Tout savoir sur le terreau universel avec engrais : le guide complet du jardinier

Le jardinage, qu'il soit pratiqué par un débutant ou un jardinier qualifié, trouve son socle dans un élément essentiel : le terreau. Véritable substitut venant à la rescousse face à l’adaptation d’une plante ou bien à l’appauvrissement de votre sol suite à de nombreuses cultures dans une même parcelle, le terreau est le « must have » pour réussir ses plantations. Il accompagne l’enracinement des graines semées tout en stimulant leur croissance. Pour réussir ses cultures, il est primordial de comprendre que dans un contenant, l’appareil racinaire de votre plante évoluera dans un milieu confiné, sans pouvoir tampon thermique et hydrique, où la circulation de l’air ne sera pas optimale et où les éléments nutritifs indispensables à la croissance doivent être présents. Les terreaux, ou supports de cultures, sont étudiés pour répondre à ces contraintes.

Schéma de la structure d'un terreau de qualité : fibres, minéraux et engrais

La composition technique du terreau universel

Un terreau de qualité repose sur un mélange précis de matières organiques et minérales. On y retrouve généralement des fibres végétales de bois ou de coco, ainsi que des éléments minéraux par la présence de sable, d’argile, de la perlite, de la pouzzolane ou encore de la vermiculite. Pour nourrir la plante, des engrais NPK (Azote, Phosphore et Potassium) sont ajoutés. De manière synthétique, le Phosphore assure l’enracinement des racines tandis que le Potassium aide à la floraison et la fructification.

La qualité d'un terreau se vérifie par ses seuils quantitatifs. Pour un terreau de bonne qualité, veillez à ce que la composition de fibres végétales ne soit pas supérieure à 20 %. La valeur ISMO, exprimée en pourcentage, correspond à la quantité d’humus stable ; on estime que le terreau est de qualité lorsque cette quantité est comprise entre 20 et 80 %. Enfin, le rapport carbone/azote, indicateur non obligatoire, permet de calculer la rapidité de décomposition de la matière organique : on estime un terreau de bonne qualité lorsqu’il est au minimum de 15.

Les indicateurs de performance : pH, conductivité et CEC

Le choix d'un substrat doit se faire en ayant connaissance du type de sol que vous avez pour ajuster les taux et du type de plante que vous souhaitez faire pousser. Le pH, allant de 0 à 14, indique le taux d’acidité ou au contraire d’alcalinité du terreau ; situé autour de 7, on dira que le pH est neutre. Les plantes de bruyères comme les camellias, les hortensias ou les rhododendrons apprécieront un sol acide entre 6 et 7.

La conductivité électrique du sol, mesurée en mS/m, est utilisée comme indicateur de la salinité. Une plus grande conductivité électrique indique généralement une concentration plus élevée en sels solubles. Un taux trop élevé de minéraux peut perturber la capacité des plantes à absorber l’eau et les nutriments par les racines. Parallèlement, la Capacité d'Échange Cationique (CEC) s’estime selon la fraction d’argile minéralogique et d’humus dans le sol. Si la division est importante, cela facilite le complexe argilohumique, c’est-à-dire la capacité des sols à retenir les éléments nutritifs et à limiter le lessivage, notamment le déplacement des nitrates et des phosphates vers les couches les plus profondes du sol.

Normes et homologations : les garanties du jardinier

Pour être commercialisés en France, les terreaux et fertilisants doivent être homologués, ou répondre à des normes homologuées et rendues d’application obligatoires, comme la norme NF U 44-551. Cette norme impose que les boues d’épuration ne soient pas utilisées dans la fabrication des supports de culture. Un terreau doit être composé majoritairement de matières organiques végétales et le taux de matière organique doit être supérieur à 40 % de la matière sèche.

Lorsque qu’un terreau contient un engrais, la teneur en azote, phosphore et potassium doit être inférieure respectivement à 2,5 ; 2 ; 2,5 exprimée en N, P2O5, K2O (% MS), sous réserve que la somme des éléments totaux soit inférieure à 5 % de la MS. Au minimum tous les six mois, des analyses doivent prouver son innocuité dans les conditions d’emploi, notamment concernant les éléments traces métalliques et les agents pathogènes.

lecture des étiquettes de pommes de terre

Différencier les matières premières : tourbe, écorces et fibres

La tourbe, issue des tourbières, provient de milieux absorbant une quantité massive de carbone. De fait, l’extraction de tourbe induit une augmentation d’émissions de CO2. Appréciée pour sa faculté à redistribuer l’eau avec partialité, la tourbe est convoitée depuis plusieurs siècles. La tourbe brune et noire, plus ancienne et plus évoluée que la tourbe blonde, possède une capacité de rétention en eau et de stockage des éléments nutritifs plus importante, mais elle est plus dense et difficile à ré-humidifier.

À l'inverse, l'écorce provient de l’exploitation forestière ; elle doit être broyée et compostée pour dégrader les substances phytotoxiques qu’elle contient et diminuer le rapport carbone/azote pour éviter le phénomène de faim d’azote. Les fibres de coco ou « coco peat », quant à elles, constituent l’enveloppe fibreuse de la noix de coco. Leurs caractéristiques sont proches de celles de la tourbe blonde, mais elles sont plus denses, leur pH est moins acide et, surtout, elles se ré-humidifient très facilement.

Stratégies d'utilisation et entretien des cultures

Le terreau universel est le meilleur allié des jardiniers car il est léger, aéré et regorge de nutriments. Il peut être utilisé pour remplir des contenants, pots, jardinières, ou pour compléter les trous de plantations en pleine terre. En cas d’absence de sol propre à la culture, il convient d’apporter un substrat tel qu’un terreau « plantation » ou « potager ». Pour améliorer les qualités physiques, biologiques et nutritives de votre terre de jardin, choisissez plutôt un amendement organique comme du fumier de cheval composté ou du compost.

Un bon terreau doit assurer un compromis entre stockage d’eau et restitution à la plante, tout en évitant les risques d’asphyxie. Il doit garder sa souplesse et reprendre son volume initial lorsqu’on le sert dans sa main. Pour les besoins spécifiques, comme pour les cactées, les bonzaïs ou les orchidées, choisissez des terreaux spécifiquement formulés pour convenir aux besoins de ces végétaux. Si vous souhaitez jardiner de manière écologique, le terreau 100 % exempt de tourbe est une alternative qui permet d’obtenir d’excellents résultats tout en préservant la biodiversité des tourbières.

Infographie comparant les différents types de sols et les besoins en terreau associés

Les spécificités des substrats techniques

Dans certains cas extrêmes, comme pour les toitures végétalisées extensives, les substrats doivent répondre à des contraintes techniques très poussées : assurer le support d’une végétation et son alimentation hydrique dans des conditions de sécheresse, tout en induisant le minimum de charge possible au bâtiment. Ces substrats possèdent une granulométrie grossière (supérieure à 2 mm), représentant de 70 à 95 % du substrat. La fraction en matière organique y est importante, assurant une rétention d’eau conséquente, à relativiser toutefois avec l’étude des courbes de rétention en eau montrant un assèchement assez rapide. Il est recommandé d’exiger ces courbes de rétention en eau lors de tout projet pour comparer les performances hydriques entre fournisseurs.

En somme, que vous cherchiez à améliorer une terre argileuse, sableuse ou calcaire, le choix du support de culture reste la clé de voûte de la réussite. Le terreau universel, par sa polyvalence, permet de pallier les carences des sols épuisés tout en offrant aux racines un milieu propice au développement, à condition de toujours vérifier la composition, le pH et la stabilité de la matière organique avant toute mise en terre.

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