà de son rôle ornemental, cette fleur jaune éclatante se révèle être un ingrédient délicat et plein de surprises. Les fleurs ligulées (ce qui nous paraît être le pétale) fraîches peuvent être utilisées en salade, surtout pour la couleur qu’elles apportent. J'aime bien leur goût, que je décrirais comme poivré, un peu amer avec un arrière-goût de radis. Les jeunes feuilles, les boutons et les pétales égayent les salades.

Pétales de souci dans une salade

Les pétales rayonnants se consomment crus et apportent une note joyeusement colorée aux salades vertes, aux crudités ou encore aux plats de riz. Les cuisiniers les apprécient particulièrement comme colorant alimentaire naturel, car elles teintent de jaune crème les préparations culinaires, telles que les sauces, les crèmes, les laitages, le riz. Elles donnent également une belle couleur or au beurre. Ajoutées à l’eau de cuisson des pâtes, dans une soupe, c’est magique pour obtenir une jolie couleur safranée.

Moins connue, mais tout aussi savoureuse, une autre utilisation consiste à récolter les boutons floraux encore fermés. Conservés dans du vinaigre, ils remplacent subtilement les câpres dans les recettes de tapenades ou de sauces vinaigrées.

Les Vertus Médicinales du Souci : Un Remède Naturel

Le souci, ou Calendula officinalis, s’impose également comme une alliée précieuse pour la santé. Depuis l’Antiquité, cette plante est intégrée aux remèdes traditionnels, notamment pour soulager les inflammations et favoriser la régénération des tissus. Grâce à ses propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes, anti-infectieuses, antioxydantes, vulnéraires et antiseptiques, le souci est souvent utilisé pour traiter les affections cutanées du quotidien. C'est une plante de premier choix quand il s’agit de coupures, brûlures, éraflures, piqûres d’insectes et autres petits problèmes, car elle agit sur trois plans. Je ne compte plus les rétroactions où l’on a dit être étonné de la vitesse à laquelle l’amélioration est devenue visible. Le souci s’inscrit ainsi dans une longue tradition de soins naturels, aux côtés d’autres plantes médicinales bienfaitrices.

Infusion de calendula

Composés Actifs et Propriétés

Parmi les composés actifs, on attribue principalement les propriétés anti-inflammatoires aux triterpénoïdes pentacycliques, dont le mono-ester de faradiol [3]. On trouve aussi certains flavonoïdes, dont l’isorhamnétol [4]. Tous ces composés sont théoriquement très peu solubles dans l’eau. In vitro, les extraits de calendule se sont montrés efficaces contre plusieurs souches de bactéries et de types de champignons. Les flavonoïdes et les saponosides triterpéniques seraient particulièrement antiseptiques. La calendule est également un stimulant lymphatique. J'aime bien l’utiliser (infusion et teinture) après un combat immunitaire, pour bien faire le ménage de la lymphe.

Usages Externes

Le souci est une plante médicinale maîtresse pour tous les soins de l’épiderme et il constitue en outre l’une des meilleures espèces vulnéraires - qui aide à guérir les blessures et les traumatismes - de la flore européenne. Cicatrisant, anti-inflammatoire et anti-infectieux, il agit sur la texture de la peau et ses petites imperfections, en l’hydratant.

  • Nettoyage de plaie (infusion) : On peut utiliser l’infusion de calendule refroidie pour le nettoyage de la plaie. Laissez infuser durant 15 minutes une cuillère à soupe de pétales séchés de souci dans 1 litre d’eau bouillante.
  • Sur une plaie fraîche (teinture diluée) : Sur une plaie fraîche, la teinture est idéale. Elle donne accès à un maximum des propriétés de la plante tout en laissant respirer la plaie. On peut ajouter une part égale d’eau à la quantité de teinture.
  • Sur une plaie où la gale s’est formée (macération huileuse ou onguent) : Une fois la gale créée, on utilisera plutôt une macération huileuse, qu’on peut solidifier en ajoutant de la cire d’abeille pour créer un onguent. L’huile ou l’onguent favoriseront la cicatrisation ordonnée de la blessure (afin de réduire la visibilité de la cicatrice), tout en assouplissant la peau, et réduiront l’envie de gratter la blessure. Pour traiter tous les problèmes de peau au quotidien (blessures et infections cutanées, inflammations de la peau, brûlures, piqûres d’insectes, abcès, eczéma, dermatites, etc.), appliquez un macérat huileux, un onguent ou un cataplasme directement sur la zone blessée et renouvelez 2 à 3 fois par jour si nécessaire.
  • Brûlures et coups de soleil : La macération huileuse de calendule associée à celle du millepertuis est particulièrement utile sur les brûlures et les coups de soleil.

Usages Internes

En usage interne, le souci agit non seulement sur le système immunitaire et fait baisser la fièvre, mais apaise aussi les inflammations de la gorge et de la bouche, les troubles gastriques et hépatiques. Il nettoie ainsi le foie, soulage les inflammations gastriques et les douleurs prémenstruelles. Il soigne la jaunisse, soulage les douleurs menstruelles, régularise le cycle féminin, combat les infections et les inflammations du système digestif en favorisant le fonctionnement et la désintoxication du foie et de la vésicule biliaire.

  • Infusion : On utilisera de 1 à 2 g par tasse avec une infusion qu’on limitera à 10 minutes (sans quoi, la préparation devient beaucoup moins agréable au goût). Pour cela, il suffit de faire bouillir 200 ml d’eau et d’y jeter 2 cuillères à café de fleurs séchées.
  • Teinture mère : Michael Moore, herboriste américain fondateur de la Southwest School of Botanical Medicine, préconise de prendre 5 à 30 gouttes de teinture mère de Calendula officinalis jusqu’à 4 fois par jour dans un peu d’eau.

Précautions et Contre-indications

En Amérique du Nord, outre les cas assez rares d’allergies aux Astéracées, on trouve très peu de contre-indications. Sauf peut-être celle pour la femme enceinte, parce qu’elle serait emménagogue, mais surtout par précaution à cause d’un manque de tests cliniques pour prouver son innocuité [9].

Il est dangereux de faire son propre diagnostic et de pratiquer l’automédication. Sauf indication explicite, les usages décrits sont pour les plantes et ne sont pas applicables aux huiles essentielles. Avant de consommer une plante, il est impératif de s’assurer de bien l’identifier et toujours lire la notice « Précautions ». Les posologies sont données à titre indicatif et, sauf précision contraire, elles sont adaptées à l’adulte. Malgré tout le soin apporté à la rédaction de l’article, une erreur aurait pu s’y glisser.

Récolte et Conservation du Souci pour un Usage Optimal

Pour bénéficier pleinement des propriétés médicinales du souci, la récolte et la conservation des capitules doivent être réalisées avec soin.

Récolte des Capitules

On récolte les capitules entiers (réceptacle et sépales inclus), à la main, idéalement dans les premiers jours de leur pleine ouverture. Ce qui veut dire de petites, mais fréquentes récoltes tout au long de la saison. En cueillant la calendule, les doigts devraient devenir collants, couverts de résine. La cueillette doit être réalisée avant les heures les plus chaudes, lorsque la plante aura évacué un maximum d’humidité de la nuit, mais n’aura pas évaporé ses huiles essentielles. Après pollinisation, les fleurs de souci mûrissent progressivement pour se transformer en graines.

Séchage des Capitules

On peut facilement sécher les capitules. Les calendules ne sont pas très sensibles à la chaleur et peuvent facilement tolérer 35 °C. La difficulté est de bien s’assurer que l’eau des capitules a été suffisamment retirée. Il faut donc rechercher un milieu bien aéré, mais à l’abri de la lumière directe. Il est conseillé d’utiliser un déshumidificateur et de prévoir de 3 à 4 jours pour s’assurer d’un séchage complet ! Un seul capitule mal séché fera pourrir tout le bocal.

Astuce pour une qualité et une conservation optimales : Placez les capitules face tournée vers le treillis (avec le bout de tige vers le haut). Ainsi, on évitera toute superposition ou déformation du capitule en séchant. Pour une transformation plus efficace et pour réduire le risque de pourriture si les capitules ont été ensachés avec un restant d’humidité, on peut les couper en morceaux plus petits. Ce faisant, on exposera plus de cellules à l’oxydation, ce qui accélérera la détérioration des principes actifs de la calendule. Mais ils seront tout de même intéressants pendant un an, surtout s'ils sont conservés dans un contenant fermé et à l’abri de la lumière.

Préparation des Remèdes à Base de Souci

  • Macération huileuse de calendula : Les macérations huileuses de calendules fraîches sont merveilleuses. Elles sont facilement produites et peuvent par la suite être utilisées telles quelles sur la peau, ou dans la fabrication d’onguents ou de crèmes. Le macérat huileux s’obtient par macération de plantes sèches dans une huile végétale biologique, de bonne conservation, telle que l’huile d’olive. Déposez les fleurs bien sèches dans un bocal en verre, puis recouvrez-les avec l’huile d’olive biologique. Protégez l’ouverture du bocal par un tissu élastiqué, et disposez le tout au soleil pendant au moins un mois, tout en remuant le mélange de temps en temps. Filtrez la préparation à l’aide d’un linge. Pour cela, mettez un tissu propre dans un saladier, versez la macération dessus, repliez-le, puis filtrez l’huile en essorant par torsion. Pour faire son propre macérat huileux, remplissez un bol de fleurs de soucis fraîches et entières, mettez de l’huile d’amande douce à niveau et laissez macérer deux à trois semaines. Idéalement, durant la macération, placez le bol au soleil. Le moment venu, filtrez l’huile de manière à retirer les extraits de plantes.

  • Onguent de calendula : Proche d’un baume, l’onguent n’est autre que l’équivalent solide du macérat huileux. Pour le préparer, chauffez doucement au bain-marie 100 ml de macérat huileux avec 12 g de cire d’abeille exempte de polluants (idéalement de la cire d’opercules). Remuez régulièrement et dès que la cire est bien fondue, versez dans des petits pots préalablement bien nettoyés et séchés.

  • Teinture mère de souci calendula : Finalement, on peut également faire une teinture, qui consiste à faire macérer les capitules dans de l’alcool. Pour le souci, parce qu’on a des composés très faiblement polaires, on cherchera des alcools les plus forts possibles (idéalement à 70%, mais comme c’est difficile à trouver au Québec, on les réalise souvent avec un alcool à 40%). Toujours pour éviter de diluer cet alcool, on utilise le capitule fraîchement séché pour faire la teinture. La teinture mère, ou macérat alcoolique, s’obtient par macération de plantes sèches dans de l’alcool bio, le plus fort possible, à au moins 45°, au taux 1:5 (5 fois le poids de la plante en ml d’alcool) pendant un mois minimum. Exemple : pour 200 g de souci, compter 5 x 200 g = 1000 ml d’alcool. Placez les fleurs dans un bocal en verre propre, tassez légèrement, ajoutez l’alcool de façon à les recouvrir, puis fermez le tout. Laissez macérer, à l’abri de la lumière, et remuez régulièrement. Filtrez cette teinture dans un récipient en verre hermétique et conservez-la à l’abri de la lumière et de la chaleur.

  • Cataplasme de calendula : Écrasez au pilon les fleurs fraîches ou sèches imbibées d’un peu d’eau chaude. Cette pâte s’applique directement en usage externe sur les blessures.

Récolte des Semences du Souci

La floraison généreuse et successive des soucis implique une récolte des semences étalée sur une longue période, souvent à partir du mois de juillet et jusqu’aux gelées. Après l’épanouissement des fleurs, il est recommandé d'écarter tous les plants ne correspondant pas à la description de la variété, afin de produire des semences de qualité. Chaque inflorescence de souci offre trois types de graines de forme différente. Les plus périphériques peuvent être allongées, arquées et pourvues de crochets recourbés, ou bien lisses et élargies par deux expansions ailées. Les premières s’accrochent au pelage des animaux, tandis que les secondes sont entraînées par le vent. Pour récolter les graines, coupez des fleurs entièrement sèches et récupérez les graines (fleurons secs) en les prenant entre les doigts. Étant bien secs, ils doivent se détacher facilement.

Pour trier les semences, transvasez verticalement les semences d’un récipient à un autre, à l’extérieur, lors d’une journée avec un peu de vent. Les déchets, plus légers, s’envoleront tandis que les graines, plus lourdes, tomberont.

Graines de souci (Calendula officinalis)

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Références Bibliographiques

[1] Laberge, D., LABERGE, H. (2011). L’héritage de l’Armoire aux herbes.[2] Hoffmann, D. FNIMH, AHG (2003). Medical Herbalism, The Science and Practice of Herbal Medicine. Rochester : Healing art Press.[3] Lorrain, E. (2019). Grand Manuel de phytothérapie. Malakoff: Dunod.[4] Fleurentin, J. (2018). Du bon usage des plantes qui soignent. 2. Rennes: Éditions Ouest-France. 372 p.[7] Jahdi F.[8] Aro AA, Perez MO, Vieira CP, Esquisatto MA, Rodrigues RA, Gomes L, Pimentel ER. (2015) Effect of Calendula officinalis cream on Achilles tendon healing.[9] Upton, R., Bear, S., Winston, D., Gagnon, D., Romm, A.j., Low Dog, T., Hardy, M., Craker, L. (2013). Botanical Safety Handbook. 2. London : CRC Press.[10] Blumenthal, M., Goldberg A.,Brinckmann J. (2000). Herbal Medicine Expanded Commission E Monographs.

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