Attention talent ! Parfois c’est dans l’ordinaire que se cache l’extraordinaire. Et c’est un peu le cas avec le lierre grimpant, Hedera helix. Cette plante rampante à croissance rapide qui pousse sans rien demander à personne et que l’on a tendance à dénigrer, est un vrai cadeau de la nature. Hedera helix ou lierre commun est une liane arbustive de la famille des Araliacées. En plus des lianes, cette famille de plantes tropicales réunit arbres, arbustes et plantes herbacées comme le ginseng. Le lierre fait donc un peu figure d’exception en étant présent dans les climats tempérés. Il s’y plaît aussi bien à l’ombre qu’au soleil, et dans n’importe quel type de sol. Plante vivace, il fait preuve d’une longévité impressionnante, puisqu’il peut vivre plusieurs siècles ! C’est énorme !

Une morphologie singulière et adaptative
Lierre rampant ou lierre grimpant, on parle en réalité de la même plante qui se développe différemment en fonction de son support. C’est une liane dont les tiges ligneuses sont grimpantes ou rampantes. Certains lierres peuvent grimper jusqu’à 30 mètres de hauteur et atteindre 100 mètres de longueur. Les tiges du lierre portent dans leurs entre-nœuds des poils crampons qui agissent tels des ventouses et permettent au lierre de se fixer sur un support. Ces racines aériennes, appelées crampons, n’ont aucun rôle dans la nutrition de la plante ; elles n’ont qu’un rôle de fixation. Elles ont la possibilité de se transformer en racine vraie lorsque celui-ci devient humide.
Le lierre se distingue par son feuillage vert luisant et persistant, c’est-à-dire qu’il reste en place tout au long de l’année, offrant une touche de couleur au jardin, même au cœur de l’hiver. Il présente un phénomène fascinant appelé dimorphisme foliaire : les feuilles des rameaux stériles sont divisées en trois à cinq lobes triangulaires, tandis que les feuilles des rameaux fertiles (la forme mature dite "arborescens") sont entières, ovales ou en forme de cœur. Les feuilles sont alternes et coriaces, vivant généralement trois ans avant d’être remplacées.
Un cycle biologique décalé
Le lierre se distingue par sa floraison en septembre-octobre, alors que la plupart des plantes à fleurs sont sur le déclin. Il développe des inflorescences, c’est-à-dire des groupes de petites fleurs portées par une même tige. Les fleurs sont de couleur vert-jaune, recouvertes de petits poils, et suivent la règle des cinq : 5 pétales, 5 sépales et 5 étamines. Elles sont regroupées en ombelles hémisphériques. Le lierre est l'une des rares plantes à maintenir un rythme de vie hérité de l'ère tertiaire, une époque où les fleurs s'épanouissaient en automne pour profiter de la douceur et de l'humidité, contrairement aux étés secs et chauds.
Ses fruits ronds et globuleux sont réunis en grappes de baies. D’abord verts, ils deviendront bleu-noir. La petite baie sphérique mesure environ 8 à 10 mm et contient de 2 à 4 graines. Ses fruits, visibles d’octobre à mars, arrivent à maturité au début du printemps, servant de nourriture hivernale cruciale pour de petits animaux et les oiseaux qui ne migrent pas.
Le lierre : utile ou nuisible ?
Le lierre au jardin : Un allié, non un parasite
Contrairement aux idées reçues, le lierre n’est pas un parasite. Il n’aspire pas la sève des arbres. Pour se nourrir, il utilise ses propres racines bien ancrées au sol. De la même manière, il n’étouffe pas non plus les arbres. Il protège les arbres adultes contre les excès d’humidité et les grands froids. Par ailleurs, le lierre libère des substances qui inhibent le développement des champignons, des bactéries ou des parasites qui peuvent s’attaquer à un arbre. Le seul moment où vous devez prêter attention à son développement sera s’il pousse sur un jeune arbre ou sur un vieux fruitier.
Autre idée reçue : le lierre abimerait les murs d’habitation. C’est peut-être vrai s’il pousse sur un mur déjà endommagé. Il isole le mur, et exerce un rôle de régulateur thermique, protégeant des fortes chaleurs de l’été, ou du froid de l’hiver. Faire pousser du lierre sur les murs de sa maison est donc une solution naturelle et économique pour compléter son isolation thermique. Il est toutefois recommandé, pour une hauteur supérieure à 6 mètres, d’utiliser des câbles de sécurité pour empêcher le lierre de se décrocher à cause d’une tempête ou à cause de vieux enduits qui se morcellent.
Rôle écologique et biodiversité
Le lierre est une aubaine pour la faune. Grâce à sa floraison tardive, il fournit du nectar et du pollen aux insectes butineurs à un moment de l’année où la nourriture se raréfie. Les abeilles peuvent ainsi se constituer des réserves nutritionnelles essentielles avant l’hiver. La beauté de l’histoire, c’est que le lierre produit des fruits mûrs en fin d’hiver. Encore une période de l’année où les ressources alimentaires sont limitées pour la faune. Il crée un milieu protecteur pour les populations d’insectes, d’oiseaux et de rongeurs, servant d’abri et de lieu d’hibernation à des insectes utiles et des papillons comme le « Citron ».
Le lierre est également une plante dépolluante. Il capte les poussières contenues dans l’air et les particules chimiques toxiques, notamment le benzène causé par les réactions de combustions. L’air est ainsi purifié.

Conseils de culture et entretien
La culture du Hedera helix est relativement simple. Il préfère les zones partiellement ombragées ou ombragées et peut tolérer une gamme de sols, mais un sol bien drainé et fertile est préférable. Plantez le lierre commun au printemps ou à l’automne. Creusez un trou légèrement plus large que la motte et placez la plante à la même profondeur qu'en pot. Lors de la plantation du lierre, il est préférable d’utiliser un terreau universel de qualité. Si vous choisissez de faire pousser le lierre contre un grillage, une clôture ou une façade, plantez en moyenne cinq plantes par mètre courant. Pour une utilisation en couvre-sol, nous conseillons de planter 9 à 12 plants de petite taille.
Le lierre n’a généralement pas besoin de beaucoup d’engrais. Une fertilisation légère au printemps avec un engrais équilibré peut être suffisante. Taillez le lierre régulièrement pour contrôler sa croissance et encourager une croissance dense. Vous pouvez tailler les extrémités des tiges pour le maintenir dans la forme souhaitée. Si vous avez besoin d’éliminer les racines à ventouse sur une façade lors d’un ravalement, il faut les brûler avant de repeindre le mur.
Précautions et usages domestiques
Le lierre n’est pas une plante comestible pour l’Homme. Elle est toxique, en particulier ses baies. Les feuilles peuvent irriter la peau. Mais elle était jadis utilisée en tant que plante médicinale pour soigner les problèmes de toux ou les douleurs. Cependant, ne jouez pas aux apprentis sorciers.
Eh oui, le lierre a plus d’un tour dans son sac et nous surprend encore une fois : la lessive au lierre. Contenant de la saponine à l’action moussante, il peut être utilisé comme nettoyant. Si vous êtes en panne de lessive ou que vous voulez faire des économies et réduire vos déchets, partez pour une petite séance de cueillette. 100 g de feuilles bouillies 15 minutes dans 1 L d’eau et macérées toute une nuit, vous donneront de quoi laver votre linge.
Tableau récapitulatif des informations clés
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Nom commun | Lierre commun, lierre grimpant |
| Nom scientifique | Hedera helix |
| Origine | Europe, Asie Mineure |
| Type de plante | Plante grimpante à feuilles persistantes |
| Feuillage | Vert foncé, lobé (stérile) ou entier (fertile) |
| Floraison | Fin de l’été à début de l’automne |
| Couleur fleurs | Vert-jaune, regroupées en ombelles |
| Fruits | Baies noires toxiques, maturité printanière |
| Exposition | Ombre partielle à soleil |
| Entretien | Taille régulière, peu exigeant |
| Toxicité | Toutes les parties sont toxiques par ingestion |
Distinctions importantes
Le lierre commun n’a rien à voir avec le lierre terrestre (Glechoma hederacea). Ces deux plantes ont beau avoir un nom semblable, elles ne se ressemblent pas du tout, et ne peuvent pas être confondues. Le lierre terrestre est une plante aromatique sauvage de la famille des lamiacées comme la menthe, le basilic ou la sauge. Par ailleurs, si le lierre est indigène en Europe, il est considéré comme une plante envahissante aux États-Unis ou en Australie, où il a été introduit. Il est donc important de surveiller sa croissance pour éviter qu’il ne devienne trop envahissant, en particulier dans les zones où il n’est pas indigène.