Tomate et Cannabis : Comprendre et Combattre le Mildiou et Intégrer la Culture Associée

Le monde du jardinage, qu'il s'agisse de tomates, de cannabis ou d'une combinaison des deux, est un art qui requiert patience, observation et une compréhension approfondie de l'écosystème végétal. Au-delà du simple plaisir de cultiver sa propre nourriture ou ses propres plantes, l'interaction entre les différentes espèces végétales et les menaces, comme le mildiou, joue un rôle crucial dans le succès d'une récolte. Cet article explore en détail la maladie du mildiou, ses spécificités sur le cannabis et la tomate, et présente les avantages de la culture associée comme stratégie de prévention et d'amélioration globale du jardin.

La Culture Associée : Une Stratégie Écologique pour un Jardin Résilient

Le jardinage est une activité gratifiante et durable, offrant un moyen efficace de lutter contre les nuisibles et les maladies qui peuvent ravager les cultures. Plutôt que de se limiter à la monoculture, qui appauvrit le sol et favorise la prolifération des ravageurs, la culture associée, ou "companion planting", propose une approche écologiquement saine et scientifiquement éprouvée. Cette méthode consiste à cultiver certaines plantes à proximité d'autres, principalement pour gérer des éléments tels que la lutte antiparasitaire, l'amélioration des nutriments, la suppression des mauvaises herbes ou l'aide à la pollinisation. Les plantes compagnes jouent un rôle essentiel dans l'écosystème d'un jardin, en créant une biodiversité qui renforce la résilience des cultures.

Schéma d'un jardin avec différentes plantes compagnes autour de plants de cannabis et de tomates

Une monoculture de cannabis, par exemple, présente des conditions idéales pour que ravageurs et maladies se propagent rapidement, en raison de la haute densité d'hôtes, de l'homogénéité génétique et de l'absence de barrières physiques ou chimiques d'origine végétale. En revanche, la biodiversité végétale accroît la biodiversité du sol, créant un microhabitat plus complexe pour la communauté microbienne. Cela se traduit par une activité enzymatique accrue, une meilleure exploitation des nutriments et une plus grande résilience face aux ravageurs et aux maladies.

La Rhizosphère : Le Cœur de la Culture Associée

Toute analyse sérieuse de la culture avec plantes compagnes doit commencer sous terre, dans la rhizosphère. Cette couche de sol qui entoure les racines est caractérisée par une biologie et une chimie profondément conditionnées par les exsudats racinaires. Dans la rhizosphère coexistent champignons, bactéries, protozoaires, nématodes et autres organismes qui maintiennent un réseau d'interactions mutualistes d'une grande complexité. Parmi les micro-organismes les plus pertinents pour le cultivateur, on distingue les champignons mycorhiziens, qui établissent des symbioses mutualistes avec plus de 80 % des espèces de plantes terrestres, étendant un réseau d'hyphes capable d'explorer des volumes de sol inaccessibles aux racines.

Un sol sain et plein de micro-organismes bénéfiques est une assurance pour le cultivateur. Il contribue à la suppression des maladies transmises par le sol et à l'amélioration de la santé globale des plantes.

L'Allélopathie : Le Langage Chimique entre les Plantes

L'allélopathie est le phénomène par lequel une plante libère dans son environnement des composés biochimiques qui influencent le développement d'autres plantes ou des organismes du sol, de manière positive ou négative. Ces composés allélopathiques peuvent être volatilisés dans l'air par les feuilles et les fleurs, sécrétés par les racines dans le sol, ou libérés lors de la décomposition de la litière. Les propriétés allélopathiques de certaines plantes peuvent atteindre un rayon d'action allant jusqu'à 10 mètres. Toutes les plantes aromatiques exercent, à des degrés divers, une influence positive sur leurs voisines, à l'exception notable du fenouil (Foeniculum vulgare), qui libère des composés allélopathiques inhibant la croissance de la plupart des cultures avec lesquelles il coexiste.

Les Meilleures Plantes Compagnes pour le Cannabis et la Tomate

La diversité des plantes compagnes est vaste, et chacune apporte ses propres bénéfices au jardin. Voici une sélection des plus efficaces, avec un accent particulier sur leur rôle dans la protection contre les ravageurs et les maladies, ainsi que leur compatibilité avec le cannabis et la tomate.

Les Calendulas et Tagètes : Les Références Anti-Nématodes et Anti-Mouches Blanches

S'il existait un consensus parmi les cultivateurs biologiques du monde entier sur la plante compagne la plus précieuse pour le cannabis, le genre Tagetes et les calendulas seraient en première position. L'activité nématicide des extraits de racine de Tagetes contre plusieurs espèces de nématodes phytoparasites a été démontrée. Ces plantes peuvent nettoyer le sol de nématodes avec une grande efficacité.

Face à la mouche blanche, les tagètes agissent par l'émission de composés terpéniques volatils, parmi lesquels le limonène se distingue. Diverses études ont démontré que la culture en compagnie de tagètes ou de calendulas protégeait les plants de tomate contre la mouche blanche des serres par l'émission de limonène dans l'air, un mécanisme strictement aérien ne nécessitant aucun contact physique entre les plantes. Les tagètes et les calendulas sont d'excellentes plantes compagnes de culture.

Plantes Fixatrices d'Azote : Pour une Fertilité Naturelle du Sol

L'azote est le macronutriment le plus demandé dans la culture de cannabis durant la phase végétative. Sa disponibilité dans le sol peut être augmentée de manière durable grâce à l'incorporation de plantes capables d'établir une symbiose avec des bactéries fixatrices d'azote atmosphérique. Parmi les légumineuses au plus grand potentiel fixateur et à la meilleure adaptation aux espaces de culture domestique, on distingue le trèfle blanc (Trifolium repens), le trèfle rouge (T. pratense), la luzerne (Medicago sativa), les pois (Pisum sativum), les haricots (Phaseolus vulgaris) et la vesce (Vicia sativa).

Plantes Répulsives et Masquantes d'Odeur : Protection et Discrétion

Les plantes aromatiques des familles Lamiaceae et Apiaceae figurent parmi les compagnes les plus utilisées dans la culture de cannabis, aussi bien pour leurs propriétés répulsives contre les ravageurs que pour leur capacité à masquer l'odeur caractéristique de la plante principale, particulièrement importante dans les cultures en extérieur.

  • Menthe poivrée (Mentha spp.) : Son arôme puissant dissuade les parasites comme les fourmis, les pucerons et les arpenteuses du chou. Son profil terpénique, dominé par le menthol et la menthone, repousse activement les pucerons, la mouche des étables, les fourmis, les cafards et certaines espèces de mouches. En raison de son expansion agressive par rhizomes, il est préférable de la cultiver dans des conteneurs séparés placés en périphérie de la culture. La menthe contribue également à dissimuler l'odeur du cannabis en extérieur, complétant ainsi sa fonction répulsive par une fonction de discrétion.
  • Romarin (Salvia rosmarinus) : Agit comme répulsif contre les acariens et les pucerons grâce à ses huiles essentielles riches en 1,8-cinéole, camphre et α-pinène. Son port arbustif et sa tolérance à la sécheresse en font une plante compagne durable, particulièrement utile dans les cultures extérieures méditerranéennes.
  • Lavande (Lavandula angustifolia) : Ses huiles essentielles dissuadent divers ravageurs tout en attirant abeilles et autres pollinisateurs qui bénéficient au jardin dans son ensemble. Elle attire les abeilles et les papillons, et repousse les mites, les puces et les moustiques.
  • Basilic (Ocimum basilicum) : Grâce à son arôme agréable et piquant, le basilic peut aider à repousser les parasites comme les pucerons, les moustiques et les mouches. De plus, l'herbe attire des insectes bénéfiques tels que les abeilles et les insectes prédateurs qui se nourrissent de parasites. Il est également connu pour produire des composés qui peuvent rehausser la saveur des plants de cannabis à proximité. Sa teneur en eugénol et en linalool lui confère des propriétés répulsives contre les pucerons, la mouche blanche, les punaises et les thrips.
  • Ail (Allium sativum) et Oignon (Allium cepa) : Ces plantes repoussent les parasites comme les pucerons, les tétranyques et les aleurodes grâce à leurs composés soufrés volatils. L'ail et l'oignon complètent cet arsenal répulsif.

Les plantes aromatiques à la conquête des jardins

Les aromatiques, à l'exception du fenouil, sont indispensables pour garantir la biodiversité.

Plantes Pièges : Des Attractives Stratégiques

Une stratégie complémentaire à la répulsion est l'attraction : certaines plantes sont délibérément plus appétissantes pour certains ravageurs que le cannabis lui-même, agissant comme cultures pièges qui concentrent la pression phytosanitaire en un point contrôlé, facilitant leur éradication.

  • Capucine (Tropaeolum majus) : Pucerons de diverses espèces, mouches blanches et araignées rouges se sentent attirés par elle de préférence à d'autres espèces. En concentrant le ravageur en un lieu précis, le cultivateur peut intervenir de façon ciblée et efficace sans avoir à traiter tout le jardin.
  • Radis : Idéaux pour tendre des pièges aux parasites comme les altises, qui recherchent généralement les feuilles de cannabis mais sont plutôt attirées par les feuilles de radis. Les avantages de la culture du radis incluent la vitesse à laquelle il pousse et le fait qu'il peut contribuer à améliorer la structure du sol en brisant le sol compacté.
  • Tomates : Les tomates produisent un composé appelé solanine, qui les aide à repousser les parasites. De plus, elles adoptent une structure similaire à celle des plantes de cannabis et se fondront naturellement dans le paysage de votre jardin. Elles peuvent agir comme plante piège pour l'araignée rouge, attirant ces acariens phytophages et les éloignant de la culture de cannabis.

Plantes qui Attirent les Insectes Bénéfiques

Les plantes compagnes aux fleurs riches en nectar et en pollen sont essentielles pour soutenir les insectes bénéfiques, qui ont généralement besoin de sources d'alimentation végétales pour compléter leur régime ou pour accomplir leur cycle de vie.

  • Aneth : Attire avec grande efficacité les guêpes parasitoïdes, les chrysopes et les syrphes, tous des prédateurs actifs de pucerons, thrips et mouches blanches.
  • Camomille : Attire les syrphes et les guêpes parasites. Les mouches et les guêpes se nourrissent de parasites tels que les tétranyques. Si elles sont plantées suffisamment près d’une plante de camomille, les plantes de cannabis peuvent bénéficier de propriétés antibactériennes et antifongiques, qui peuvent aider à supprimer les maladies transmises par le sol et à améliorer la santé globale des plantes. Elle est source d'azote pour le sol, repousse les nématodes et ajoute du calcium et du potassium au sol en se décomposant.
  • Poivrons : Aident à dissuader les parasites et à attirer les bons insectes.

Couvre-Sols et Cultures de Couverture

La couverture du sol nu est une pratique essentielle dans tout système biologique. Le sol exposé perd rapidement de l'humidité, subit des oscillations thermiques qui nuisent à la microbiote, est exposé à l'érosion par la pluie et l'eau d'arrosage, et reçoit des rayonnements UV directs qui dégradent progressivement la matière organique. Les plantes de couverture ou couvre-sols bas résolvent ce problème de manière élégante et économique.

  • Céraiste : Forme un tapis dense et à croissance rapide qui retient l'humidité du sol, protège les micro-organismes édaphiques des rayonnements UV et concurrence activement les mauvaises herbes pour l'espace et la lumière. Il tolère une large gamme de pH et s'adapte bien aux expositions en plein soleil.
  • Trèfle blanc nain : En plus de couvrir le sol, il fixe l'azote, est une autre option très utilisée comme paillis vivant sous les plantes principales.

Plantes à Éviter

Toutes les plantes ne cohabitent pas bien avec la marijuana. Outre le fenouil déjà mentionné, d'autres peuvent s'avérer problématiques. Le fenouil libère des composés allélopathiques qui inhibent la croissance de la grande majorité des espèces horticoles et ornementales avec lesquelles il coexiste.

Le Mildiou : Une Menace Commune pour la Tomate et le Cannabis

Le mildiou est une maladie cryptogamique fréquente qui touche de nombreuses cultures, y compris la tomate et le cannabis. Reconnu également sous les noms d'oïdium du cannabis, de "taches de monnaie" ou de "peste noire", il est causé par diverses espèces de champignons, notamment Phytophthora infestans pour la tomate et la pomme de terre, et des champignons de l'ordre des Erysiphales pour le cannabis. Ce champignon insidieux peut apparaître de nulle part et recouvrir les feuilles, les tiges et même les têtes d'une poussière blanche semblable à de la farine, ou se manifester par des taches brunâtres et du mycélium qui se propagent lentement.

Image d'un plant de tomate sévèrement touché par le mildiou

Comprendre le Mildiou : Reproduction et Conditions Favorables

Le mildiou, similaire à l'oïdium, pénètre les tissus des feuilles, des branches et des fruits, mais ne reste pas uniquement en surface. Étant un endoparasite, sa structure n'est pas toujours visible avant que les dommages sur la plante ne soient considérables. Le champignon s'active quand l'humidité augmente et que les températures oscillent entre 10 et 25°C. Il peut rester en état de latence durant l'hiver en attendant des conditions optimales pour son développement et sa reproduction, notamment dans les restes végétaux où la maladie peut se loger pour ensuite se répandre grâce à des agents externes comme le vent, les animaux, ou l'homme lui-même. Des arrosages abondants, de la brume, la rosée ou des pluies importantes suivies de journées chaudes, favorisent en grande partie la germination des spores. Un sol acide, mal drainé, trop arrosé, pauvre ou avec trop d'azote favorise également son apparition. En culture intérieure ou en serre, il est spécialement recommandé de contrôler l'humidité ambiante et la ventilation.

Identifier le Mildiou : Signes et Symptômes

Détecter le mildiou à un stade précoce est crucial pour sauver les plants. Les signes peuvent varier légèrement entre la tomate et le cannabis, mais les principes d'identification restent similaires.

Sur le Cannabis :

Le mildiou apparaît sur le cannabis lorsque le vent transporte des conidies, structures de reproduction asexuées qui ressemblent à des spores, qui ensuite se déposent sur les feuilles, les pétioles ou les têtes. À l'origine de l'aspect blanc et poudreux caractéristique du mildiou, les conidies se développent en chaînes sur les hyphes fongiques.

  • Anneaux de poussière blanche : Ces cercles se forment lorsque la colonie fongique se développe de manière radiale à partir d'un point d'infection initial.
  • Prédilection pour les feuilles supérieures : Le vent disperse les conidies du mildiou qui se déposent par la suite souvent d'abord sur les feuilles supérieures d'un plant de cannabis, en particulier dans les cultures denses où les feuilles inférieures sont moins exposées.
  • Sensation veloutée : Cette sensation provient du tapis dense d'hyphes fongiques et de conidiophores (structures qui produisent des spores) qui se développent superficiellement sur l'épiderme du plant.
  • Facile à enlever : Le mildiou se développe principalement à la surface des feuilles et peut être facilement enlevé, contrairement à d'autres taches foliaires qui pénètrent plus profondément.
  • Propagation accélérée : Les champignons responsables du mildiou produisent rapidement d'innombrables conidies en peu de temps, environ 5 à 7 jours après l'infection.
  • Confusions possibles : Les taches blanches sur les feuilles du cannabis ne sont pas exclusives au mildiou. Elles peuvent également résulter de résidus de sels nutritifs (un film blanc après évaporation de l'eau d'arrosage), de Botrytis (pourriture grise dont les premiers stades peuvent apparaître blancs et duveteux), de trichomes (glandes résineuses et cristallines) ou de déséquilibres nutritionnels. Le mildiou a un aspect terne, crayeux et tacheté, souvent concentré en taches aléatoires, tandis que les trichomes brillent et se forment de manière uniforme.

Gros plan sur une feuille de cannabis infectée par le mildiou, montrant les taches blanches

Sur la Tomate et Autres Cultures :

  • Taches d'huile : L'un des premiers symptômes visibles est l'apparition de tâches blanchâtres/jaunâtres et légèrement translucides sur les faisceaux des feuilles ; si l'humidité est forte, une poussière blanche se forme sur le dos des feuilles qui peut être confondu avec l'oïdium, même si dans le cas du Mildiou nous pouvons observer les tâches d'huile en grattant sous la poussière blanche.
  • Nécrose et défoliation : Si l'infection se poursuit, les parties infectées sèchent et se nécrosent, causant ainsi une perte prématurée des feuilles (défoliation) ce qui affecte directement la production et la qualité finale de la plante.
  • Taches sur les troncs : Le mildiou peut également affecter les troncs des plantes, en formant une tâche de couleur marron qui peut, dans certaines occasions, entourer complètement le tronc. La zone infectée se tache et peut mourir en cas d'infection grave.

Conséquences du Mildiou sur le Cannabis et la Tomate

Le mildiou interfère avec la capacité des plantes à faire leur photosynthèse, entraînant un retard de croissance et un affaiblissement de leur vitalité générale. Les feuilles peuvent commencer à jaunir, à s'enrouler ou à se flétrir, réduisant davantage la production d'énergie et rendant la plante plus vulnérable aux ravageurs et autres maladies. Sur le cannabis, si l'infection atteint les têtes, elle peut dégrader les trichomes et ainsi complètement altérer la puissance des cannabinoïdes et la richesse en terpènes. Fumer du cannabis atteint par le mildiou introduit des spores fongiques et des fragments de mycélium directement dans les poumons, ce qui peut être dangereux, en particulier pour les personnes souffrant de troubles respiratoires ou d'un système immunitaire affaibli.

Prévention et Traitement du Mildiou

La prévention est toujours préférable au traitement. Un contrôle précis de l'environnement est primordial pour prévenir le mildiou.

Prévention Générale :

  • Hygiène et propreté : Retirer tous les restes végétaux de l'espace de culture, qu'il s'agisse de matière végétale en décomposition ou de feuilles coupées, afin de conserver des plantes saines. Un nettoyage inadéquat, une circulation d'air insuffisante ou une humidité irrégulière créent des conditions idéales pour que le pathogène persiste.
  • Contrôle de l'humidité et de la ventilation : Assurez-vous que l'espace ou la chambre de culture est bien aéré à l'aide de ventilateurs oscillants et de systèmes d'extraction adéquats. Maintenez une humidité relative inférieure à 60 % pendant la phase de croissance et d'environ 40-50 % pendant la floraison pour le cannabis. Évitez les niveaux d'humidité élevés et ne mouillez pas les plantes inutilement.
  • Température : Maintenez une température comprise entre 20 et 25 °C. Le mildiou reste latent en dessous de 10°C et au-dessus de 35°C.
  • Éviter la densité excessive : Effectuer des tailles pour éviter que la masse foliaire ne devienne trop touffue et éviter une densité de plantes trop élevée.
  • Amélioration du sol : Un sol acide, mal drainé, trop arrosé, pauvre ou avec trop d'azote favorise l'apparition du mildiou. Pensez au bicarbonate de soude qui permet d'atténuer l'acidité et d'améliorer le drainage.
  • Inspection régulière : Inspectez régulièrement les plants afin de détecter les premiers signes de mildiou et intégrez cette inspection à votre routine.
  • Choix des variétés : Choisir des variétés de cannabis ou de tomate naturellement plus résistantes à la moisissure peut vous éviter bien des problèmes par la suite. Par exemple, la variété de cannabis Orion F1 est dotée d'une vigueur hybride et affiche une excellente résistance aux ravageurs et aux maladies, étant rarement victime du mildiou.

Infographie montrant les conditions idéales pour la prévention du mildiou (température, humidité, ventilation)

Traitements Préventifs Naturels et Biologiques :

  • Bouillon de camomille : 50g de fleurs par litre d'eau, diluer à raison de 9 litres d'eau par litre de préparation.
  • Infusion d'ail : 50gr de gousses d'ail par litre d'eau, diluer 1 litre de préparation dans 4 litres d'eau pour pulvériser.
  • Prêle ou propolis : Utilisées en pulvérisation.
  • Bouillie bordelaise et oxychlorure de cuivre : Fréquemment utilisés en prévention, bien que le cuivre soit considéré comme toxique. Il faut l'utiliser avec précaution, surtout sur des fruits en formation.
  • Oidioprot : Un mélange en poudre combinant des protéines, des vitamines et des microbes bénéfiques.
  • Lait pulvérisé : Certains cultivateurs trouvent que le lait pulvérisé est partiellement efficace contre le mildiou en raison de ses propriétés antimicrobiennes supposées. Cependant, il est généralement moins efficace que les fongicides organiques et chimiques disponibles dans le commerce.

Traitements Curatifs en Cas d'Infection :

Si des symptômes de mildiou sont observés, il faudra agir rapidement pour ne pas perdre entièrement la culture.

  • Isolement et taille : Éloignez les plants visiblement infectés des plants sains. Retirer les restes végétaux de la zone, tailler en cas de mauvaise aération et retirer les feuilles infectées à l'aide de sécateurs stérilisés, en plaçant les parties coupées dans un sac hermétique.
  • Nettoyage physique : Essuyez délicatement toute poudre blanche visible à l'aide d'une tranche d'essuie-tout humide. Cela permet de capturer et d'éliminer physiquement une quantité importante de spores et d'hyphes.
  • Amélioration de la circulation de l'air : Utilisez des ventilateurs supplémentaires ou un déshumidificateur pour améliorer la circulation de l'air et réduire l'humidité ambiante.
  • Traitements ciblés :
    • Eau oxygénée (3%) : Vaporisez légèrement sur les zones touchées, uniquement lorsque les lampes sont éteintes afin d'éviter toute phytotoxicité. Lorsqu'elle est fortement diluée et appliquée avec parcimonie, l'eau oxygénée présente un risque minimal pour l'intégrité des trichomes ou des cannabinoïdes.
    • Sprays biologiques et chimiques : Il existe divers sprays biologiques et chimiques pour aider les cultivateurs à traiter rapidement une infection de mildiou. Les produits chimiques doivent être utilisés avec une extrême prudence. Les ingrédients actifs couramment autorisés comprennent la trifloxystrobine et le myclobutanil.
    • Fongicides : Des produits fongicides en contact (Cymoxanil, Chlorothalonil, Imazalil) peuvent s'utiliser 24 heures après l'apparition des conditions favorables à une attaque (comme la pluie). Les systémiques (Myclobutanil, Métalaxyl, Fosétyl-Al, Triadiménol, Tébuconazole et Bitertanol) s'utilisent après 72 heures au maximum. Il est toujours préférable d'utiliser des produits écologiques respectant l'environnement.
  • Stérilisation de l'environnement :
    • Stérilisateurs UV-C portables : Peuvent être utilisés pour stériliser les surfaces, cibler et détruire l'ADN fongique sur le matériel des chambres de culture. Ils sont très dangereux en cas d'exposition directe et ne doivent pas être utilisés en présence d'individus.
    • Générateurs d'ozone : Efficaces pour stériliser les chambres de culture inoccupées en oxydant les spores en suspension dans l'air et les contaminants de surface.
  • Lavage des têtes post-récolte : Si le mildiou s'est propagé aux têtes et que la récolte approche, ou si la contamination est légère, le lavage des têtes post-récolte peut être envisagé.

Gestion Post-Récolte du Cannabis Affecté :

Si le mildiou a touché les fleurs, il est essentiel de savoir comment repérer les signes sur les têtes séchées et d'être particulièrement vigilant pendant le séchage. Suspendez les têtes en les espaçant bien. Un séchage lent et régulier (7 à 14 jours) aide à prévenir la réapparition de la moisissure et préserve la qualité des têtes. Conservez-les dans un endroit frais, à l'abri de la lumière et au sec. Le cannabis affecté par l'oïdium, en particulier lorsque les têtes sont touchées, n'est pas propre à la consommation.

Les plantes aromatiques à la conquête des jardins

Tenir un Journal de Lutte Intégrée contre les Ravageurs (IPM) :

Tenez un journal hebdomadaire de lutte intégrée contre les ravageurs (IPM) pour consigner vos observations et vos traitements. Cela permet une meilleure traçabilité et une adaptation des stratégies au fil des cycles de culture. Le mildiou revient souvent en raison de ses structures résistantes qui survivent à l'hiver ou de ses spores dormantes. Un nettoyage inadéquat, une circulation d'air insuffisante ou une humidité irrégulière créent des conditions idéales pour que le pathogène persiste.

Mise en Pratique : Culture en Intérieur et en Extérieur

L'application de ces stratégies varie significativement selon le système de culture.

En Extérieur :

Les possibilités sont quasi illimitées : le cultivateur dispose de l'espace pour créer des ceintures périmétriques de plantes répulsives, intercaler des légumineuses fixatrices entre les plants de cannabis, établir des zones de fleurs attractrices d'insectes bénéfiques et utiliser des couvre-sols vivants dans les espaces entre les plantes. L'objectif est de reproduire la structure d'un écosystème semi-naturel dans lequel le cannabis est l'espèce principale mais pas la seule.

En Intérieur :

Les options sont plus limitées par l'espace disponible, mais elles existent. Des plantes aromatiques compactes comme le basilic, la coriandre, la menthe en pot ou de petits plants de calendula ou tagètes peuvent coexister sous le même éclairage que le cannabis, apportant leurs bénéfices dans l'espace de culture.

Synergies entre Compagnes

L'approche la plus sophistiquée du companion planting ne consiste pas à ajouter une ou deux plantes répulsives en périphérie de notre culture de marijuana, mais à concevoir délibérément un système fonctionnel dans lequel chaque espèce présente contribue à l'équilibre de l'ensemble. Une conception de polyculture fonctionnelle pour notre culture de marijuana pourrait combiner, par exemple, des légumineuses fixatrices d'azote, des tagètes pour la lutte contre les nématodes et la mouche blanche, et des plantes aromatiques comme le basilic et la menthe pour repousser d'autres ravageurs et masquer l'odeur. La capucine pourrait être utilisée comme plante piège, et des couvre-sols comme le trèfle blanc nain pourraient maintenir l'humidité du sol et ajouter de l'azote.

Plus votre jardin est diversifié, plus vous avez de chances de lutter contre les parasites et les maladies lors de la culture du cannabis et de la tomate. D'autres plantes qui maintiennent un cannabis sain comprennent les haricots, les concombres, les épinards, la laitue, les tournesols, l'origan et bien d'autres encore. La liste est longue et votre jardin s'agrandit. La culture écologique nous garantit une grande biodiversité.

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